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Echaudé par les conditions drastiques imposées à Nicosie pour obtenir une aide internationale, Ljubljana souhaite à tout prix éviter ce recours. Le gouvernement de centre gauche de Slovénie, pays souvent cité comme potentiel candidat à une aide internationale, doit présenter jeudi 9 mai à l'issue d'un conseil des ministres le plan d'assainissement des finances publiques qu'il va envoyer à la Commission européenne. Objectifs : améliorer les finances publiques du pays et réformer le secteur bancaire qui croule sous une montagne de créances douteuses – environ 7 milliards d'euros, soit 20 % du produit intérieur brut (PIB) du pays – pour éviter au pays de devenir le sixième membre de la zone euro à faire appel à une aide, après Chypre, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande et la Grèce. Echaudé par les conditions drastiques imposées à Nicosie pour obtenir une aide internationale, Ljubljana souhaite à tout prix éviter ce recours. Alenka Bratusek, arrivée à la tête du gouvernement il y a sept semaines, a annoncé mercredi qu'elle prendrait en compte les propositions de l'opposition. Le document de travail évolue ainsi en fonction des différentes réunions avec les syndicats, le patronat et les différentes forces politiques... Mercredi, le commissaire européen en charge des affaires économiques, le Finlandais Olli Rehn, a expliqué que si le plan était "convaincant, concret et fiable", l'Union européenne (UE) déciderait fin mai de la prochaine étape. L'agence d'évaluation financière américaine Moody's avait mis un peu plus sous pression le pays, dégradant le 30 avril sa note souveraine de deux crans dans la catégorie "spéculative". La Slovénie a toutefois réussi à lever le 3 mai 3,5 milliards de dollars sur le marché de la dette, à des taux seulement en légère hausse et avec une demande forte. Les spéculations sur une demande d'aide de l'ancien élève modèle parmi les anciens pays communistes membres de l'UE, se sont renforcées après le sauvetage de Chypre, même si les deux cas diffèrent fortement : le secteur bancaire slovène représente 130 % du PIB quand les banques chypriotes en représentent 800 %.
Une étude sanitaire souligne en outre une hausse des troubles mentaux, de la toxicomanie et des maladies infectieuses en raison de la baisse des dépenses de santé. Les mesures drastiques d’austérité imposées en Grèce pour assainir les finances publiques du pays se sont accompagnées d’une explosion des suicides, des meurtres et d’une détérioration de la santé publique, selon une étude américano-grecque publiée jeudi soir. Le taux de mortalité résultant de suicides et d’homicides a augmenté de 22,7% et de 27,6% respectivement de 2007 à 2009 surtout parmi les hommes, précisent les auteurs de ce rapport publié dans l’American Journal of Public Health, en se basant sur les statistiques du gouvernement. Ils ont aussi constaté un accroissement du nombre de cas de troubles mentaux, d’abus de drogue et même de maladies infectieuses provoquées par le virus du Nil occidental et du sida. Ces phénomènes ont coïncidé avec une forte hausse du chômage à la suite de la crise économique de 2007, dont le taux est passé de 7,2% en 2008 à 22,6% au début de 2012. En même temps, les dépenses de l’Etat consacrées aux services publics ont été fortement réduites, le budget du ministère de la Santé baissant pour sa part de 23,7% de 2009 à 2011. Cette diminution des services de santé publique s’est aussi produite au moment où un grand nombre de Grecs au chômage ont été contraints de réduire leurs recours aux soins médicaux privés pour se faire soigner dans des organismes publics dont les moyens étaient également très réduits et plus entièrement gratuits. Quand on taille dans les programmes d’échange de seringues pour les drogués et la distribution de préservatifs, le risque de contracter le virus du sida augmente, soulignent les auteurs. Les nouveaux cas d’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ont augmenté de 57% de 2010 à 2011 (607 à 954). «Nous nous attendions à ce que les mesures d’austérité aient des effets négatifs sur les services de santé et la santé publique mais l’impact a été beaucoup plus sévère que nous ne l’avions imaginé», a expliqué...
La zone euro se réunit dans la capitale irlandaise pour régler les derniers détails du plan d'aide, qui devrait être plus important que prévu. Les cas du Portugal et de la Slovénie seront également abordés. La zone euro doit se prononcer vendredi à Dublin sur les modalités du plan d’aide à Chypre, qui va devoir faire des efforts plus importants que prévu, et juger si le Portugal apporte des garanties suffisantes pour obtenir un peu de souplesse de ses créanciers. Les ministres des Finances des 17 se retrouvaient dans la matinée pour examiner les mesures que doit mettre en œuvre Nicosie pour bénéficier d’une aide de 10 milliards d’euros et recevoir un premier versement de 75 millions dès le début du mois de mai pour payer les salaires des fonctionnaires. Cette étape devait être une formalité puisque les grandes lignes du plan étaient sur la table après de laborieuses négociations entre Chypre et ses bailleurs de fonds en mars. Mais la situation économique du pays s’est nettement dégradée depuis. «Les besoins financiers de Chypre ont évolué dans un contexte de récession plus profonde que prévu», confirme une source proche des négociations. Chypre, qui sera représentée à Dublin par son nouveau ministre des Finances Haris Georgiades, devra au final trouver 13 milliards d’euros, soit six milliards de plus que prévu initialement, pour obtenir les 10 milliards de prêt de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI). L’essentiel de cette somme proviendra de la restructuration du secteur bancaire, qui comprend une ponction sur les créanciers, y compris les gros déposants. Cette mesure inédite rapportera 10,6 milliards d’euros au lieu des 5,8 milliards annoncés au départ. Elle a créé la polémique car c’est la première fois que certains déposants sont mis à contribution dans le cadre d’un plan de sauvetage de la zone euro....
