Mes coups de coeurs
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PAS SON GENRE Bande Annonce (2014) - YouTube

Le nouveau film de Lucas Belvaux, au cinéma le 30 avril ! Le Meilleur du Cinéma ? Abonne toi ➨ http://bit.ly/HeWbBJ ➨ Rejoins-nous sur Facebook http://fb.com...
Et on refait le film !'s insight:

Nous voici avec un drôle de film. A première vue on pourrait croire qu’il s’agit d’un film à l’eau de rose, traditionnel, prévisible, avec des acteurs sans grand intérêt et dont le rôle est abrutissant. Mais non, on est loin du compte. Ce film dramatico-romantique du belge (mais surtout talentueux) L. Belvaux rompt avec le genre. Il y instaure de nouveaux codes, de nouvelles normes. Un peu à la manière d’A. Kechiche. Pour la petite histoire, « Pas son genre » est adapté du roman du même nom de l’écrivain P. Vilain.

 

Le film nous décrit la vie de Clément, un jeune professeur de philosophie parisien, muté dans le Nord à Arras. Entre l'ennui qui l'oppresse et la météo qui le plombe, il rencontre Jennifer, une jolie coiffeuse. Mais si la vie de Clément est régie par Kant ou Proust, celle de Jennifer est rythmée par la lecture de romans populaires, de magazines « people » et de soirées karaoké avec ses copines.

 

D’habitude, j’ai tendance à m’attarder  longuement sur la réalisation, sur le travail derrière la caméra. Ici, je ne le ferais pas. Pour la simple et bonne raison que Monsieur Belvaux a tellement bien filmé, il fut tellement habile, qu’il arrive à nous faire oublier que cette histoire est tournée et fictive. Quand on regarde ce film, on est transporté, on n’est plus dans la salle de cinéma, on est ailleurs.

 

Donc ce film commence un peu à la manière d’un roman d’anticipation. On va suivre les personnages chacun de leur côté, on se doute bien qu’ils seront amenés à se voir, à se rencontrer, à se parler. D’un côté, Clément, tout ce qu’il y a de plus parisien, a choisi d’être professeur de philosophie par défaut. Il mène une vie d’homme indépendant dans la capitale, ne veut pas avoir d’enfant et ne supporte pas d’être en dehors de Paris. De l’autre, Jennifer, bonne vivante, arrageoise et fière de l’être, parait épanouie et satisfaite de sa vie. Leur rencontre n’avait pas grand-chose à voir avec une quelconque histoire de destin. Clément est venu se faire couper les cheveux au salon de Jennifer, il l’a remarqué, l’a apprécié, et peu de temps après, l’invite à boire un verre. Ils échangent rapidement quelques mots et décident de se revoir, point. Vous vous doutez de ce qu’il va se passer après, ils finissent par former un couple. Cependant, et c’est là que les enjeux sont dévoilés et prennent une importance considérable, le film va insister sur les traits de caractère, l’attitude, le comportement des deux protagonistes.

Jennifer, issue des classes moyennes populaires, va changer du tout au tout. Elle n’est plus la même qu’avant, elle change son train de vie pour Clément, elle fait des concessions pour lui, elle lui montre et exprime clairement ce qu’elle ressent. Par contre, on va constater que du côté de Clément les choses n’ont pas vraiment changé. Il apparait, pense et agit comme un homme tout à fait rationnel. Il se pose des questions et des problèmes sur tout. C’est d’ailleurs ce qu’il enseigne à ses élèves, que tout est sujet à réflexion. De plus, il va s’apercevoir que Jennifer, sans le savoir, a une manière de penser qui peut chambouler son esprit philosophique. Inconsciemment, elle va réussir à remettre en question les fondements de la pensée de Clément. . Et c’est sur ce balancement entre deux univers singulier, distincts, totalement différents mais qui, de façon étonnante, force le rapprochement de manière fine et délicate, que le film va très justement s’appuyer.

Au fur et à mesure que le film avance et que les personnages se connaissent, on voit doucement arriver les obstacles socio-culturels qui se glisseront entre eux.  Clément est un intellectuel, un homme qui réfléchit sur tout ce qui peut porter à réflexion. Il  se cultive autant que possible, lit Kant, Dostoïevski. Jennifer s’intéresse à l’actualité people, va voir des « films à pop-corn ». L’un va essayer d’initier l’autre à une facette de la société qu’il ne connait pas, à laquelle il n’est pas habitué, pas familiarisé. Cette rencontre et ce choc de deux mondes a quelque chose de touchant, d’attendrissant. On se prend d’affection pour les personnages, on a le sourire au lèvre. Et ce jusqu’à ce que le film vire de bord.

