caravan - rencontre (au delà) des cultures - les traversées
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Bibliotextes: Rhizome / Gilles Deleuze & Félix Guattari

Bibliotextes: Rhizome / Gilles Deleuze & Félix Guattari | caravan - rencontre (au delà) des cultures -  les traversées | Scoop.it

(…) à la différence des arbres ou de leurs racines, le rhizome connecte un point quelconque avec un autre point quelconque, et chacun de ses traits ne renvoie pas nécessairement à des traits de même nature, il met en jeu des régimes de signes très différents et même des états de non-signes. Le rhizome ne se laisse ramener ni à l’Un ni au multiple. Il n’est pas l’Un qui devient deux, ni même qui deviendrait directement trois, quatre ou cinq, etc. il n’est pas un multiple qui dérive de l’Un, ni auquel l’Un s’ajouterait (n + 1). Il n’est pas fait d’unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes. Il n’a pas de commencement ni de fin, mais toujours un milieu, par lequel il pousse et déborde. il constitue des multiplicités linéaires à n dimensions, sans sujet ni objet, étalables sur un plan de consistance, et dont l’Un est toujours soustrait (n – 1). Une telle multiplicité ne varie pas ses dimensions sans changer de nature en elle-même et se métamorphoser. A l’opposé d’une structure qui se définit par un ensemble de points et de positions, de rapports binaires entre ces points et de relations biunivoques entre ces positions, le rhizome n’est fait que de lignes : lignes de segmentarité, de stratification, comme dimensions, mais aussi ligne de fuite ou de déterritorialisation comme dimension maximale d’après laquelle, en la suivant, la multiplicité se métamorphose en changeant de nature. On ne confondra pas de telles lignes, ou linéaments, avec les lignées de type arborescent, qui sont seulement des liaisons localisables entre points et positions. A l’opposé de l’arbre, le rhizome n’est pas un objet de reproduction : ni reproduction externe comme l’arbre-image, ni reproduction interne comme la structure-arbre. Le rhizome est une antigénéalogie. C’est une mémoire courte, ou une antimémoire. Le rhizome procède par variations, expansion, conquête, capture, piqûre. A l’opposé du graphisme, du dessin ou de la photo, à l’opposé des claques, le rhizome se rapporte à une carte qui doit être produite, construite, toujours démontable, connectable, renversable, modifiable, à entrées et sorties multiples, avec ses lignes de fuite. Ce sont les calques qu’il faut reporter sur les cartes et non l’inverse....


Via Vincent DUBOIS
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Machine désirante et subjectivité dans l’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari

Machine désirante et subjectivité dans l’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari | caravan - rencontre (au delà) des cultures -  les traversées | Scoop.it
Le concept de machine désirante rompt avec le sujet cartésien porteur d’une intériorité. Dès lors cette terminaison mécaniste nous place d’emblée dans un plan d’immanence.

La machine est traversée par le flux du désir qui, initie son processus de productivité et le commande selon le modèle du rhizome. Néanmoins, la machine désirante n’est pas dépourvue de conscience parce que dans son mouvement apparaît le corps sans organe, qui n’est autre qu’une nouvelle forme de subjectivité qui se définit par la présence à la sensation.

 

Dans l’entretien qu’il offre à Claire Parnet, l’Abécédaire, Deleuze revient sur ses intentions quant à l’Anti-Œdipe. Il entend dans cet ouvrage proposer un nouveau concept du désir. C’est d’ailleurs sur cette description du processus désirant que Deleuze et Guattari fondent la remise en question de la psychanalyse oedipienne ainsi que son analyse de l’économie capitaliste. Il convient alors d’interroger cette notion au fil de la lecture, en se concentrant plus spécifiquement sur le concept de la machine- désirante qui apparaît dès les premières pages de l’Anti-Œdipe.Qu’est-ce qu’une machine désirante ? En quoi s’inscrit-elle dans le plan d’immanence instauré par Deleuze dans l’ensemble de sa pensée ? Quelle est la structure de la machine- désirante ? Quelles sont ses lois ? Mais le concept de machine désirante s’articulant à celui de corps plein sans organe, il devient nécessaire d’éclairer le lien qui les unit afin de saisir davantage la conception deleuzienne du désir mais aussi celle du sujet qui en découle. En effet le corps plein sans organe, dans sa relation à la machine désirante, pourrait être une nouvelle définition du sujet qui s’inscrirait dans le plan d’immanence et déconstruirait le sujet cartésien.1 DELEUZE, Gilles et GUATTARI, Félix. L’Anti-Œdipe. Capitalisme et schizophrénie. Paris : Edition (...)2 Ibid. p. 73 Ibid. p. 74 Ibid. p. 75 Ibid. p. 86 Ibid. p. 9

2L’individu est une machine, ou du moins le réel s’organise en différentes machines qui produisent dans une structure d’interdépendance. Dire que tout est machine, que l’homme est une machine, qu’est-ce que cela implique ? On rompt ici avec la vision cartésienne d’un sujet porteur d’une intériorité cachée qui serait le mobile de ses actes. La machine n’a pas d’âme, l’homme serait alors à l’image de l’animal-machine cartésien. Pourquoi rompre avec l’âme au profit de cette terminologie mécaniste ? Deleuze est le penseur du plan d’immanence, ce qui implique de détruire toute transcendance.....


Via Vincent DUBOIS
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