Le gouvernement portugais a subi vendredi un sérieux revers de la part de la Cour constitutionnelle qui a rejeté plusieurs mesures du budget de l'Etat pour 2013, élément clé du plan de sauvetage négocié avec les créanciers internationaux du pays. La Cour constitutionnelle a jugé non conforme à la Loi fondamentale la suppression des 14e mois de salaires versés aux fonctionnaires et aux retraités, ainsi qu'une mesure instaurant un prélèvement sur les allocations chômage et maladie, a annoncé son président Joaquim Sousa Ribeiro dans une déclaration à la presse. "Ce sont les lois qui doivent se conformer à la Constitution et non pas l'inverse", a-t-il déclaré en précisant que la décision de la Cour concernait l'ensemble de l'année et avait donc une valeur rétroactive. La Cour constitutionnelle avait été saisie au début de l'année par le président Anibal Cavaco Silva, pourtant du même parti social-démocrate que le Premier ministre Pedro Passos Coelho, et par l'opposition de gauche. Le verdict rendu par les juges, sans possibilité d'appel, met le gouvernement en difficulté car il complique singulièrement la réalisation de son objectif de ramener le déficit public à 5,5% du PIB à la fin de l'année, les mesures retoquées ayant un impact budgétaire net d'environ 860 millions d'euros, selon les estimations... ...
A la réouverture des banques ce jeudi à Nicosie, un peu d'attente mais nulle panique. Le grand «bank run» n’aura pas eu lieu à Chypre. Du moins pas physiquement, si l’on en juge par les files d’attente finalement plutôt calmes et limitées ce jeudi devant les banques de Nicosie. Après douze jours de fermeture forcée, les établissements devaient rouvrir ce jeudi à midi, avait confirmé mercredi soir la Banque centrale. Mais de strictes restrictions ont été mises en place pour éviter des retraits massifs: les retraits sont limités à 300 euros par personne et par jour, les virements à l’étranger à 5 000 euros par mois, par personne et par banque, et les voyageurs quittant l’île ne peuvent porter sur eux plus de 1 000 euros en espèces (détail des mesures ici). Un peu avant l’heure, de petites files ont commencé à se former devant les agences, sous l’œil des vigiles postés là depuis 7 heures du matin. Devant la banque Laiki d’une avenue du sud de la ville, ils sont une quinzaine à patienter à l’heure dite. Pareil devant les agences alentour, un peu plus dans le centre. Grande sacrifiée du plan de restructuration, la Laiki, deuxième banque du pays, sera scindée en deux, sa partie «saine» devant être absorbée par la Bank of Cyprus. Helena, la cinquantaine, est arrivée une heure en avance devant son agence. Ancienne secrétaire, elle n’a plus de travail et vit avec les 400 euros qu’elle reçoit de l’Etat. Sans carte de crédit, sans pouvoir retirer au guichet et sans pouvoir déposer son chèque de pension, elle était coincée depuis douze jours. «Une amie m’a prêté 50 euros pour pouvoir tenir la semaine. Là, j’espère pouvoir retirer 200 euros, sur mes 1 000 euros d’économie.» Derrière elle, un homme en costard, nerveux. Gérant d’une agence de voyage, il veut déposer des chèques. «On a une date limite pour payer les compagnies d’avion. Si je ne peux pas payer, je risque de perdre ma licence.»
CHYPRE - Jeudi 28 mars la petite île méditerranéenne va se réveiller dans l'inconnu à 10 heures du matin. Et sûrement bien plus tôt pour ses habitants s'ils veulent avoir une bonne place dans la file d'attente... En effet, après une fermeture des banques de 12 jours, quel comportement vont adopter les chypriotes quand les guichets rouvriront, à 10 heures tapantes (heure locale)? Vont-ils se précipiter pour retirer tout leur argent, au risque de faire "crasher" les établissements financiers ? Nicosie semble prêt à jouer le tout pour le tout, le bien-nommé gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, assurant qu'un "effort surhumain" était engagé pour mettre fin à la paralysie... Andorre, Suisse, Lettonie, Allemagne... Venus de tous les horizons, des représentants des banques européennes se bousculent depuis une semaine à Chypre pour séduire les clients qui s'apprêtent à quitter l'île. Moscou a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait étudier les conséquences pour ses intérêts. De nombreux e-mails auraient été envoyés à des entrepreneurs et fonds d'investissement chypriotes par des banques allemandes, maltaises ou luxembourgeoises, leur proposant une ouverture de compte "en moins d'une heure", indique Le Monde. Le quotidien explique également qu'une équipe spéciale de la Deutsche Bank a été envoyée à Nicosie. Elle serait notamment là pour démarcher les clients russes, dont les fonds à Chypre sont estimés à 31 milliards de dollars....
