Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
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Twitter / BlogPhilo: Les enjeux de l'éducation aux médias

Selon moi, les enjeux de la critique et de l'éducation aux médias renvoient à des pratiques qui transcendent largement la question des (nouvelles) technologies. Faut-il d'ailleurs se focaliser sur les médias ou sur leurs enjeux éthiques, relationnels, épistémologiques et techniques? A mon avis, il est question de problématiques plus larges.

 

Concrètement, ce que je signifie par là, c'est que l'analyse des médias, de leur fiabilité et de leurs usages efficaces et critiques n'est pas une fin en soi. Elle est subordonnée en réalité à la question de l'esprit critique en général, qui renvoie à une autonomie de jugement, tant sur le plan épistémologique (fiabilité de l'information, processus et biais de perception et cognition, question de la foi, de l'adhésion, des idéologies et des croyances, etc.) que technique (maîtrise efficace des langages, des codes, des outils de production de savoirs et de pratiques, y compris au plan esthétique) et éthique (question de la vie en communauté, du relationnel, des valeurs, de la responsabilité et de la liberté, etc.)

 

En fait, les compétences pointées comme fondamentales par rapport à l'éducation aux médias sont d'ordre bien plus générique : ce ne sont pas les enjeux de pensée critique, citoyenne et ouverte qui se subordonnent à la question médiatique, mais le contraire.

 

Autrement dit, les enjeux de l'éducation aux médias invitent à aller au-delà de l'éduc. aux médias : info-doc / cognition et fiabilité, socioaffectif... L'éducation aux médias en tant qu'ensemble de contenus et méthodes est à subordonner aux enjeux qu'elle soulève.

 

Pour participer à la réflexion et découvrir des ressources au sujet de la philosophie, des médias et en sciences humaines et sociales, suivez-moi sur Twitter : https://twitter.com/BlogPhilo

 

http://www.philomedia.be

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Julien Lecomte's curator insight, February 11, 2015 3:24 AM

Et si les domaines de compétences de l'EMI/EAM délimitaient 3 disciplines distinctes qui à la fois les dépassent et sont "incluses" en elles (Information-documentation / épistémologie, Socio-relationnel / communicationnel / éthique, Technique / esthétique) ?

Chroniques inédites (Philosophie, médias et société)
Chroniques personnelles publiées également sur Tumblr (http://julien-lecomte.tumblr.com), mais pas sur http://www.philomedia.be : prises de position, études de cas, analyses critiques... Thèmes : philosophie (épistémologie et éthique), médias, enseignement et société
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Critique de l'image "Just because you are right does not mean I am wrong"

Critique de l'image "Just because you are right does not mean I am wrong" | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it
Cette image est hautement discutable.

C'est un sujet très complexe, voici ce sur quoi je me base pour dire ça :
- http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/
- http://www.philomedia.be/concepts-et-tensions-en-epistemologie/ + http://www.philomedia.be/presupposes-epistemologiques-en-journalisme-et-en-education/
- http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/
- http://www.philomedia.be/la-logique-face-aux-mauvais-arguments/

En gros, je suis aussi en désaccord avec le genre d'image qui est ici critiquée. C'est un relativisme naïf et intenable, pour différentes raisons (ici http://www.philomedia.be/doctrines-et-courants-en-epistemologie/ ).

Effectivement cela pose problème quand par exemple on met des propos haineux, extrémistes, climatosceptiques ou encore pseudoscientifiques sur le même pied que des propos scientifiques, par exemple.
Cf. combien je "combats" cela, y compris au niveau moral :
- http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/
- http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre-contredire-avec-les-faits-et-la-logique/
- http://www.philomedia.be/des-criteres-de-validite-en-sciences-humaines-et-sociales/
- http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/
Depuis mon mémoire en 2009, la plupart de mes écrits ou interventions traitent de cette question de la vérité et de notre rapport avec elle (cf. http://www.philomedia.be et @Julien Lecomte ).

Mais ici l'exemple est mal choisi. Comme si l'intention de l'auteur définissait ce qu'une chose était factuellement et avait de ce fait plus d'importance que la lecture des récepteurs.

Il n'y a pas de discours sur le réel en dehors de langages (signes), de communautés et de réappropriations humaines. L'objectivité factuelle existe (et ceci est un postulat discutable), mais c'est une caractéristiques des faits et des objets, et non des représentations.

Un meilleur exemple pour illustrer le propos de l'image : http://www.universitedepaix.org/wp-content/uploads/2017/01/Dualite-article-creativite-768x614.jpg > dans ce cas, on peut "voir" un carré ou un rond, alors qu'il s'agit d'un cylindre.
Dans ce cas, il y a "une" vérité qui prévaut sur les "points de vue", et en même temps les points de vue disent bien quelque chose sur le réel.

Un autre exemple déjà plus pertinent en illustration : https://scontent-bru2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-0/p75x225/15871816_10208004280401368_4561095302609437194_n.jpg?oh=dab59919acfc225852b30e85cb873123&oe=591E7AAE

Bref, tous les points de vue ne se valent pas. Ce n'est pas pour autant qu'il n'y en a qu'un qui a plus de valeur que tous les autres... Et surtout pas dans des cas où justement la marge de subjectivité est aussi présente, y compris dans le chef de l'auteur d'un signe...

On pourrait en discuter longuement (mon propos reste caricatural, mais l'enjeu est de montrer que c'est loin d'être indiscutable, surtout dans ce "mauvais" exemple)...
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Julien Lecomte's curator insight, January 7, 11:12 AM
Quand j'ai du temps à perdre.
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De service anti-populiste pour le réveillon

Réponse à une proche qui relaie du FdeSouche / LesObservateurs.ch et autres...

Cf. mon dossier http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/

La personne relayait notamment une photo d'un brave homme, visiblement sans abri, avec son chien, avec pour commentaire que l'on devait s'occuper de lui avant de s'occuper des migrants (cf . https://twitter.com/BlogPhilo/status/815874790925987840 ). Je lui ai d'abord répondu ceci : "La photo touchante du chien et de son maître circule depuis bien avant 2012 (cf. mon article ici http://www.philomedia.be/retro-des-chiffres-qui-donnent-envie-de-passer-en/ ). Avant la vague migratoire actuelle, et certainement pas en France ou en Belgique. Il se pourrait d'ailleurs qu'il s'agisse d'une mise en scène de sensibilisation. Cela reste touchant et très choquant de se dire qu'il y a en effet beaucoup trop de sans abris...
A part ça, je lis que tu relaies parfois des sites comme FdeSouche, Lesobservateurs.ch, etc. Ces sites diffusent très très souvent des intox, des rumeurs et des désinformations. En fait ils s'en fichent de ce qui est vrai ou non tant que ça va dans leur sens (climat anxiogène, etc.). Ils disent donc parfois des choses vraies, mais globalement ce ne sont pas des sources très fiables. Ce montage, en l'occurrence, n'a rien de factuel. Cette famille n'est probablement pas une famille de migrants, de même que ce brave homme et son chien ne sont pas des SDF français. A ces sujets : http://www.philomedia.be/julienlecomte/comment-je-minforme-sur-le-web/ - http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/ "

Elle m'a répondu ceci : "Ce n est que de photos et j en suis consciente... mais il suffit de se promener dans la rue et se rendre compte de la réalité des faits. Quel l on accueille des réfugiés je suis d accord mais que l on laisse des gens mourir de froid dans la rue en parallèle je ne le suis pas. Quant aux informations relayees par certains medias je les partage parce que de un c est mon droit d expression..et de deux cela relaye une verite qu il ne faut pas ignorer meme s il elle peut etre tronquee ou manipulee..mais les rouges ne le font ils pas ???"

Je lui ai donc répondu plus en profondeur :

"Je ne nie pas les faits non plus, c'est une réalité qu'il y a bien trop de sans abris et c'est une injustice atroce. Il y a aussi 10% de gens qui ne savent ni lire ni écrire en Belgique, ça ne devrait pas exister dans un pays qui se dit "civilisé"...

Ce qui me gêne dans cette photo c'est qu'on laisse entendre que c'est à cause des migrants qu'on ne s'occupe pas des belges... Mais la pauvreté existe depuis bien avant les migrants, de même que le chômage ou les emplois de merde alors que certains (de gauche, de droite et d'autres bords) s'engraissent et s'enrichissent de plus en plus...

Que des politicards ne fassent pas correctement leur job n'est pas nouveau et c'est facile pour des populistes de rejeter la faute sur ceux qui ne savent pas se défendre. C'est mieux de liguer les "petits" les uns contre les autres pour défendre leurs intérêts et s'assurer le vote des révoltés.

Bref, on est bien d'accord toi et moi que l'on ne devrait pas laisser mourir de froid des gens, et que certains dirigeants soi-disant de gauche n'aident pas assez le "petit peuple". Pour moi ce n'est juste pas incompatible.

On pointe du doigt les migrants comme la cause mais ça c'est un mensonge. De nombreux faits montrent qu'à moyen et à long termes les migrants ont un apport positif pour l'économie (cf. mon article http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre-contredire-avec-les-faits-et-la-logique/ )

Quant aux médias que tu relaies, par contre, au sens strict du terme, la liberté d'expression ne permet pas de dire tout ce qu'on veut. Ainsi en est-il de l'incitation à la haine, ce que font notamment FdeSouche ou lesobservateurs.ch. La liberté d'expression consiste à pouvoir exprimer et revendiquer toute opinion politique, morale, religieuse... sans être censuré par l'Etat, ce qui ne veut pas dire qu'aucun propos n'est faux ou condamnable (cf. ce dossier qui m'a beaucoup appris : https://jeunes.amnesty.be/jeunes/le-coin-des-profs/nos-dossiers-pedagogiques/article/dossier-pedagogique-2011 ).

Oui, les gens sont autorisés à partager des contenus de FdeS ou LesObs.ch sans être censurés en amont, cela n'empêche pas que ce faisant ils partagent souvent des trucs faux et parfois même condamnables. Et ça empêche encore moins que ces propos puissent être critiqués, débattus et discutés ! Non seulement au nom de la liberté d'expression, mais aussi de la véracité des faits.

Jamais je n'ai voulu t'empêcher de publier ou partager quoi que ce soit, bien sûr... Je ne me permettrais avec personne et encore moins avec une personne proche ! Mais comme tu partages cela publiquement, que tu t'exprimes pour ton audience dont je fais partie, moi aussi je prends part à ta réflexion et à l'échange. Des médias qui mentent, manipulent ou se trompent, il y en a de tous les bords. Mais certains assument, corrigent, voire s'excusent. Ce n'est pas le cas de FdeS ou LesObs.ch. La vérité n'est pas un critère pour eux. Ferais-tu confiance à un type qui te ment une fois sur deux et qui ne reconnait même pas quand il ment ?

Bref, critiquer certains politiques sur base de leurs (in)actions, je suis 100% pour... M'indigner des injustices, clairement. Je te sens révoltée, et je partage ta révolte. Je ne supporte pas les injustices et je me sens impuissant par rapport à cela, parce que c'est insuffisant d'agir à mon niveau (il faut que les décideurs se bougent aussi...). Mais par contre, ce n'est pas parce que des socialistes, des journalistes ou des extrêmes ou n'importe qui d'autre "manipulent" que l'on doit relayer d'aussi gros menteurs, manipulateurs et surtout commencer à désigner des boucs émissaires... ! C'est comme ça que sont nées les pires dictatures (cf. http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/#comment-148https://fr.wikipedia.org/wiki/Principes_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_propagande_de_guerre - http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/ - http://www.slate.fr/story/114945/permier-article-new-york-times-hitler ).

Je suis certain que tu ne veux pas de cela, je te connais et je sais que ce qui t'énerve ce sont les injustices ! C'est dégueulasse et on est bien d'accord. Je trouve simplement qu'il ne faut pas se tromper de cible et pas ajouter de la haine au drame... Je ne voudrais pas être à leur place, et j'imagine ceux qui en profitent réellement, dont certains doivent peut-être bien rigoler qu'on s'en prenne les uns aux autres plutôt que de s'occuper des vrais problèmes..."

