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Depuis le début de la République, à deux exceptions historiques (une à l’Assemblée, l’autre au Sénat), tous les groupes parlementaires, à l’Assemblée comme au Sénat, ont été dirigés par des hommes Pourquoi ? En aucun cas parce que les femmes s’investissent moins dans le travail parlementaire. Peut-être parce qu’elles sont souvent élues depuis moins longtemps, dans une Assemblée où la longévité joue pour les positions de pouvoirs. Aussi, parce qu’il y’a une certaine tendance à exclure les femmes. La politique a longtemps été un jeu d’homme, et certains souhaitent qu’il en reste ainsi. On a ainsi affirmé à propos de Geneviève Fioraso qu’elle n’était Ministre qu’au nom de la parité. Il ne viendrait à l’idée de personne de sous-entendre qu’un Ministre homme ne serait présent au gouvernement uniquement car il est un vieil homme cumulard éradiquant toute concurrence sur son territoire. On pourrait pourtant donner des noms (mais on ne les donnera pas). On constate que, dès qu’il n’y a plus de règles concernant la parité, les femmes ont tendance à disparaître des postes de pouvoirs. Ainsi l’UMP qui, après la défaite de 2012 n’en faisait plus une priorité, a investi aux législatives moins de femmes en 2012 qu’en 2007, quitte à perdre plusieurs millions d’euros en financement public annuel.
Contrairement à la pratique habituelle du recrutement par les collectivités, la démarche ne part pas de profils de postes définis, sur lesquels sont positionnés par la Mission locale, Cap emploi ou Pôle emploi des jeunes remplissant les conditions et intéréssé par le poste. Au conseil général des Bouches du Rhône, présidé par Jean-Noël Guérini, on a fait autrement : les conseillers généraux se sont vus attribuer un quota de postes, variable selon leur proximité du président, et Pôle emploi vérifie simplement la conformité avec les critères des candidats retenus par les élus. Est-ce vraiment un hasard si ce même jour est annoncée la condamnation de Sylvie Andrieux, député PS de Marseille à trois ans de prison, dont un ferme , 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour de détournement de fonds publics par la mise en place d’un système de subventions pour des associations fictives.
Chez A&F (pour les intimes), le tact et la sensibilité ne fait pas partie des priorités. Il est rare de voir une année s’écouler sans entendre parler d’un nouveau procès contre le géant américain, entaché d’autant d’affaires de discrimination que de personnes qui se sentent offensées par ses règles de fonctionnement. La dernière en date : les vêtements taille XL et XXL ont été enlevés des rayons féminins. Discrimination raciale Commençons par le commencement : en 2005, la société doit payer 40 millions de dollars à la suite d’une plainte pour discrimination. Cette plainte dénonce le « racisme institutionnalisé » dont Abercrombie fait preuve lors de son recrutement. C’est que chez Abercrombie, les gens sont beaux et minces, certes, mais très souvent, ils aussi sont blancs. Leur « All-American look » se rapprochant plutôt du « All-WASP look », nombres de jeunes latinos, blacks ou asiatiques ce seraient vu refuser des postes à cause de leur origine ethnique. D’autres étaient engagés, mais travaillaient dans les salles de stocks et les arrière-boutiques, ou durant la nuit.
Ho la la, la grosse déception avec Paris mis en vrac pour cause de championnat de France de foot… Ce gentil club du PSG, modèle de l’esprit d’équipe et de l’engagement sportif… Un vrai drame, parce que ce triste épisode contredit les nobles et belles valeurs auxquelles le foot pro nous avait habitués ces dernières années... Trève de plaisanterie : de quel autre secteur social accepterait-on de tels comportements, si bien ancrés ?
(.../...) occasion de rappeler que l'Internet ne serait rien sans les hackers, qui s'en sont emparés, l'ont détourné, amélioré, façonné, pour nous permettre de nous y exprimer, de partager (parce qu'Internet est une machine à copier, et parce que quand on se parle, on ne se tire pas dessus). Face aux attaques incessantes dont ils faisaient l'objet, des hackers ont commencé à s'organiser pour créer des des médias libres pour une pensée libre et éviter d'en faire un Minitel 2.0, pour défendre nos libertés voire, dans certains pays, contribuer à faire la révolution ou, plus prosaïquement, pour créer des hackerspaces afin de permettre aux bidouilleurs et autres makers de hacker des objets physiques, pour s'amuser (.../...)
