Selon moi, les enjeux de la critique et de l'éducation aux médias renvoient à des pratiques qui transcendent largement la question des (nouvelles) technologies. Faut-il d'ailleurs se focaliser sur les médias ou sur leurs enjeux éthiques, relationnels, épistémologiques et techniques? A mon avis, il est question de problématiques plus larges.

 

Concrètement, ce que je signifie par là, c'est que l'analyse des médias, de leur fiabilité et de leurs usages efficaces et critiques n'est pas une fin en soi. Elle est subordonnée en réalité à la question de l'esprit critique en général, qui renvoie à une autonomie de jugement, tant sur le plan épistémologique (fiabilité de l'information, processus et biais de perception et cognition, question de la foi, de l'adhésion, des idéologies et des croyances, etc.) que technique (maîtrise efficace des langages, des codes, des outils de production de savoirs et de pratiques, y compris au plan esthétique) et éthique (question de la vie en communauté, du relationnel, des valeurs, de la responsabilité et de la liberté, etc.)

 

En fait, les compétences pointées comme fondamentales par rapport à l'éducation aux médias sont d'ordre bien plus générique : ce ne sont pas les enjeux de pensée critique, citoyenne et ouverte qui se subordonnent à la question médiatique, mais le contraire.

 

Autrement dit, les enjeux de l'éducation aux médias invitent à aller au-delà de l'éduc. aux médias : info-doc / cognition et fiabilité, socioaffectif... L'éducation aux médias en tant qu'ensemble de contenus et méthodes est à subordonner aux enjeux qu'elle soulève.

 

Pour participer à la réflexion et découvrir des ressources au sujet de la philosophie, des médias et en sciences humaines et sociales, suivez-moi sur Twitter : https://twitter.com/BlogPhilo

 

Mon blog : http://julien.lecomte.over-blog.com