Quelques centaines de lycéens et étudiants ont défilé à Nicosie ce mardi matin contre le plan conclu à Bruxelles. «Nous ne sommes pas là pour demander quoi que ce soit, nous sommes là pour montrer notre présence et dire à la troïka [UE – BCE – FMI] et à notre président que nous ne sommes pas d’accord.» Quelques centaines d’étudiants et de lycéens ont défilé en direction du Parlement à Nicosie ce mardi matin, au lendemain de l’annonce de l’accord trouvé dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles et qui, s’il évite la faillite à l’île, exigera de lourds sacrifices de la population. En tête de cortège, une banderole «Vos erreurs, notre futur». Drapeau grec ou chypriote sur le dos, les jeunes manifestants, rameutés via Facebook, chantent en boucle «Troïka, Merkel, dehors», ou «Hands off Cyprus», slogan devenu mot clé de la mobilisation encore limitée à Nicosie. Témoin du fort sentiment antiallemand ambiant, une banderole «Hitler – Merkel même merde» est déployée devant les caméras. D’autres brandissent des drapeaux européens barrés d’une croix rouge. Manos, 17 ans, ne cautionne pas: «On n’est pas contre le peuple allemand lui-même. Bien sûr qu’Angela Merkel n’est pas Hitler. Mais ce qu’ils veulent dire avec ces slogans, c’est qu’on subit une guerre. Une guerre économique qui va tous nous affecter.» Encore au lycée, il voudrait pouvoir poursuivre ses études à l’étranger, architecture ou médecine peut-être. «Ici le niveau n’est pas très bon. Pour faire de bonnes études, il faut aller en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis. Mais ça coûte cher. Nos parents économisent pour nous payer ces études, mais avec le plan de Bruxelles, cet argent mis à la banque ne vaudra plus rien. Et nous on restera ici à faire des petits boulots.»
Près du Parlement, une fille est occupée à graffer sur un mur une figure de Jésus, baillon de révolutionnaire sur le visage: «C’est pour dire que même un peuple pacifiste comme le nôtre est prêt à se battre s’il le faut», explique-t-elle. Les étudiants vivent comme un déni de démocratie le fait que le plan conclu à Bruxelles ne passe pas au Parlement. Irene, 20 ans, étudiante en langue : «Ce plan décide de tout notre futur. Nous sommes maintenant sous la coupe du FMI et ce n’est que le début. Il va y avoir beaucoup de chômage, surtout pour nous les jeunes, alors que nous n'y sommes pour rien dans ce qui arrive. C'est injuste. La moindre des choses aurait été que le peuple ait son mot à dire !» Ero, 20 ans également, aurait préféré «une sortie de l’Europe. Tout allait mieux pour Chypre avant qu’on entre dans l’Europe en 2004. L’Europe, je veux dire l’Europe comme rêve, c’est fini »...
Une banque fermée et l'autre fortement amaigrie : Nicosie a dû consentir à de gros sacrifices pour obtenir l'accord de la troïka au versement du plan d'aide. Chypre a trouvé dans la nuit de dimanche à lundi un accord avec ses bailleurs de fonds internationaux pour éviter la faillite et la sortie de la zone euro, au prix de lourdes pertes pour les créanciers de la première banque du pays et la fermeture pure et simple de la deuxième. Une semaine après une première tentative ratée, qui prévoyait l’instauration d’une taxe sur tous les dépôts bancaires, l’Eurogroupe et le FMI ont rectifié le tir en revenant aux règles européennes et en excluant toute taxe sur les dépôts de moins de 100 000 euros. L’accord «met fin aux incertitudes concernant Chypre et la zone euro», a assuré lors d’une conférence de presse le chef de file des ministres des Finances des 17, Jeroen Dijsselbloem. Le pays était sous la menace directe d’une coupure des liquidités dès lundi par la Banque centrale européenne (BCE). Le président chypriote Nicos Anastasiades, qui a négocié pied à pied pendant près de douze heures à Bruxelles s’est dit «satisfait» de l’issue des négociations. Cette nouvelle a soutenu les Bourses de Tokyo et de Hong Kong qui ont ouvert en hausse lundi matin. Le tribut sera lourd pour l’économie chypriote. Ce sera «très difficile pour le pays», mais la Commission européenne «fera tout son possible pour alléger les conséquences sociales» de ce plan, a promis le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. En échange d’une aide de 10 milliards d’euros, Nicosie va réduire drastiquement son secteur bancaire en fermant Laïki, la deuxième banque du pays. Les détenteurs d’actions, d’obligations et les dépôts au-dessus de 100 000 euros seront durement frappés, ce qui correspondra à 4,2 milliards d’euros. En revanche, les petits dépôts seront intégralement préservés. Ils seront mis dans une «good bank», tandis que les autres iront dans une «bad bank». «Les dépôts non-sécurisés de plus de 100 000 euros seront gelés et participeront à la recapitalisation nécessaire» du secteur bancaire, a précisé le ministre allemand, Wolfgang Schäuble...
La Russie et l'Allemagne s'impatientent face à la solution alternative esquissée à Nicosie, qui ne contente personne. Chypre, lâchée par la Russie, n’a d’autre choix que de convaincre les Européens des vertus d’un «plan B», que son parlement doit encore adopter vendredi, si elle veut éviter avant lundi la faillite de ses banques avec des conséquences négatives pour la zone euro. La séance exceptionnelle du Parlement chypriote, convoquée à 10 heures (9 heures en France), a été retardée en raison du réexamen des projets de loi visant à lever des milliards d’euros par la commission parlementaire des finances. Le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, a assuré en fin de matinée que Chypre était engagée dans d'«âpres négocitations» avec la troïka des bailleurs de fonds (UE-FMI-BCE) pour éviter une faillite du secteur bancaire et de l’économie de l’île. «Dans les prochaines heures nous allons devoir prendre des décisions importantes», a-t-il ajouté. L’option russe envisagée par Chypre pour obtenir une partie de l’aide nécessaire au sauvetage de l’économie du pays s’est refermée. Les autorités russes ont affirmé sans détours ne pas être intéressées par les propositions de Nicosie après deux jours de discussions à Moscou avec le ministre chypriote des Finances Michalis Sarris. «Leur proposition était la suivante : créer une société publique regroupant les actifs des gisements gaziers et proposer aux investisseurs russes d’y participer», a expliqué le ministre russe des Finances Anton Silouanov. «Nos investisseurs ont examiné ces propositions et n’ont pas été intéressés», a-t-il tranché...