(.../...) 1. Reconnaître le partage non marchand des œuvres numériques entre individus par l'épuisement des droits Pendant les 15 dernières années, la lutte contre le partage non marchand des œuvres numériques entre individus a constitué une véritable obsession. On a tenté par tous les moyens législatifs, technologiques, policiers et politiques d'empêcher ce qui non seulement est inévitable mais aussi est légitime et utile. Le partage de fichiers pair à pair a été stigmatisé et réprimé, alors que ses promoteurs le considéraient comme une forme de mutualisation entre personnes. ll a été décrit comme un vol en dépit de toutes les preuves qu'il n'est responsable – au plus – que d'une toute petite partie des difficultés des industries culturelles traditionnelles à s'adapter à l'ère numérique. Depuis 10 ans, chercheurs, organisations de la société civile numérique et communautés créatives cherchent les moyens d'obtenir une reconnaissance légale du partage non marchand. Beaucoup d'approches ont été proposées (exceptions au droit d'auteur, gestion collective obligatoire, licences collectives étendues). Ces propositions se heurtent à différentes difficultés, comme, il est vrai, toute politique innovante, en particulier lorsque les intérêts établis ont cherché à multiplier les obstacles. Pour réussir, la reconnaissance du partage non marchand des œuvres numériques entre individus devra reposer sur une solution claire et simple. Quelle meilleure approche possible que de renouer avec la façon dont le partage non marchand était et est encore largement reconnu pour les œuvres sur support, en l'adaptant aux spécificités du numérique ? (.../...)
Ma campagne présidentielle n’a pas été réussie. Cet échec a plusieurs causes. En premier lieu, les failles de la candidate. Mon impréparation, mon inexpérience, le fait de ne disposer d’aucune garde rapproché avant la campagne, ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd. Mon équation personnelle ne faisait peut être pas de moi la meilleure candidate. Pire, nous n’avons pas su faire de notre primaire le point de départ d’une dynamique de rassemblement. Au contraire notre primaire est devenue une machine à perdre. Avec le recul, il me reste dans la bouche un gout de cendres, et la désagréable sensation que Nicolas Hulot et moi même avons été instrumentalisés pour des jeux internes. Bien sur, nombre de nos partisans respectifs étaient sincères et enthousiastes. Mais les promoteurs de nos candidatures n’avaient pas tous en tête le bien de l’écologie politique, Certains développaient bel et bien des stratégies visant uniquement à empêcher tel ou telle de nous représenter à la présidentielle. Une fois la primaire passée, ma victoire surprise ayant troublé le jeu, la campagne n’était manifestement plus la priorité. (.../...) Enfin, l’échec de la présidentielle à une cause plus fondamentale encore, d’ordre politique : la difficulté de mener campagne en même temps qu’on négocie un accord avec le parti socialiste, et d’autant plus dans un contexte où la question principale était le rejet du Sarkozysme plus que la confrontation de projets de société. Je ne tire aucune amertume du choix qui a été fait : il nous a permis d’avoir un groupe à l’assemblée et deux ministres. Je crois que l’écologie politique s’en trouve renforcée dans les institutions. Mais reconnaissons quand même que notre image de force politique différente a été écornée et que nous sommes affaiblis dans la société pour quelques temps. C’est ce point qui m’agite. Comment renouer avec la société ? Quand la colère et la déception monte dans le pays, il me semble difficile de se tenir à l’écart de la protestation et de la demande d’un changement de cap. Pourquoi ce que disent de plus en plus l’ensemble de nos dirigeants sur la politique conduite par l’actuel gouvernement ne pourrait être porté sur la place publique ?
Au détour d’un article du journal Le Monde peu amène à l’endroit du Premier secrétaire du Part socialiste, on apprend que chaque lundi soir, le Premier ministre reçoit Harlem Désir à Matignon... Mais pas en tête à tête contrairement à ce qui se passait sous Mitterrand. La « réunion de coordination » est élargie : « sept ministres (Manuel Valls, Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et François Lamy), les présidents des groupes parlementaires au Sénat et à l'Assemblée, François Rebsamen et Bruno Le Roux, ainsi que Guillaume Bachelay, numéro deux du PS, et Jean-Christophe Cambadélis, poids lourd de Solférino». Pas une seule femme donc. Elles font du tricot ? Le gouvernement est paritaire mais le vrai pouvoir reste masculin.