Advienne que pourra...
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Réponse à Tito Dupret quant à son article sur la conférence « Les réseaux sociaux : de vrais réseaux pour les jeunes ? »

Réponse à Tito Dupret quant à son article sur la conférence « Les réseaux sociaux : de vrais réseaux pour les jeunes ? »

Monsieur Dupret,

Je découvre avec quelques mois de retard votre article suite à mon intervention à Houyet ( http://www.iteco.be/antipodes/la-faute-aux-medias/article/question-a-houyet-au-coeur-de-la-wallonie-les-reseaux-sociaux-rendent-ils ).

Je me souviens très bien de votre présence à cette conférence. Je me souviens aussi que je vous avais demandé de m’envoyer votre article, une fois écrit. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi vous ne l’avez pas fait. Dommage, pour quelqu’un qui semble prôner l’interactivité.

Soyons clair d’emblée : vous soulevez plusieurs points extrêmement pertinents dans votre article. Je vois la remise en question comme quelque chose de nécessaire. A la sortie de cette conférence, j’étais moi-même très insatisfait. Elle était bien trop longue. La place à l’interactivité était bien trop faible. J’ai bâclé certains points et tout cela était très « transmissif » au niveau pédagogique. Nous sommes d’accord. D’autant plus que comme vous le faites remarquer, non sans ironie, le public n’était pas très nombreux ce soir-là (ce que je n’ai su que le jour-même).

J’ai d’ailleurs pris en compte cette expérience pour refondre totalement la conférence, depuis lors.

Ce qui me gêne un peu plus dans votre article à charge (charge qui n’est pas assumée, cf. votre dernier paragraphe), c’est que d’autres critiques sont infondées, voire fallacieuses.

Bon, tout d’abord, il est déplorable à mon avis de la part d’un journaliste de ne pas citer ses sources, de ne pas renvoyer à ce dont il parle, surtout lorsque ledit journaliste émet une opinion quant à son sujet. Et d’autant plus lorsqu’à plusieurs reprises, ce même journaliste questionne les sources du document qui lui a été présenté. En l’occurrence, le powerpoint de la présentation ( http://fr.slideshare.net/JulienRyuk/conference-relations-numeriques-42523109 ) et la page y faisant référence sur le site de l’Université de Paix ( http://www.universitedepaix.org/les-relations-2-0-relations-connectees-ppt ) vous étaient aisément accessibles. De même que les nombreuses sources dont vous semblez remettre en cause l’existence.

Quant au dispositif, ensuite, vous écrivez « La situation est exactement celle que n’encourage ni la pédagogie actuelle, ni ITECO qui publie ce magazine, ni Alain Gerlache dans un article ici connexe. Au lieu d’échanger, observer, reculer, analyser et synthétiser, nous allons assister à un spectacle, très sympathique, et survoler autant que zapper entre chiffres et diapositives, sans discontinuer ». Je vous ai donné raison en grande partie. Toutefois, il me semble pertinent aussi de vous rappeler que j’étais tenu à un certain mandat par le commanditaire, ainsi que par un contrat « tacite » avec l’assemblée. Ce mandat tient au mot « conférence ». Une conférence m’a été demandée, et c’est ce qui était attendu. J’ai à cœur d’animer des ateliers, des temps de réflexion ou autres, et de partager le temps de parole. Encore une fois, à refaire, je le ferais davantage. Par contre, je trouve cela un peu malhonnête de pointer du doigt un dispositif « classique » pour cette conférence, plus que pour n’importe quelle autre intervention du même type. Je donne des formations, des ateliers, des cafés philo ou des cours sur des sujets semblables ou différents. Simplement, le format, les objectifs, le contexte, l’audience (attendue) et le contrat sont différents.

Passons sur le fait que vous parlez de « la pédagogie actuelle » comme s’il s’agissait d’un tout homogène et ce, sans donner de référence à vos propos. J’imagine que vous faites référence à un parti pris pédagogique à ce sujet (parti pris que je peux partager dans une certaine mesure). Sur les réflexions autour des dispositifs pédagogiques, là encore, je vous renvoie à mes sources ou écrits, puisque vous dites ne pas en avoir eu assez lors de la présentation : http://www.philomedia.be/les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias-6-contenus-methodes/ - https://communicationsetinternet.wordpress.com/2014/02/26/cours-magistral-apprendre-a-disparaitre-et-a-ne-rien-faire-a-lere-de-la-technique/ - http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-faut-il-revolutionner-la-pedagogie/ - http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/

Vous trouverez dans ces articles un certain nombre de liens hypertextes. Il s’agit de sources, probablement moins visibles sur la présentation powerpoint.

Je ne vous fais pas l’insulte de répéter une fois encore ma propre frustration quant au manque d’interactivité et à la lourdeur du dispositif (oui, c'est bien une prétérition). Je regrette par contre assez amèrement de lire des passages aussi tranchés quant au contenu, surtout de la part d’une personne avec un point de vue aussi instruit que le vôtre.

A certains endroits, vous faites preuve de votre connaissance du monde médiatique. Vous écrivez notamment : « C’est bien sûr impressionnant, mais que faut-il en conclure ? Cette réalité est valable depuis l’avènement du livre, de la radio, de la télévision ». Bien évidemment. J’ai écrit un article à ce sujet en 2012 ( http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ ) et un autre en 2013 (http://www.philomedia.be/infobese-toi-meme/ ). Ai-je prétendu le contraire, lors de la conférence ? J'ai l'impression désagréable que vous me faites tenir un discours que je n’ai pas tenu. Vous ajoutez : « Quant à la source de cette image, c’est une société commerciale d’analyse de données en ligne. Il s’agit d’une publicité pour ses activités, pas d’une étude. Et les sources qu’elle cite elle-même sont une liste de marques de grandes compagnies du web, sans détail ni contexte ni protocole ». Comme si la prétention de la présentation avait été autre ! C’est bien pour cela que l’on cite ses sources, non ? Vous avez peut-être d’autres sources, plus fiables. Dans ce cas, cela m’intéresse. Je n’ai rien dit de plus que "selon cette entreprise, les chiffres sont tels". Peut-être supposez-vous que les membres de l’audience manquent du discernement dont vous faites preuve pour relativiser ces données ?

Si celles-ci sont très probablement à prendre avec des pincettes, ce qui m’ennuie est que vous utilisez ces éléments comme des remises en cause du bienfondé des contenus de la présentation en général. En sortant ces éléments de leur contexte, vous jetez l’opprobre sur tout le travail effectué, alors que le propos était simplement de donner un aperçu (partiel et partial, et ce avec transparence) de ce que peut représenter le web aujourd’hui. Vous me prêtez des prétentions de manière hâtive. Vous omettez le nombre de fois où j'ai répété combien la présentation powerpoint relevait elle aussi de la caricature.

Plus loin, vous écrivez encore : « Mais la démonstration est univoque, trop courte, hyper cadrée, sans contextualisation et surtout non-sourcée ». De nouveau, vous présentez deux caricatures comme s’il s’agissait de propos qui se veulent experts. Vous faites la même chose avec l’extrait humoristique de Gad Elmaleh (bon sang, où avez-vous lu ou entendu des prétentions à la scientificité relatives à ces images ?). Vous avez vous-même déploré les lacunes du dispositif. Clairement, je le répète, j’ai été trop gourmand en voulant présenter un panorama aussi large en aussi peu de temps. C'est peu propice à une analyse en profondeur. Je concède aussi que je n'ai pas pu retracer la provenance de tous les "mèmes" qui circulent abondamment sur le web, et que j'utilise comme supports illustratifs - et uniquement à cette fin.
Toutefois, une fois encore, il s’agissait justement dans les passages "incriminés" de montrer le côté caricatural de positions se limitant à l’angle « pour » ou « contre » les nouvelles technologies ! Quand vous dites que ceci est non-sourcé, encore une fois, vous jetez la suspicion sur tout un travail qui dépasse de loin cette présentation (cf. http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ - http://www.philomedia.be/les-reseaux-sociaux-et-les-selfies-nous-rendent-ils-plus-narcissiques/ - http://www.philomedia.be/analyse-des-chaines-youtube-les-plus-populaires-en-france/ - etc.) alors que les sources se trouvent dans une bibliographie fournie en fin de présentation (je vous remets le lien pour être sûr que vous ne le manquiez pas, cette fois : http://fr.slideshare.net/JulienRyuk/conference-relations-numeriques-42523109 ).

Point de détail - mais qui en dit peut-être long -, votre mise en récit n’honore pas vraiment votre métier : « Nous sommes plusieurs à nous être levé pour circuler dans la salle et exercer nos jambes ». Je me souviens que deux personnes l’ont fait, vous et un enfant. Oui, cela fait "plusieurs". Mais comme moi, vous n'ignorez pas le poids des mots. Deux et plusieurs, ça ne sonne pas pareil (on retrouve d'autres inexactitudes ou formulations fallacieuses lorsque dans votre texte vous parlez de "10 secondes de vidéo", évoquez le terme "paralangage" alors que je ne l'ai pas utilisé, ou encore quand vous dites "le tout sans définitions"). Je concède néanmoins une dernière fois que la présentation "magistrale" était trop longue pour tout le monde, ce que j’ai largement pris en compte suite à cette intervention. Je vous suggérerais bien de vérifier mes dires auprès des publics auxquels j’ai donné une intervention similaire - mais améliorée - ultérieurement, à Charleroi au salon de l’éducation ou encore à Arlon à la maison de la culture, comme vous n’êtes pas quelqu’un qui croit autrui sur parole ;-).

Enfin, vous écrivez : « Aussitôt, la question la plus sensible du jour est lancée : le cyber-harcèlement pour ensuite conclure sans plus tarder avec ceci : attention, les jeunes ne savent pas comment chercher l’information, ils n’ont pas d’esprit critique et ne questionnent pas les informations qui leur parviennent. Cette fois, je suis KO ».

J’avoue avoir dû vous relire, estomaqué. Vous me prêtez une fois encore des propos que non seulement je n’ai pas tenus ce jour-là, mais que je n’ai jamais tenus du tout. Bon, d’abord, la question du cyber-harcèlement est la question « commanditaire » par excellence. Concrètement, dans ce contexte et à l'Université de Paix, "on ne peut pas ne pas l’aborder" (c'est difficile, en tout cas, de ne pas en dire un mot, ne serait-ce que justement en termes de démystification du phénomène).
Vous présentez cela comme si je faisais partie de ceux qui adoptent une posture anxiogène quant aux réseaux sociaux, quand justement j’ai traité cette question en lien avec le harcèlement de manière générale, et ce en une poignée de minutes. De plus, vous déformez totalement mes propos quant à la recherche d’information sur le web.
Je suis en effet d’avis que le développement de l’esprit critique par rapport à la fiabilité des sources sur le web (et ailleurs !) est un enjeu majeur de l’éducation aux médias. C’était le thème de mon mémoire en 2009 ( http://www.philomedia.be/memoire-education-aux-medias/ ), de mon article scientifique en 2010 ( http://sites.uclouvain.be/rec/index.php/rec/article/view/21 ), en grande partie de mon premier livre sur la fiabilité des médias, et j’ai imaginé et testé des activités pédagogiques à ce sujet ( pédagogies qui sont loin de se limiter à de la transmission de contenus http://www.philomedia.be/activites-pedagogiques-education-aux-medias/ ) ou en collaboration avec des experts de terrain (cf. mon second ouvrage avec ACMJ asbl).
Je ne dis nulle part que les jeunes « n’ont pas » « d’esprit critique » (d’ailleurs, comme si l’esprit critique pouvait s’acquérir une fois pour toutes). J’ai par contre pu observer à plusieurs reprises des jeunes qui se déclaraient démunis ou ne mettaient pas en place des outils pour rechercher ou évaluer l'info sur le web (ce qui ne les rend pas idiots ou crédules pour autant). De même que des adultes et de même par rapport à d'autres types de sources que numériques. Bref, je ne sais par quel biais de confirmation d’hypothèse vous êtes arrivé à cette « conclusion », mais celle-ci me fait sérieusement m’interroger quant à la clarté de mes propos ! Cela a au moins le mérite d’appuyer votre propos selon lequel « ma » pédagogie était lacunaire ce jour-là… Là où mon objectif didactique était de "voyager" entre différents points de vue pour percevoir la complexité d'un phénomène, vous m'attribuez une thèse simpliste, et j'en suis fort triste.

