Union Européenne, une construction dans la tourmente
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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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Pour la presse européenne, Nicolas Sarkozy a fait barrage à Marine Le Pen

Pour la presse européenne, Nicolas Sarkozy a fait barrage à Marine Le Pen | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les « une » des principaux quotidiens européens soulignent la défaite du PS et le pari perdu du FN.

 

Les médias européens se penchent, lundi 23 mars, sur les résultats des élections départementales en France, en pointant le retour victorieux de l’ancien président Nicolas Sarkozy, le score moins élevé qu’annoncé pour l’extrême droite et Marine Le Pen et la défaite du Parti socialiste, dans une France où s’installe le tripartisme.

 

En Allemagne

« L’extrême droite est à un niveau plus faible qu’attendu – l’UMP de Sarkozy sort victorieuse du scrutin », titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ajoutant que « l’ancien président est parvenu à empêcher que le Front national ne devienne le premier parti de France ». Le quotidien allemand (conservateur) note cependant que le parti de Marine Le Pen – bien qu’étant en deçà des 30 % d’intentions de vote que lui prédisaient les sondages d’avant-scrutin – a réussi à faire sauter le verrou du bipartisme...

 

En Italie

La presse italienne, relève notre correspondant Philippe Ridet, consacre de nombreuses pages aux résultats des élections françaises qui se partagent la « une » des plus grands quotidiens avec l’OPA du colosse chinois de la Chimie ChemChina sur le constructeur de pneumatiques Pirelli et la décision du maire de Milan, Giuliano Pisapia, de ne pas se représenter pour un second mandat en 2016. Tous mettent en relief la performance de l’UMP, l’enracinement du Front national et la nouvelle déroute du Parti socialiste....

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Les Inrocks - Opposant au TGV, l'écrivain Erri De Luca risque la prison

Les Inrocks - Opposant au TGV, l'écrivain Erri De Luca risque la prison | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Tandis que Hollande et Renzi lancent les travaux de la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin, Erri De Luca comparaît le 16 mars, accusé “d'incitation au sabotage” pour s'être engagé dans la lutte contre la construction d’un tunnel de 57 kilomètres sous les Alpes.

 

Mardi 24 février à l’Elysée, à l’issue du sommet franco-italien, François Hollande et Matteo Renzi s’administrent quelques tapes dans le dos en signe de sincère amitié. Au cœur de leur déclaration conjointe à la presse, le lancement des travaux de la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin. Quatorze ans après un accord passé pour la création de la ligne ferroviaire, “nous pouvons dire que le Lyon-Turin est non seulement acté, mais lancé. Sa réalisation prendra encore du temps, mais il n’y a plus aujourd’hui aucun frein, aucun obstacle pour aller vers la réalisation de cet ouvrage”, déclare le président français.

Aucun obstacle, si ce n’est les habitants du val de Suse dans le Piémont en Italie et leurs très nombreux soutiens qui, depuis des années, s’opposent au projet qui prévoit, notamment, la construction d’un tunnel transalpin de 57 kilomètres. Parmi eux, l’écrivain italien Erri De Luca qui, depuis 2005, joint sa voix à celles des résistants du mouvement No TAV (“Non au train à grande vitesse”), qui jugent ce projet inutile mais aussi dangereux. Erri De Luca est aujourd’hui poursuivi par la LTF, la société de construction de la ligne, devant le tribunal de Turin.....

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MOBILISATION • Une marée humaine à Paris

MOBILISATION • Une marée humaine à Paris | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Des millions de personnes ont défilé ce dimanche partout en France contre le terrorisme. La presse internationale souligne une journée historique.

 

"Voici le peuple", titre simplement le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, en une de son site internet, avec une photo de la marée humaine qui a déferlé au centre de Paris.

• La télévision publique espagnole, RTVE, évoque "une journée pleine de symboles, notamment la descente de la rue Voltaire, synonyme pour tous les européens de la liberté de pensée qui doit prévaloir en Europe". La chaîne salue "les plus importants défilés depuis la Libération".