"la politique française de dissuasion nucléaire échappe à tout débat. Non seulement à tout débat public, mais à tout débat parlementaire. On rogne dans tous les coins, on s’apprête même apparemment à opérer des privatisations partielles, mais pas touche aux zinzins. Des visites de lanceurs de zinzins sont bien organisées pour quelques parlementaires soigneusement choisis, après quoi le Parlement vote comme un seul homme, c’est tout ce qu’on lui demande. Combien de députés vont tomber de leur chaise, comme tous les citoyens, en apprenant le prix du zinzin du Finistère ? Et pourtant, il y aurait matière à débat. C’est le même général Copel (qui n’est pourtant pas un pacifiste baba cool, et a tout pour plaire à Calvi), qui l’écrivait dans Le Monde, l’an dernier (dans une tribune d’ailleurs titrée à l’inverse de ce qu’elle dit, « La dissuasion », oui). Mais pourquoi dépenser des fortunes en inventant des nouveaux zinzins toujours plus chers ? Bonne question. On pourrait en poser quelques autres. Combien de tests de ces missiles par an ? Sont-ils tous nécessaires ? Existe-t-il une obsolescence programmée de ce genre de gadgets ? En voilà de jolis débats pour de futures émissions de Calvi. Mais en avant-première mondiale, je peux vous annoncer qu’ils n’auront pas lieu. Comment ? Qu’entends-je dans le fond de la salle ? C’est la Ve République qui le veut, c’est comme ça ? Eh bien oui. D’accord. Considérez donc que vous n’avez rien lu. Et que ce billet matinal s’est autodétruit.
Rien n’interdit à un journal d’opinion de critiquer celles qui l’indisposent. Le Monde entretient de surcroît de mauvaises relations avec le dirigeant, qui a insulté un de ses journalistes. Mais un pas est franchi avec la photo de Laurent Hazgui, dont le noir et blanc, traitement rare dans le registre du portrait politique, souligne la violence tout en évoquant un rapport au passé. Comme le délit de sale gueule, l’attaque iconographique ne fait pas appel à des arguments politiques ou philosophiques, mais construit sur le mode de la médisance un document accusatoire qui s’appuie sur l’aspect physique et sur des jeux associatifs plus ou moins avoués. Sélectionnée parmi les reportages de French-politics, collectif spécialisé dans le portrait politique, l’iconographie de l’article a fait l’objet d’un travail élaboré. Sans surprise, elle souligne la dimension tribunicienne du dirigeant, angle traditionnel de dénonciation du “populisme”. Deux portraits qui montrent Mélenchon en pleine harangue sont des allusions manifestes à l’imagerie des dictateurs des années 1930, dont les discours tonitruants et les postures martiales nourrissaient dès cette époque le stéréotype du tyran).
(.../...) Depuis la philosophie des Lumières, la valorisation de la culture et sa présentation comme bien commun s’appuyaient sur la mise en retrait de ses aspects économiques et commerciaux. Grâce aux musées, à l’école ou aux bibliothèques, les œuvres de l’esprit pouvaient être présentées comme délivrées du joug marchand et accessibles à tous. Une idéologie constamment répétée opposait l’art et la culture à la marchandise10. Or, en prétendant défendre les revenus des artistes, en présentant les conditions de la contribution culturelle comme celles d’un artisanat soumis à l’adage “toute peine mérite salaire”, les lobbies industriels réduisaient à néant la figure du génie qui structure la pensée moderne de l’art, et dévoilaient maladroitement la production culturelle comme entreprise économique. Loin de rendre le piratage odieux, la défense de la propriété intellectuelle contribue à faire d’internet l’un des derniers bastions de la culture comme bien commun11. Car les pratiques appropriatives que l’on observe en ligne ne visent pas un simple transfert de propriété, un déplacement du monopole d’exploitation d’un acteur à un autre, mais au contraire une mise en commun du contenu désigné comme bien culturel par l’acte même du partage. (.../...)
