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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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Vague europhobe sur le Vieux Continent

Vague europhobe sur le Vieux Continent | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
UKIP au Royaume-Uni, Front national en France et Parti populaire au Danemark arrivent en tête.

 

Paris-Londres-Copenhague. Tel est le trio gagnant de la droite extrême, après les élections européennes du dimanche 25 mai.

Le Front national, le UKIP et le Parti populaire danois (Dansk Folkeparti ; DF) arrivent en tête dans chacun de leur pays, provoquant un véritable séisme. Marine Le Pen dynamite le paysage politique français, tout comme Nigel Farage, le chef du UKIP, qui écrase les conservateurs et devance les travaillistes. Au Danemark, DF a cinq points d'avance sur les sociaux-démocrates au pouvoir. Ils sont l'image la plus visible de cette vague europhobe qui part à l'assaut du Parlement européen pour le détruire de l'intérieur.

 

Quand ils ne sont pas premiers, les partis europhobes obtiennent des scores importants en Autriche, en Hongrie, en Suède et en Grèce. En Italie, Beppe Grillo (21 %) est largement distancé par la liste du président du conseil de centre gauche, Matteo Renzi (41 %), qui a trempé sa légitimité démocratique dans ce scrutin. Mais l'ancien comique devrait envoyer une petite vingtaine de députés au Parlement européen.

L'extrême droite a cependant connu quelques déceptions électorales qui empêchent la vague brune de se transformer en tsunami. Aux Pays-Bas, l'allié privilégié de Marine Le Pen, le Parti pour la liberté de Geert Wilders, est en recul par rapport à 2009. De même à Helsinki, les Vrais Finlandais ne se classent qu'en troisième position, alors que certains sondages les plaçaient en tête. Enfin, à Bratislava, le Parti national slovaque n'a pas réussi à faire élire le moindre eurodéputé, ce qui posera un problème à Marine Le Pen pour constituer son groupe d'extrême droite.

 

Ces partis europhobes représenteront plus de 140 députés, près d'un cinquième du Parlement. Mais ils auront bien du mal à s'entendre à Strasbourg et à Bruxelles. Ils représentent des tribus qui se méfient les unes des autres.

A l'exception de Beppe Grillo, qui est inclassable, ils se rattachent tous à des traditions d'extrême droite, même s'ils veulent parfois les faire oublier.

Les partis populistes scandinaves essaient de gommer leur origine d'extrême droite et récusent – à l'exception des Suédois, qui hésitent encore – une alliance avec le Front national. Ils ont depuis longtemps opéré leur recentrage politique qui les pousse à collaborer avec des gouvernements dirigés par des partis traditionnels, comme en Finlande ou au Danemark, dans la législature précédente....

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Berlusconi humilié au Sénat : "L'influence du Cavaliere s'érode"

Berlusconi humilié au Sénat : "L'influence du Cavaliere s'érode" | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

ITALIE - À l’issue de quatre jours de crise politique en Italie, le Sénat a voté la confiance au gouvernement d’Enrico Letta, après une surprenante volte-face de Silvio Berlusconi. Le Cavaliere est apparu abattu, humilié après une fronde au sein de son parti.

 

Silvio Berlusconi humilié. La mine grave, les yeux rivés sur le sol, il se rassied sans un regard pour ses fidèles, puis, de ses deux mains, masque son visage. Le Cavaliere, par l’un des coups de théâtre dont il a le secret, vient de créer la stupeur dans le Sénat italien qui s’apprête à voter pour ou contre le gouvernement d’Enrico Letta.

Enrico Letta : "Donnez-nous la confiance" Par FRANCE 24

"Nous avons décidé, non sans débat interne, de voter la confiance", lâche l’ancien président du Conseil, qui souhaitait encore mardi faire chuter le gouvernement italien. Quelques instants plus tôt, le Premier ministre italien Enrico Letta a lancé un appel virulent à "préserver les Italiens d’une nouvelle crise politique". Le vote du Sénat sera sans appel : 235 sénateurs choisissent la confiance au gouvernement, contre seulement 70 qui s'y opposent.

La volte-face de Silvio Berlusconi sonne comme un aveu d’échec. Samedi, c’est pourtant lui qui avait de nouveau mené l’Italie au bord du marasme politique en ordonnant aux cinq ministres issus de son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), de démissionner. Tous avaient obéi, non sans traîner des pieds.

Mais cette décision, prise sans concertation avec les instances dirigeantes de son parti, avait déclenché la colère de plusieurs membres PDL. Même Angelino Alfano, vice-président du Conseil forcé à la démission et considéré jusqu’alors comme le dauphin du Cavaliere, s’était rangé du côté des frondeurs, affirmant qu’il envisageait de devenir "berlusconien autrement".

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Berlusconi et «Aube dorée», le destin de l'Europe se joue au sud | Slate

Berlusconi et «Aube dorée», le destin de l'Europe se joue au sud | Slate | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L’Europe vient d’enregistrer à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, si l’on ose dire, est l’offensive lancée enfin par le gouvernement grec contre le mouvement néo-fasciste «Aube dorée» et son leader.

La mauvaise est, bien sûr, la nouvelle folie de Silvio Berlusconi qui, plutôt que d’accepter le verdict qui le condamne après avoir été déclaré coupable de fraude fiscale, préfère plonger l’Italie dans la crise. Il vient d'obliger les ministres de son parti à démissionner collectivement du gouvernement.

 

 

La situation italienne est d’une autre nature et n’en redevient pas moins extrêmement préoccupante. Pour l’Italie elle-même bien sûr, mais aussi pour l’ensemble de la zone euro. Il s’agit là de la dernière «facétie» de Silvio Berlusconi, dont la fin politique se déroule de plus en plus comme un triste feuilleton ou prime une fois encore l’intérêt égoïste et personnel de celui qui, à la tête du gouvernement italien, a d’abord pensé à ses propres affaires aux dépens de l’intérêt général.

La presse italienne a d’ailleurs été à peu près unanime à fustiger le comportement d’un homme qui cherche par tous les moyens à faire diversion et éviter l’humiliation d’un vote qui, au Sénat, pourrait conduire à sa déchéance politique. La sagesse eut été pour lui d’accepter de se retirer sur la pointe des pieds, tout en continuant à donner sa bénédiction au gouvernement de coalition entre le centre droit et le centre gauche. Un tel comportement est manifestement hors de sa portée.

Si la crise devait perdurer, cela pourrait avoir pour effet de paralyser toute action publique dans un pays qui a furieusement besoin de redresser ses comptes et sa situation (la perspective économiques pour 2014 est encore celle d'une année de récession). Elle pourrait aussi conduire à de nouvelles élections dans un climat volontairement tendu par Silvio Berlusconi. Comme si ce dernier souhaitait entrainer l’Italie dans sa chute. ...

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Comment les Européens voient l'Allemagne

Comment les Européens voient l'Allemagne | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Par le biais d'un questionnaire diffusé dans plusieurs pays européens, le réseau Europa ("Le Monde", "The Guardian", "La Stampa"...) a pu dresser un portrait de ce que pensent les Européens de l'Allemagne et de sa politique.

 

Efficaces, organisés et gagnants. Ou bien arrogants, dominateurs et autoritaires. Sauveurs du projet européen. Ou bien tourmenteurs impitoyables de quiconque vit au sud de la "ligne des oliviers". Dès qu'il est question des Allemands, les Européens sont, semble-t-il, profondément divisés. Pour certains, la zone euro se serait effondrée si l'Allemagne n'avait pas fermement tenu la barre. Pour d'autres, des dizaines de millions d'Européens du Sud connaîtraient un destin meilleur s'ils n'avaient pas subi son emprise.