«La solution que nous avons choisie est douloureuse», a reconnu le président chypriote à propos du plan de sauvetage de 10 milliards d’euros comprenant une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires. Chypriotes et résidents étrangers de l’île méditerranéenne étaient sous le choc samedi après l’annonce d’un accord avec l’Union européenne sur un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros comprenant une taxe exceptionnelle et sans précédent sur les dépôts bancaires. «La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c’était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous», a assuré le président chypriote Nicos Anastasiades, soulignant le risque «d’effondrement» de tout le système bancaire de l’île. Nicos Anastasiades a annoncé qu’il s’adresserait à la nation dimanche au sujet du plan de sauvetage conclu samedi à l’aube, le premier dans l’Union européenne à mettre largement à contribution les déposants. Le Parlement, engagé dans une course contre la montre pour valider cet accord avant que les banques ne rouvrent leurs portes mardi matin (lundi étant férié), doit s’exprimer dimanche. Anastasidades, de retour de Bruxelles samedi soir, va rencontrer des dirigeants de partis politiques de l’île en soirée et se rendre dimanche matin au Parlement où une Assemblée plénière est prévue. Pour réduire leur participation à ce prêt, pour lequel Nicosie demandait 17 milliards, les bailleurs de fonds lui ont demandé d’instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100 000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil. Ces prélèvements, censés rapporter 5,8 milliards d’euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l’île. Les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seront entièrement compensées par la distribution d’actions, a précisé le ministre des Finances Michalis Sarris. Dans ses négociations avec l’UE et le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement a également dû céder sur une autre ligne rouge et accepter la hausse de l’imposition sur les entreprises. Au final, la dette chypriote sera de 100% du PIB en 2020....
Pilier de l'économie chypriote, le secteur financier a été durement frappé par la crise grecque. L'Union européenne et le FMI préparent un plan d'aide. C'est vers l'un des plus petits pays de la zone euro que se tournent maintenant les regards européens inquiets, à quelques jours du scrutin présidentiel du 17 février. Chypre pourrait bientôt devenir le prochain Etat à bénéficier d'un plan d'aide européen, après la Grèce, le Portugal, l'Irlande et l'Espagne. Les discussions durent depuis six mois et les tergiversations du président communiste, Dimitris Christofias, ont retardé les échéances. Désormais, c'est l'Allemagne qui s'interroge pour savoir si elle doit payer pour les banques chypriotes et leurs riches clients russes. Chypre peut-elle devenir une nouvelle Grèce ?... Historiquement et linguistiquement, les rapports entre Chypre et la Grèce sont étroits. Si étroits que des banques hellènes ont investi à Nicosie - et vice versa - et que les banques chypriotes ont acheté une bonne part de la dette grecque. Quand, en mars 2012, la Grèce a réussi à alléger un peu son fardeau en restructurant sa dette auprès des banques, cela a coûté plus de 4 milliards d'euros aux établissements financiers chypriotes, qui avaient déjà accordé de nombreux prêts généreux à des clients et à des entreprises grecques souvent devenus insolvables. Les banques chypriotes tremblent et sont menacées de faillite. Mais une défaillance bancaire provoquerait un tsunami pour une île qui a construit sa croissance à partir de son secteur financier, au point que les avoirs des banques représentent plus de huit fois le produit intérieur brut (PIB) du pays. La mort dans l'âme, le président communiste, Dimitris Christofias, a dû appeler à la rescousse, en juin 2012, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier a proposé son cocktail désormais bien connu de mesures d'austérité : baisse des salaires et des retraites et hausse d'impôts. Un plan qui pourrait aggraver la récession et l'envolée du chômage, qui frappent déjà la population. L'apparition d'un taux de chômage à deux chiffres dans un pays qui n'a pas connu de problèmes d'emploiest un vrai traumatisme. L'Allemand Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), vient de tirer la sonnette d'alarme : "Des développements confus à Chypre pourraient saper les progrès réalisés en 2012 dans la stabilisation de la zone euro. Chypre pourrait se révéler être un risque systémique pour le reste de la zone euro, malgré sa taille."...
Pour la première fois depuis 2010, l'agence de notation financière Standard & Poor's a remonté la note de la Grèce, qui passe de "défaut sélectif" (SD) à "B-".
Une première. Depuis 2010 en tout cas. L'agence de notation financière Standard and Poor's a annoncé mardi avoir remonté de six crans la note de la Grèce. Le pays passe de la catégorie "défaut sélectif" (SD) à "spéculative" (B-), qui rassemble les émetteurs de dette qui risquent de ne pas honorer leurs échéances. Depuis le déclenchement de la crise de la dette en 2010, qui a plongé le pays dans une spirale de récession et de rigueur, la Grèce n'avait en effet cessé de voir sa note être dégradée.
Cette révision à la hausse fait suite à la conclusion de l'opération de rachat par la Grèce d'une partie de sa dette au tiers de son prix, explique l'agence de notation dans un communiqué.
