La critique des médias est-elle une critique logique, rationnelle, ou bien une critique sociale ?

 

BHL, Onfray, LaDH, TF1, M6, Direct8, Paris Match, RTL, SudPresse en Belgique ou encore Nabilla sont des exemples parmi d'autres de cette problématique.

En effet, ils sont les objets d'une critique plus ou moins légitime et parfois très grave (selon les cas), mais aussi - voire surtout - le faire-valoir favori de certains qui les dénigrent...

 

De manière générale, la fonction de socialisation du média permet d'en comprendre de nombreux phénomènes.

 

En effet, de nombreuses personnes regardent la téléréalité, tout en critiquant cette dernière. Autrement dit, même majoritairement - voire unanimement critiqués -, certains contenus sont massivement consommés, partagés et commentés. La raison est qu'il y a tout un jeu social autour de cela : si on ne connait pas Nabilla, on ne peut pas participer à une conversation qui parle de Nabilla. Au travail ou dans la cour de récré, il y a ceux qui ont ce sujet de conversation, alors que les autres ne l'ont pas.

 

Les contenus massivement consommés ou partagés sont en général ceux qui ont le plus de "valeur ajoutée de socialisation". Cela explique le succès des émissions de "zapping" ou qui "parlent des médias", voire de l'info : ils reprennent les principaux sujets de conversation potentiels.

 

Pour moi, la critique émanant de certains milieux dits "lettrés", "cultivés" par rapport à des contenus dits plus "populaires" répond également à ce principe, au moins dans une certaine mesure.

 

Si elle est basée sur plusieurs critères rationnels (qui ne sont pas nécessairement les critères de consommation de ces contenus, indice d'une dissonance culturelle : par exemple, on oppose implicitement "connaissance" et "politesse" à "plaisir" et "divertissement"), elle dépend également d'un positionnement socioaffectif, culturel.

 

Autrement dit, prendre la peine de dénigrer ces personnages et ces contenus, c'est se positionner socialement, c'est dire quelque chose de soi, en versant parfois dans les biais cognitifs (biais de confirmation d'hypothèse, par exemple) ; les erreurs de perceptions et de jugements.

 

En conséquence, critiquer les médias, selon moi, c'est savoir aussi se remettre en cause dans notre propre approche des médias. C'est adopter une approche réflexive par rapport aux valeurs, opinions (confiance, méfiance...), croyances, discours, usages, pratiques et comportements à leur égard.

 

Voir aussi :

- http://julien.lecomte.over-blog.com/article-12943922.html

- http://julien.lecomte.over-blog.com/article-24054250.html#_theories-medias-communication (théories des intermédiaires, influence des pairs, études culturelles, etc.)

- https://ed.stanford.edu/sites/default/files/party_over_policy.pdf