Dans la perspective des élections allemandes, dont l'issue aura un impact décisif sur le reste du continent, le Guardian et plusieurs journaux partenaires dans trois des principaux pays européens ont interrogé leurs lecteurs sur la vision qu'ils ont du rôle dirigeant de l'Allemagne dans la crise de la zone euro, et sur l'élection elle-même. L'enquête a suscité des réactions étonnamment nombreuses et permis d'exprimer des sentiments visiblement refoulés depuis trois ans. En quelques heures, plus de 7 000 lecteurs ont répondu, ce qui en fait l'un des exercices participatifs les plus prolifiques de notre lectorat.

Par la nature auto-sélective des interventions, ce type d'enquêtes n'a guère de valeur statistique. Mais entre les plaisanteries, l'hostilité et les inévitables commentaires mal embouchés de gens cachés derrière des pseudonymes tels que Ernst Stavro Blofeld ou Philip Schleswig-Holstein-Sonderburg-Glücksburg, un certain nombre de tendances convergentes peuvent être relevées. Ainsi dans l'enquête espagnole, la tonalité des réactions est largement négative.

"L'Allemagne cherche à augmenter son pouvoir, à imposer des solutions qui lui conviennent, note Alejandro Gimenez. Elle tente de transformer les pays du Sud en un réservoir de main-d'œuvre bon marché, dépourvue de droits, privée de sécurité d'emploi et de protection juridique. Elle considère l'euro comme monnaie unique quand ça l'arrange, et comme une confédération de monnaies nationales quand c'est son intérêt de le faire." Sa compatriote Karen Gonzalez affirme que non seulement l'Allemagne a profité de la crise et jeté aux orties les principes fondamentaux de l'UE, mais qu'elle a "préféré procéder à des rafistolages plutôt que de s'appliquer à traiter véritablement le fond des problèmes qui sont en train d'étrangler des pays comme l'Espagne. Or cette politique risque d'entraîner un retour de bâton."

De nombreux lecteurs estiment que l'insistance de l'Allemagne à imposer la rigueur budgétaire en échange des fonds de secours européens n'a fait qu'aggraver les choses dans les pays qui avaient désespérément besoin d'un minimum de croissance pour alléger leurs épreuves. Depuis quelques mois, la crise de la zone euro est entrée dans une de ses rémissions périodiques, du fait que le coût des emprunts pesant sur les Etats s'est quelque peu allégé et que le continent montre de timides signes de redressement économique. Mais pour certains Grecs, comme Ioannis Pelegrinis, le pire est encore à venir. "La direction allemande poursuit à l'évidence ses propres intérêts financiers, comme doit le faire tout gouvernement national. Malheureusement, elle le fait aux dépens des autres membres de l'UE et de la zone euro. C'est exactement le genre d'attitude qui finira par provoquer la dislocation de l'UE."...

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ITALIE • Du footballeur Balotelli à la ministre Kyenge, les racistes attaquent

ITALIE • Du footballeur Balotelli à la ministre Kyenge, les racistes attaquent | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
"Au prochain chant raciste, je quitte le terrain", a récemment annoncé le footballeur Mario Balotelli après une énième humiliation au cours d'un match.

On assiste ces dernières semaines en Italie à une explosion de propos racistes, se désole Giornalettismo.

 

Le thème de l’intégration continue à diviser l’Italie. Derniers épisodes en date : l’exploitation de l’affaire Kabobo [du nom d'un clandestin ghanéen ayant tué plusieurs personnes début mai] par la Ligue du Nord, les insultes racistes contre Mario Balotelli qui ont contraint l’arbitre Rocchi à interrompre le match Milan-Rome pendant deux minutes [le 12 mai], et les sempiternelles attaques visant la ministre Cécile Kyenge, "coupable" d’avoir proposé d’élargir les droits en matière de nationalité.

D’un côté, on a les défenseurs des minorités et des étrangers, de l’autre les instigateurs d’épisodes xénophobes, à commencer par Forza Nuova [Force nouvelle] et les mouvements d’extrême droite, bien souvent en première ligne.

Les polémiques se sont multipliées ces derniers jours autour de l’affaire Kyenge, la nouvelle ministre de l’Intégration, qui a interpellé le gouvernement sur l’abolition du délit d’immigration clandestine et le droit du sol. De nombreuses voix ont invité la ministre et le président du Conseil Enrico Letta à poursuivre leur travail avec courage. Mais la ministre est en même temps devenue la cible des accusations du PDL (Peuple de la liberté, parti de Silvio Berlusconi) et de la Ligue du Nord – opposés à tout assouplissement en terme de nationalité – ainsi que des insultes et des campagnes de haine des mouvements néofachistes.

S'ajoute à cela l’inexplicable coup de folie de Mada Kabobo, ce Ghanéen de 31 ans qui, le samedi 11 mai dans le quartier Niguarda de Milan, a agressé les passants à coups de pioche – tuant Alessandro Carolei, Daniela Carella et blessant trois autres personnes, dont l'une se trouve dans un état grave.

 

Des mouvements comme la Ligue du Nord et Forza Nuova ont aussitôt cherché à exploiter les événements. Le mouvement d’extrême droite a lancé une campagne Internet avec le slogan : "L’immigration tue – la classe politique est fautive". Forza Nuova l’a annoncé elle-même par communiqué : "Les graves événements de Milan clouent les chantres de l’immigrationisme à leurs responsabilités." Mais c’est surtout la Ligue du Nord qui a exploité la violence de Mada Kabobo, notamment par la voix de Matteo Salvini qui a invité à "nettoyer" à la hâte les villes italiennes "en allant contrôler tous les clandestins, rue par rue, maison par maison”...

 

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ITALIE • Un axe franco-italien pour contrer l'Allemagne ?

ITALIE • Un axe franco-italien pour contrer l'Allemagne ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Pour la presse italienne, la rencontre mercredi 1er mai entre le nouveau président du Conseil Enrico Letta et François Hollande relance le projet d'un axe franco-italien fort en Europe. En ligne de mire : l'Allemagne.

 

"L'axe franco-italien est de retour", affirme La Repubblica au lendemain de la conférence de presse conjointe à l'Elysée entre le président du Conseil italien Enrico Letta et le président français François Hollande.

Le but de cet axe Rome-Paris : rien de moins que sauver l'Europe et trouver des solutions pour sortir de la récession, sans mettre en péril une démocratie menacée par les mouvements populistes. Mais en filigrane de cette rencontre, il faut surtout lire une critique du leadership allemand en Europe. "[François Hollande et Enrico Letta] ne peuvent pas le dire clairement mais les ennemis désignés sont Angela Merkel et son axe du Nord formé avec les Premiers ministres finlandais Jyrki Katainen et hollandais Mark Rutte", écrit La Repubblica. Pour schématiser, l'axe franco-italien veut en finir avec le diktat de la rigueur tandis que l'axe du nord défend le principe de l'austérité pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Plus concrètement, les objectifs de l'axe franco-italien que pourraient prochainement rejoindre la Belgique et l'Espagne sont notamment de créer une union bancaire utile à la stabilité financière, mettre en œuvre le pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros (approuvé il y a un an mais resté lettre morte) et de renforcer la coordination des politiques économiques.

Au-delà des volontés affichées, la visite d'Enrico Letta en France a une forte portée symbolique. "Après des mois angoissants de vide politique en Italie, la France de François Hollande a donné l'impression de retrouver avec soulagement un allié important, et peut-être décisif, dans l'affrontement avec l'Allemagne d'Angela Merkel", écrit le correspondant Stefano Montefiori dans Il Corriere della Sera.

 

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Italie : Napolitano réélu président

Italie : Napolitano réélu président | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Seul candidat consensuel, le sortant obtient un second mandat à 87 ans. Beppe Grillo dénonce un «coup d'Etat».