Je conclurais avec vous sur votre dernier paragraphe.

« Mais qu’on ne se méprenne pas sur ce texte. Je ne veux pas remettre en cause l’intervention du conférencier, encore moins l’utilité d’une telle initiative ». Sur ce point, je pense que vous n’assumez pas vos propos, et êtes en contradiction performative par ailleurs.
Quel dommage pour quelqu’un qui déplore un manque d’interactivité d’écrire son petit texte dans son coin, sans prendre la peine d’en discuter… Comme cela doit être frustrant de n'avoir pu vous exprimer en face à face lorsque vous en avez eu l'occasion. En effet, pour vos lecteurs, il aurait été honnête de rappeler que si le moment d'échange avec le public a été bien trop court proportionnellement, il y en a bel et bien eu un. Sans compter que j'ai d'emblée invité les personnes à m'interrompre s'ils souhaitaient réagir - droit qui a d'ailleurs été exercé par "plusieurs" participants. Je suis resté peu après la conférence avec les derniers participants, continuant la discussion. Je suis joignable par de multiples canaux dont vous avez connaissance. Bref, à ce moment-là ou plus tard, les opportunités de m'interpeller et de susciter l'échange n'ont pas manqué. Pourquoi ne pas m'avoir simplement interpellé ? Pourquoi ne pas avoir partagé votre opinion, en public ou en privé ?

« Dans la salle, la demande est bien réelle, les questions existent, l’intérêt est palpable ». Oui. Et j’ajouterais que tous les participants ne disposent pas de la même culture médiatique que le journaliste que vous êtes. Vous faites partie des spécialistes du sujet.

« Malheureusement ce moment d’éducation aux médias ressemble trop aux médias eux-mêmes. […] Julien Lecomte est manifestement à la fois le sujet et l’objet de ce qu’il étudie. Il est le fabriquant et le produit. Il est dedans et dehors. De sorte que la frontière entre l’acteur et l’observateur est devenue aussi indiscernable que celle entre le réel et le virtuel. Je reviens de cette conférence avec le sentiment que cette frontière est inopérante, obsolète. Nos vies et nos réseaux sociaux, réels et virtuels, sont un et un seul, de chair et d’os, avec ou sans écran ou interface ».

Amusant. C’est la seule thèse que vous avancez véritablement (le reste de l’article n’étant qu’une déconstruction pure et simple du contenu et du format de la conférence, mise à part la question de l’interactivité lacunaire du dispositif).
A sa lecture, je me demande quel était l’objectif de votre article. Si c’était de tenir ce propos, je pense que vous auriez pu vous dispenser de la charge qui précède. C’est une thèse qui mérite d’être étayée, discutée, enrichie. J’ai déjà lu des articles à ce sujet, d’ailleurs (cf. http://www.philomedia.be/stephane-vial-il-ny-a-pas-de-difference-entre-le-reel-et-le-virtuel/ - http://www.fadben.asso.fr/Sur-la-reflexivite-dans-les.html - http://www.philomedia.be/questions-philosophiques-d-education-aux-medias/ ). De fait, c'est une thèse à propos de laquelle j'ai écrit un peu plus que quelques envolées lyriques à la fin d'une chronique qui se veut culturelle.
Impressionnant, non ? Finalement, j’ai l’impression que peu de choses que vous semblez identifier comme des désaccords entre nous subsistent à la discussion. Nous nous rejoignons sur un certain nombre de points, mais encore aurait-il fallu prendre le temps d'en prendre conscience.
Par contre, je ne peux vous rejoindre quant au format de votre article. Non seulement il m’apparait comme peu informatif pour votre audience (qu’y apprend-on, à part que vous n’avez pas pris votre pied lors d’une conférence ?), mais en plus vous y reproduisez tout un ensemble de critiques que vous m’adressez (thèses non étayées ou non référencées, inexactitudes, interaction inexistante…).

Je ne dirais donc pas comme vous que je ne remets pas en cause votre intervention (votre texte), et encore moins l’utilité d’une telle initiative.
Franchement, je n’en perçois pas l’utilité. Elle m’a blessé.
Si elle était supposée me faire grandir, vous auriez pu me l’adresser directement.
Si elle était supposée étayer une thèse intéressante, vous auriez pu les argumenter positivement. Nul besoin de déconstruire ce que vous percevez du travail d'autrui pour ce faire (sur base d'une prestation "grand public" de 2h), ni de vous infliger des conférences si vous n'aimez pas ça.

Bref, cette mise au point n’était peut-être qu’une catharsis de ma part. J’aurais largement préféré en parler avec vous, plutôt que de lire un article à charge me concernant sans source ni droit de réponse. A ce sujet, la porte est toujours ouverte, si vous le souhaitez. Il y a un formulaire de contact sur philomedia.be. Je vous avais donné ma carte de visite lors de notre rencontre. Si vous avez des remarques constructives à propos desquelles vous souhaitez échanger, n’hésitez pas. Il suffisait de demander.
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Rétrospective PhiloMedia 2015

Puisque le temps est aux rétrospectives... Petit topo des articles publiés en 2015 sur http://www.philomedia.be 

 

Les guerres sont-elles justifiées/légitimes d'un point de vue philosophique ? http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie


Quels liens entre l'amour et la philosophie ? http://www.philomedia.be/amour-et-philosophie


De ces deux articles, une éthique "minimaliste" à deux facettes : la non-nuisance et l'attention ("to care")


Deux chroniques "courtes" : la pub sur le web et les "nouveaux" écrans http://www.philomedia.be/a-chacun-ses-ecrans - http://www.philomedia.be/economie-du-web-cachez-cette-pub-que-je-ne-saurais-voir


Approche socioéducative des usages et enjeux des TIC http://www.philomedia.be/approche-socioeducative-des-usages-et-enjeux-des-tic

 

Dossier "Des critères de validité en sciences humaines et sociales"

Introduction - http://www.philomedia.be/des-criteres-de-validite-en-sciences-humaines-et-sociales-introduction/

Délimitations du sujet - http://www.philomedia.be/validite-en-sciences-humaines-et-sociales-un-sujet-delimite-et-observable/

Méthodes de collecte - http://www.philomedia.be/des-methodes-de-collecte-en-sciences-humaines-et-sociales/

Traitement - http://www.philomedia.be/validite-en-sciences-humaines-et-sociales-un-traitement-en-contextes-et-reflexif/

Biblio - http://www.philomedia.be/validite-en-sciences-humaines-et-sociales-bibliographie-selective/

 

Refonte de mon cours "Philosophie et éthique de la communication" > Enjeux épistémologiques et éthiques des médias et de l'éducation aux médias http://www.philomedia.be/enjeux-epistemologiques-et-ethiques-des-medias-et-de-leducation-aux-medias/

Lutter contre la haine de l'autre http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/

 

Analyse des chaines Youtube les plus populaires en France http://www.philomedia.be/analyse-des-chaines-youtube-les-plus-populaires-en-france/

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Ces derniers jours, j'ai vu pas mal de #bullshit sur mon fil d'actualités.

Ces derniers jours, j'ai vu pas mal de #bullshit sur mon fil d'actualités.

Je crois que l'indignation et la dénonciation ne suffisent pas face au racisme sous ses formes multiples et à la haine.

Je pense qu'il y a un travail de fond à faire pour que les gens discutent plutôt que d'apposer leurs opinions sans jamais se rencontrer, et que c'est aux modérés à montrer l'exemple.

Je suis plus dur avec ceux avec qui je suis d'accord, parce que sur le coup j'ai envie qu'ils aient raison des haines et des violences. On ne veut voir s'améliorer que ceux que l'on veut voir gagner.

C'est aux modérés à apprendre aux autres que l'on peut dire que l'on ressent de l'injustice. Dans une démocratie, on peut dire que l'on n'a pas confiance dans un système qui semble inéquitable et qui soumet à l'austérité. On peut témoigner également d'une peur face à des groupuscules guerriers, face à des actes barbares et sanguinaires, face à la violence en tant que telle. Mais aucune forme de haine qui pourrait en découler ne peut être tolérée.
En plus, bien sûr, la plupart des propos haineux ou racistes sont logiquement faux ( http://www.philomedia.be/la-logique-face-aux-mauvais-arguments/ ).

C'est aussi selon moi en faisant la part des choses que l'on peut peut-être parvenir à faire nuancer les propos de ceux qui expriment à mon avis avant tout des préoccupations personnelles.

Il y a donc évidemment un travail d'argumentation, de présentation des faits et de déconstruction des idées fausses (deux ressources utiles actuellement, parmi d'autres : http://unodieuxconnard.com/2014/01/02/commencer-lannee-du-bon-pied-au-cul/ - http://www.amnesty.be/doc/agir-2099/nos-campagnes/migrants-et-refugies/asile-et-migration-en-europe/s-o-s-europe/article/10-prejuges-sur-les-migrants-et ), mais il ne faut pas se perdre non plus dans le jeu des querelles sémantiques, là où les extrémistes et radicaux de tous poils jouent très bien le jeu de la langue de bois.
C'est donc aussi un travail d'écoute et de "traduction" de ce qui est intolérable, de "compréhension" du ressenti de l'autre, au-delà des propos inacceptables. Le travail est sur les deux plans, car je pense que si on ne leur donne pas l'impression d'être entendus, ils continueront à vomir leur haine.

Arrêtons de donner aux racistes l'opportunité de se présenter en victimes. On clarifie aussi la liberté d'expression si on arrive à leur montrer qu'il est autorisé d'extérioriser et de communiquer leurs émotions, leurs sentiments ou opinions politiques, et que ce qui est interdit et/ou faux, ce sont les amalgames, la haine et la violence. Cela fait partie du travail.

Par ailleurs, c'est un travail éducatif de fond qui semble nécessaire. J'ai vu des gens partager des trucs faux de Fdesouche.fr ou de Lesobservateurs.ch sous prétexte que "les médias nous manipulent". Quelle ironie.

Il y a deux semaines, j'étais impliqué contre mon gré dans des querelles entre athées intégristes et religieux intégristes. J'ai bien sûr vu passer d'autres querelles sur le conflit israélo palestinien, voire sur des questions de genres. L'impression d'être prisonnier devant des dialogues de sourds. Une non-entente parfaite, totale. Des lectures dogmatiques purement identitaires de la réalité. Bien sûr, il y avait aussi des intervenants qui adoptaient un comportement plus humble, nuancé, faisant droit à la complexité des choses, à la réalité, et à une manière de communiquer constructive et respectueuse. Trop peu nombreux ?

En début d'année, j'écrivais "Guerre(s) et philosophie" ( http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/ ). Il y a deux ans, j'écrivais "Pour une éthique de la discussion" ( http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ ). Depuis des années, je cherche à outiller les gens pour distinguer le vrai du faux (épistémologie, critique des médias, activités d'éducation aux médias). Tout cela est à la croisée de ces chemins. Et il y a encore un boulot colossal à réaliser.

Je n'abandonnerai pas, et à la fois je me sens dépassé par le flot de merdes que j'ai pu lire ou entendre récemment...

Julien Lecomte's insight:

Sur des questions similaires :

- http://www.philomedia.be/ideologies-communautarismes-et-arrogance/

- http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/

- http://www.philomedia.be/la-problematique-de-l-identite/

- http://www.philomedia.be/category/verite-et-epistemologie/

- http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/

- http://www.mediaculture.fr/2011/06/10/pourquoi-linfo-politique-grand-public-est-elle-si-pauvre/

- http://www.philomedia.be/enjeux-epistemologiques-et-ethiques-des-medias-et-de-leducation-aux-medias/

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Rescooped by Julien Lecomte from Didactique, éducation, pédagogie
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Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves

Cet article fait suite à la lecture de ce témoignage d'une enseignante, que l'on a pu lire dans la presse : http://www.lepoint.fr/societe/le-desarroi-d-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves-09-01-2015-1895173_23.php

 

Mon propos ici est d'analyser ce témoignage, et d'ouvrir la réflexion sur des pistes éducatives pour aborder ce sujet.