En revanche, le virement provenant de l’étranger, et Claude Guéant ayant déclaré avoir « vendu ces tableaux à un avocat étranger », une vraie question peut et doit être posée : a-t-il, ou non, demandé un certificat d’exportation au ministère de la Culture ? En effet, tout tableau sorti de France doit obtenir un tel certificat, dès lors que sa valeur dépasse 150 000 €. On voit que les hypothétiques Van Eertvelt de l’ancien ministre sont, de loin, dans ce cas. Il lui serait par la même occasion très simple de prouver l’existence de ces tableaux, et leur exportation légale. L’absence d’une telle autorisation ne ferait pas que fragiliser son argumentation. De deux choses l’une : soit la vente de ces tableaux ne serait qu’une fiction, cachant une source de financement bien plus opaque, soit il se serait rendu coupable d’exportation illégale de trésors nationaux, un délit passif de deux années d’emprisonnement et d’une amende de 450 000 € (article L 114-1 du code du patrimoine). Nous sommes impatient de connaître la réponse. Nos confrères journalistes ont ainsi une nouvelle piste à suivre, et nous même essaierons, dès demain (aujourd’hui étant un jour férié, nous n’avons pu enquêter davantage), d’en savoir plus. Notes 1. Il indique cependant qu’« ‹il s’agit de deux toiles d’environ 30 cm sur 60, peintes sur bois (sic) », ce qui fragilise encore plus ses explications : on imagine tout de même mal que des œuvres aussi peu spectaculaires de cet artiste puissent atteindre un tel prix...
La première place européenne de la France comme utilisatrice de pesticides se lit dans le corps des Français
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Il est un peu moins de 16 heures quand l’autocar de M. Konichiwa déverse ses drones humains dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au même moment, au cœur de la maison de Dieu, un homme s’apprête à commettre l’impensable. Venner, il l’était certainement, au moment de s’enfoncer dans la bouche le membre froid du fidèle compagnon, forgé à Cholet en 1949, qui ne l’avait jamais quitté depuis la trahison du Général. M. Konichiwa, pour sa part, ne pouvait pas savoir qu’il entendrait en visitant la cathédrale Notre-Dame de Paris l’écho d’un coup de feu qui allait ébranler la France entière. Il portait un coupe-vent jaune. Car le suicide de Dominique Venner dans Notre-Dame de Paris n’est pas qu’un remarquable coup médiatique des anti-mariage pour tous. La présence d’armes dans un lieu de culte fréquenté par des jeunes qui risquent de s’auto-radicaliser pose aussi la question de la surveillance des catholiques de France. Au ministère de la Justice, on invoque l’urgence de la situation : « Il faut être aveugle pour ne pas voir le danger. Imagerie sado-masochiste, Dead can Dance, viols de mineurs rituels… et maintenant des armes à feu. La foi catholique est dangereuse pour la République, il est temps d’agir » déclare ainsi un porte-parole.
(.../...) Son père a accueilli la nouvelle avec une franche hilarité, ajoutant avec son humour habituel "on me répète que Marine ne me vaut pas, qu'elle ne se casse jamais le cul, la preuve que si ! Maintenant, excusez-moi, j'ai une vidéo de Nabila à regarder." L'hôpital dans lequel la grande démocrate a été transférée a confirmé que Marine Le Pen avait été plâtrée tout autour du fondement. "On l'aurait bien coulée totalement dans le plâtre, mais on nous a dit que ça se verrait", nous a confié un des médecins présent, qui a tenté de vendre des photos à notre désinformateur sur place. La rédaction de Desinformations.com souhaite un prompt rétablissement à Marine le Pen et lui conseille, la prochaine fois, de plonger directement tête la première dans la piscine quand elle aura eu trop chaud après une quinzaine de Mojitos.
(.../...) C'est dans un hôpital tenu par des soeurs que la trépanation aurait eu lieu, selon nos désinformations les plus sûres. Christine Boutin se serait fait retirer l'intelligence et la sensibilité parce qu'elle serait porteuse d'un gène prédisposant à l'homosexualité féminine. Ce gène commence par perturber les fonctions neurologiques en radicalisant les penchants naturels de la personne atteinte avant de modifier totalement les inclinaisons sexuelles. Prise d'horreur à la découverte du diagnostic de son médecin, la présidente du partipuscule démocrate-chrétien a immédiatement pris rendez-vous avec la mère supérieure Sainte Marie de l'Immaculée Conception, afin de réaliser l'opération d'ablation totale du cerveau, pour plus de sûreté. "L'opération s'est merveilleusement bien passée", nous a confié la mère supérieure. Elle est parfaitement remise. Regardez, elle parvient déjà à remplir elle-même son bulletin d'adhésion au Front National", a-t-elle ajouté avec un sourire attendri.
La Société générale a annoncé la suppression d’un millier de postes, dont la moitié en France. Objectif : redresser le cours de l’action, augmenter le bénéfice du groupe et diminuer l’exposition aux risques. Une future réduction des coûts qui ne concerne pas le PDG Frédéric Oudéa, qui voit sa rémunération approcher les 2,5 millions d’euros, ni les traders de la banque qui renouent avec une croissance extravagante de leurs bonus. Le guichetier, lui, attend la restructuration à venir.