Mais en plaçant le 5 décembre le pays en situation de "défaillance partielle", à un cran seulement du défaut de paiement, l'agence avait bien précisé qu'il s'agissait d'une mesure provisoire. Le temps que le pays opère le rachat de dette convenu avec ses bailleurs de fonds en préalable à la reprise de sa perfusion financière....
85 milliards d'euros débloqués sur 4 ans. Nous sommes fin 2010 et l'Irlande obtient cette aide de l'Union européenne et du FMI. Mais assortie de toute une série de mesures d'austérité. Une austérité encore de rigueur ce mercredi pour le nouveau budget irlandais. Dans ce contexte, comment se porte le pays aujourd'hui ? Aujourd'hui, le pays qui a frôlé la faillite nationale semble aller mieux. Selon l'OCDE, son déficit public devrait être de 8,1% du PIB cette année, et la croissance de 0,5%. Avec deux secteurs en pointe : les nouvelles technologies et l'industrie pharmaceutique. Cependant, l'Irlande est loin d'être tirée d'affaires. Un seul chiffre en témoigne : un taux de chômage qui flirte avec les 15% ! Le 24 novembre dernier, ils étaient 10.000 à manifester dans les rues de Dublin contre l'austérité qu'a renforcé le nouveau budget (le 6e de ce type en 4 ans). Et l'Eglise très puissante vient d'interpeller le gouvernement en estimant que « dès le début de la crise économique, les coupes dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux, les réductions des aides, avec l’augmentation des taxes, ont eu un impact dévastateur sur la capacité de nombreux Irlandais à maintenir un standard de vie acceptable et à bénéficier d’un accès aux services de base. » ... Avec de nombreuses rubriques et reportages audio à écouter à partir de ce lien.
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Le 23 avril 2010, le Premier ministre de l’époque, Georges Papandréou, lançait un appel à l’aide financière internationale pour éviter l’effondrement de son pays. Les trois années qui ont suivi ont été une suite d’erreurs commises à la fois par la troïka et l’Etat grec, observent plusieurs études. Par Nick Malkoutzis Il y a trois ans, le Premier ministre Georges Papandréou s’exprimait depuis le port de Kasteloritzo avec, en toile de fond, les reflets argentés de la mer Egée et des enfants piaillant de joie. La période qui a suivi ne fut en rien un jeu d’enfant baigné de lumière pour la Grèce. L’appel qu’a lancé ce jour-là Papandréou à la zone euro et au Fonds monétaire international (FMI) a été le point de départ de pratiquement tous les événements survenus en Grèce depuis trois ans. Et nul ne sait sur quoi cela débouchera. Même si la troïka de prêteurs, qui a injecté près de 200 milliards d’euros en Grèce au cours des 36 derniers mois, est composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI, la plupart des Grecs se sont focalisés sur le rôle de l’organisation de Washington. Pour beaucoup, la date du 23 avril restera le jour où "Papandréou a vendu la Grèce au FMI". Le Fonds n’a fourni qu’une fraction des prêts consentis à ce jour, et pourtant, ce sont souvent ses initiatives qui sont observées à la loupe. De plus en plus de gens ont compris que certains partenaires de la Grèce au sein de la zone euro et de la BCE étaient derrière les exigences les plus fermes de la troïka, mais le FMI n’en reste pas moins la cible de prédilection des critiques. Le problème tient au fait que ces attaques souvent inconsidérées, qui associent le FMI au cheval de Troie du néolibéralisme, empêchent toute analyse raisonnée du rôle de chacun des trois éléments de la troïka. Dans ce brouillard, il est devenu difficile de discerner ce que l’on a vraiment à reprocher au FMI. A cet égard, un éditorial de Mohamed El-Erian, directeur du fonds d’investissement PIMCO, paru sur le site de CNN sous le titre "Le FMI doit surmonter sa personnalité bipolaire", arrivait à point nommé et apportait un éclairage tout à fait précieux...
Chroniques d’un hiver européen, une série documentaire sur l’ampleur et la violence, symbolique et sociale, de l’austérité imposée aux Grecs. Après l'épisode 1, Athènes, de la récession à la dépression, retrouvez les deux autres documentaires : Athènes, l'engrenage de l'austérité et Athènes, la quête d'un ailleurs. À l’origine du projet, le jeune documentariste Étienne Haug s’est entouré de plusieurs professionnels de l’image (Sébastien Lecordier, Camille Pillias et Nelly Ollivaul) pour accoucher de cette idée originale qui fait se juxtaposer témoignages sonores, état des lieux chiffré et photographies contextualisées. Ce documentaire est agencé avec les images des photographes grecs Stefania Mizara et Achilleas Zavallis, qui sont allés recueillir les sentiments mêlés de leurs compatriotes tantôt révoltés et tantôt résignés. Les trois premiers épisodes nous montrent comment les Grecs, depuis que la troïka a dicté la conduite au pays, sont devenus les jouets d’un capitalisme destructeur. Dont les méthodes, autant que les effets, n’en finissent plus de maintenir cet État sous perfusion. Ce libéralisme sauvage censé contenir une dette accumulée dont personne n’entreprend de rechercher les véritables fondements a souvent été commenté ou décrypté à la hache par une série de calculs fumeux. D’annonces et de mesures arbitraires jugées toutes plus nécessaires les unes que les autres… Il s’agit ici de rompre avec cette chimère et de rendre compte, dans la bouche de ses victimes, de la manière dont une récession prend racine dans les foyers et modifie les habitudes d’un peuple. Cette dictature de la dette, ses discours péremptoires et son cynisme aveugle, revêt plusieurs visages. Cette « dévaluation interne » est décrite par le site d’information économique Bloomberg ainsi : « Il s’agit de restaurer la compétitivité de manière brutale en faisant chuter les salaires. Cela nécessite toutefois le maintien d’un chômage élevé de manière à supprimer les possibilités de négociation. » Un ouvrier confirme que, depuis la dégradation de la crise, les conventions collectives sont devenues factices : « La loi ne te protège plus. » Le travail gratuit commence à pénétrer les mœurs. Un instituteur annonce à la télévision qu’il ne supporte plus d’entendre ses élèves répéter : « Monsieur, j’ai faim »… Les Grecs sont usés de devoir chercher perpétuellement les moyens de subsister, d’être tournés vers le seul objectif de « payer ses factures ». Cette usure est concomitante avec une perte de lien social : beaucoup se replient dangereusement sur eux-mêmes.... Vidéos à visionner à partir du lien...