 

A la lecture de cet article, j'ai été choqué (comme l'enseignante a pu être choquée par ce à quoi elle a été confrontée). A chaud, je me suis dit que cette prof a raté l'occasion de faire véritablement son métier, ce jour-là.
Mon ami Cyrille Frank m'a fait remarquer que mes propos étaient durs, démesurés sans doute. En effet, et je le rejoins, une enseignante ne peut régler à elle seule les tensions auxquelles elle a été confrontée. Ce problème la dépasse à plusieurs niveaux, et il ne faut pas chercher bien loin pour constater que certains individus subissent un puissant endoctrinement.
L'émotion est encore grande par ailleurs. Ces attentats et meurtres ont eu l'effet d'une gifle pour les citoyens, de toutes cultures. Il serait malvenu de la fustiger parce qu'elle n'a pas eu une réaction "à froid". Ce serait inhumain de demander aux profs de ne pas avoir de réaction émotionnelle, quand le reste de la population partage un deuil...
De plus, elle n'avait pas l'air de s'attendre à la réaction de certains jeunes. Elle a été prise de court, elle n'y était pas préparée et a donc fait ce qu'elle a pu. Elle dit à deux reprises avoir été choquée, ce qui est tout à fait compréhensible.


Les professeurs n'ont pas la mission la plus facile qui soit, et beaucoup d'attentes reposent sur eux, pour une reconnaissance relativement faible par rapport à leur travail... L'article que j'ai choisi de traiter ici n'est d'ailleurs pas le seul témoignage d'un enseignant qui a rencontré des difficultés lorsqu'il a abordé le sujet de Charlie Hebdo.

 

Pour ces raisons et d'autres encore, je ne prétends pas que j'aurais mieux géré la situation que cette prof, et tiens à souligner que pour être cohérent, il est justement sain que l'émotion de la prof dont il est question ici puisse être exprimée et entendue, et que l'on puisse retrouver une démarche constructive qui ne nie pas cette facette de la réalité.

Je ne suis d'accord ni avec ce qu'elle a dit, ni avec sa manière de le dire. Pourtant, je peux essayer d'entendre son émotion (la reconnaître, être empathique avec elle, comprendre son ressenti) et, plutôt que de vouloir la faire taire parce que ses propos m'ont choqué, je peux ouvrir le dialogue avec elle.

 

Ceci étant dit, et justement parce que je suis de ceux qui pensent que l'enseignement est un pilier fondamental de la civilisation, je reste vraiment perplexe par rapport à la réaction de cette enseignante.


Voici pourquoi.

D'abord, elle mentionne qu'un élève lui demande "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ?", qu'elle a "trouvé cette réaction violente" et que "ses camarades ont été choqués également".
Sa réaction ? Lui rappeler "l'évidence", tenter de manipuler l'assemblée et jouer sur le conformisme ("plomber l'ambiance") : "il fallait éviter que d'autres s'amusent à jouer les caïds pour épater la galerie pendant ce moment de recueillement".
Derrière ce qu'elle interprète comme un comportement de caïd, il y a une vraie question de fond. Ne pas prendre ses élèves aux sérieux, première erreur didactique.
Peut-être voulait-il jouer le caïd, mais en lui donnant comme seule réponse de se taire par rapport à une question qui n'est absolument pas évidente, elle nie les valeurs qu'elle prétend honorer. Que dire des musulmans décimés dans le conflit israélo-palestinien, des morts en Irak, en Syrie, en Afghanistan... De ces humains tués par milliers, pour qui on ne fait pas de minute de silence ? A ce sujet, lire notamment : http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

L'enseignante continue ensuite : "Durant la minute de silence, dans les autres classes, il y a eu plusieurs expulsions d'élèves, les uns parlaient, disaient des choses affreuses, les autres rigolaient. Un petit de 6e de confession musulmane a carrément refusé de respecter la minute de silence. Tous ces élèves un peu "retors" ont été envoyés chez le principal de l'établissement et chez l'infirmière scolaire pour entendre un discours différent de celui qu'ils entendent sans doute chez eux".
Visiblement, elle est loin d'être la seule à être dans le désarroi. Cependant le vocabulaire utilisé est symptomatique : "disaient des choses affreuses" "carrément refusé" "ces élèves un peu "retors" " ! Ces mots sont forts. On la sent estomaquée, comme frappée au ventre.

Dans la suite de son récit, elle mentionne une autre jeune, qui lui dit "Madame, on ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète, c'est normal qu'on se venge. C'est plus qu'une moquerie, c'est une insulte !"
Il y a deux choses dans cette phrase, que la prof ne semble manifestement pas distinguer.
D'une part, il y a caution de l'acte commis. Ce n'est pas acceptable. Non, ce n'est pas normal que l'on se venge, que l'on veuille faire taire ceux qui nous choquent (...).
Mais d'autre part, il y a aussi la blessure, et l'émotion qui résulte des caricatures. La même émotion ressentie par cette enseignante par rapport à des enfants qui refusent de faire une minute de silence ou qui en questionnent le sens.
Elle dit : "j'étais choquée, j'ai tenté de rebondir sur le principe de liberté et de liberté d'expression". C'est paradoxal. Au nom du principe de liberté d'expression, ces jeunes n'auraient pas le droit d'exprimer leur perplexité, leur colère ? De quelle liberté d'expression est-il question ? Y aurait-il en France une liberté d'expression à deux vitesses, qui fait que le choc et les émotions désagréables imposés à certains sont plus légitimes que d'autres ?

Ce n'est pas de liberté d'expression dont il est question lorsqu'il s'agit de condamner des actes criminels, mais de principes avec lesquels une grande partie de musulmans se dit d'accord (cf. entre autres Hassen Chalghoumi ( http://www.bfmtv.com/societe/la-communaute-musulmane-condamne-l-attentat-contre-charlie-hebdo-856227.html ), Tareq Oubrou ( http://www.sudouest.fr/2015/01/09/en-video-le-preche-sans-concession-de-tareq-oubrou-a-la-mosquee-de-bordeaux-1791654-2780.php ), Mohamed Ramousi ( http://www.lalibre.be/actu/international/apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-il-est-urgent-d-etre-lucides-54ad878c3570d587e32a2005 ), Muhammad Tahir-ul-Qadri ( http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/un-erudit-musulman-publie-une-fatwa-contre-le-terrorisme_1313557_3214.html ) ou encore Tariq Ramadan ( https://www.facebook.com/official.tariqramadan/posts/1010354452312184 ). A cela s'ajoutent des communiqués signés par des collectifs d'associations ( http://mrax.be/wp/charlie-hebdo-un-collectif-dassociations-reagit/ ) et autres messages publics ( http://www.europe1.fr/societe/musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnation-2340445 )). Il est donc possible de se baser AUSSI sur l'islam, une certaine lecture ou une certaine pratique de celui-ci, pour condamner les crimes commis, les meurtres.
Par contre, il est bel et bien question de liberté d'expression lorsque des individus expriment un désaccord, choquent.
Il est facile de parler de liberté d'expression lorsque l'on a l'impression que tout le monde est d'accord, lorsqu'il y a un unanimisme écrasant tout sur son passage, tel un rouleau compresseur. Un défi d'une société qui prétend à la liberté réside dans l'organisation équitable du débat pluraliste et de la critique. Il faut accepter que l'on puisse condamner les crimes commis tout en étant choqué et/ou en désaccord par rapport aux caricatures (cf. à ce sujet : http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987 - http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme - http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html )

 

Continuons. Selon la prof, "leur professeur de français avait eu l'intelligence de leur montrer les unes de Charlie pour leur montrer que l'islam n'était pas la seule religion à être moquée. Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison". Selon moi, cela fait partie de l'approche pédagogique. En effet, face au possible sentiment d'être stigmatisé - une fois encore - par cette France que les citoyens "pure souche" honorent (ce qui est paradoxal, quand on connait un peu Charlie Hebdo et ses "cibles" favorites), envoyer le message que l'on ne veut pas faire d'amalgame. Je pense qu'il est nécessaire également d'aller plus loin, ce que font probablement de nombreux professeurs (y compris ce professeur de français).

Dans la fin de cet article, je sens comme du découragement de la part de l'enseignante, ainsi que de la peur, ce qui peut se comprendre. Elle écrit : ""Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison [...] Les communautarismes ont resurgi d'un coup".

Le message, cependant, est terriblement connoté. Cette prof nous met face à ce qui est pour elle une fatalité. Au fond, "on a tout essayé" (en une heure de cours), on a tenté de leur inculquer les "bonnes valeurs républicaines", mais ils n'ont rien compris.
Ces jeunes sont irrécupérables. "Nous ne pouvons rien faire, face à leur famille, leurs parents qui leur mettent des trucs pas catholiques (...) en tête".
Ne s'est-elle pas interrogée sur le fait que ces jeunes allaient se reconnaitre dans cet article ? Eux, ces "hors-système" avec lesquels la France a tout essayé mais qui ne veulent désespérément rien comprendre et s'intégrer ?

"Je venais de voir quelques-unes de mes élèves de confession musulmane debout, la tête baissée, presque gênées, pour elles, pour leurs familles, ça doit être dur de voir certains faire l'amalgame". La voilà la bonne attitude de personne musulmane : celle qui s'excuse pour des crimes qu'elle n'a pas commis. Celle qui baisse bien la tête, et qui ferme bien sa gueule... Est-ce cela le message à envoyer ? Je ne crois pas.

 

Le message envoyé par son attitude, c'est que la valeur de respect des uns est plus légitime que celle des autres ; que l'émotion des uns (la colère, la tristesse, la peur) est plus légitime que celle des autres ; que l'expression des uns (la minute de silence) est plus importante que celle des autres.
Ce n'est pas le message de la liberté d'expression.
Ce n'est pas le discours défendu par Charlie Hebdo, qui se bat(tait) contre les dogmes, la parole unique. Toute proportion gardée (j'insiste), faire taire des gens à l'opinion dissidente, c'est ce que font justement les terroristes.


Toutes ces raisons font que pour moi, l'attitude de cette prof - et le fait qu'elle en fasse le récit dans la presse ! - envoie plusieurs messages dommageables aux jeunes ET sont incohérents avec les valeurs dont elle se revendique !

Je pense par ailleurs qu'il y a un symptôme inquiétant dans le fait que certains professeurs ne se rendent compte de ce qui se vit dans leurs classes que suite à ces attentats. Cette école bien-pensante et choquée n'aurait peut-être pas du attendre des attentats pour parler d'interculturalité et de vivre ensemble ? A quoi sert-il de former des intellectuels si demain, ils passent leur temps à se taper dessus ?

 

Alors, qu'aurait pu faire l'enseignante ?

 

- Pour moi, il est déjà intéressant d'interroger le caractère "obligatoire" d'une minute de silence. Si nous devions faire une minute de silence pour toutes les morts injustes et absurdes dues à la guerre, nous n'ouvririons probablement plus jamais la bouche, malheureusement. Il était possible de répondre à un jeune qu'il était libre de ne pas faire silence, pour peu qu'il ne perturbe pas la minute de silence de ses semblables qui ont envie de la faire (en allant ailleurs par exemple, dans une salle d'étude surveillée si c'est possible...). La minute de silence aurait pu concerner "tous ceux qui sont morts suite à l'absurdité d'une guerre, d'un meurtre ou d'un attentat, dans quel que pays ou quelle que culture que ce soit". Libre à chacun d'honorer ceux qu'il souhaite, tant qu'il respecte la pratique des autres.
Il s'agit là seulement de pistes parmi d'autres.

 

- Lorsqu'une question est posée, ou qu'une remarque est faite par un élève, il y a une opportunité d'apprendre des choses. De faire son métier de prof.
Je suis déjà sorti exténué d'un débat que j'avais lancé sur des questions de racisme et de xénophobie dans une classe d'étudiants qui correspond à celle décrite par l'enseignante (en termes de mixité et de contexte social). Je suis conscient que ce n'est pas facile à gérer. Je sais cependant que j'ai pu assurer un cours sur la shoah et le conflit israélo palestinien et bénéficier d'une participation constructive des élèves ensuite. Durant ce débat, je n'ai parlé que pour cadrer le débat (et il le fallait, c'était un terrain glissant, je ne le nie pas) : les élèves ont parlé de leurs réalités, je ne suis pas venu avec mes gros sabots leur imposer la mienne. Après, nous avons pu construire. 