• Le quotidien espagnol El Pais, qui titre "une foule émue submerge Paris", relève que "les rues de la capitale françaises sont trop petites pour accueillir l'immense quantité de manifestants". Le journal évoque les dizaines de rassemblements qui ont réuni plus de deux millions et demi de personnes dans les rues de nombreuses grandes villes de France en deux jours "dans un pays encore sous le choc".

• 20 000 personnes dans les rues de Bruxelles, rassemblées derrière le slogan "Ensemble contre la haine", annonce La Libre Belgique. "Beaucoup de manifestants brandissaient des panonceaux 'Je suis Charlie', 'Ik ben Charlie', d'autres des pancartes 'Ensemble contre la haine' en français et néerlandais. Dans le même temps, en plein coeur de Bruxelles, le siège du quotidien belge francophone Le Soir a été évacué dimanche après 'un coup de fil anonyme' menaçant d'un attentat à la bombe, a annoncé sa rédaction. Toute la rue Royale abritant le journal a été bouclée par les forces de l'ordre, a précisé l'agence de presse belge Belga".

• A Londres, les principaux bâtiments ont été mis aux couleurs de la France, comme l'indique la chaîne nationale Channel 4 News.....

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Quelles sont les extrêmes droites européennes ?

Quelles sont les extrêmes droites européennes ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Quelles sont les composantes de l'extrême droite européenne ? Quels thèmes ont-elles en commun ? Sur quoi s'opposent-elles ?
Vincent DUBOIS's insight:

Vidéo de 8'06''

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Les Inrocks - La gauche critique favorable à la sortie de l’euro ?

Les Inrocks - La gauche critique favorable à la sortie de l’euro ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Alors que la gauche critique s’évertue depuis des années à parler d’Europe sociale, plusieurs intellectuels de gauche font un pas de plus et prônent désormais une rupture claire avec Bruxelles.
Les signes d’épuisement et de crispation des peuples européens vis-à-vis de l’Union européenne (UE) se multiplient, et ne présagent rien de bon pour le scrutin du 25 mai. Montée des extrêmes droites nationalistes, attaques germanophobes, abstention massive et croissante aux élections européennes depuis 1979… Pourtant les partis politiques en France restent timides sur leur critique de l’Europe. L’éventualité de sortir de l’euro – et de l’UE – semblait jusqu’à présent exclusivement réservée à l’extrême droite – la gauche critique faisant le pari qu’”une autre Europe” était possible. Les choses semblent changer depuis quelques mois. La parution de nombreux ouvrages d’intellectuels de gauche soutenant une sortie pure et simple de l’euro en atteste: La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique de Frédéric Lordon (éd. Les Liens qui Libèrent), Faut-il faire sauter Bruxelles? de François Ruffin (Fakir Editions), En finir avec l’Europe coordonné par Cédric Durand (éd. La Fabrique), La Gauche radicale et ses tabous. Pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national d’Aurélien Bernier (éd. Seuil)… Le divorce entre l’Europe et la gauche critique serait-il en passe d’être consommé? “A l’évidence, on ne peut plus rien essayer dans le carcan de l’euro. En vérité, il a été délibérément construit à cette fin : qu’on ne puisse rien y essayer !”. L’introduction de l’essai de l’économiste – volontiers polémique – Frédéric Lordon, La Malfaçon, ne laisse pas de doute: pour lui, “il faut en sortir”, pour “restaurer la souveraineté démocratique”, quitte à reconstruire, par la suite, une monnaie commune – et non pas “unique”. Le fait que des politiques économiques gravées dans le marbre des traités européens s’imposent aux Etats membres de l’UE sans que les peuples ne soient consultés lui est insupportable. D’autant plus que les fameuses règles de limite du déficit budgétaire à 3% du PIB, et de limite d’endettement d’un Etat à 60% du PIB, au nom desquelles l’austérité s’impose, répondent à un ultimatum allemand inacceptable selon lui – l’Allemagne, par détestation viscérale de l’inflation, ayant imposée sa politique monétaire. “On ne dira jamais assez combien – avec la complicité de la France, à moitié passive, à moitié idéologiquement consentante – l’Allemagne a pesé pour faire de l’exposition des politiques économiques nationales au jugement des marchés financiers la pierre de touche de l’organisation du système européen de politique économique”, écrit l’auteur du blog La Pompe à Phynance, hébergé par Le Monde Diplomatique. Ce vendredi 2 mai, comme pour confirmer le poids considérable pris par l’Allemagne dans l’UE, Le Monde titre un de ses articles: “La capitale de l’Allemagne est devenue celle de l’Europe”.....
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Gangs des cités ou d'Europe de l'Est : le nouveau visage du crime organisé

