caravan - rencontre (au delà) des cultures - les traversées
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Jean-Bertrand Pontalis : “En analyse, le silence est la condition de la parole” - interview

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Pour le philosophe et psychanalyste Jean-Bertrand Pontalis, “le silence est l'arrière-fond indispensable pour que le patient laisse surgir...

 

“Nous avons tous une identité multiple.
Personne n'a envie d'être réduit à soi.”

 

Que devez-vous à Maurice Merleau-Ponty ?

Impossible de répondre en deux mots tant ma dette est immense. Il m'a libéré de tout langage spécialisé, prouvé qu'on pouvait être le grand philosophe qu'il était et le grand écrivain qu'il était aussi. Cela tient dans un mot : l'incarnation.

 

Photo: Léa Crespi pour Télérama.

lien via Christine Ulivucci

 

carol s. (caravan café)'s insight:
Hommage | Le psychanalyste, écrivain, éditeur et philosophe JB Pontalis est mort dans la nuit du 14 au 15 janvier. Il avait 89 ans. Pour lui rendre hommage, nous rééditons le grand entretien que nous lui avions consacré en août 2009.
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Enfants et adolescents sous la guerre : du meurtre à la mort - par Olivier Douville

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Olivier Douville, Psychanalyste, Anthropologue, Revue Psychologie Clinique, Paris7

Cet article propose une synthèse de huit années de travail clinique auprès d’enfants et d’adolescents en errance qui, pour nombre d’entre eux, ont connu et fuit une guerre où ils furent parfois tour à tour des porteurs de morts ou des sujets menacés.

" (..)  De tels récits ne sont pas rares. L’enfant, dès sa naissance, à été mis dans une position de mort-vivant ou de porteur de mort. Ceci n’explique pas la rhétorique de la vengeance et il serait absurde et dangereux de prétendre édifier une typologie psychologique de l’enfant soldat. En revanche il est à noter que dans des contextes de délabrement des grands récits et des grandes médiations, les guerres qui sont manœuvrées en dessous par des intérêts économiques d’ordre internationaux sont vécues par des jeunes en errance et jamais tant que cela assurés de leur lien à la dette de vie, comme des guerres pour sauver leur nom. Leur principe généalogique se résume à un balbutiement féroce d’un supposé ancêtre qui crie vengeance dans le réel. Ancêtre terrifiant, terrible, représentant ce savoir absolu de savoir qu’il est mort ; savoir absolu qui n’est qu’en résonance avec une possible condition d’enfant mal accueilli et porteur de mort qui est sans doute celle qu’ont connue et subie nombre d’enfants partie prenante d’être sous la guerre. Il y avait quelque chose de pourri au Royaume du Danemark et Hamlet entendait (et voyait en une brume) le spectre de son père crier vengeance ; il y a quelque chose du symbolique des filiations et des appartenances qui se décompose en de nombreuses régions d’Afrique et les enfants entendent aussi ces spectres réclamer vengeance. Alors venger, certes. Mais dans ce qu’ils disent s’entend un autre fait qui ne manque alors pas d’alerter et qui semble surgir en parfait contraste avec cet amnésique devoir de vengeance et qui est que dans leur groupe guerrier, le plus souvent des petites unités d’une quinzaine d’individualités, lorsque meurt un de leur pair, il n’est pratiquement jamais question de le venger. (On se reportera au premier fragment d’entretien) Ce devoir de vengeance ne soude en rien la fraternité de leur dite communauté actuelle, celle qui va au combat, dans une indifférence dangereuse. Comment comprendre ceci ? (..) "

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