 

Le président sortant Giorgio Napolitano est venu samedi à la rescousse d’un Parlement en pleine déroute, acceptant à la demande générale un second mandat en dépit de son âge avancé, pour sortir le pays de l’impasse. «Je considère qu’il est de mon devoir d’offrir la disponibilité qui m’a été demandée», a expliqué cet ex-communiste, après avoir reçu la visite dans la matinée des principaux dirigeants politiques du pays. Il a été réélu en fin d'après-midi, selon des résultats partiels issus du dépouillement.

De Pier Luigi Bersani (gauche) à Silvio Berlusconi (droite) en passant par le chef du gouvernement sortant Mario Monti, tous l’avaient pressé de se représenter samedi, après l’échec des 1.007 grands électeurs à lui désigner un successeur après cinq tours de scrutin. Soumis à une forte pression, M. Napolitano, qui avait jusque là répété qu’il ne souhaitait pas rempiler en raison de son âge (88 ans en juin), a finalement accepté par «sens de responsabilité envers la nation». Dans la matinée, il avait pourtant glissé aux représentants des régions : «Pourquoi donc ne me laissez-vous pas me reposer?».

Troisième économie de la zone euro, l’Italie n’a cessé de s’enfoncer dans la crise politique depuis les élections législatives de fin février qui n’ont dégagé aucune majorité claire. «La République est suspendue au-dessus du vide», titrait samedi matin le Corriere della Sera, premier quotidien de la péninsule. Cette fois-ci, «les rencontres ont permis de faire émerger une large convergence» des forces politiques «à demander à Giorgio Napolitano d’accepter sa réélection», a commenté Pier Luigi Bersani, chef du Parti démocrate (PD), après l’annonce du vieux chef d’Etat...

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Pascale Lismonde's comment, April 21, 2013 5:26 AM
et Beppe Grillo ose parler de "coup d'état" alors que ceux qu'il a rallié ont tout fait pour créer cette situation chaotique ? en Italie, "le sens de la responsabilité vis à vis de la nation" dont se réclame Napolitano est-il seulement devenu le privilège du grand âge ?
Pascale Lismonde's comment, April 21, 2013 8:04 AM
Bepe Grillo ferait bien de lire ce petit bréviaire de gouvernement qu'est "le Prince": "Ceux qui de simples particuliers deviennent princes seulement par un coup de la fortune obtiennent sans grand effort cette élévation mais doivent peiner beaucoup à s'y maintenir : leur chemin a été uni, ils ont volé vers le pouvoir : c'est ensuite que naissent les difficultés" (ch. VII ) ..... car" faute des racines nécessaires avec toutes leurs ramifications", ..... il faut alors que ces "princes instantanés" soient d'une "grande intelligence et de haute vertu" pour se maintenir à la tête d'un état trop vite né et grandi. (une analyse de Machiavel, il y a tout juste 500 ans !) - heureusement d'autres ont dû s'en souvenir parmi les grands électeurs qui sont allés solliciter le président sortant pour un nouveau mandat
Thomas-Penette Michel's comment, April 21, 2013 11:34 AM
Que diriez-vous de cet homme qui aurait été fait roi par l’erreur du peuple, s’il venait à oublier tellement sa condition naturelle, qu’il s’imaginât que ce royaume lui était dû, qu’il le méritait et qu’il lui appartenait de droit ? Vous admireriez sa sottise et sa folie. Mais y en a-t-il moins dans les personnes de condition qui vivent dans un si étrange oubli de leur état naturel ?

Que cet avis est important ! Car tous les emportements, toute la violence et toute la vanité des grands vient de ce qu’ils ne connaissent point ce qu’ils sont : étant difficile que ceux qui se regarderaient intérieurement comme égaux à tous les hommes, et qui seraient bien persuadés qu’ils n’ont rien en eux qui mérite ces petits avantages que Dieu leur a donnés au-dessus des autres, les traitassent avec insolence. Il faut s’oublier soi-même pour cela, et croire qu’on a quelque excellence réelle au-dessus d’eux, en quoi consiste cette illusion que je tâche de vous découvrir.


Pascal. Trois discours sur la condition des Grands.
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Eurozone : Pour qui sonne le glas ?

Eurozone : Pour qui sonne le glas ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Eurozone : Pour qui sonne le glas ?

 

Bien sur, le glas sonne à Chypre qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité[1]. Mais dans cette triste saga, le glas sonne également pour les dirigeants de l’Eurozone, dont l'attitude a déclenché une crise dont l’Europe aura beaucoup de mal à se relever : la question de confiance est posée. L’accumulation de mauvais jugements et de décisions inexcusables ne relève plus de la simple erreur. Ou alors, elles témoignent d’une forme d’incompétence dramatique.

 

 

Nous sommes à un moment extrêmement délicat en terme de relations interbancaires européennes. Les établissements financiers se font de moins en moins confiance. 684 milliards d’euros en provenance des banques de la zone euro sont déposés auprès de la Banque Centrale Européenne.  Les craintes sur la diminution de la liquidité bancaire et, par conséquent, la difficulté croissante à financer l’économie se faisaient sentir avant la crise.

Comme le titre aujourd'hui le Financial Times, l'Eurozone a décidé de transférer le risque de crise des contribuables vers les déposants. Elle n'aura que ses yeux pour pleurer lorsque la BCE aura épuisé sa capacité de financement des banques, et que les déposants auront fui la zone euro.

Si des mouvements substantiels de dépôts vers les pays réputés solides devaient être constatés,  les banques espagnoles et italiennes en particulier se trouveraient en mauvaise posture, et ces mouvements à eux seuls seraient de nature à provoquer une crise de la liquidité et son corollaire, une crise de crédit. Elles devraient en effet massivement se désinvestir d'obligations souveraines italiennes et espagnoles....

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Les Inrocks - Beppe Grillo, le vote de "rébellion" de la jeunesse italienne

Les Inrocks - Beppe Grillo, le vote de "rébellion" de la jeunesse italienne | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Ils sont quatre millions de jeunes, âgés de 18 à 23 ans, à avoir, dimanche 24 et lundi 25 février, voté pour la première fois à une élection nationale. Vers qui se sont-ils tournés ?

 

Alors qu’aucune majorité claire ne se dessine et qu’un nouveau vote pourrait intervenir dans les prochaines semaines, l’incroyable succès du comique Beppe Grillo reste la seule certitude. Et la jeunesse italienne n’y est pas pour rien.

(De Turin) Mardi 26 février, la ville de Turin se réveille. Journaux télévisés et radio ne parlent que de l’élection et de ses résultats. La ville et ses habitants, eux, ne semblent pas s’être métamorphosés dans la nuit. Une chose a changé cependant, ici, et dans toute la péninsule pour quatre millions de personnes, les 18-23 ans : pour la première fois de leur vie, ils ont pu voter à l’occasion d’une élection nationale.

 

Dans une société italienne où la crise étouffe les projets d’avenir, où les scandales de corruption n’en finissent pas d’amocher la confiance envers les élus, les jeunes ont semble-t-il contribué au succès de la contestation menée par Beppe Grillo. Le désormais célèbre bloggeur italien, fort de plus de 25% des suffrages exprimés à la chambre des députés et de presque 24% au Sénat (où les moins de 25 ans ne peuvent pas voter) a réussi à séduire un large panel d’électeurs, mais surtout, il a caracolé en tête chez les plus jeunes. Un sondage réalisé peu avant l’élection notait ainsi que plus de 30% des 18-25 ans voulaient voter pour le leader du mouvement Cinq étoiles.

Un choix électoral qualifié lundi soir par Emmanuel Letta, le vice-secrétaire du Parti démocrate (centre-gauche), d’”entrée en rébellion”, l’homme regrettant toutefois que “beaucoup d’Italiens aient suivis des propositions idéologiques”.