Augmentation des tarifs et baisse de la qualité des services : pour les opposants à la privatisation des compagnies de distribution d'eau de la métropole athénienne (EUDAP) et de Thessalonique, la deuxième ville du pays (EUATH), le constat est clair. « L'eau est un bien public, ce n'est pas une marchandise », martèle Maria Kanellopoulou, membre du mouvement Save Greek Water. Cette musicienne fait partie des fondateurs du mouvement, créé l'été dernier, pour s'opposer au chantier de privatisation des deux sociétés. « Nous ne sommes pas employés par ces entreprises, mais nous nous mobilisons car nous pensons que l'eau symbolise à la fois l'essence même du bien public, et tout ce que l'on est en train de perdre en Grèce aujourd'hui : c'est une question de droit le plus fondamental, celui de l'accès à l'eau. » Cette initiative civique a lancé une pétition qui compte aujourd'hui près de 18 000 signatures et espère bien faire entendre sa voix auprès des députés grecs. Las, les acteurs du dossier passeront probablement outre. Ils ont le champ libre : l'ensemble des privatisations a été confié en 2011 à une structure ad hoc, le Taiped – le Fonds de valorisation du patrimoine de l'État grec. Cette structure mise en place sous la pression des créanciers du pays, la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI), est devenue de facto la propriétaire d'un immense portefeuille qu'elle doit vendre petit à petit à des investisseurs. Objectif ? Éponger une partie de la dette de l'État en vendant des entreprises publiques (cession complète ou prise de participation), des concessions pour l'exploitation de monopoles commerciaux ou de lots fonciers, et des propriétés immobilières. Au total, plus d'une quarantaine de lots apparaissent aujourd'hui sur la liste des biens à vendre – une liste destinée à s'allonger et qui s'est déjà enrichie de nouveaux éléments ces derniers mois. Sauf que les objectifs financiers du programme sont bien loin de combler la dette abyssale du pays (plus de 300 milliards d'euros aujourd'hui) : le Taiped table désormais sur 9,5 milliards d'euros de ventes d'ici à 2015, contre les 19 milliards encore officiellement visés il y a quelques mois…, et alors que l'objectif initial était de 50 milliards, lorsque ce programme de privatisations a été annoncé par les représentants de la Troïka en visite à Athènes, en février 2011. En réalité, dans un marché en pleine récession – pour la sixième année consécutive –, les entreprises grecques ne valent pas bien cher et le gouvernement n'est pas tellement en position de force pour négocier… Mais l'argent récolté est-il, au fond, vraiment le but ? Lorsque nous nous étions rendus au Taiped en octobre dernier, il nous avait été expliqué que le but était « de transformer complètement l'économie grecque » : « Peu importe, en fait, les sommes que l'on va tirer de ces ventes. Il ne s'agit pas tant de collecter de l'argent que de libéraliser l'économie. »...
Le FMI s'apprête à débloquer un milliard d'euros à Chypre dans le cadre du plan de sauvetage conclu avec les Européens et les autorités de l'île. Le Fonds monétaire international (FMI) contribuera à hauteur de 1 milliard d'euros sur trois ans au plan d'aide de 10 milliards accordé à Chypre, a annoncé mercredi 3 avril dans un communiqué sa directrice générale, Christine Lagarde. Elle ajoute s'attendre à ce que le conseil d'administration du FMI approuve cette contribution au début de mai. "Un plan financier d'un montant total de 10 milliards d'euros est prévu pour aider Chypre à couvrir ses besoins de financement, y compris les obligations du service de la dette, pendant qu'elle met en œuvre les politiques nécessaires pour restaurer la santé de son économie et retrouver l'accès au financement sur les marché des capitaux", a-t-elle expliqué.
Cet accord de prêt, conclu par la direction du Fonds, "sera soumis au conseil d'administration pour approbation début mai", ajoute-t-elle, dans un communiqué reçu à Paris. La patronne du Fonds estime que les autorités chypriotes ont mis en place "un programme ambitieux et pluriannuel pour affronter les défis économiques auxquels elles sont confrontées". "Ce programme repose sur deux piliers", affirme-t-elle : le premier vise à "rétablir la santé du système financier" en restructurant et réduisant substantiellement le secteur bancaire, le second doit permettre de ramener la "dette publique sur une trajectoire soutenable"...
Chypre, envoyé spécial. Stavros Evagorou, député et responsable du secteur économique du parti communiste (AKEL), évoque le mauvais rôle joué par Bruxelles dans la crise, alors que les banques chypriotes vont rouvrir ce jeudi après l'adoption de restrictions inédites dans la zone euro, censées limiter les effets d'une éventuelle panique bancaire.
