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La colère gronde devant le gâchis de la mastérisation. Pas de problème particulier pour la géographie, dira-t-on ? Le CAPES mène son train de sénateur, les vaches sont bien gardées. Voire ! On entend dans nos facs des étudiants de géo (et d’histoire) qui auraient aimé entrer dans le métier après une prépa et la licence. Et puis, on leur dit : « Rajoutez deux ans pour préparer le CAPES. Et surtout, bouchez-vous les oreilles, ne lisez plus les journaux qui regorgent d’articles sur les conditions des jeunes professeurs, la violence scolaire, la réforme bâclée, les promesses non tenues, estimez-vous heureux avec 1700 euros par mois. » Alors, nos étudiants tournent casaque, regardent du côté des IEP, des écoles de commerce, se renseignent sur d’autres cursus où ils feront valoir leurs talents.
Les cafés géographiques existent, nous les avons rencontrés sur Internet.
Ils ont été créés sur le modèle des cafés philo, qui voient se rassembler, dans un « vrai » café, des personnes intéressées par le thème du jour, autour de quelques spécialistes. Il ne s’agit bien entendu pas de suivre un cours, mais de débattre librement de la question posée au milieu de la table.
C’est toujours avec un plaisir non dissimulé que l’on ouvre les atlas de Jean et André Sellier. Elégance de la cartographie, de facture très classique (bravo à la cartographe, Anne Le Fur), agréable format à l’italienne, parcours à travers les siècles et les pays, cet Atlas des peuples d’Europe occidentale ne surprendra pas le lecteur habitué aux ouvrages des Sellier, ni à ceux qui avaient connu les éditions antérieures de ce livre (même plan d’ensemble, cartes historiques similaires, actualisation des statistiques dans les encadrés et des derniers développements historiques).
Les fondamentalistes religieux dits aussi intégristes considèrent l’inerrance absolue des textes religieux de référence, la Bible ou le Coran. Pour eux, il n’y a aucun symbolisme dans ces textes, et aucune place n‘est laissée à leur dimension poétique.
Débat "La géographie électorale de la Belgique" animé par , Christian Vandermotten, professeur honoraire à l’Université libre de Bruxelles à l’occasion des élections communales de 2012. Il aura lieu le vendredi le 16 mars 2012, à 20 heures dans les locaux du Mad Café (Créham), Parc d’Avroy à Liège.
Il est des évidences qui n’en sont pas. Preuve en est cette superbe photographie d’un paysage viticole de l’Aisne utilisé par le comité régional du tourisme de Picardie. Splendide ! A un détail près, il ne s’agit pas de l’Aisne mais d’une photo prise dans une région viticole du nouveau monde : le comté de Napa.
C'est un rendez-vous à ne pas manquer tous les deuxièmes mardis du mois à partir de 18 h 30 au Pré en Bulle, sur les lices. Cette rencontre, organisée par la filière de géographie de l'université Champollion, en collaboration avec l'association Géolions (rassemblant les étudiants de géographie), sera consacrée, ce soir, à la géographie de l'enfermement : quel contrôle politique et social de l'espace ?
(...) Les Cafés géographiques ont souvent invité les géographes à proposer le regard sur les spatialités et les territorialités des genres et des groupes identifiés par leurs pratiques sexuelles. Le genre, le sexe et la sexualité ont une évidente géographicité : « Une géographie du sexe fait partie des nouvelles manières de pratiquer la géographie que beaucoup réclament, Cassandre y compris dans son texte introductif aux « Lettres aux cafés-géo » : « tout est géographiable », rien ne doit échapper au géographe qui s’intéresse au territoire des sociétés » (« Le sexe, un objet géographique ? », op. cit.). Et nombreux sont les géographes à avoir répondu à ces interrogations lors des Cafés géo parfois très animés ! (...)