“J’ai voté Grillo car jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été déçu par les politiques”


Nouveau venu sur la scène politique italienne, Beppe Grillo a réussi à s’imposer comme la figure du changement, en opposition à “la vieille classe politique” décriée, repue de privilèges. Une dimension intégrée par Luca Marzolino, pizzaiolo turinois de 23 ans et électeur de Beppe Grillo :

“Hier, j’ai voté Grillo car je n’en peux plus… Je n’en peux plus de tout ce qui nous entoure. L’utopie de gauche de Bersani (PD)… Les moqueries de la droite (PDL)… Le néofascisme de la Ligue du Nord…”

Un discours qui s’inscrit dans un climat de méfiance généralisée des Italiens à l’égard des parlementaires et des institutions. En effet, selon le 24e rapport de l’Eurispes en 2012, c’est au Parlement que les Italiens se fient le moins : seulement 9,5% de ces derniers concèdent une grande ou relative confiance aux parlementaires. Pire, les jeunes de 25 à 34 ans exprimeraient le plus fort sentiment de défiance vis à vis des institutions et du politique (74.6%)....


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La lassitude des Italiens devrait se ressentir dans les urnes | La-Croix.com

La lassitude des Italiens devrait se ressentir dans les urnes | La-Croix.com | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L’issue des élections législatives des dimanche 24 et lundi 25 février est particulièrement incertaine.

 

Salué par toute l’Europe, le gouvernement de techniciens de Mario Monti nommé à l’automne 2011 semblait avoir mis un terme à la commedia dell’arte de la politique italienne. Il n’en est rien. Alors que l’Italie vote dimanche 24  et lundi 25 février pour des élections législatives anticipées, la cure d’austérité imposée par le professore au pays semble avoir eu l’effet contraire, comme si elle avait été perçue comme une punition injuste induisant à la rébellion, à la transgression.

Il y a trois mois, tout semblait pourtant clair. Le très décrié Silvio Berlusconi avait disparu des radars de la politique. Pier Luigi Bersani, vainqueur des primaires du centre gauche, devait remporter les législatives. Et le grand commis d’État, Mario Monti, était hissé au top du hit-parade des successeurs potentiel du président de la République, Giorgio Napolitano, en fin de mandat. Un tableau rassurant pour une Europe très inquiète de l’évolution d’un de ses membres fondateurs.

Mais tout a changé, très vite. D’abord, il y a eu la surprise du retour de Silvio Berlusconi qui, grâce à son art d’occuper toutes les chaînes de télévision, à commencer par les siennes, a permis à son parti, le Peuple de la Liberté (PDL) de faire une remontée spectaculaire. Puis vint la « montée en politique » de Mario Monti et, en parallèle, l’ascension fulgurante du Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo. De quoi faire perdre la tête aux Italiens.

De fait, à quelques jours du scrutin, 30 % des électeurs hésitent à se rendre aux urnes ou n’ont pas fait leur choix. ...

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L'Europe en attente de l'Italie / France Inter

L'Europe en attente de l'Italie / France Inter | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Ce sont des élections italiennes mais dont ne dépend pas que le sort de l’Italie. Les Italiens élisent dimanche et lundi leurs députés et sénateurs, les deux Chambres dont sera issu leur prochain gouvernement, mais le résultat de ce scrutin dira, d’abord, jusqu’où peut aller aujourd’hui l’exaspération d’électeurs européens, toujours plus tentés, dans presque chacun des pays de l’Union, de donner leurs voix à des démagogues surfant sur leurs colères et leurs désarrois.

               On ne sait pas combien d’Italiens auront finalement cru aux promesses de Silvio Berlusconi mais le fait est qu’à 76 ans, usant et abusant de la chirurgie esthétique et des plaisanteries les plus grasses, l’ancien président du Conseil a réussi un come back en faisant miroiter une amnistie aux fraudeurs fiscaux et en s’engageant à supprimer une nouvelle taxe sur la résidence principale qu’il s’est même dit prêt, par écrit, à rembourser à ceux qui s’en sont déjà acquitté. Croulant lui-même sous les accusations de malversations et d’abus de mineures, il a tranquillement fait appel à ceux qui ne veulent pas payer leurs impôts et cela a marché puisqu’il a ainsi réduit de moitié son retard de dix points sur le Parti démocrate, le grand parti de centre gauche qui était donné largement gagnant il y a quelques semaines encore.

               Mais ce n’est pas tout. L’autre homme qui est mieux que bien parti pour vendre du vent aux Italiens est un comique reconverti en politique, Beppe Grillo, qui a fait une campagne triomphale en dénonçant gauche, centre et droite, tous des pourris, et promettant un retrait de la zone euro, l’internet gratuit pour tous et la semaine de vingt heures. Il a ravi des foules en extase, pourfend les Etats-Unis et préfère, mais oui, la mafia aux partis politiques car «  la mafia n’étrangle pas, l’Etat et les partis, oui ».

               MM. Berlusconi et Grillo pourraient constituer la deuxième et troisième force politique italienne et l’on frémit à la seule idée qu’ils puissent empêcher, à eux deux, la constitution d’une majorité de gouvernement stable.

                L’Italie plongerait alors dans une paralysie économique et politique qui risquerait vite de compromettre la stabilisation de la monnaie européenne et d’ébranler à nouveau l’Union. Comme désormais toute élection nationale en Europe, ces législatives italiennes concernent toute l’Union, à la fois par ce qu’elles diront de l’état de l’opinion paneuropéenne et parce qu’elles pèseront sur les politiques européennes, sur des décisions collectives qui sont de plus en plus souvent les plus importantes...

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Berlusconi fait encore du pied aux fascistes

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L’ancien Premier ministre d’Italie a de nouveau dragué les fascistes, à l’occasion de son retour en politique. "Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines" a-t-il affirmé avec aplomb.

En outre, il a assuré que l'Italie "n'a pas les mêmes responsabilités que l'Allemagne". La sortie est d’autant plus remarquée que l'ex-chef du gouvernement italien s'exprimait à l'occasion de la journée de la mémoire de l'holocauste…  Berlusconi a d’autant plus atterré l’Europe que la chancelière Angela Merkel avait déclaré auparavant que l'Allemagne avait "une responsabilité permanente pour les crimes du national-socialisme".
Le parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL) est en pleine campagne pour reconquérir le pouvoir aux élections législatives des 24 et 25 février, pour lesquelles le Parti démocratique (social libéral) est donné favori. Il tente une opération séduction sans complexe de l’extrême droite pour espérer remonter dans les sondages.

Et ce n’est pas son coup d’essai. "Mussolini n'a jamais tué personne. Mussolini envoyait les gens en vacances aux confins du pays" avait-il lancé en 2003, provoquant un premier et lourd tollé. Il avait enfoncé le clou cette même année lors d’un meeting, alors qu’il était déjà embêté par la justice. Berlusconi était alors monté sur scène et avait attaque les juges, accusés d'avoir "transformé l'Italie en régime policier" avec la complicité des "communistes". "Le fascisme a été moins odieux que cette bureaucratie en toge qui recourt à la violence politique au nom de la justice."

Le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna, a rappelé ce dimanche que les lois raciales en Italie, qui notamment excluaient les juifs de l'armée et de l'enseignement et limitaient leur droit de propriété, datent de 1938, bien avant la guerre. "Les persécutions et les lois racistes antisémites italiennes sont nées bien avant la guerre et ont été appliquées en toute autonomie sous la responsabilité pleine et entière du régime fasciste, par la suite allié et complice volontaire et conscient de l'Allemagne nazie", a-t-il expliqué...

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Italie : Monti, le technocrate qui a rassuré l'Europe

Italie : Monti, le technocrate qui a rassuré l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le président du Conseil italien a présenté sa démission vendredi soir. Pour être candidat à sa propre succession.