Chypre est-il un paradis fiscal ? Stavros Evagorou. Plusieurs mois avant la décision de l’Eurogroupe de taxer tous les dépôts, les media allemands ont propagé des accusations fausses contre Chypre. Notre pays serait un paradis fiscal, un centre de blanchiment d’argent… Ces journaux écrivaient sur les oligarques russes. Pourtant nous avons le même taux d’imposition sur les sociétés que la Bulgarie, un taux proche de l’Irlande et supérieur à celui de Malte. Pourquoi donc s’acharner sur Chypre? Aux Pays-Bas, il y a trois fois plus d’argent russe déposé qu’à Chypre. Et deux fois plus au Luxembourg. Il ne me semble pas que là-bas, les Russes soient prolétaires. Notre système bancaire a été inspecté par Moneyval, une institution du Conseil de l’Europe chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent. Nous avons une note meilleure que l’Allemagne. Nous sommes les septièmes dans la zone euro. S’ils insistent pour détruire notre système financier, ce n’est pas parce qu’ils ont quelque chose contre les Chypriotes. Ils ciblent les Russes. Ces derniers jours, des délégations de banquiers allemands ou de la zone euro se rendent à Chypre pour convaincre les investisseurs russes de transférer leur argent dans leur pays. Akel estime que la troïka « asservit » Chypre. Pourquoi une telle expression ? Stavros Evagorou. Chypre restera dans l’histoire économique comme le cobaye de la zone euro. Suite à un accord avec l’UE, nous avons voté depuis 2011, trente-cinq lois comprenant des mesures d’austérité, telles que des baisses de salaires. Nous n’avons pas encore reçu un euro. L’accord de l’Eurogroupe lundi avec le président de la République Nicos Anastasiades, n’est pas la fin de la route. Ce n’est que le début. Il y aura des privatisations et de nouvelles mesures d’austérité. Ces mesures sont appliquées en Grèce, au Portugal. Elles ont conduit ces peuples à la pauvreté, leurs pays à la récession....
Eurozone : Pour qui sonne le glas ? Bien sur, le glas sonne à Chypre qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité[1]. Mais dans cette triste saga, le glas sonne également pour les dirigeants de l’Eurozone, dont l'attitude a déclenché une crise dont l’Europe aura beaucoup de mal à se relever : la question de confiance est posée. L’accumulation de mauvais jugements et de décisions inexcusables ne relève plus de la simple erreur. Ou alors, elles témoignent d’une forme d’incompétence dramatique. Nous sommes à un moment extrêmement délicat en terme de relations interbancaires européennes. Les établissements financiers se font de moins en moins confiance. 684 milliards d’euros en provenance des banques de la zone euro sont déposés auprès de la Banque Centrale Européenne. Les craintes sur la diminution de la liquidité bancaire et, par conséquent, la difficulté croissante à financer l’économie se faisaient sentir avant la crise. Comme le titre aujourd'hui le Financial Times, l'Eurozone a décidé de transférer le risque de crise des contribuables vers les déposants. Elle n'aura que ses yeux pour pleurer lorsque la BCE aura épuisé sa capacité de financement des banques, et que les déposants auront fui la zone euro. Si des mouvements substantiels de dépôts vers les pays réputés solides devaient être constatés, les banques espagnoles et italiennes en particulier se trouveraient en mauvaise posture, et ces mouvements à eux seuls seraient de nature à provoquer une crise de la liquidité et son corollaire, une crise de crédit. Elles devraient en effet massivement se désinvestir d'obligations souveraines italiennes et espagnoles....
ANALYSE - La brutalité des propos et des méthodes est inédite dans l'histoire de l'UE. Les Les fautes commises par les Européens dans ce que l'on n'ose même plus appeler « le sauvetage de Chypre » ont dépassé en gravité et en intensité tous les faux pas effectués depuis le début de la crise dans la zone euro. L'annonce brutale, mal conçue et mal expliquée, de la taxation des dépôts bancaires à Chypre, au petit matin du 16 mars, a non seulement provoqué sur place un sentiment d'injustice, une colère et un chaos indescriptible, mais elle risque de conduire à un épilogue bien plus dramatique que ce que les Chypriotes et la zone euro pouvaient attendre. Le climat de panique est d'ailleurs tel dans l'île que, même si un plan de financement est mis sur pied, un strict contrôle des capitaux est désormais inévitable, sinon pour éviter, du moins pour réguler les sorties prévisibles de capitaux. Nombre d'investisseurs et d'épargnants n'attendent que la réouverture des banques pour retirer leur argent et fermer leurs comptes. La première erreur des ministres des Finances de la zone euro a été de ne pas expliquer pourquoi, parmi toutes les options possibles, celle de la taxation des dépôts était, pour eux, à la fois la moins douloureuse et la plus simple à mettre en place. Une pédagogie d'autant plus indispensable que cette décision -totalement antidémocratique -prenait à revers le président chypriote qui avait clairement exclu toute atteinte aux dépôts bancaires à la veille même du sommet européen des 14 et 15 mars....