Ce qui est finalement intéressant à appréhender, c’est cette géographie de l’histoire du jeu vidéo, c’est-à-dire, comment nous sommes passés de foyers de diffusion très localisés régionalement (un marché américain essentiellement, avec des producteurs de jeux majoritairement américains), à un marché de plus en plus mondialisé. Cela ne signifie pas pour autant que partout dans le monde on joue et on produise des jeux, mais cela révèle que, comme pour beaucoup de processus étudiés dans le cadre de la mondialisation, l’industrie du jeu vidéo participe à la fois d’une diffusion internationale des produits, mais en même temps à une structuration de cette diffusion avec ses pôles, ses centres et ses périphéries.
La question posé par le titre de ce café « qu’est-ce que la géographie peut dire du nucléaire ? » n’est pas une question rhétorique. Pour Romain Garcier , elle s’est posée de manière concrète dans un programme de recherche se concentrant sur la question des déchets nucléaires. Ce sujet l’occupe principalement depuis quatre ans, avec comme objectif la construction d’un discours renouvelé sur cette question. Plusieurs questions s’imposent dès lors : Quel peut être le contenu d’un discours géographique sur le nucléaire ? Quelle légitimité la géographie a-t-elle pour parler du nucléaire ? Le nucléaire, avant d’être un objet de recherche scientifique, est un objet de débat, souvent complexe et virulent. Dans ce débat, à chaque fois qu’un scientifique prend la parole, il lui revient de dire d’où il parle, et il se trouve confronté à une demande pressante, celle de dire s’il est « pour » ou « contre » le nucléaire.
Cette semaine, une lettre en trois temps :
Débat "Nouveaux systèmes de production agraire, nouveaux conflits en Argentine et en Uruguay" animé par Pierre Gautreau (Maître de conférences, Université de Paris 1 - Sorbonne) le 7 mars, à 18h, au Café de la Cloche.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et en 2008 la publication du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale (en cours de réactualisation), le renseignement prend une place grandissante dans les politiques de défense, qui veulent à tout prix anticiper les nouvelles menaces qui pèsent sur l’État. Les nouvelles formes de conflits depuis les guerres des Balkans des années 1990, prenant place dans des théâtres d’opérations jusqu’à alors méconnus, ainsi que l’utilisation de moyens techniques de plus en plus sophistiqués par les agences de renseignement, exigent une prise en compte précise des phénomènes géographiques tels que la topographie ou le climat, sans omettre bien sûr de considérer les facteurs humains dans ces « guerres au milieu des populations » (pour reprendre la formule du général étatsunien Ruppert Smith, rendue célèbre en France par le général Vincent Desportes). La géographie peut être une discipline opératoire pour les services du renseignement : ces savoirs-faires confrontent les facteurs physiques et les facteurs humains.
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Laurent Touchart est un spécialiste reconnu de la géographie de la Russie et propose un essai « décomplexé » sur le froid, ses contraintes et ses ressources pour les sociétés de cet immense pays. De nombreux séjours dans ces territoires ont conduit l’auteur à une grande familiarité avec ces cultures. Pourtant il se justifie du ton adopté par Juliette Edmond Adam interposée (écrivant sur la Russie en 1912). Il lui fait dire : [elle] « avait la chance de n’être pas géographe, donc de pouvoir donner librement son sentiment sur l’impossible indifférence devant les grands froids » (p.11).
On est saisi par le contraste de l’Argentine il y a 10 ans, fin 2001-début 2002, et les images de prospérité actuelles. Le géographe peut interroger cette crise de plusieurs manières : est-ce une crise uniquement économique ou une crise d’ensemble avec des évolutions géographiques. Les causes en sont-elles internes ou externes ? Quelles en sont les conséquences ? Quels enseignements en tirer ?
Débat "Japon, 11 mars 2011 : Géographie d’une catastrophe" animé par Rémi Scoccimarro (Maître de conférences en langues et civilisation japonaises à l’Université de Toulouse 2 le Mirail, Centre d’Etudes Japonaises-INALCO) au Café Riche à Montpellier le 15 mars 2012 à 19h30.