 

Mario Monti, 69 ans, qui a dirigé l'Italie du 16 novembre 2011 au 21 décembre 2012, a imposé en un peu plus d'un an de mandat un style courtois mais ferme qui a su rassurer l'Europe et les marchés échaudés par les frasques de son bouillant prédécesseur Silvio Berlusconi. Ce professeur d'économie, surnommé parfois "le cardinal" pour son côté impénétrable, a traversé ses 13 mois agités à la présidence du Conseil sans jamais se départir de son calme.

Il a dû, entre autres, imposer une cure d'austérité drastique à ses concitoyens, affronter la colère des syndicats lors de sa réforme du marché du travail, tout en gérant une majorité hétéroclite au Parlement et de délicates négociations au niveau européen. Malgré ces embûches, cet Européen convaincu est parvenu à retisser fil à fil la crédibilité internationale de la péninsule, fortement mise à mal sous le règne de Berlusconi. Signe de ce succès : le spread italien vient de passer sous la barre symbolique des 300 points, la moitié de son niveau d'il y a un an.

 

Mario Monti, qui s'était déjà taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), a su utiliser cette expérience pour redonner prestige et influence à la troisième économie de la zone euro. Consécration le 13 décembre à Bruxelles, où ses pairs européens, de droite comme de gauche, l'ont adoubé tout en humiliant le Cavaliere. Revers de la médaille : sa proximité avec la chancelière Angela Merkel a été interprétée par certains Italiens comme une soumission aux diktats du poids lourd de l'Union européenne....

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EUROPÉENNES 2014 • “La défaite historique d'un système politique”

EUROPÉENNES 2014 • “La défaite historique d'un système politique” | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Une "révolte contre les élites", une volonté de "changer ou mourir" : tel est le message de la population européenne qui s'est exprimée dans les urnes le 25 mai, estime la presse des pays de l'Union.

 

 

A l’issue du scrutin européen qui s'est déroulé du 22 au 25 mai dans les 28 pays de l'Union européenne, et pour 751 sièges, le Parti populaire européen (PPE, centre droite), crédité de 214 sièges (-60 sièges par rapport à 2009), est en tête, et en droit de revendiquer la désignation de son candidat Jean-Claude Juncker comme président de la Commission.

Le Parti socialiste européen, deuxième, devrait obtenir 189 sièges, et présente, pour sa part, l'Allemand Martin Schulz à ce poste. En troisième position, avec une prévision de 66 sièges (-18 sièges), les libéraux démocrates (Alde) proposent également un candidat, Guy Verhofstadt. En quatrième position, les écologistes (Verts ALE) peuvent compter sur 52 sièges, suivis des Conservateurs et réformistes (ECR, 46 sièges) et de la Gauche unitaire européenne (GUE/NGL) qui devrait en avoir 42 (+7 sièges). En ce qui concerne les forces d’extrême droite, qui ne formeront pas forcément un groupe, le Front national français obtiendrait à lui seul 24 sièges et le Ukip anglais 23.


“C'est la première fois en plus de cent ans qu'un parti autre que celui des conservateurs ou des travaillistes remporte un scrutin à l'échelle du pays”, s'inquiète The Spectator. Cet autre parti c'est l'Ukip, le Parti qui milite pour la souveraineté du Royaume-Uni, et qui est arrivé en tête des Européennes avec 27,5 % des voix, suivi par les travaillistes (25 %) et les conservateurs (près de 24 %). Dans sa chronique, James Forsyth explique la victoire de l'Ukip par le seul fait qu'il a placé le thème de l'immigration au centre de ses messages. “L'immigration est son unique argument de vente, car il souhaite que le Royaume-Uni quitte l'UE. Il affirme qu'il arrêtera l'immigration de citoyens européens vers la Grande-Bretagne, ce qu'aucun autre parti ne peut faire, car cette promesse est incompatible avec une Grande-Bretagne qui reste un Etat membre de l'UE.”...

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Les Inrocks - Comment Berlusconi entend revenir sur le devant de la scène

Les Inrocks - Comment Berlusconi entend revenir sur le devant de la scène | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

En provoquant la démission de ses ministres, Silvio Berlusconi sonne la fin du gouvernement de coalition italien. Motif officiel : un désaccord sur la hausse de la TVA italienne. Mais la stratégie du Cavaliere répond à d’autres dynamiques.Elles s’appellent amnistie, élections anticipées et loi électorale.

 

 

 

C’est au moment où les Italiens profitaient de l’été indien, par un samedi après-midi ensoleillé, que la tempête est arrivée. Silvio Berlusconi a plongé l’Italie dans une nouvelle crise politique. En provoquant la démission des ministres de sa formation, le Cavaliere met brusquement un terme à un gouvernement de coalition qui depuis 5 mois tentait de gouverner le pays.

“Un geste fou et irresponsable”, dénonce Enrico Letta. Si le président du Conseil, connu pour sa modération, emploie des termes aussi durs, c’est que la crise des démissions de masse du Peuple de la Liberté (le parti de Silvio Berlusconi) intervient alors qu’Enrico Letta se trouve à l’ONU, en train de rassurer les marchés financiers sur le sort de l’Italie.  “Un emblème intolérable”, s’insurge le leader du Parti Démocrate Guglielmo Epifani, qui évoque “des niveaux inimaginables d’irresponsabilité”. Face à l’ahurissement général, Silvio Berlusconi justifie son geste en évoquant son désaccord avec la hausse de la TVA. Une justification que ses détracteurs taxent de prétexte, de mensonge.

 

 

Le serment a été brisé selon Berlusconi 

Les “pactes gouvernementaux ont été violés” : c’est le leitmotiv de Silvio Berlusconi depuis samedi 28 septembre. Le Cavaliere veut faire porter la responsabilité de cette crise politique à Enrico Letta. Les raisons évoquées sont deux : l’ultimatum donné par le président du Conseil, qui a demandé au parti Silvio Berlusconi de lui confirmer son soutien au Parlement. Et la hausse de la TVA au 1er octobre. Ainsi le quotidien de centre-droit Il Giornale, qui appartient à Paolo Berlusconi, frère de Silvio, titre “Les impôts de Letta font tomber le gouvernement”.

Letta récuse, et contre-attaque : “Berlusconi utilise l’alibi de la TVA pour tenter de justifier son geste fou et irreponsable, entièrement destiné à protéger ses intérêts personnels”. Sur son compte Twitter, il invite les Italiens à “ne pas mordre à l’hameçon”.

La justification de la TVA sonne d’autant plus comme un prétexte qu’Enrico Letta avait convoqué un conseil des ministres justement dans le but de retarder l’augmentation de la TVA italienne, prévue pour le 1er octobre. Mais la crise politique a rendu toute prise de décision impossible. L’augmentation de la TVA sera donc bel et bien appliquée le 1er octobre.


Les ruses du Caïman

“La crise, les élections anticipées, et aussi ce laisser-passer qu’il a prétendu des institutions et qu’il essaie maintenant d’obtenir directement du peuple”, tranche Massimo Giannini. Pour l’écrivain et rédacteur en chef adjoint du quotidien la Repubblica, il s’agit d’une technique qui s’apparente au “coup d’Etat”.

Le 1er août, Silvio Berlusconi a en effet été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale. Et vendredi prochain, le Sénat devait se prononcer sur son éventuelle déchéance. Silvio Berlusconi souhaiterait tout simplement utiliser la mobilisation populaire comme un bouclier. “J’attends de voir s’ils oseront arrêter le chef de l’opposition”, a déclaré l’ancien président du Conseil à ses proches.

“La TVA vaut moins du pistolet de Sarajevo qui a déclenché la première guerre mondiale, ironise ainsi l’éditorialiste Stefano Folli. La véritable cause de cette crise politique est la déchéance de Silvio Berlusconi, et la volonté de poursuivre à tous les prix la guerre contre les magistrats”.