Gangs des cités ou d'Europe de l'Est : le nouveau visage du crime organisé | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Selon un document de la police judiciaire, l'activité des organisations criminelles étrangères est « exponentielle ».

 

 

Il n'y a pas de mafia en France, selon les spécialistes de la police judiciaire (PJ). Mais des organisations criminelles, oui, et même beaucoup. Elles ne sont pas « capables de défier l'Etat, de le corrompre ou de s'y substituer partiellement », mais « plus réduites, plus locales, plus spécialisées, peut-être moins pérennes », leur « détermination et dangerosité restent très élevées », estime le rapport 2012-2013 du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la PJ.

Le document de 140 pages, que Le Monde a pu consulter, dresse un panorama exhaustif des phénomènes criminels à l'œuvre sur le territoire national. La période 2012-2013 se caractérise par « l'activité exponentielle des organisations criminelles étrangères », la « persistance d'un banditisme traditionnel français », et la « montée en puissance des organisations criminelles issues des cités sensibles », indique dans sa lettre de présentation le patron du Sirasco, le commissaire François-Xavier Masson.

Ce document est destiné à « l'ensemble des administrations ou organismes publics en charge de la lutte contre toutes les formes de criminalité organisée ». Pas simplement les policiers et les gendarmes, donc. Car les circuits de blanchiment sont de plus en plus sophistiqués, l'utilisation frauduleuse des nouvelles technologies est en plein essor, et, pour certains groupes, la politique d'exemption de visas au bénéfice de certains Etats favorise l'arrivée d'une nouvelle criminalité aux ramifications complexes.


Aucune région française n'est totalement épargnée. L'Ile-de-France, la Corse et Provence-Alpes-Côte d'Azur restent les bassins les plus criminogènes. Le grand Paris (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) s'illustre notamment par le trafic de stupéfiants (27,1 % du total national) et les menaces ou chantages pour extorsion (21,3 %). La région PACA se distingue par les règlements de comptes avec 32 % du total nationale, juste devant la Corse, où ont eu lieu plus de 20 % des règlements de comptes en 2012.

Pour le Sirasco, les groupes issus des cités s'inscrivent dans une typologie mafieuse pour au moins trois raisons : « La maîtrise territoriale par la force », la concentration sur le trafic de cannabis, dont le chiffre d'affaires est estimé à plus d'un milliard d'euros par an, et enfin l'ancrage dans l'économie souterraine. Par ailleurs, ce trafic « génère une myriade d'infractions connexes », du règlement de comptes à l'extorsion en passant par le blanchiment. Autre caractéristique, l'implication importante des mineurs.

Le Sirasco distingue trois niveaux de responsabilités au sein de cette « criminalité organisée des quartiers » : les trafiquants locaux, à la tête d'un groupe de revendeurs, les intermédiaires semi-grossistes, puis les grossistes qui constituent des « organisations criminelles transnationales » et dont les responsables sont établis dans le sud du Maroc ou en Espagne.

Comme les autres organisations, ces groupes se sont adaptés à la nouvelle législation sur les avoirs criminels. « Même s'ils continuent à afficher leur “réussite”, les trafiquants réduisent l'achat de biens durables, recourant aux prête-noms, à la location de véhicule et aux investissements à l'étranger », écrit le Sirasco...