Juan Branco, ancien collaborateur de campagne d'Aurélie Filippetti et opposant à Hadopi, réagit dans une tribune au rapport Lescure sur les politiques culturelles à l’ère du numérique.
Pourquoi installer une distribution GNU/Linux en cinq minutes sur son ordi ? Pourquoi ce système, où vous pouvez télécharger des logiciels testés et approuvés par tout le monde en un seul clic ? Pourquoi utiliser un environnement simple, stable, rapide, résistant aux virus ? Exigez Windows ! Tellement bogué, tellement chiant, tellement fermé ! Windows est cher, oui, mais ce n’est pas un problème : vous avez trop d’argent de toute façon. Et puis entre nous : ça allègera un peu votre porte-feuilles beaucoup trop volumineux, hein ? Et ça relancera peut-être l’économie, qui sait : l’argent partira aux USA dans les poches de l’homme le plus riche du monde.
Erigés en symbole de l’échec de la politique de la ville, la présidente du Front national Marine Le Pen veut “organiser la destruction des cités”. Organisateur en 2010 d’une exposition sur les grands ensembles, Jean-Patrick Fortin, architecte-urbaniste conseiller auprès de l’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), explique ce qui a motivé leur construction et ce que l’on peut en sauver.
Yannick Jadot : « Le gouvernement français n'a pas saisi les enjeux du texte » La stratégie française vous convainc ? Non. J'apprécie la volonté de Nicole Bricq de créer des coalitions au sein du conseil sur les sujets commerciaux. Mais la position française n'est pas la bonne. On dirait déjà la position frileuse d'un petit pays de l'Union. Nous avons déjà eu le cas d'une France qui, sur le budget européen, a réduit son ambition à la défense de la politique agricole commune. Et maintenant, dire : « Ne vous inquiétez pas, on se battra sur l'exception culturelle », ne me paraît pas à la hauteur des enjeux. L'exception culturelle importe peu ? Bien sûr que je soutiens l'exception culturelle, qui est extrêmement importante pour la culture. Mais c'est une partie marginale de cet accord. Le gouvernement n'a pas saisi les enjeux. Il ne dit rien sur la manière dont on modernise l'économie européenne, dont on définit une politique industrielle ambitieuse, dont on se dote d'outils commerciaux à la hauteur de la situation. On est donc très mal partis dans la négociation avec les Américains. Concrètement, quels dossiers voulez-vous ajouter à la négociation ? Mais je ne crois pas qu'il faille négocier avec les Américains pour l'instant. S'engager aujourd'hui dans une négociation avec les États-Unis, alors qu'eux ont clairement une politique commerciale, qui soutient leur politique industrielle, et qui sert aussi leur politique agricole, tandis qu'en face, l'Europe croit uniquement dans les vertus du libre-échange, ce n'est pas dans le bon ordre des choses. Prenons la sidérurgie. Aux États-Unis, il y a le « Buy American Act ». En Europe et en France, c'est Mittal qui impose son agenda de restructuration de la sidérurgie. Prenez le photovoltaïque. Les États-Unis ont introduit depuis un an des droits de douane qui vont jusqu'à 250 % sur les panneaux venant de Chine. En Europe, on en est encore à réfléchir si on va le faire ou pas. Encore un exemple : Nicole Bricq a raison quand elle dit vouloir soutenir les PME. Mais l’Union européenne soutient la libéralisation tous azimuts des marchés publics, alors qu'aux États-Unis, 23 % de ces marchés sont réservés aux PME. En clair, vous avez, du côté américain, un cadre réglementaire et une puissance de feu, pour essayer d'élargir leur modèle à l'Europe, pour mieux peser sur les Chinois. Vous avez une puissance qui connaît ses intérêts offensifs. De l'autre côté, vous avec une Europe qui croit encore aux vertus du libre-échange. Quand on nous explique que nos marchés publics européens sont libéralisés, et qu'il faut donc inciter les autres à faire de même, j'ai l'impression qu'on prend le sujet à l'envers. L'enjeu de ces marchés publics, ce n'est pas faire en sorte que Veolia trouve d'autres marchés aux États-Unis, c'est d'élaborer une politique industrielle en Europe. Vous voulez que Paris bloque les négociations, même si les 26 autres États membres y sont favorables, ou vous réclamez davantage de temps pour préciser le mandat des négociations ? La hiérarchie, c'est d'abord de construire une politique industrielle pour l'Europe, et ensuite seulement, on sera en capacité de négocier avec les Américains sur les normes. Quand l'Europe négocie avec le Pérou (l'accord a été négocié en 2010 et commence à entrer en vigueur - ndlr), cela pose des problèmes. On défend nos éleveurs, aux dépens des éleveurs péruviens. Mais les normes de l'économie péruvienne ne sont pas une menace pour le modèle européen. En revanche, si la négociation avec les États-Unis arrive à son terme, ce sera l'extension du modèle américain de société. Ce sera clairement une défaite pour l'Europe. Des défenseurs de l'accord y voient une manière d'harmoniser par le haut les standards internationaux, notamment en matière de normes sociales. Je n'y crois pas une seconde. Je ne crois pas à une harmonisation par le haut, quand j'entends la commission aujourd'hui. Le commissaire Karel de Gucht nous dit qu'il va falloir être flexible. On poursuit la même logique de libre-échange et de déréglementation qui nous a conduits dans le mur. Pour sortir de la crise, qui est une crise du néolibéralisme, on nous propose davantage de néolibéralisme.