 

- Accepter que l'on puisse choquer, sortir de l'unanimisme ET écouter (cf. tous ces moments plein de "bons sentiments" et d'"unité nationale" qui ont débouché sur plus de stigmatisation : http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 ).
On ne condamne pas des valeurs ou des émotions. Il est possible de les entendre, d'y faire droit.
Le problème est infiniment complexe : n'a-t-on pas le droit d'être choqué lorsque l'on a l'impression que la France soutient Israël ? Qu'est-ce qui fait que nous ne connaissons pas le nombre de civils morts en Afghanistan, en Irak, en Syrie... Et que les médias Occidentaux n'en parlent pas dans la presse ? N'est-il pas légitime d'être en colère quand l'immigration est un des sujets les plus traités par la presse en France, à travers les voix de Zemmour, Le Pen ou encore Houellebecq récemment ?
Comme pour le raciste qui a eu une mauvaise expérience avec une personne d'origine étrangère et qui fait l'amalgame, plusieurs jeunes dont il est question ont peut-être été brimés, injustement traités ou violentés par des gens ou un système.
Il n'est aucunement question de justifier la violence qui en résulte, mais de faire la part des choses : ce qui est condamné - avec fermeté -, ce sont les actes criminels, les propos haineux, la violence. Pas le vécu, le ressenti, leur expérience (cf. ma réflexion sur la sémantique et la pragmatique : http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/ ).

 

- Condamner avec eux, et non contre eux. Être partenaires dans la construction (cf. http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ versus http://www.philomedia.be/la-discussion-c-est-la-guerre/ ). Organiser le dialogue constructif et pluraliste, qui peut permettre aux jeunes d'apprécier et de s'approprier les valeurs dont il rend compte.
Il y a des problématiques sur lesquelles le monde musulman gagnerait sans doute à se pencher : le fait qu'il y ait des passages interprétés de facto comme un appel au jihad dans le Coran, le fait qu'il n'y ait pas d'autorité religieuse centralisée avec suffisamment de légitimité pour assumer le fait que le Coran soit lu et interprété différemment par les hommes et que certaines lectures devraient prévaloir, etc. (Lire Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html ).
A ce titre, je pense qu'il est contre-productif de leur imposer une réflexion de l'extérieur (tout comme il me semble carrément inadéquat de leur imposer de s'excuser). Cette réflexion me semble d'autant plus belle et constructive qu'elle est portée par des musulmans (tout comme le mouvement #NotInMyName, ainsi que dans la vague d'expression de nombreux musulmans face aux crimes commis - cf. http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo ).
Bien sûr, il y a aussi une propagande nauséabonde (armée de théories du complot, appelant à la haine et à la violence) qui vise à recruter des jeunes et à en faire de la chair à canon... Celle-ci doit être déconstruite, par un travail de fond (à ce sujet, http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/ ).
Cependant, pour qu'un enseignant arrive à cette réflexion, il doit déjà connaître un minimum l'islam, et le contexte dans lequel baignent les croyants. Balayer d'un revers de la main le sentiment que le prophète est insulté par des caricatures, c'est une erreur.
Par contre, les réactions de différents musulmans ont montré que l'on pouvait aussi condamner les actes terroristes à partir même de l'islam. Il y a des points d'accord : "tuer un homme revient à tuer l'humanité", "le jugement n'appartient qu'à Allah" (même si un musulman peut dire à un égaré qu'il le trouve égaré, le conseiller, le guider, ce n'est pas à lui de le punir). Le prophète n'a pas besoin d'être "vengé".

 

Dans la mesure où il est possible de concilier religion et droits de l'homme, justement par le respect du pluralisme intrinsèque à la liberté d'expression, c'est cette piste qui me semble la plus riche.

Au niveau rhétorique, je crois aussi que le fait d'aborder un problème d'une telle ampleur de front n'est pas la meilleure stratégie, du moins pas la seule. Dès le plus jeune âge, des œuvres ou encore l'Histoire nous permettent de dresser des parallélismes et de construire une réflexion critique partagée. Roméo et Juliette, ou encore "Les Rivaux de Painful Gulch" (Lucky Luke !) sont des exemples de supports de discussion (parmi tant d'autres) par rapport à deux familles qui se détestent depuis des générations, au point d'en avoir oublié pourquoi, par exemple. Ils permettent de mettre à distance l'émotionnel, du moins dans un premier temps.
Je crois que l'esprit critique véritable est capable d'une autocritique. Fustiger les autres, c'est facile, mais assumer sa part, ce n'est pas évident. C'est la paille et la poutre. Exercer son jugement moral, y compris envers soi-même, cela s'apprend, se travaille, s'entraine (cf. Hannah Arendt : http://www.philomedia.be/lexique-auteurs-concepts-philo/#_Arendt ).

 

- "L’idéologie n’est jamais assumée en première personne : c’est toujours l’idéologie de quelqu’un d’autre", écrivait Ricoeur à ce sujet. Cela me mène à mon dernier point : je pense que l'identité collective est une chose à aborder en classe, de manière intelligente. Ce processus qui crée un "nous" et un "eux". Celui qui fait dire que vous êtes "avec nous" (dites-le que "vous êtes Charlie") ou "contre nous". Il importe d'être conscient de ses propres prises de position, et si l'on veut dénoncer les dogmatismes, de sortir soi-même des dogmes (lire par ex. http://www.philomedia.be/bien-pensants-la-tolerance-l-esprit-critique-et-le-dogme-du-libre-examen-et-de-la-raison/ ).

L'unité n'est pas un mal en soi. Elle est parfois le résultat de sentiments louables, et peut se manifester de manière pacifique.
Je ne peux que saluer encore une fois les démarches silencieuses et pacifiques qui ont eu lieu en réponse aux drames meurtriers. C'est un beau témoignage, qui envoie un message fort : nous ne répondons pas aux armes par les armes (et pourvu que cela dure !).
Ce que j'espère, comme d'autres (cf. http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 par exemple, déjà cité), c'est que cet unanimisme ne se transforme pas dans une attitude grégaire que l'on gagnerait par ailleurs à dénoncer dans ce contexte. La compréhension des processus à l’œuvre dans la création d'étiquette est fondamentale en éducation (d'ailleurs, pour éviter de qualifier un élève de "retors", de lui assigner indirectement une étiquette de "cas désespéré") ou pour comprendre la société.
A ce sujet, cf. notamment :
- http://www.philomedia.be/la-problematique-de-l-identite/
- http://www.philomedia.be/l-identite-selon-brubaker/
- http://www.philomedia.be/communautarismes-le-cas-belge/
- http://www.philomedia.be/reserves-a-parler-de-la-societe/
- http://www.philomedia.be/serge-paugam-la-disqualification-sociale/
- http://www.philomedia.be/quelques-regards-sur-l-exclusion-sociale/
- http://www.philomedia.be/ideologies-communautarismes-et-arrogance/

Pour conclure, je dirais que s'il est question de "défendre" "nos" "libertés", il importe d'être bien au clair sur ce que ces termes représentent. De quel "nous" est-il question ? Défendre, à quel prix, par quels moyens ? S'agit-il d'écraser les dissidents ? Quelles sont les limites de la liberté d'expression ? Comment être cohérent ?
La liberté d'expression entendue comme liberté de s'exprimer dans la mesure de l'offense (en reconnaissant le caractère poreux de cette frontière), excluant de ce fait les appels à la haine et les actes violents, est d'autant plus riche si elle se nourrit et si elle s'appuie de la diversité des opinions, du pluralisme et de la différence.
(Sur la liberté d'expression, des dossiers pédagogiques et articles existent, cf. notamment : http://www.amnestyinternational.be/doc/militer/militer-pres-de-chez-vous/les-groupes-ecoles/l-espace-enseignants/article/dossier-pedagogique-2011 - http://www.justice-en-ligne.be/article522.html )
Un système libre autorise sa critique. C'est la raison pour laquelle un enfant qui exprime son désaccord par rapport à une minute de silence n'est pas fouetté publiquement - et ne doit pas l'être ! -, comme il le serait dans d'autres systèmes pour une telle "infraction". C'est la raison pour laquelle je relaie des opinions avec lesquelles je suis en désaccord, et que je tâche d'y répondre avec les mots. C'est cette liberté d'expression là, qui bénéficie à celui qui n'est pas d'accord et qui s'insurge ou à celui avec qui personne n'est d'accord et contre qui tout le monde s'insurge, que j'aurais invoquée pour "remettre le cadre", et pas celle qui bénéficie à ces autres qui sont bien dans les rangs... C'est parce que cette morale protège l'expression des minorités qu'elle se veut universaliste...

Julien Lecomte's insight:

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

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Julien Lecomte's curator insight, January 12, 2015 7:09 AM

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

Edit 10/2015 : http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/

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Canal et compagnie : 13 novembre 2014

Canal et compagnie : 13 novembre 2014 | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

En deuxième partie d'émission, Julien Lecomte, chargé de communication et formateur à l’Université de paix, fait le point sur l’impact des nouveaux médias sur notre comportement.

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La télé abrutit-elle les masses ? Mon interview dans le Télépro

La télé abrutit-elle les masses ? Mon interview dans le Télépro | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

A l'occasion des 60 ans du Telepro ( n°3163 - 16 octobre 2014 : http://www.telepro.be/011032-5-Sommaire-du-magazine.html ), le journaliste Rodolphe Masuy m'a interviewé dans le cadre du dossier "La télévision peut-elle rendre intelligent ?"

Julien Lecomte's insight:

Dans cet entretien, j'ai évoqué des pistes de nuance quant à l'idée que la télévision en tant que telle rendrait intelligent ou idiot (sans m'attarder sur le fait qu'il faudrait d'abord définir ce que l'on entend par ces termes).

 

La télévision PEUT être un vecteur de culture, d'émancipation et de socialisation. Il y a un rôle de démocratisation de la culture pour les chaines de télévision (c'est d'ailleurs une mission de service public), d'autant plus dans la mesure où 10 % de la population belge est analphabète, tout comme elles peuvent contribuer à endormir la réflexion et véhiculer une pensée simpliste.

 

Si l'on s'attarde sur les émissions de vulgarisation (celles qui ont pour vocation explicite de "cultiver" ou d'informer le téléspectateur), il importe que cette mise à disposition du savoir ne dénature pas le contenu. C'est la tension entre le fond et la forme, le format. C'est en réalité l'affaire de toute communication, que ce soit dans un livre, dans un article de journal ou dans une vidéo.

 

Il y a aussi différentes manières de regarder la télévision. Pour moi, il est possible d'apprendre à partir de tout, dès le moment où l'on revêt une attitude d'observation critique, curieuse (à la différence d'une posture de mépris par exemple).

 

Par ailleurs, la télévision ne se limite pas à l'information et la culture, qui semblent parfois "survalorisées" dans les discours. Pourquoi dénigrer le plaisir, le divertissement et la socialisation ?

 

Les contraintes de format étant ce qu'elles sont, l'article reprend quelques pistes de réflexion que j'ai esquissées parmi d'autres quant à ce débat, sans toutefois épuiser le sujet...

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Sur la réflexivité dans les pratiques d’éducation aux médias et à l’information (Mediadoc 12)

Sur la réflexivité dans les pratiques d’éducation aux médias et à l’information (Mediadoc 12) | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Cet article propose une approche phi­lo­so­phique de la réflexivité dans les pra­tiques d’éducation aux médias et à l’information (EMI). Tout d’abord, il sou­ligne les enjeux d’une relation réflexive en éducation, face au risque de for­mater l’apprentissage, en trans­mettant ou en figeant une lecture biaisée des médias et de l’information. Ensuite, il réin­troduit des consi­dé­ra­tions issues de la didac­tique, en tant que métho­do­logie pour penser les choix péda­go­giques lors des moments de sélection, de mise en place et d’évaluation des contenus et méthodes. Suivant ce point de vue, la pensée cri­tique dont il est question en EMI peut se carac­té­riser comme étant une attitude d’auto-évaluation durant laquelle un individu réfléchit à propos de ses propres manières de penser, de juger, ou encore d’enseigner.