Reste à savoir pourquoi cette décision intervient maintenant, après plusieurs mois de contradictions et de changements de pied. Il y a, tout d’abord, la désillusion face à une éventuelle amnistie. Silvio Berlusconi comptait sur une proposition de loi sur l’amnistie, justifiée par la dramatique surpopulation carcérale italienne, et qui lui aurait permis d’être à nouveau éligible et d’esquiver les arrestations domiciliaires. Il n’en est rien : “Il n’y a aucune garantie concernant la proposition d’amnistie. Donc on va rompre”, a conclu le Cavaliere...

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Silvio Berlusconi ouvre la crise de gouvernement

Silvio Berlusconi ouvre la crise de gouvernement | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les ministres italiens appartenant au parti Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi ont démissionné à sa demande du gouvernement de coalition que dirige Enrico Letta.

 

Silvio Berlusconi a ouvert samedi soir la crise du gouvernement de coalition présidé depuis le 28 avril dernier par le démocrate Enrico Letta en contraignant ses cinq ministres à démissionner. Il les a invité à «ne pas se rendre complice d'une ultérieure brimade odieuse imposée par la gauche aux Italiens», à savoir l'augmentation d'un point du taux principal de TVA qui passera de 21 à 22 % le 1er octobre.

Silvio Berlusconi a rendu directement Enrico Letta responsable de cette «brimade». Devant les vives tensions qui avaient empêché vendredi soir le Conseil des ministres de respecter l'ordre du jour imparti, le Président du Conseil avait de son propre chef retiré l'examen de mesures économiques conservatoires visant à empêcher l'augmentation du taux de TVA, un problème dont la coalition au pouvoir débat depuis la rentrée. Au nombre de ces palliatifs figurait une augmentation des taxes sur les carburants. Le Trésor est à la recherche d'un milliard d'euros supplémentaires pour ramener le déficit public sous la barre des 3 % (il a atteint ce mois-ci 3,1 %) d'ici la fin de l'année.

Silvio Berlusconi parle de «grave violation du pacte» souscrit en avril par le PDL pour se joindre à la coalition au pouvoir et dont ses ministres ne pouvaient «se rendre complices»: «nous violerions alors les engagements pris avec nos électeurs pendant la campagne électorale» de février dernier.

Le Parti Démocrate a réagi avec violence. Pour son leader Guglielmo Epifani, la démission des ministres du PDL «porte l'irresponsabilité à des niveaux qui n'étaient pas rationnellement envisageables»....

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ITALIE • Et maintenant, que va devenir le gouvernement Letta ?

ITALIE • Et maintenant, que va devenir le gouvernement Letta ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La déroute du centre droit, l'échec du mouvement de Beppe Grillo et la victoire du centre gauche aux élections municipales semblent renforcer le chef du gouvernement Enrico Letta.

Mais l'actuel président du Conseil est en réalité sur un siège éjectable, soutient La Repubblica.

 

Pour une formation politique habituée à l'autodafé et à l'autoflagellation, il est toujours périlleux de crier victoire. Mais cette fois, contrairement à ce qui s'est passé il y a trois mois au moment des élections législatives, la gauche a vraiment remporté les élections.

Cela ne suffira pas à effacer le regret de la grande occasion ratée de février, ni à éliminer tous les problèmes qui demeurent – et ils sont nombreux. Mais la victoire est nette, homogène, univoque. De même, la défaite de la droite et la disparition du Mouvement 5 étoiles sont nettes, homogènes, univoques.

A cette première considération s'ajoutent deux autres. La première, et pas la moins importante, concerne le rapport qu'entretiennent les citoyens avec les élections. Après ces élections municipales, le processus de dissolution de la démocratie représentative semble malheureusement arrivé à son terme. Pour la première fois dans l'histoire de la République, le parti abstentionniste atteint les 50 %.

L'onde de protestation qui s'était exprimée dans le vote pour Beppe Grillo en février s'était amoindrie au premier tour des élections municipales [il y a deux semaines] et s'évapore aujourd'hui. L'antipolitique devient structurellement apolitique. La "polis" [la cité, en grec] ne conteste pas la politique, elle s'en passe carrément. Le glas sonne non seulement pour les vieux partis, mais aussi et surtout pour les nouveaux non-partis [comme se définit le Mouvement 5 étoiles]...

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Italie: manifestations contre l'austérité

Italie: manifestations contre l'austérité | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

ITALIE - A Rome, plusieurs dizaines de milliers d'Italiens ont manifesté, ce samedi 18 mai 2013, contre l'austérité et pour l'emploi, à l'appel du syndicat des métallurgistes. C'est la première manifestation depuis la formation du gouvernement Letta et l'annonce de premières mesures.

 

« Nous ne pouvons plus attendre ». C’est derrière ce slogan affiché en tête de cortège que des dizaines de milliers de travailleurs et de retraités ont réclamé samedi une correction radicale et immédiate de la politique économique menée par le tout nouveau gouvernement italien.

Alors que le président du Conseil Enrico Letta a annoncé vendredi le déblocage d’un million d’euros supplémentaire pour les chômeurs et la suspension du paiement de la taxe foncière pour les ménages et les entreprises afin de redonner un peu d’oxygène à une économie en récession, le syndicat Fiom CGL a estimé que ces mesures n’allaient pas assez loin et ne répondaient pas aux exigences.

La priorité, ce n’est pas la taxe foncière, c’est l’emploi et les investissements, explique le leader syndical Maurizio Landini qui demande l’arrêt des licenciements ou encore l’introduction d’un revenu minimum de citoyenneté.

Cette mobilisation à Rome a constitué une sorte de premier avertissement social pour le nouveau gouvernement Letta mais aussi un défi politique....

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Qui es-tu Enrico Letta, nouveau président du Conseil italien? - Les Inrocks

Qui es-tu Enrico Letta, nouveau président du Conseil italien? - Les Inrocks | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Enfant surdoué de la politique italienne, Enrico Letta vient d’être nommé Président du Conseil. Loin de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo, portrait d’un modéré alliant jeunesse et expérience.

 

Scandales à répétition, candidatures fantasques et incessants changements de gouvernements… Plus encore que les Français, les Italiens semblent lassés de la routine qui fait, à Rome, de la politique une pièce de théâtre. Outre les sempiternels thèmes de relance économique et d’assainissement de la vie politique, la Botte attendait cette fois, sans y croire vraiment, qu’un souffle de nouveauté balaie la gérontocratie au pouvoir. Mais en Italie rien ne change jamais vraiment. C’est finalement le vétéran Giorgio Napolitano, 88 ans dans quelques jours, qui a été nommé Président de la République italienne… Fin du premier acte et dépit chez les assoiffés de changement.

Napolitano est chargé de choisir un Président du Conseil. Plusieurs jours durant, il va sonder les uns et les autres, consulter les dirigeants politiques afin de nommer la personne idoine. Pour faire taire les critiques à son égard, le vétéran va choisir un Président du Conseil très jeune pour le contexte italien : Enrico Letta, 46 ans, leader du Parti démocrate (PD – de centre gauche). L’acte II s’achève sur cette manœuvre rusée. Reste à celui que l’on décrit comme un technicien très habile mais peu rigolard d’obtenir la confiance du Parlement. Piège ou aubaine, le plus dur commence désormais pour Enrico Letta : l’acte III.