Le gouvernement chypriote et les représentants de la troïka pourraient décider d'une taxe de 20 % sur les dépôts détenus par la Bank of Cyprus, et de 4 % pour les autres établissements. Les ministres des Finances de la zone euro ont prévu de se réunir dimanche. De l'annonce de l'instauration d'une taxe sur les dépôts bancaires, à son rejet par le Parlement, en passant par les ultimatums des Européens et à la colère de la Russie, le dossier chypriote occupe tous les esprits depuis une semaine. L'Union européenne a donné à Chypre jusqu'à lundi pour trouver les quelque six milliards d'euros nécessaires pour compléter son plan de sauvetage, sous peine d'un effondrement de son système financier, voire même son éviction de la zone euro. D'ici là, les négociations s'intensifient. ...
Comme prévu, le parlement chypriote rejette le plan de sauvetage européen. Un plan qui prévoyait une taxation inédite sur les dépôts bancaires. Des négociations, notamment entre les gouvernements russe et chypriote, pourraient faire évoluer la situation. Aucun parlementaire n'a voté en faveur du plan proposé par l'UE. 36 ont voté contre et 19 se sont abstenus. Les nombreux manifestants massés devant le parlement chypriote ont accueilli l'annonce du rejet avec des démonstrations de joie. Comme l'Islande et l'Irlande avant elle, Chypre va devoir maintenant se battre pour empêcher son secteur bancaire hypertrophié de mettre le pays à genoux. Car quelle que soit la solution alternative inventée par Chypre pour remplacer cette taxation, le parallèle avec les expériences islandaise et irlandaise de ces dernières années montre que l'assainissement risque de se faire dans la souffrance.
Le gouvernement islandais a laissé ses banques faire défaut et introduit le contrôle des changes, ce qui a rendu plus difficile le financement de l'économie. L'Irlande a pour sa part nationalisé pratiquement toutes ses banques, ce qui a débouché sur un quadruplement de son endettement.
Les deux pays sont à nouveau en phase de croissance mais des problèmes de fond demeurent....
En trois ans, le pays a subi sept plans pour tenter de redresser ses comptes publics. Si le déficit s'est légèrement résorbé, le chômage et la récession n'ont jamais été aussi forts. Malgré deux changements de gouvernement, la Grèce enchaîne les plans d'austérité et les plans de sauvetage internationaux depuis l'automne 2009. Infographie à partir de ce lien.
Obama veut que l'on se souvienne de lui comme d’un président d’importance. Quel meilleur moyen de passer à la postérité que de se faire l'héritier des Démocrates ayant initié le projet européen: Franklin D. Par Georges Papandreou C'était une époque différente, avec un autre leadership américain sur le sol européen. Avec leurs diplomates et leurs dollars, les Etats-Unis avaient mis en place un audacieux projet politique; il visait à mettre un terme à la guerre et à instaurer une période de prospérité. La menace des chars soviétiques se faisait toujours sentir de l'autre côté du Rideau de fer; on pensait que la prospérité européenne permettrait de mettre un frein à l'expansion communiste; qu'elle rééquilibrerait le pouvoir soviétique à l'Est. Le projet porta ses fruits –mais si ses retombées furent principalement économiques, ses fondements étaient des plus politiques. Ce projet était né d'un consensus auquel se ralliait la majorité des intéressés: les guerres européennes devaient prendre fin, et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale ne devaient plus jamais se reproduire. C'était là un idéalisme tempéré par la logique de la Guerre froide –et ce fut la plus grande victoire de la diplomatie américaine au XXe siècle. Ce projet européen est aujourd'hui menacé, et la situation nécessite un retour du leadership américain. L'Europe est certes la seule à disposer des moyens nécessaires pour sortir de la crise, mais durant son second mandat, le président Obama doit lui venir en aide –et ce en la protégeant d'elle-même. Il faudra avant toute chose sauver la Grèce. Mon pays a souvent consenti à appliquer la doctrine de l'austérité drastique qui prédomine en Europe; mais pour les marchés obligataires mondiaux, les coupes opérées dans le budget grec ne sont visiblement jamais assez profondes. La Grèce est ici victime d'une crise de confiance: les incertitudes qui planent sur notre maintien au sein de l'eurozone ont paralysé notre économie. Elles ont fait disparaître toute perspective d'activité commerciale d'ici la résolution du problème –ce qui garantit presque sa non-résolution. L'Europe doit être claire: «La crise prend fin, ici et maintenant. La Grèce fait partie de l'eurozone –point final.» Cependant, pour qu'une telle déclaration soit crédible, elle doit recevoir l'appui de la puissance économique la plus importante et la plus dynamique du monde. Et c'est là qu'Obama doit intervenir. Le président américain peut contribuer à résoudre la crise en usant d'une diplomatie économique habile –habileté qui a certes fait défaut à son administration jusqu'ici.....
The spread of economic hardship is fraying Greece's social fabric and straining its political cohesion as the country enters the harshest winter of its three-year-old debt crisis.
Now, as Greece slides deeper into depression, the widowed mother is so poor that her teenage daughter, who stills lives at home, is "jealous that her brother is having a better time than her in the institution," Ms. Katri says.
The spread of economic hardship is fraying Greece's social fabric and straining its political cohesion as the country enters the harshest winter of its three-year-old debt crisis. Even the tightknit Greek family—an institution that has helped the population to absorb a collapse in employment—is under pressure as household incomes dwindle.
Many families are sliding down the economic ladder that their parents and grandparents climbed, often making them reliant on those same retirees' shrinking pensions. Already-poor families are slipping off the ladder, into the arms of overburdened charities. In a country of 11 million, only 3.7 million people have jobs, down from 4.6 million four years ago. Economic activity has shrunk by over 20% in that time. The pressure on society is testing the country's political stability. Crumbling establishment parties cling to office. ....
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