Bruxelles ne croit pas aux promesses de François Hollande | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les prévisions de la Commission européenne ne sont pas compatibles avec la réduction du déficit promise.

 

La Commission européenne devait doucher, mercredi 7 novembre, les espoirs de croissance et de redressement budgétaire de François Hollande et de son gouvernement. D'après les prévisions d'automne publiées en début d'après-midi à Bruxelles, la croissance atteindra 0,4 % l'an prochain, moitié moins que l'hypothèse retenue par Paris pour construire le budget 2013 (à 0,8 %).

Dans ces conditions, la France ne devrait donc pas, selon les estimations de la Commission, être en mesure de ramener son déficit en deçà de 3 % du produit intérieur brut (PIB) dès 2013, contrairement au cap fixé par François Hollande depuis son élection.

Cet objectif ne devrait être atteint qu'en 2014, avec une croissance attendue de 1,2 %, à condition, selon Olli Rehn, le commissaire aux affaires économiques et monétaires, de prendre des mesures supplémentaires d'économies cette année-là. Et de poursuivre encore les efforts en 2015.

Tandis que le gouvernement français multiplie les annonces pour asseoir sa crédibilité budgétaire, et donner des gages aux marchés, la Commission se garde d'exiger davantage d'austérité pour 2013 : elle a décidé de renoncer à ce jour à l'envoi d'un éventuel "avertissement précoce", tel que celui adressé à la Belgique en début d'année pour la sommer d'accentuer ses efforts de rigueur. "C'est un autre cas de figure : à l'époque, le gouvernement belge tardait à être formé", dit un haut fonctionnaire....