Viktor Orbán s'emmêle les pinceaux | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L’affirmation des valeurs nationales hongroises est au coeur du projet politique du Premier ministre. Depuis le début de l’année, cette ambition est illustrée en quinze tableaux, spécialement commandés pour une exposition au Château de Buda.

Par Peter Morvay, du SME de Bratislava.

 

La Galerie nationale hongroise, située dans un bâtiment majestueux du Château de Buda, propose actuellement deux expositions très instructives. Intitulée Des héros, des rois et des saints, la première rassemble les œuvres les plus connues de la peinture romantique hongroise de la fin du XIXe siècle.

La seconde [intitulée Peintres contemporains sur l'histoire hongroise] invite à faire un saut dans le temps de plus 100 ans. Elle s’inscrit pourtant dans une forme de continuité organique avec la première.

Les quinze tableaux commandés par le commissaire personnel du Premier ministre constituent une sorte de guide illustré de la nouvelle constitution hongroise et se veulent comme une présentation de la peinture romantique nationale hongroise du début du XXIe siècle. Les deux expositions ont une chose de plus en commun.

Elles révèlent l’idée que le gouvernement de Viktor Orbán se fait de ce qu’est l’art authentique, et la manière dont il s’efforce d’imposer ce nouveau canon esthétique officiel. Même s’il se trouve parmi ces toiles des œuvres de qualité, il est évident que ce n’est pas le talent qui a présidé à leur choix.

Le plus important ici est que le commissaire d’exposition, Imre Kerényi, et l’artiste en service commandé partagent une communauté d’idées. Kerényi, qui avant 1989 était connu pour ses mises en scène des grands-messes communistes, s’est vanté d’avoir su guider les artistes, durant même le processus de création, en leur inspirant quelques modifications et rajouts...