Mercredi 22 février 2012
Mercredi 29 février 2012
LETTRE DES CAFÉS GÉOGRAPHIQUES DU 19 FÉVRIER 2012 (N°2012/3) : Bonjour à tous,
Le 25 octobre 2011, de nombreux Parisiens s’étaient réunis au café de Flore pour venir écouter Sylvie Fol (professeur en aménagement et urbanisme à l’Université Panthéon-Sorbonne, spécialiste des inégalités sociospatiales et des politiques de lutte contre les ségrégations urbaines, notamment auteur de La mobilité des pauvres. Pratiques d’habitants et politiques publiques, Belin, 2009) et Anne Jarrigeon (anthropologue et maître de conférences en urbanisme à l’Université Paris-Est, qui a consacré sa thèse, Corps à corps urbains. Vers une anthropologie poétique de l’anonymat parisien, à la foule anonyme et au statut du corps dans la ville contemporaine) sur le thème « Mon RER et moi ». Dis-moi comment tu prends ton RER, je te dirais qui tu es...
En 2011, les institutions internationales, les instances et associations agissant pour la protection des demandeurs d’asile ont célébré le soixantième anniversaire de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés de 1951 qui assure la protection des réfugiés, des apatrides et des demandeurs d’asile. A priori, la question du droit d’asile semble dessiner une géographie « uniformisée », ou tout du moins une géographie de la sécurité/insécurité qui s’établit à l’échelle de chaque Etat qui la regarde. Mais les diverses interprétations de la Convention de Genève de 1951 peuvent être plus ou moins restrictives, et donnent à voir diverses représentations du statut de demandeur d’asile et une géographie de la discrimination et des persécutions à géométrie variable, qui construit un imaginaire spatial de la migration à destination de la France.
Chasse au trésor, navires et pirates, héroïsme et trahison… L’imaginaire du roman d’aventure se reflète dans les mers qui offrent et dérobent l’île rêvée. Comment résister à la tentation de suivre la carte de l’Ile au trésor, de poursuivre la quête de l’île aventure ? De Robinson Crusoé à Tintin sur son Ile noire, des Dix petits nègres à Shutter Island, les îles légendaires peuplent notre imaginaire. Leur représentation cartographique bénéficie de la taille réduite et de l’enclosure, avec ses différents décors (la plage, le château, la grotte…). En écho au théâtre classique, elle y applique la règle des trois unités (temps, lieu, action).
Débat "Quelles identités espagnoles aujourd’hui ?" animé par Jean Rieucau (Univ. de Lyon Jean Moulin) et Benoît Pellistrandi (Lycée Condorcet, Casa de Velazquez) le mardi 27 mars au premier étage du Café de Flore (Paris, Métro Saint-Germain) à 19h30.
La grande ville du Sud attire décidément les cinéastes en quête de sujets mêlant cadre citadin, portraits individuels et production musicale, puisque après Benda Bilili ! et Kinshasa Symphony dont on a eu l’occasion de rendre compte dans cette même rubrique, c’est désormais à la recomposition d’un groupe de Chaâbi [1] algérois dispersé après l’indépendance de 1962 que s’attache le film documentaire El Gusto - du nom donné au groupe reconstitué. La réalisatrice, à la suite de la rencontre fortuite d’un ancien membre du groupe dans une échoppe de la Casbah d’Alger, décide de retrouver tous les autres membres et de reconstituer celui-ci en organisant un concert. Ce film s’inscrit presque explicitement dans la filiation du célèbre Buena Vista Social Club de Wim Wenders, dont la notoriété est devenue telle qu’il a en quelque sorte fixé un nouveau genre, celui du film présentant in situ un groupe musical d’une ville du Sud.
Débat "Différences entre les lieux, injustices entre les personnes : pour une lecture géo éthique du Brésil" animé par Bernard Bret (Professeur de géographie émérite de l’université Lyon III) le jeudi 16 février à 18h45 au café de l’Avenue (porte Jeune).
Ecoutons-les, ces fugitifs qui racontent la Corée du Nord dans l’excellent ouvrage de Juliette Morillot et Dorian Malovic, Evadés de Corée du Nord (Belfond, 2010) pour comprendre combien les larmes des obsèques de Kim Jong-Il étaient fausses. Depuis ce mois de décembre 2011, trois Nord-Coréens ont payé de leur vie leur tentative de passage sur la frontière avec la Chine.
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