Site de la Fédération des enseignants-documentalistes de l’Éducation Nationale 25 Rue Claude Tillier 75012 PARIS.


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Master en éducation aux médias | Julien Lecomte

Master en éducation aux médias | Julien Lecomte | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Ma réponse à la question "Quel est le sens du Master en éducation aux médias ?" (IHECS) :

 

D’abord, j’ai régulièrement observé de grands écarts entre des pratiques académiques (les études sur les médias et leurs usages, ainsi que les théories critiques à leur égard) et certaines initiatives pédagogiques de terrain. Je pense que cette formation est une opportunité de réduire ce genre d’écart et de maximiser les échanges entre des sphères complémentaires, qui sont malheureusement parfois déconnectées l’une de l’autre.


Ensuite, le fait de penser l’éducation aux médias s’inscrit dans une réflexion qui concerne la relation d’apprentissage, et même plus largement notre rapport au savoir et à son utilité sociale. Pour moi, cela consiste à s’interroger sur les présupposés didactiques explicites ou implicites qu’une personne ou une collectivité se donne pour éduquer. Autrement dit, un des enjeux majeurs d’une formation à l’éducation aux médias consiste à analyser de manière critique son propre rapport individuel ou social à la connaissance ou aux savoirs et à la communication de ceux-ci. Nous sommes ici à un niveau épistémologique.


Enfin, à mon sens, lorsque l’on prétend vouloir éduquer, et a fortiori lorsqu’il est question d’éducation aux médias, on adhère implicitement à un postulat d’émancipation citoyenne, c’est-à-dire à l’idée selon laquelle enseigner a une portée résolument éthique, liée à l’agir humain. Concrètement, l’éducation aux médias soulève des questions affectives, relationnelles, sociales, culturelles, juridiques et politiques qui sont autant de problématiques cruciales par rapport à l’autonomie de chacun et à l’expression harmonieuse de celle-ci.

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Confiance et défiance envers les médias

J'ai été interviewé pour cet article relatif à la confiance envers les médias, dans le journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/09/26/sale-temps-pour-les-medias_3485500_3246.html

 

J'y tiens le propos suivant : "Parfois, afficher de la méfiance est une façon de se positionner socialement".

 

Au-delà de ce passage cité, la question est très complexe et peut être abordée selon de nombreux points de vue, notamment en regard des opinions déclarées des usagers à l'égard des médias (par exemple via le baromètre TNS Sofres - http://www.tns-sofres.com -, également cité dans l'article), mais aussi en fonction des comportements de consommation de ceux-ci, ou encore de leur signification sociale et culturelle.

 

Plusieurs raisons factuelles peuvent alimenter une certaine défiance (accointances, orientations idéologiques, erreurs, coquilles, simplisme, stratégies marketing fallacieuses, etc.). Une question consiste à se demander si les médias remplissent toujours bien leur rôle social de contre-pouvoir, dès lors qu'il sont eux-mêmes sujets à un tel contre-pouvoir.

 

Cependant, il serait faux de croire que la méfiance est généralisée, absolue (et en outre qu'elle ne serait que rationnelle). Avec Internet, elle trouve de nouveaux lieux où s'exprimer (il suffit de lire les commentaires sur les sites de presse - le cas des trolls, notamment -, ou encore de constater la montée en nombre de sites d'info alternatifs), et elle trouve également un écho dans les médias traditionnels eux-mêmes, via certaines rubriques ou émissions (cf. ma chronique pour l'asbl Gsara : http://www.scoop.it/t/media-et-societe/p/4008274957/causes-toujours-30-pdf).


Par ailleurs, celle-ci n'est pas toujours rationnelle, mais plutôt socio-affective, voire orientée (cf. http://www.philomedia.be et http://www.scoop.it/t/media-et-societe/p/4002779009/critique-des-medias-critique-logique-ou-critique-sociale).

Je consacre une bonne partie de mon ouvrage "Médias : influence, pouvoir et fiabilité" (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=38392) à la question de la confiance envers les médias.

 

Voir aussi :

- http://www.philomedia.be

- https://ed.stanford.edu/sites/default/files/party_over_policy.pdf

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Les USA, la guerre, Obama, Bush, l'Irak et la Syrie

Un article de 2010 (...) selon lequel la "guerre secrète" s'étendrait globalement sous l'administration Obama : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/06/03/AR2010060304965.html

 

A l'heure où les relations semblent houleuses entre les USA et la Syrie, menaces d'interventions à l'appui, on se souviendra peut-être de l'intervention de Bush en Irak face à une hypothétique présence d'armes de destruction massive. Au nom de la Paix et de la démocratie, faut-il le préciser. Aujourd'hui, le régime syrien détiendrait et aurait utilisé des armes chimiques face à des civils...

 

De quoi évoquer les paroles de la chanson "We need a war", de Fisherspooner : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4004953154/fischerspooner-we-need-a-war

 

Il est sans doute trop tôt pour dire qu'il y aura une intervention militaire en Syrie. De plus, les situations ont des dissemblances. Il ne faut pas généraliser. Cependant, l'antiaméricanisme d'hier semble bien frileux à poser des questions aujourd'hui...

 

> Voir aussi ce "Lexique médiatique de la guerre de Libye" sur Acrimed (2011), par Julien Salingue, pour qui les mots utilisés en 2013 ont un air de "déjà vu" : http://www.acrimed.org/article3561.html

 

A rappeler que le président des Etats-Unis Barack Obama a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2009 : http://nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2009/


Je traite de la question du traitement médiatique des USA par les médias belges et français dans mon livre "Médias : influence, pouvoir et fiabilité" : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=38392

Julien Lecomte's insight:

Edit 11/10/2013 : http://www.lalibre.be/actu/international/journalistes-espionnes-deputes-terrorises-la-politique-mediatique-musclee-du-gouvernement-obama-5257d0063570d36e85e2dd1b

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"Accro aux écrans"

"Accro aux écrans" | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Je rencontre régulièrement des parents inquiets à propos de l’addiction de leurs enfants aux nouveaux médias. La question des addictions semble être une perspective privilégiée pour parler des pratiques des jeunes sur les nouveaux médias… Quelle est l’ampleur du phénomène ? Comment l’expliquer et le prévenir ?


Par Julien Lecomte (initialement publié dans le magazine de la COJ)

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« Les relations sur le web » dans « Eduquer » | Université de Paix asbl

« Les relations sur le web » dans « Eduquer » | Université de Paix asbl | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it
Éduquer : Vous proposez régulièrement des conférences portant sur les relations sur le web, pensez-vous que ce soit un aspect de l’éducation aux médias encore trop peu développé ?

Éduquer : Vous parlez de l’image de soi, et de l’estime de soi dans la communication, quels sont les enjeux de l’éducation aux médias par rapport à cette question de l’image de soi ?

Éduquer : Beaucoup d’adultes, de parents, semblent dépassés et parfois inquiets par l’activité importante de leurs enfants sur les réseaux sociaux, quels conseils auriez-vous envie de leur donner ?

Éduquer : On parle usuellement de fracture numérique pour désigner les inégalités d’accès aux technologies numériques, vous allez plus loin en parlant d’une fracture culturelle, comment la voyez-vous ?

Éduquer : Quels sont, selon vous, les apprentissages, les savoirs encore à développer dans notre manière de communiquer sur les réseaux sociaux ?

> Lire les réponses dans le magazine Eduquer de La Ligue de l’enseignement (PDF)
Julien Lecomte's insight:
Interview pour le magazine "Eduquer"
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Indignation, émotion et réflexion

Indignation, émotion et réflexion | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Ce dessin propose une réflexion intéressante.

L'autre jour, j'avais une discussion avec un copain qui m'expliquait que quand il disait des phrases comme "il y a statistiquement plus de personnes d'origine étrangère en prison", cela choquait ses étudiants de Master (en France), mais que ces derniers ne savaient pas dire en quoi cette phrase posait problème.

 

En fait, on en reste à de "l'indignation", du "c'est pas bien". Le seul truc qui les pousse à refuser cette phrase, c'est une approche moralisante. "On ne peut pas dire cela en France", ont-ils intériorisé. "C'est le discours du FN, teinté de racisme", déclarent-ils à demi-mot. Or, d'autre part, ils savent aussi que cette phrase est relativement factuelle. Ils ne cernent cependant pas où l'imposture logique (qui confond notamment causalité et corrélation, cf. http://www.philomedia.be/un-exemple-de-mise-en-doute-la-causalite/ et http://www.philomedia.be/la-logique-face-aux-mauvais-arguments/ ) se trouve, tant qu'on n'y a pas réfléchi avec eux.

 

Autrement dit, cela ne va pas de soi de cerner tous les implicites d'un discours afin de les déconstruire (à ce sujet, cf. la distinction entre sémantique et pragmatique et ses déconstructions : http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/ - http://www.philomedia.be/concepts-et-tensions-en-epistemologie/).

Les "Je Suis", les "Indignez-vous" et autres attisent cette posture émotionnelle (et identitaire !).

 

Je me suis déjà élevé contre la polysémie de l'affirmation "Je suis". Que signifie "Je suis" ? J'approuve le message ? Je soutiens ? Je compatis ? J'adhère aux idées ? Je cautionne les réactions politiques ? (Lire à ce sujet : Il y a un an, qui étaient ceux qui disaient #JeNeSuisPasCharlie ? https://www.academia.edu/20020266/_Je_ne_suis_pas_Charlie_._Pluralit%C3%A9_des_prises_de_parole_sur_le_web_et_les_r%C3%A9seaux_sociaux ).

Chacun y va de sa petite indignation, mais la réflexion n'est pas valorisée. Quand je lis ou entends les propos de certains politiciens sur les sciences humaines et sociales ou toute autre démarche à visée explicative, je crains que l'on soit dans le registre de la propagande pure et dure. Je frémis en lisant les propos du criminel nazi Göring à ce sujet : http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie/#comment-148 - lire aussi "Guerre(s) et philosophie" : http://www.philomedia.be/guerres-et-philosophie )

Pour conclure et nuancer, je crois qu'on ne peut pas faire l'économie de cette dimension émotionnelle lorsque l'on veut discuter de ces thèmes, voire de n'importe quel thème dans une optique d'apprentissage et/ou d'enrichissement mutuel.

L'émotion fait partie de la réalité, elle fait partie des choses à expliquer et à comprendre. Comprendre non pour excuser, pour tolérer ou quoi que ce soit, mais comprendre pour pouvoir éviter les dérives, pour développer quelque chose qui favorise l'harmonie et la sérénité, pour construire sur des bases raisonnées. Il serait contreproductif de refuser l'émotion au profit de la raison, de les opposer.
Au contraire, si l'on néglige celle-ci et que l'on ne peut se mettre en empathie avec ceux qui souffrent, sont choqués ou indignés, alors je crois que tous les arguments vont dans le mur (cf. "Pour une éthique de la discussion" http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ - "Lutter contre la haine de l'autre" http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/ ).

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DIY et autres "tutos" en vidéo : la "YouTube School"

DIY et autres "tutos" en vidéo : la "YouTube School" | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it
Les clips musicaux, les sketchs humoristiques et les animaux rigolos ne sont pas les seules catégories de vidéos à succès sur youtube. La catégorie des « tutos » prend de l’ampleur et se diversifie.


Les « tutos », ce sont des guides d’apprentissage « à distance », c’est-à-dire qu’ils vous permettent de vous former à quelque chose de manière quasiment autonome. Ils sont souvent thématiques et très concrets...

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Réponse à une personne qui ne serait pas en désaccord d'être davantage contrôlée pour sa sécurité

Bonjour Madame,

Je ne vous connais pas, mais je me permets de vous répondre suite à votre commentaire public :-)

Il y a plusieurs problèmes malheureusement à cette question [de la surveillance], notamment le fait que des désaxés seront toujours en partie hors de contrôle (s'il avait fait son coup entre Bruxelles et Liège, ou en pleine rue... ?).