Mais qui est donc celui que les journalistes italiens appellent “l’enfant prodige” de la politique italienne ? Pour répondre à la question, nous avons interrogé Stefano Montefiori, correspondant du Corriere della Serra à Paris :

“Son style n’est pas sans rappeler celui de Mario Monti : très compétent, Letta est polyglotte (il maîtrise parfaitement l’anglais et le français) et connu pour son goût de l’équilibre et du compromis. Eternel enfant prodige, il adopte les caractéristiques de l’ancienne Démocratie chrétienne où il a fait ses débuts : il est ainsi perçu comme discipliné, sérieux, pas vraiment charismatique mais très fiable. Letta a su adoucir son image en se faisant photographier en train de jouer au Subbuteo (un jeu de football – ndlr), et en parlant de ses autres passions, l’AC Milan et Dylan Dog (une bande dessinée italienne). Les gens ont remarqué qu’il lui est arrivé de venir aux colloques en conduisant sa propre Fiat, sans voiture de fonction. Sur le fond, les italiens attendent de lui qu’il sache s’allier avec la France pour contrer l’austérité imposée par Berlin, à différence de ce que Monti a fait. On pourrait définir Letta comme un Monti plus jeune et plus social.”...

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L'huile d'olive peut-elle sauver l'Espagne, la Grèce et l'Italie ?

L'huile d'olive peut-elle sauver l'Espagne, la Grèce et l'Italie ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les pays émergents se mettent au régime méditerranéen et favorisent, grâce à leurs importations, une agriculture phare dans le Sud.

 

L'huile d'olive va-t-elle sauver l'Europe du Sud ? La formule est sans doute exagérée, mais une agriculture ambitieuse tournée vers l'export ne pourrait pas faire de mal à des économies soumises à un régime d'austérité et où les relais de croissance se font rares. Alors que la Grèce s'est tournée avec succès vers la pistache AOC, elle peut également continuer de chérir ses oliviers.

"La demande d'huile d'olive dans les marchés émergents a augmenté à un rythme de 13 % depuis 2007", écrivent des analystes de Rabobank, banque néerlandaise spécialisée dans le négoce des matières premières, dans un rapport publié vendredi 12 avril. Ils s'attendent à ce qu'un tel rythme, "à deux chiffres", se confirme dans les cinq prochaines années, "au moins".

Les pays du bassin méditerranéen seront les premiers à bénéficier de l'appétence des Chinois, des Brésiliens et des Russes pour ce fruit oléagineux. Sur le podium des gagnants, trois pays de l'Union européenne (UE) en difficulté économique : l'Espagne, l'Italie et la Grèce. Une production presque monopolistique puisque, selon le dernier rapport mensuel de l'International Oil Council, 75 % de la production mondiale d'olive provient de l'UE.

 

L'Espagne, championne du monde de l'olive, produit plus de la moitié de l'huile mondiale. Pour la troisième année consécutive, la récolte 2011-2012 devrait être abondante, avec un record historique de 1,6 million de tonnes, alors que l'Italie prévoit quelque 400 000 tonnes et la Grèce 300 000 tonnes. Au total, la production européenne devrait connaître une hausse de 9 % avec 2,4 millions de tonnes. En face, une hausse de la consommation devrait être observée sur l'année passée, atteignant un record historique avec 3,1 millions de tonnes.

Certes, Portugais, Italiens, Français et Britanniques consomment une large part de la production en provenance d'Andalousie mais il faut aussi compter avec les Etats-Unis et les économies dites "émergentes"....

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Italie : Beppe Grillo se prépare à envahir l'Europe

Italie : Beppe Grillo se prépare à envahir l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le Mouvement 5 Etoiles du comique blogueur a été la révélation des élections de fin février.

Son programme anti-establisment et ses méthodes de “démocratie numérique” sont partagées par de nombreuses formations en Europe, qui pourraient faire front commun lors des élections européennes de 2014. Par Ferruccio Sansa | Emiliano Liuzzi

 

Beppe Grillo a un objectif : l’Europe. Alors que la politique italienne peine à se remettre du tsunami qui vient de la secouer, chez lui, à Gênes, le leader du Mouvement 5 Étoiles vole déjà par la pensée au-delà des frontières. Son objectif déclaré est désormais d’exporter son expérience vers d’autres pays européens où la crise politique et économique est semblable à celle que traverse l’Italie. “Nous ne pouvons pas penser que nous avons fait tout ça pour nous arrêter ici, à Rome. On doit aller plus loin et notre objectif, c’est Strasbourg en 2014, le Parlement européen. Parce qu’il y a une nécessité similaire à celle de l’Italie et parce que si nous prenons pied en Europe, ce sera un changement déterminant pour toute notre époque”, a-t-il déclaré à ses partisans.

Velléitaire ou visionnaire ? Ces dernières semaines, l’objectif est devenu nettement plus concret depuis que les discussions sur le réseau social Meetup se sont étendues au-delà des frontières et des langues. Une “révolution”, disent les participants, “une espèce de Mai ’68 qui aurait la Toile pour vecteur”. “Nous venons tout juste de commencer”, expliquent Grillo et les siens à ceux qui les écoutent ces jours-ci, et qui ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire : le Mouvement 5 étoiles (M5E) a des contacts surtout dans les pays de l’Est — en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. Mais ses regards se tournent particulièrement vers la Grèce, l’Espagne, le Portugal : “C’est en ce sens que je répète que nous venons à peine de commencer”...

 

En Europe, la presse reste divisée au sujet de Grillo. Manuel Castells, de La Vanguardia écrit que “le caractère expérimental de ce projet qui s’en prend à la politique traditionnelle est bien clair. Il a été soutenu par des millions de personnes et par une grande partie des jeunes qui s’identifient avec le désir de sortir de l’impasse des manipulations et de l’opacité engendrées par la délégation des pouvoirs. Or ce sentiment de distance croissante entre les société civiles et les institutions politiques se répand  aussi en Espagne”.

L’Espagne, justement. Un des points de départ de ce que pourrait être la propagation des idées du M5E en Europe. Le 15 octobre 2011, les rues et les places s’étaient remplies de jeunes qui réclamaient un monde nouveau. C’étaient les Indignados espagnols, les Indignés français ou les Occupy Wall Strett américains. Ils étaient des milliers. En Italie, il y eut quelques magasins pillés, la police matraqua ici et là, et puis plus rien....

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Italie : la gauche donnée en tête mais forte incertitude sur la gouvernabilité

Italie : la gauche donnée en tête mais forte incertitude sur la gouvernabilité | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Les résultats étaient encore incertains lundi soir. Le centre gauche est donné victorieux à la Chambre des députés mais pourrait être battu au Sénat.

 

Le résultat des législatives du week-end en Italie s'avérait très incertain lundi soir avec une victoire probable du centre gauche à la Chambre des députés mais une possible défaite au Sénat, alimentant les craintes d'une ingouvernabilité de la troisième économie de la zone euro.

A la Chambre, la coalition de gauche emmenée par le chef du Parti démocrate (PD) Pier Luigi Bersani s'adjugerait une confortable majorité grâce au système électoral qui accorde 55% des sièges à la formation arrivant en tête.

Les premiers résultats partiels (sur seulement un tiers des bureaux) lui attribuent 31,7% contre 27% à la coalition de droite de Silvio Berlusconi, candidat à 76 ans, pour la sixième fois en 18 ans de carrière politique. Mais de premières projections basées sur des échantillons représentatifs donnaient en début de soirée un écart bien plus réduit (29-29,5% contre 28,5-28,6%).

Au Sénat, la gauche serait également en tête avec 32,35% contre 29,9% pour la droite berlusconienne sur la base des deux tiers des bulletins dépouillés, inversant une tendance donnée précédemment par des projections d'instituts de sondage qui voyaient la droite aux premières loges.

Mais une victoire en voix ne se traduit pas automatiquement en une majorité en sièges (la majorité absolue est à 158 sièges), car le système électoral du Sénat, complexe, accorde une prime majoritaire au niveau de chaque région. Par exemple, les résultats de la Lombardie, région la plus riche et la plus peuplée, pèseront très lourd dans la balance.

