Islamisme : défaite de la pensée. Par Tahar Ben Jelloun. 'Rappelons enfin que l’islam est soumission à la paix, à une à une forme supérieure de patience et de tolérance - du moins c'est ce qu'on m'... | caravan - rencontre (au delà) des cultures -  les traversées | Scoop.it



Islamisme : défaite de la pensée.
Par Tahar Ben Jelloun.

 

L’islam serait-il si vulnérable, si fragile, menacé un peu partout dans son existence ? Une fiction, une caricature, un très mauvais film, peuvent-ils saper ses valeurs et ses fondements ? En principe non. Mais de quel islam s’agit-il ? On se pose la question au vue ces derniers temps des tensions et manifestations de violence dans certains pays arabes et musulmans. On avait assisté à la même colère rageuse au moment de la parution dans un journal danois des caricatures du prophète Mahomet. Une cinquantaine de morts, des blessés, des incendies, des cris de haine, de l’incompréhension, bref, un besoin de vengeance incommensurable qui ne surprend que ceux qui refusent de reconnaître que certains Etats musulmans, à défaut d’entrer dans la modernité et de cultiver la démocratie, encouragent cette passion qui occupe les populations. Elle leur fait oublier l’essentiel : instaurer un Etat de droit et de justice qui favoriserait l’émergence de l’individu. Or l’individu reconnu, c’est la rupture avec le clan, c’est le droit à la liberté, le droit de conscience, la porte ouverte au doute et à la réflexion critique.

 

 

Si ces nouvelles caricatures ont blessé des croyants, il faut s’adresser à la justice et tourner le dos à cette agitation. La France est un pays laïc. On rit de tout, même de la religion. Le prophète n’est pas dans ces caricatures ; c’est un esprit, une transcendance, échappant à toute représentation physique. Rappelons enfin que l’islam est soumission à la paix, à une forme supérieure de patience et de tolérance - du moins c'est ce qu'on m'a appris.