Je cite ici J-P Dubois, président d'honneur de la ligue des droits de l'homme, aux lendemains du 7 janvier : "Je ne suis pas optimiste parce que peu d’hommes et femmes politiques estiment pouvoir dire la vérité. A savoir : il est impossible de garantir la sécurité totale, et surtout pas en prenant des mesures d’exception attentatoires à la démocratie et aux libertés publiques. Il faut mener des actions très difficiles à mener : du renseignement, de l’infiltration, du démantèlement de réseaux. Mais surtout pas appliquer des lois d’exception." ( http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974 ).

Aussi, si l'on voulait vraiment sécuriser tout, nous passerions des heures entières en plus dans tous les lieux publics (espérons qu'il n'y en aura pas, mais que faire si un malade agit en grande surface, voire pire, dans une école ?).

Petit à petit, c'est la surveillance et la peur qui triomphent, avec toujours des failles.

Entre nous, je suis aussi étonné de lire cette ferveur pour les contrôles quand je vois tous ces groupes Facebook qui "tuyautent" sur les radars à éviter, ou quand je vois le succès des "Coyote", alors que la route tue mathématiquement des centaines de fois plus en Belgique que les attentats (je ne minimise pas la gravité des actes criminels, loin de là et au contraire)...
Ce n'est pas votre cas, mais certains qui appellent aujourd'hui à plus de contrôle pour plus de sécurité ne sont pas toujours cohérents.

Par ailleurs, le contrôle a un côté sécurisant, jusqu'à ce que celui ou ceux qui organisent ce contrôle décrètent (tout à fait arbitrairement) que ce que vous faites au quotidien est en fait digne de reproche.

A ce sujet, cf. notamment http://www.philomedia.be/surveillance-de-masse-et-pouvoirs/

Je ne m'attarde pas ici sur les inégalités déjà observables générées (et du coup les frustrations, et du coup la haine, et du coup la violence ?) par de telles logiques. Ok, cela ne "nous" affecte pas - trop - pour l'instant, mais n'est-il pas important d'être solidaires avec ceux qui sont injustement victimes de réductions de leurs libertés ?

En caricaturant (un peu), serions-nous d'accord de passer 1 an en prison si cela permet d'identifier et de neutraliser des terroristes ? Si tout ce qui compte, c'est que cela soit efficace, la fin justifie les moyens, non ? Sacrifier un innocent dans l'hypothèse d'en sauver dix, vous torturer pour obtenir des informations sur le frère de votre cousin parti en voyage en Syrie au mauvais moment...

Je vous invite à regarder, si vous avez l'occasion et ne l'avez pas vu, le très bon documentaire "Traque Interdite" ( disponible ici https://donottrack-doc.com/fr/ ) qui explique les impacts "désagréables" que peut avoir la surveillance à laquelle nous sommes exposés au quotidien.

Alors que faire, me direz-vous ? Bien sûr que je tiens, comme vous, à ma sécurité. Je ne suis pas en désaccord total non plus avec l'idée qu'il y ait une surveillance, dans une certaine mesure (comme en parle J-P Dubois cité ci-dessus notamment). Je pense cependant qu'il est bon d'être extrêmement prudent lorsqu'il est question de contrôle, de surveillance de masse, et de tout ce qui pourrait réduire nos libertés (et celles de nos enfants ou celles de nos proches) en général. Je pense qu'en parallèle de cela, il faut travailler à souder les liens et à être un pays où il fait bon vivre, où les inégalités ne sont pas abyssales et où tout le monde est éduqué suffisamment pour ne pas devenir un désaxé. Certes, c'est peut-être utopiste, mais j'ai tendance à préférer cela à un scénario de 1984 .

Bien à vous et bonne soirée

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Il m'a fallu un peu de temps avant d'écrire #CharlieHebdo

Il m'a fallu un peu de temps avant d'écrire. Le temps que l'émotion redescende. Le temps d'une nuit, une nuit à repenser à tout ce que j'ai pu lire, voir ou entendre hier.

Le temps, puisqu'il en est question, est au recueillement et aux hommages aux victimes. Comme beaucoup, je me joins au soutien à leurs familles et à leurs proches. L'heure est à la tristesse et au respect des défunts et du deuil.

Plus tard viendra le temps de la réflexion. Il importe que cela soit plus tard. D'abord, comme je l'ai dit, par respect. L'heure n'est pas aux analyses ou aux stratégies politiciennes. Ce serait malsain. Ensuite, parce que l'émotion est grande, elle est forte, elle nous touche dans nos libertés individuelles et collectives. Il y a eu de la destruction. Il faudra prendre le temps de reconstruire (voire de construire quelque chose de neuf).

Grâce au courage de personnalités publiques et à celui de plusieurs de mes proches de tous milieux que je lis sur les réseaux sociaux, j'ai envie d'avoir espoir.

Je lis d'abord cette retenue, cette tristesse partagée, cette indignation, cette incompréhension. De la colère, aussi, légitime face à une telle folie, absurde, injuste. Je lis ce sentiment humain d'empathie avec les victimes et leurs proches.
Non, nous ne sommes pas tous des barbares. Non, nous n'acceptons pas ces actes criminels. En tant qu'individus, nous ne sommes pas d'accord avec cela. Je vois des rassemblements de foules, par milliers, par millions, debout dans la rue, pour signifier leur soutien à Charlie. Des millions de messages sur les réseaux sociaux également, derrière les hashtags #JeSuisCharlie #CharlieHebdo.

Je vois ensuite de la peur et de la raison. De la peur que ce tragique événement engendre ou renforce des amalgames ou des tensions.
Non, les musulmans ne sont pas tous comme cette poignée de terroristes qui ont une lecture particulière de leur religion. Je ne pense pas que les musulmans doivent s'excuser des crimes commis en leurs noms. Dois-je m'excuser si un homme tue sa femme au nom de la masculinité ? Cependant, je ne peux que saluer la prise de parole de tous ces musulmans qui prennent la peine de condamner ces actes. Parmi les personnalités publiques, il y a eu notamment Hassen Chalghoumi ( http://www.bfmtv.com/societe/la-communaute-musulmane-condamne-l-attentat-contre-charlie-hebdo-856227.html ), Tareq Oubrou ( http://www.sudouest.fr/2015/01/09/en-video-le-preche-sans-concession-de-tareq-oubrou-a-la-mosquee-de-bordeaux-1791654-2780.php ), Mohamed Ramousi ( http://www.lalibre.be/actu/international/apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-il-est-urgent-d-etre-lucides-54ad878c3570d587e32a2005 ), Muhammad Tahir-ul-Qadri ( http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/un-erudit-musulman-publie-une-fatwa-contre-le-terrorisme_1313557_3214.html ) ou encore Tariq Ramadan ( https://www.facebook.com/official.tariqramadan/posts/1010354452312184 ). A cela s'ajoutent des communiqués signés par des collectifs d'associations ( http://mrax.be/wp/charlie-hebdo-un-collectif-dassociations-reagit/ ) et autres messages publics ( http://www.europe1.fr/societe/musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnation-2340445 ). Ils l'ont dit haut et fort : cela n'est pas la religion, c'est même le contraire de l'islam, tel qu'il est pratiqué en tout cas par une majorité de croyants. Parmi mes amis musulmans, plusieurs ont pris la parole également. Je pense que c'est important et je ne peux que saluer leur courage.
Je salue aussi le travail journalistique consistant à répéter - pour une fois, c'est un fait rare dans certains médias français ! - qu'il ne faut pas stigmatiser une population. Plusieurs de mes amis belges et français ont cette crainte que la communauté musulmane soit une victime collatérale, à l'heure où Le Pen, Zemmour ou encore récemment Houellebecq ont tribune libre dans l'espace public.
En outre, je lis des appels à la décence et à l'apaisement, ce qui encore une fois me semble la moindre des choses pendant cette période de deuil et d'émotion. Nos pensées vont également au policier Ahmed, lui aussi victime du carnage, et à sa famille.

Je vois la peur et la raison, encore, dans le souci par rapport aux libertés fondamentales.
Les libertés individuelles, d'une part, que certains ont peur de voir rongées encore un peu plus par des dérives sécuritaires, par encore plus de surveillance et de suspicion ( lire par ex. http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974 ).
La liberté de la presse, la liberté d'expression, d'autre part. Cet attentat a une charge symbolique très forte. En France en 2015, des individus, des dessinateurs et des journalistes, ont été tués pour leurs idées. La peur est légitime. De grands caricaturistes belges comme Geluck, Vadot, Kroll ou DuBus ( http://www.lalibre.be/actu/international/charlie-hebdo-geluck-effondre-dubus-par-terre-54ad50a03570b311404dd01b ) ont exprimé combien un tel drame les a horrifiés : quand on choisit les mots et les images, la plume ou le crayon, c'est peut-être justement parce que ce sont des outils qui ont plus de valeur que les armes, et que l'on ne veut pas devoir prendre les armes. Faire couler de l'encre plutôt que du sang.
(Des centaines de dessins, encore : http://www.lefigaro.fr/culture/2015/01/07/03004-20150107ARTFIG00465--charlie-hebdo-l-hommage-international-en-dessins.php - http://www.lesoir.be/751896/article/actualite/france/2015-01-07/charlie-hebdo-un-hommage-en-dessins - http://www.slate.fr/story/96551/charlie-hebdo-dessins )

J'ai envie d'avoir espoir parce que j'observe toutes ces femmes et tous ces hommes prendre la parole et (ré)affirmer ainsi que les mots (et par extension, je l'espère, le dialogue, la discussion) ont plus de sens que les armes. Il y a d'autres moyens pour exprimer un désaccord que la violence - car justement, on a le droit de ne pas être d'accord, d'être choqué, d'être en colère... Il faudra que justice soit faite, que les crimes soient punis, comme il se doit. En parallèle, j'ai le souhait que la paix, les valeurs et les libertés triomphent de l'absurde. Que le constructif triomphe de la destruction. Que les mots, les textes, les paroles et les dessins fassent plus de bruit que les canons. Non, nous ne laisserons pas la terreur triompher. Nous ne laisserons pas les armes prendre le pas. Cette nuit, les foules scandaient : "Charlie n'est pas mort", "Liberté d'expression"... Continuons à ne pas laisser gagner l'absurdité.

Julien Lecomte's insight:

Pour ceux que ça intéresse, j'ai pu lire aujourd'hui et hier des articles qui m'ont fait réfléchir. Je les partage ici.

Ceux-ci NE reflètent PAS nécessairement mon opinion, voire sont contraires à ce que je pense sur certains points, mais ils existent et ont ceci de commun qu'ils n'appellent pas à la violence ou à la haine (critère qui jette pour moi le discrédit sur l'article et son auteur) et qu'ils représentent souvent une mise en question "de l'intérieur" et pas dirigée envers "l'autre" (Ricoeur disait que "l'idéologie n'est jamais assumée en première personne : c'est toujours l'idéologie de quelqu'un d'autre").

Ce sont des appels à la raison, à l'analyse, au dialogue et/ou à la (re)construction.Dans l'optique dans laquelle je les partage, ils ne remettent en rien en cause la légitimité et l'importance du respect, du deuil et de l'émotion, de même qu'ils n'atténuent en rien la gravité des crimes commis.

