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OGM: Rome demande une interdiction de culture du MON 810 dans l'UE

OGM: Rome demande une interdiction de culture du MON 810 dans l'UE

 

BRUXELLES - Le gouvernement italien a demandé à la Commission européenne de ne pas renouveler l'autorisation de culture demandée par le groupe Monsanto pour son maïs OGM MON 810, dans un courrier dont l'AFP a obtenu une copie jeudi.

Deux OGM seulement ont été autorisés à la culture dans l'UE: la pomme de terre Amflora, développée par le groupe allemand BASF, qui s'est avérée un échec commercial, et le maïs OGM MON 810 de la multinationale Monsanto.

La culture du MON 810 a été autorisée en 1998 pour 10 ans. Monsanto a demandé le renouvellement de ce permis en 2007, mais le processus d'autorisation est gelé en raison de l'hostilité de plusieurs Etats. 

Huit pays --France, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Hongrie, Grèce, Bulgarie et Pologne-- ont même adopté des clauses de sauvegarde pour interdire sur leurs territoires la culture des OGM autorisés.

La demande du gouvernement italien vient donc renforcer le bloc des pays hostiles à la culture du MON 810.

Le courrier adressé à la Commission européenne par le ministre italien de la Santé, Renato Balduzzi, demande de suspendre l'autorisation de mise en culture des semences de maïs MON 810 dans tous les pays de l'UE en raison des risques pour l'environnement. La requête est appuyée par un dossier.

L'autorisation de culture a été accordée sur la base d'un avis de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) fondé sur une étude de risques pour la santé humaine et animale. Mais les risques pour l'environnement n'ont pas été étudiés.

Le MON 810 était cultivé fin 2011 sur 115.000 hectares dans six pays: Espagne, Portugal, République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie. La Pologne a depuis mis fin à ces cultures.

Le processus d'évaluation pour les demandes d'autorisation de culture et de commercialisation d'OGM se déroule en quatre temps: consultation de l'EFSA sur les risques pour la santé, demande d'autorisation aux Etats sur la base d'un avis favorable de l'EFSA, procédure d'appel si aucune majorité qualifiée ne se dégage entre les Etats. Enfin, si cette situation perdure, la décision finale revient à la Commission européenne.

A ce jour, l'EFSA n'a jamais rendu un avis négatif et aucune majorité qualifiée n'a jamais été trouvée entre les Etats pour interdire ou autoriser un OGM.

Selon les règles en vigueur, le MON 810 pourra continuer à être cultivé dans les Etats qui le souhaitent jusqu'à ce que l'UE prenne une décision.

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"Combattre Monsanto : résistance populaire au pouvoir de l'industrie agroalimentaire"

"Combattre Monsanto : résistance populaire au pouvoir de l'industrie agroalimentaire" | Des 4 coins du monde | Scoop.it
Dans ce rapport, Via Campesina, les Amis de la terre et Combat Monsanto dressent un état des lieux des luttes populaires contre l’agroindustrie dont Monsanto est un des principaux représentants. Malgré les nombreuses controverses dont Monsanto fait l’objet et les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés (le problème alimentaire mondial, la perte de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles), cette multinationale continue à prospérer. Mais sur tous les continents la lutte s’organise…

 

Monsanto : une multinationale prospère

Cette multinationale au chiffre d’affaires de 12 milliards de dollars est le principal fournisseur de semences GM (génétiquement modifiées). Elle exerce un quasi monopole sur ce marché car elle a racheté dans les années 90 les principaux semenciers. Monsanto contrôle 27 % du marché des semences commerciales et 90 % du marché des semences de soja. Le contrôle de Monsanto sur les variétés de semences a été renforcé par l'utilisation du droit des brevets.