Au bout d’un moment, on voit que les deux amants se comprennent de moins en moins, commencent à s’éloigner et à se décevoir. Jennifer découvre la personnalité profonde de Clément qui lui ne change pas d’attitude. Il semble ne rien ressentir. Son âme de philosophe continue de prendre le dessus sur tout le reste. Et c’est là que le jeu de l’acteur est parfait. Il arrive à rester stoïque, calme et impassible dans une situation ou tout autre personne aurait réagi de façon plus impulsive.


Je ne compte pas en dire davantage car je vous gacherai le film. Si jamais l’envie vous prend de passer deux heures ailleurs, en compagnie de Jennifer, Clément et leurs tourments sentimentaux n’hésitez surtout pas !

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La Ballade de l'Impossible, bande annonce - YouTube

"La Ballade de l'Impossible", de Tran Anh Hung, avec Rinko Kikuchi, Kenich Matsuyama.
Et on refait le film !'s insight:

« La ballade de l’impossible » de Tran Anh Hung. Déjà, un éclaircissement s’impose. Derrière ce titre plus que métaphorique, se cache le nom d’un (excellent) roman de H.Murakami appelé à l’origine « Norwegian Woods » lui-même tiré du morceau des Beatles du même nom, paru dans l’album Rubber Soul. Mais je ne vous apprends rien. 

 Tran Anh Hung c’est le réalisateur de L’odeur de la Papaye verte (comme nous le dis la petite vidéo). Film délaissé du grand public mais adoré par la critique car jugé trop conceptuel. Je ne suis pas de cet avis. Mais on n’est pas là pour parler de ça.

 

Donc La ballade de l’impossible, quelle œuvre, mais quelle œuvre ! Pour donner un aperçu j’ai trouvé un petit synopsis très bien fait car j’ai toujours eu du mal à résumer ce film. Le voici : Tokyo, fin des années 1960. Alors qu'un peu partout les étudiants se révoltent contre les institutions, la vie de Watanabe est elle aussi bouleversée. Son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Ce dernier avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an plus tard, Watanabe retrouve Naoko, fragile et repliée sur elle-même. Il s'en éprend sans réussir à lui faire reprendre goût à la vie. Quand il rencontre Midori, belle, drôle et vive, Watanabe doit alors choisir entre la fidélité au passé et l'avenir.

Complexe n’est-ce pas ? Par quoi commencer ? Parlons d’abord de la technique, des plans, des images. C’est tout simplement à couper le souffle. A chaque fois qu’une idée est émise, le réalisateur a su parfaitement associer le plan et la façon de filmer qui vont avec. Par exemple la scène où l’on voit Naoko souffler ses bougies représente bien l’idée qu’il y a derrière. La pièce est sombre, une légère brise passe par la fenêtre, Watanabe se tient en silence à côté d’elle qui semble inaccessible et totalement renfermée sur elle-même. Il apparait ici comme le seul à être capable d’approcher Naoko. Le film se nourrit, de bout en bout, de cette technique maitrisée, suggestive et explicite à la fois pour rendre plus claires les émotions des personnages et épouser au plus près leurs tourments.

On reste d’ailleurs sur les personnages pour continuer. Ou plutôt les acteurs. Bon dans leurs performances, à chacun d’entre eux, il n’y a aucune fausse note. Ils sont à chaque mouvement, chaque parole, chaque regard, tout à fait justes et précis. Seul petit bémol qui est à mon gout plutôt important est l’attitude peu fine de l’actrice jouant le rôle de Midori. Elle est parfois trop rapide et pas assez évocatrice. Mais cela reste un cas isolé et ne gêne en aucun cas le reste du film.

Enfin, on va parler de la musique. Alors la bande originale de ce film est une de mes préférées, toutes catégories confondues ! Que ce soit les Beatles, J.Greenwood le guitariste de ? De ? Je vous écoute … Oui c’est ça Radiohead (c’est pas rien), ou bien l’ensemble de violon qui entre en dissonance pour créer cet effet de malaise, ils vont tous à merveille avec l’univers si dense et si complexe du film.

 

Pour finir, je ne peux que vous le conseiller. C’est le genre de film qui change une personne, un esprit ou même une vie.

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