Enfin, mon but n'est pas de débattre de ces articles (pas ici en tout cas), mais d'apposer des points de vue et de questionner (de manière non exhaustive) différents enjeux liés aux actes terroristes récents.Il convient donc de les lire en entier, à froid, et de se faire sa propre opinion :

- Street Press - Pourquoi l'attentat nous rend déjà cons : http://www.streetpress.com/sujet/1420713927-attentat-charlie-hebdo-edito

- Mathias Delori - Ces morts que nous n'allons pas pleurer http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

- Rue89 - Après Charlie Hebdo : "l'hystérie sécuritaire ne protège pas" http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974

- Xavier De la Porte - Charlie Hebdo : la "force incroyable" du dessin http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987

- Slate.fr - Le blasphème, provocation inutile ou pratique essentielle à la démocratie ? Aux Etats-Unis, l'attentat contre Charlie Hebdo relance le débat http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme

- Ruwen Ogien - Que reste-t-il de la liberté d'offenser ? http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html

- Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html (et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html )

- BC, sur Arret sur Images - Je ne suis pas Charlie. Et croyez moi, je suis aussi triste que vous http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366

- Christian Salmon - Nous sommes eux et ils sont nous http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon/120115/nous-sommes-eux-et-ils-sont-nous
- Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de Charlie à ses élèves http://www.scoop.it/t/didactique-education-pedagogie/p/4035097366/2015/01/12/mon-desarroi-par-rapport-a-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves

- Frédéric Lordon - Charlie à tout prix ? http://blog.mondediplo.net/2015-01-13-Charlie-a-tout-prix

- Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie » - http://www.ujfp.org/spip.php?article3768

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Julien Lecomte's curator insight, January 12, 2015 4:08 AM

Pour ceux que ça intéresse, j'ai pu lire aujourd'hui et hier des articles qui m'ont fait réfléchir. Je les partage ici.Ceux-ci NE reflètent PAS nécessairement mon opinion, voire sont contraires à ce que je pense sur certains points, mais ils existent et ont ceci de commun qu'ils n'appellent pas à la violence ou à la haine (critère qui jette pour moi le discrédit sur l'article et son auteur) et qu'ils représentent souvent une mise en question "de l'intérieur" et pas dirigée envers "l'autre" (Ricoeur disait que "l'idéologie n'est jamais assumée en première personne : c'est toujours l'idéologie de quelqu'un d'autre").Ce sont des appels à la raison, à l'analyse, au dialogue et/ou à la (re)construction.Dans l'optique dans laquelle je les partage, ils ne remettent en rien en cause la légitimité et l'importance du respect, du deuil et de l'émotion, de même qu'ils n'atténuent en rien la gravité des crimes commis.Enfin, mon but n'est pas de débattre de ces articles (pas ici en tout cas), mais d'apposer des points de vue et de questionner (de manière non exhaustive) différents enjeux liés aux actes terroristes récents.Il convient donc de les lire en entier, à froid, et de se faire sa propre opinion :

- Street Press - Pourquoi l'attentat nous rend déjà cons : http://www.streetpress.com/sujet/1420713927-attentat-charlie-hebdo-edito

- Mathias Delori - Ces morts que nous n'allons pas pleurer http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

- Rue89 - Après Charlie Hebdo : "l'hystérie sécuritaire ne protège pas" http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/08/jean-pierre-dubois-lhysterie-securitaire-protege-256974

- Xavier De la Porte - Charlie Hebdo : la "force incroyable" du dessin http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987

- Slate.fr - Le blasphème, provocation inutile ou pratique essentielle à la démocratie ? Aux Etats-Unis, l'attentat contre Charlie Hebdo relance le débat http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme

- Ruwen Ogien - Que reste-t-il de la liberté d'offenser ? http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html

- Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html (et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html )

- BC, sur Arret sur Images - Je ne suis pas Charlie. Et croyez moi, je suis aussi triste que vous http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366

- Christian Salmon - Nous sommes eux et ils sont nous http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-salmon/120115/nous-sommes-eux-et-ils-sont-nous
- Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de Charlie à ses élèves http://www.scoop.it/t/didactique-education-pedagogie/p/4035097366/2015/01/12/mon-desarroi-par-rapport-a-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves

- Frédéric Lordon - Charlie à tout prix ? http://blog.mondediplo.net/2015-01-13-Charlie-a-tout-prix
- Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie » - http://www.ujfp.org/spip.php?article3768

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Conference relations numeriques

Conférence donnée le 18/11/2014 au Forum des innovations en éducation (Schola ULB, Bruxelles) et le 09/12/2014 (Namur) pour l'Université de Paix asbl.

 

Dans cette présentations, nous exposons tout d’abord quelques idées reçues classiques à l’égard d’Internet et de ses usages.

Ensuite, nous passons en revue plusieurs pratiques typiques des jeunes sur le web. A partir de ces observations, nous identifions des repères pour comprendre comment les technologies modifient (ou non) nos rapports sociaux.

Enfin, nous formalisons un ensemble de pistes pour aborder la relation à travers ces nouveaux médias, non seulement au niveau des jeunes, mais aussi des adultes : comment prévenir les malentendus sur le web ? Comment y gérer un conflit ? Quelles sont les choses qui diffèrent par rapport à la vie « IRL » (In Real Life, « dans la vraie vie ») ?

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Réflexion matinale

L'idéologie & la place de la beauté physique est une question sous-jacente à celle des représentations des genres dans les médias/pubs/réseaux sociaux...

 

"X a changé sa photo de profil

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256 commentaires : "t'es trop belle ma bi(t)che <3" / "sexy !" / "canon !"/ "(bOObs)" / ..."

Julien Lecomte's insight:

Aussi abordé dans mon livre Médias : influence, pouvoir et fiabilité (2012)

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Comprendre les relations numériques

Comprendre les relations numériques | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

On pourrait croire que les personnes qui sont scotchées à leurs écrans n’ont plus de relations sociales. Or, des sociologues et des psychologues, notamment A. Casilli, se sont penchés sur la question et ont constaté qu’il s’agit d’une idée reçue. Au contraire, la plupart des pratiques sur le web ont une dimension relationnelle : commenter un statut ou un article, chatter, tweeter, « liker » un contenu, partager un article ou une opinion, etc.

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Faut-il innover en pédagogie ?

Faut-il innover en pédagogie ? | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

Faut-il innover ou ne pas innover, notamment en éducation aux médias (EAM) ? L’innovation semble recueillir un certain consensus et aller de soi dans un contexte mouvant, d’autant plus s’il est question de former les apprenants par rapport à leur avenir, plutôt que vis-à-vis de leur contexte immédiat. Il est ainsi question de les mettre face à des situations nouvelles afin que ceux-ci puissent apprendre à les dépasser en mobilisant des ressources.

Néanmoins, comme le pense Hubert Guillaud, il serait hasardeux de répondre à cette question de manière absolue :

 

« On peut certes innover sans questionner les finalités. Mais c’est pourtant bien elles qui demeurent tout l’enjeu de l’innovation et ce sont bien elles qu’il va falloir un jour mettre à plat » (http://www.internetactu.net/2014/03/25/innovation-innovation-innovation-innovation-innovation-innovation/)

 

Ce questionnement renvoie donc à la question des objectifs pédagogiques. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une problématique propre à l'éducation aux médias et à l'information. Cependant, elle est particulièrement présente dans la mesure où le contexte technologique et social est lui-même marqué d'innovation, voire d'appel à l'innovation. Or, une lacune que nous avons constatée dans plusieurs dispositifs didactiques en EAM repose dans l’absence de mise en perspective de l’adéquation entre les moyens utilisés (méthodes et contenus d’enseignement) et l’atteinte (ou non) des objectifs initialement fixés (On retrouve par exemple la confusion entre « éducation aux médias » et « éducation par les médias » : certains dispositifs postulent a priori que l'utilisation de telle technologie ou de telle application va favoriser une appropriation critique de ces outils, mais ce postulat n'est pas mis à l'épreuve). Pour le formuler simplement, si elles réfèrent clairement à des finalités, les pratiques pédagogiques doivent pouvoir être évaluées en tant que telles : fonctionnent-elles ? Par rapport à quels critères ?

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Dans « Médias : influence, pouvoir et fiabilité », vous avez été amené à questionner les rapports que les usagers entretiennent avec médias. Quelles stratégies éducatives mettre en place...?

Dans « Médias : influence, pouvoir et fiabilité », vous avez été amené à questionner les rapports que les usagers entretiennent avec médias. Quelles stratégies éducatives mettre en place...? | Chroniques inédites (Philosophie, médias et société) | Scoop.it

 

"Dans votre ouvrage « Médias : influence, pouvoir et fiabilité », vous avez été amené à questionner les rapports que les usagers entretiennent avec médias. Quelles stratégies éducatives mettre en place en regard de ceux-ci ?"

 

Pour faire bref...

 

La question de la fiabilité est intrinsèquement liée à celle de la confiance.

 

La relation de confiance ou de méfiance que les individus entretiennent avec les médias peut être influencée par différents paramètres, qui ne sont pas toujours de l'ordre du critère factuel ou spécifique, mais plutôt sur du socio-affectif, des croyances, des idéologies ou appartenances sociales (prenons l’exemple des œillères politiques).

 

Quelque part, c’est lié à la question de la foi et de la croyance en général.

 

Dans un jugement (ou une croyance), plutôt que de décortiquer uniquement ce qui est jugé, il me semble intéressant d’étudier aussi la position de celui qui juge et enfin le processus de jugement lui-même.

 

Pour moi, la critique des médias – entendue comme analyse et non comme méfiance systématique – (et donc a fortiori l’éducation à cette analyse) doit être réflexive, et donc s’analyser elle-même. L'étude des médias passe par l'étude de notre relation (individuelle et sociale) à ces médias.

 

Vulgairement : critiquer les médias, c’est aussi critiquer la critique des médias.

 

Au niveau des enjeux éducatifs que cela soulève :

 

- Côté apprenant, cela conforte l’importance de mettre à plat les représentations initiales, les croyances, les préjugés et de comprendre sur quoi ils sont basés => vers une nuance.

 

- Côté enseignant, cela implique d’être soi-même au clair avec ses propres représentations, ses propres valeurs.

 

Pour moi, on loupe évidemment le coche si l’EAM est un prétexte pour remplacer les idées reçues des apprenants par celles des enseignants (cf. http://www.philomedia.be ).

 

Il y a en effet différentes sensibilités :

- personnes plus conservatrices, d’autres plus progressistes.

- certains adorent les nouvelles technologies et passeraient des heures sur le web, alors que d’autres ne lâcheraient leur craie et leur bon vieux tableau pour rien au monde.

- certains pensent qu’un cours d’EAM consiste à lyncher la DH, alors que pour d’autres, il n’y a pas de différence entre l’EAM et des cours de journalisme.

- ...

 

Pierre Lévy : paradigme pour évaluer la connaissance = « transparence » et « honnêteté » plutôt qu’« objectivité ».

 

Pas de pseudo « neutralité » entendue comme non-jugement : on attend des apprenants qu’ils jugent de manière autonome.

=> Pluralisme (varier ses méthodes)

=> Humilité

 

Varier les méthodes + être au clair avec ses propres tendances renvoient à des conseils didactiques de base… Des évidences pédagogiques ? Sur le terrain, cela ne semble pas toujours facile…

Julien Lecomte's insight:

Question préparée par Patrick Verniers dans le cadre de mon intervention au Salon de l'éducation, consistant à présenter les fiches réalisées par le Conseil supérieur de l'éducation aux médias (+ table ronde), le 16/10/2013 : http://www.educationauxmedias.eu/outils/introduction_transversale

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Causes toujours 30 (pdf)


Via Julien Lecomte
Julien Lecomte's insight:

Je me suis entretenu avec Julie VDK de l'asbl GSARA.

 

Thèmes abordés :

- médias publics, médias privés et pub

- stratégies de séduction des médias

- éducation aux médias

- la place de la critique et de l'analyse des médias : dans les médias "traditionnels" (MédiaTIC, MediaLog, Alain Gerlache, Le Petit journal, Vincent Glad...), dans des médias et projets alternatifs (Acrimed, @SI, Gsara, Media Animation...) ainsi que dans des instances (CDJ, CSA, CSEM, AJP...)

- journalisme et opinion

 

La retranscription de cet entretien figure pp. 18-21.

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Julien Lecomte's curator insight, September 26, 2013 9:04 AM

Je me suis entretenu avec Julie VDK de l'asbl GSARA.

 

Thèmes abordés :

- médias publics, médias privés et pub

- stratégies de séduction des médias

- éducation aux médias

- la place de la critique et de l'analyse des médias : dans les médias "traditionnels" (MédiaTIC, MediaLog, Alain Gerlache, Le Petit journal, Vincent Glad...), dans des médias et projets alternatifs (Acrimed, @SI, Gsara, Media Animation...) ainsi que dans des instances (CDJ, CSA, CSEM, AJP...)

- journalisme et opinion

 

La retranscription de cet entretien figure pp. 18-21.