Dans l’entretien qu’il a accordé à l’hebdomadaire Marianne en date du 4 mai, Emmanuel Todd déclare : Je lui [François Hollande] ai suggéré qu’il fallait réunir une commission de réflexion sur la viabilité de l’euro mêlant des économistes orthodoxes et des économistes critiques, comme Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Gaël Giraud, Paul Jorion ou Frédéric Lordon. La seule existence de cette commission aurait intimidé les Allemands et fait baisser l’euro. C’est parfaitement exact. Le fait que le conseil n’ait pas été suivi signifie qu’il n’est pas véritablement question en haut-lieu d’intimider les Allemands. Pas plus qu’il n’était véritablement question de faire du monde de la finance l’ennemi à abattre (voir à ce sujet la prétendue réforme bancaire qui a préféré adouber au rang de « banques universelles », bienfaitrices universelles, les « banques systémiques » qu’il s’agissait de démanteler pour les mettre hors d’état de nuire et que le contribuable cesse d’être leur garant par défaut).
(.../...) Aussi les inconséquents demeurent-ils scandalisés par les images de balai — eux préfèrent épousseter à la pince à épiler —, et « la violence » les horrifie. Enfin certaines violences plutôt que d’autres — qui les laissent de marbre. La violence évocatrice du balai est abominable, mais celle qui conduit quelques désespérés à s’immoler devant Pôle emploi en revanche ne laisse pas de trace plus d’une journée, celle des suicidés de la valeur actionnariale, à Orange ou ailleurs, pas davantage, quant à la misère des vies brisées par les temps partiels, les reclassements à cinquante kilomètres du domicile ou les horaires tournants, elles n’existent même pas. L’austérité : pas violente. Les baisses de salaire imposées à des gens qui survivent à peine : pas violentes. La flexibilisation qui rend les salariés corvéables à merci : pas violente. Les plans de licenciement boursiers, les propositions de reclassement en Roumanie à 200 euros le mois : pas du tout violents. Ainsi chacun juge-t-il de la violence selon sa position sociale et, comme toujours, ses jugements de violence en disent plus long sur lui que sur les « violences » jugées.(.../...)
Un sénateur a tenté d’introduire dans la loi française une « durée légale de conformité » de cinq ans. Après tout, au Royaume-Uni, elle est de six ans. Mais la proposition de loi sur l’obsolescence programmée, présentée par l’écologiste Jean-Vincent Placé, n’a pas été retenue par Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie solidaire et à la Consommation. Dans son projet de loi sur les droits des consommateurs qu’il a présenté ce 2 mai en conseil des ministres, point de référence à l’obsolescence ni aux extensions de garantie. Le ministre s’est dit « réservé » sur l’extension progressive de la garantie légale à cinq ans (au lieu de deux ans, donc). Il n’a pas été sensible aux arguments de l’association Les Amis de la Terre qui milite pour la création d’un délit d’obsolescence programmée et estime qu’« étendre la garantie légale à dix ans permettrait d’aboutir à un changement structurel de nos modes de production », comme elle l’a expliqué dans une étude sur l’obsolescence programmée. (.../...) Le ministre aurait-il été sensible à l’intense lobbying auquel s’est livré Darty dans les couloirs de Bercy et du Parlement ?
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