GÉORGIE • Pourquoi l’UE ne doit pas nous ouvrir ses portes | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Dans un article au vitriol, un journaliste géorgien s’oppose à la libre-circulation vers l’Union européenne pour ses compatriotes. Cela leur offrirait une porte de sortie et les dissuaderait de contribuer à l’amélioration de leur propre pays.

 

Lors de l’un de ses récents meetings de campagne [les législatives vont avoir lieu cet automne, la présidentielle au printemps prochain], Mikhaïl Saakachvili a déclaré que la Géorgie allait bientôt entamer des pourparlers en vue de simplifier, et à terme de supprimer, le régime de visas avec l’Union européenne. Le sujet concerne plusieurs centaines de milliers de Géorgiens qui vivent et travaillent dans l’UE, ou qui s’y rendent pour affaires ou pour le plaisir.

Toutefois, il est presque certain que c’étaient des paroles en l’air, car Micha [diminutif de Mikhaïl] ne peut ignorer que l’Europe n’ouvrira sous aucun prétexte ses frontières à la Géorgie dans les décennies à venir. Au risque de choquer, j’oserai d’ailleurs dire que, dans l’intérêt même de la Géorgie, il faut que les visas avec l’Europe demeurent, sans compromis.

Les raisons pour lesquelles l’UE ne compte pas les supprimer me semblent évidentes. On aura beau répéter que nous sommes un “phare de la démocratie”, parler des progrès dans l’application de réformes radicales, etc., sur le terrain les mentalités évoluent peu, et nombre de nos concitoyens voient l’Europe comme un énorme supermarché qui ne demande qu’à être pillé. Les arrestations quotidiennes de Géorgiens en France, en Italie, en Espagne, en Grèce ou en Autriche montrent que les fables touchantes dont raffolent nos politiciens sur “ces gens, les meilleurs du pays, contraints de partir gagner leur vie à l’étranger, où ils travaillent dur” ne correspondent pas toujours à la réalité....