La perspective de majorités opposées à la Chambre et au Sénat a fait brièvement passer dans le rouge (-0,1%) la bourse et remonter l'écart des taux obligataires avec l'Allemagne. Les marchés redoutent plus que tout une instabilité gouvernementale en Italie, pays en récession et affligé d'une dette colossale (plus de 120% du PIB).

« C'est sûr que s'il y a une majorité à la Chambre et une autre au Sénat, il n'y a pas de gouvernement », a commenté Stefano Fassina, l'économiste du Parti démocrate, assailli de questions par les journalistes au QG de campagne du PD. Une solution pourrait venir d'une alliance entre le centre gauche et Mario Monti mais tout dépendra du nombre de sièges que ce dernier obtiendra au Sénat où sa liste tournerait autour de 9%. « Je ne sais pas si l'addition des sénateurs de centre gauche et de la coalition de Monti arrive à une majorité », s'est interrogé M. Fassina....

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Les Inrocks - Nanni Moretti appelle l'Italie à se libérer de Berlusconi

Les Inrocks - Nanni Moretti appelle l'Italie à se libérer de Berlusconi | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
"Je suis ici parce que je voterai PD" a affirmé le réalisateur lors du dernier meeting de campagne du Parti Démocrate.

 

“Silenzio Elettorale”. En Italie, après une campagne cacophonique, le temps du “silence électoral” est venu. Les citoyens se rendront aux urnes dimanche et lundi afin de voter pour leurs députés et leurs sénateurs. Si l’issue du scrutin reste plus qu’incertaine, les derniers sondages publiés le 8 février dernier notaient une inquiétante remontée de Silvio Berlusconi, l’ancien Premier Ministre ramenant l’écart avec Pier Luigi Bersani du centre-gauche de 17 points le mois dernier à tout juste 4 points.

Dans ce contexte, nul ne doute plus du caractère décisif de ces derniers jours. Berlusconi (démissionnaire fin 2011 à la suite de scandales erotico-financiers et d’une gestion économique et politique désastreuse) n’hésitant carrément pas à envoyer une lettre pseudo-officielle aux Italiens domiciliés dans les régions-clés promettant de supprimer et de rembourser la taxe sur l’habitation principale mise en place l’année dernière par Mario Monti. Une promesse irréaliste et malhonnête susceptible pourtant de séduire la population d’un pays où les mesures d’austérité ont permis de réduire le déficit public et de restaurer la confiance des marchés tout en tant participant à la précarisation générale de l’ensemble de la classe moyenne.

Face aux bouffonneries (sur les écrans de la péninsule, le patron de Mediaset a passé ces derniers temps à cabotiner à grands renforts de lazzi et autres allusions sexuelles) de Berlusconi, le soutien de Nanni Moretti au PD n’est donc pas de trop...

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LÉGISLATIVES EN ITALIE • Beppe Grillo, un populiste qui pourrait gagner

LÉGISLATIVES EN ITALIE  • Beppe Grillo, un populiste qui pourrait gagner | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Bien que sous-évaluée par la plupart des journaux, la popularité de l'ex-comique Beppe Grillo grandit, notamment chez les jeunes. A deux semaines du scrutin des législatives, c'est un signal à prendre au sérieux, estime le quotidien.

 

Le jeudi 7 février, ni La Repubblica ni le Corriere della Sera n'ont consacré une ligne à Beppe Grillo. Comme s'il n'existait pas. Mais le réveil sera brutal. [Depuis, les deux quotidiens les plus lus d'Italie ont consacré quelques articles à la percée du candidat dans les sondages.]

On a été frappé le mercredi 6 février [lors de l'émission Les Invasions barbares sur la 7] par le décalage entre les paillettes des studios de télévision et la performance de Mario Monti, qui est vraiment passé pour un extraterrestre. Monti ne sait pas se servir de Twitter, n'a jamais entendu parler de Cinquante nuances de Grey, élude la question de l'union civile [l'équivalent du pacte civil de solidarité (pacs) français], se désintéresse du festival de San Remo [festival de musique très populaire en Italie]. Son "gourou américain" [David Axelrod, homme de confiance de Barack Obama] lui a conseillé de faire quelques confidences : Monti s'est donc résolu à bafouiller quelques mots au sujet de son épouse, pendant que Daria Bignardi [animatrice du talk-show] lui collait un petit chien dans les bras.

 

"Oui, nous sommes populistes !"

Le même jour, il suffisait de se connecter sur le site de Beppe Grillo (www.beppegrillo.it) pour découvrir qu'au même moment le candidat (qui a laissé derrière lui sa carrière d'humoriste) haranguait la foule à Marghera [commune de Venise]. Quelques jours avant, il remplissait la place aux Herbes, à Padoue – les images sont impressionnantes, comme le sont toutes les photos du "Tsunami Tour" [nom de la tournée électorale de Beppe Grillo]. Des "gens comme les autres", aurait dit Robert Redford, emmitouflés dans leurs manteaux, étaient là, par centaines, le soir et l'après-midi, à écouter Beppe Grillo.

Il se passe quelque chose en Italie. Ce mouvement est-il bénéfique ou néfaste ? On peut bien sûr en discuter. Mais c'est un phénomène de premier plan. Le Mouvement 5 étoiles est crédité de 17 % dans les sondages, un chiffre que très peu de partis ont été capables de dépasser en Italie...

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ITALIE • Qu'a fait Mario Monti pour les Italiens ?

ITALIE • Qu'a fait Mario Monti pour les Italiens ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Deux jours après sa démission, Mario Monti a enfin mis fin au suspense. Il a annoncé qu'il ne serait pas candidat aux élections générales de février mais s'est dit prêt à diriger le pays si le Parlement le réclame.

Quel est le bilan de sa politique ? Même l'Italie souffre toujours d'une grave crise accentuée par de nombreuses mesures d'austérité, le Professore a incontestablement changé les Italiens, estime La Stampa.

 

Les pensionnaires du palais Madame [le Sénat italien] l’ont compris dès le premier jour : Mario Monti débarquait d’une autre planète. Le 17 novembre de l’année dernière, entre les velours écarlates du palais, le Professore proclamait le premier discours parlementaire de sa vie sous les applaudissements timides des sénateurs. Il laissa entendre à mots couverts, ignorés alors par les médias, à quoi ressembleraient les prochains mois : l’heure est venue – dit-il – d’affermir ce "sens de l’Etat qui évite la dégénérescence du sens de la famille en familialisme, de l’appartenance à la communauté en localisme, du sens du parti en partitisme".

Cette formule contenait un véritable programme de législature. La suite allait le confirmer. En un an, le gouvernement de l’austère professeur a réussi à imposer des mesures incisives et impopulaires : le relèvement de l’âge de départ à la retraite et l’extension du système contributif ; une robuste hausse de l'impôt sur le patrimoine immobilier ; une diminution draconienne de la dépense publique ; la lutte contre l’évasion fiscale, illustrée par des opérations éclairs spectaculaires.

 

Mario Monti a imposé au monde politique une  rééducation lexicale et une leçon de style, mais aussi une petite révolution communicative. Mario Monti s’exprime désormais avec une fréquence qui fait de lui le président du Conseil le plus loquace de l’histoire de la République. Une boulimie communicative – doublée d’une cadence et d’un débit jésuitiques – que le Professore s’est imposée pour accomplir la mission qui résume toutes les autres : “J’espère changer le mode de  vie des Italiens”, a-t-il confessé en février au Time. Une vocation pédagogique qui différencie Mario Monti des professeurs qui l’ont précédé : Amintore Fanfani, Giuliano Amato, Romano Prodi voulaient éduquer le monde politique, lui s’attelle à la société civile. ...

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