Italie : Monti, le technocrate qui a rassuré l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le président du Conseil italien a présenté sa démission vendredi soir. Pour être candidat à sa propre succession.

 

Mario Monti, 69 ans, qui a dirigé l'Italie du 16 novembre 2011 au 21 décembre 2012, a imposé en un peu plus d'un an de mandat un style courtois mais ferme qui a su rassurer l'Europe et les marchés échaudés par les frasques de son bouillant prédécesseur Silvio Berlusconi. Ce professeur d'économie, surnommé parfois "le cardinal" pour son côté impénétrable, a traversé ses 13 mois agités à la présidence du Conseil sans jamais se départir de son calme.

Il a dû, entre autres, imposer une cure d'austérité drastique à ses concitoyens, affronter la colère des syndicats lors de sa réforme du marché du travail, tout en gérant une majorité hétéroclite au Parlement et de délicates négociations au niveau européen. Malgré ces embûches, cet Européen convaincu est parvenu à retisser fil à fil la crédibilité internationale de la péninsule, fortement mise à mal sous le règne de Berlusconi. Signe de ce succès : le spread italien vient de passer sous la barre symbolique des 300 points, la moitié de son niveau d'il y a un an.

 

Mario Monti, qui s'était déjà taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), a su utiliser cette expérience pour redonner prestige et influence à la troisième économie de la zone euro. Consécration le 13 décembre à Bruxelles, où ses pairs européens, de droite comme de gauche, l'ont adoubé tout en humiliant le Cavaliere. Revers de la médaille : sa proximité avec la chancelière Angela Merkel a été interprétée par certains Italiens comme une soumission aux diktats du poids lourd de l'Union européenne....