Celui-ci oblige généralement les agriculteurs achetant ses semences brevetées à signer des contrats leur interdisant de conserver les graines et de les replanter. Ceux qui ne respectent pas cette clause peuvent faire l'objet de poursuites. Voir l'article "Victoire des paysans brésiliens sur le géant Monsanto"

 

 

Des résistances populaires sur tous les continents

- L’Europe résiste assez bien à la production alimentaire OGM. Les deux seules cultures GM autorisées dans l'Union européenne sont le maïs MON810 de Monsanto, résistant aux insectes et la pomme de terre BASF Amflora. Cependant, des interdictions sont désormais en place pour le maïs MON810 en France, en Allemagne, en Grèce, en Hongrie, au Luxembourg et en Bulgarie. De plus, entre 2008 et 2010, la surface totale de terres agricoles dédiées aux OGM dans l'UE a diminué de 23 % et un mouvement européen pour la souveraineté alimentaire s’est organisé. Mais Monsanto contre-attaque : elle fait du lobbying agressif auprès de l’Union européenne afin que les Etats lèvent leur moratoire anti OGM.


- Les activités de Monsanto en Inde sont très développées. Monsanto a la mainmise sur la production du coton et beaucoup d’agriculteurs endettés par l’achat des OGM se suicident par ingestion des pesticides toxiques (plus de 250 000 suicides en 16 ans selon le rapport). C’est ainsi qu’un fort mouvement d’opposition « L’Inde dit non à Monsanto » s’est constitué. Un moratoire sur la culture de l’aubergine Bt a également été décrété et Monsanto a été accusé de biopiraterie par les autorités indiennes sur la biodiversité.


- L’Amérique Latine est un marché très lucratif pour Monsanto, particulièrement l’Argentine et le Brésil, 2ème producteur de cultures transgéniques au monde (soja, mais, coton). Au Brésil, Le mouvement des travailleurs sans terres (MST) s’organise et lutte pour une réforme agraire, des pratiques plus écologiques et contre l’utilisation excessive des pesticides qui vont de pair avec les cultures OGM. En Haïti, des mobilisations de masse ont rejeté les dons de ‘semences hybrides‘ après le tremblement de terre de 2010, en raison des menaces que cette ‘aide‘ faisait peser sur les petits paysans. Au Pérou en novembre 2011, le congrès a approuvé un moratoire de 10 ans sur les cultures et les importations d'OGM afin de protéger la biodiversité, l'agriculture domestique et la santé publique.


- En Afrique, la présence d’OGM se cantonne essentiellement à l’Afrique du sud mais le Burkina Faso et l’Egypte ont commercialisé des cultures transgéniques et d’autres pays ont adopté une législation favorable aux OGM. En 2011, l’alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) a été crée et rassemble des bergers, des pêcheurs, des peuples autochtones, des petits paysans. Son objectif est d’influencer les politiques et de promouvoir des solutions venant de la base. Voir le film "Penser Demain" sur la résistance des paysans africains.

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Au Brésil, Monsanto condamné à payer plus de 200 000 euros pour publicité mensongère

Un tribunal de Porto Alegre a condamné le géant américain Monsanto à payer une amende de 250 000 dollars pour une publicité mensongère sur le soja transgénique.

Monsanto "a fait de la publicité abusive et mensongère en faisant l'éloge d'un produit (soja transgénique) dont la vente était interdite au Brésil et n'a pas dit que ses prétendus bénéfices étaient remis en question par la communauté scientifique", a argué le juge de deuxième instance, Jorge Antonio Maurique, dans sa sentence diffusée mercredi 22 août.


Monsanto avait diffusé en 2004 une publicité qui prônait l'utilisation de graines de soja génétiquement modifiées alors qu'elles étaient interdites au Brésil, ajoutant qu'elles étaient bénéfiques pour l'environnement, a rappelé le juge.

 

Le géant américain pourra faire appel de la sentence et son service de presse a dit qu'il attendait la communication officielle pour se prononcer.

Si la sentence est maintenue, la multinationale devra verser 500 000 reais, soit plus de 200 000 euros, à l'Etat brésilien et devra mettre en évidence les effets négatifs des désherbants à partir desquels les graines de soja sont modifiées.

 

Monsanto fait l'objet depuis quatre ans d'un autre procès au Brésil en raison du soja transgénique. En 1998, les premières semences OGM de soja sont entrées en contrebande dans le pays, via l'Argentine, et leur utilisation a été interdite jusqu'à la dernière décennie.

 

On estime aujourd'hui que 85 % des plantations de soja au Brésil, second exportateur mondial, contiennent des graines génétiquement modifiées.

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