Le principe de panique à l'oeuvre | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Angoisses, alarmisme, peur de l’apocalypse : pour le futurologue Matthias Horx, l’homme n’est pas guidé par les faits, mais par son état d’esprit. Ce qui vaut également pour la crise de l’euro.

Par Matthias Horx.

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La "crise" n’existerait que parce que tous y croient. J’entends d’ici les oracles de la crise me dire : n’existe-t-il pas des faits vérifiables ? Les banques ne sont-elles pas responsables de la crise de l’immobilier, n’ont-elles pas poussé les pays européens à s’endetter ?

Ou sa variante – nos dirigeants politiques irresponsables n’ont-ils pas continuellement agi à l’encontre des marchés en jetant sans vergogne l’argent du contribuable par les fenêtres, aux frais des générations futures ?

Peut-être tout cela n’entre-t-il plus en ligne de compte depuis longtemps. Dans son nouveau livre, Mood Matters [“L’humeur compte”, éditions Springer], le futurologue et génie des mathématiques John Casti montre comment l’état d’esprit conditionne l’histoire.

Avec un argument radical : ce ne sont pas les événements du monde réel qui décident de l’avenir, mais exclusivement les attentes collectives fictives. Comment disait Epictète, déjà, 2000 ans et plus ? "Ce qui trouble les gens, ce ne sont pas les événements, mais l’idée qu’ils se font des événements"...

 

Les vilains spéculateurs ne sont pas les seuls à spéculer contre l’euro. Depuis longtemps, une industrie de la peur et de l’effroi est à l’œuvre dans les médias, qui misent essentiellement sur la surenchère de titres chocs.

"Ambiance d’apocalypse dans la zone euro" ; "La fin du règne de l’argent" ; "L’adieu à la prospérité". Des professeurs en colère viennent pérorer dans les émissions de débat sur l’air de "je l’ai toujours su". A chaque nouveau débat, la petite musique de la peur monte d’une octave....