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Dégradation par S&P : Berlin inquiet du décrochage de la France

Dégradation par S&P : Berlin inquiet du décrochage de la France | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
(de notre correspondant à Berlin) La presse et les économistes tirent sur l'"attentisme" de François Hollande. Angela Merkel, elle, estattentive à ne pas froisser son partenaire à quatre jours d’un sommet européen sur l’emploi organisé mardi à Paris.

 

 

L’Allemagne n’a pas attendu la décision de dégradation de la note de la France par Standard & Poor's pour s’inquiéter pour son premier partenaire économique et commercial. Témoin, quelques heures avant la dégradation de la notation de la France par l’agence de notation financière, la «Süddeutsche Zeitung» comparait l’action de François Hollande aux dernières années de Helmut Kohl.

«Comme l’ancien chancelier, le président français cultive la politique de l’attentisme. Mais alors que Kohl a été gagné par cette lassitude plutôt à la fin de son mandat, Hollande a l’air paralysé 18 mois après son triomphe électoral», jugeait vendredi matin le quotidien de centre-gauche dans un éditorial intitulé «Celui qui a échoué». Vendredi, la «Frankfurter Allgemeine Zeitung» partageait la même réserve sur le Président après la décision de S&P. «Au lieu de montrer le chemin, il ne scelle que des compromis boiteux», écrivait son rédacteur en chef Günther Nonnenmacher dans un éditorial en ligne titré «Sans direction» . Autant dire que l’impopularité de François Hollande ne s’arrête pas aux frontières françaises...

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La Roumanie lassée d’être la cible électorale

La Roumanie lassée d’être la cible électorale | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les officiels du pays voient d’un mauvais œil le changement de ton des socialistes français.

 

Mais qu’est-ce qui leur prend à nouveau ?» s’interroge un ministre en lisant la revue de presse des déclarations françaises de ces derniers jours. Après les années Sarkozy tendues en raison du dossier rom, la relation franco-roumaine avait connu une embellie avec l’arrivée au pouvoir, à Bucarest et à Paris, de gouvernements socialistes. Les deux Premiers ministres se sont rendus visite, une nouvelle formule pour un partenariat stratégique a été signée et il y a eu dix déplacements de ministres en quelques mois…

 

Concernant le dossier des Roms, Bucarest s’est engagé à ce que leur intégration se fasse tout d’abord en Roumanie. Un énorme projet phare sera approuvé par le Parlement d’ici fin octobre : réhabilitation du quartier de Ferentari, l’un des plus pauvres de Bucarest, où vivent 20 000 personnes, notamment des Roms. Il est mis en œuvre par le gouvernement roumain, avec l’appui de plusieurs pays et notamment la France. Sur la question de la délinquance rom en France, les autorités roumaines sont disposées à faire leur part. «Nous sommes prêts à envoyer davantage de policiers roumains pour appuyer leurs collègues français», explique Marian Tutilescu, chef du département Schengen au ministère de l’Intérieur.

 

«Epouvantail». L’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen est l’autre dossier qui fâche. Lors de sa visite à Bucarest en juillet, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait déclaré que la France «avait proposé comme mesure immédiate l’ouverture des frontières aériennes Schengen pour la Roumanie et la Bulgarie», saluant «les efforts extraordinaires qui avaient été faits».

Le ton a maintenant changé. «La France dit non à l’adhésion des deux pays à l’espace Schengen, en estimant que les conditions ne sont pas réunies», clame Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. Schengen ou pas, cela ne change pratiquement rien pour le déplacement des Roumains (et des Roms roumains) dans l’Union européenne, car la liberté de circulation s’applique déjà depuis 2007, date d’entrée de la Roumanie dans l’UE. «C’est juste un épouvantail que certains hommes politiques français agitent, l’espace Schengen n’a rien à voir avec la circulation des ressortissants de l’UE, mais avec les frontières extérieures», explique, furieux, un officiel roumain....

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Roms: pourquoi la Commission européenne sermonne la France

Roms: pourquoi la Commission européenne sermonne la France | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les propos de Manuel Valls sur l'incapacité des Roms à s'intégrer a mené la Commission à rappeler les règles en matière de libre circulation applicable à ces populations, et menacé l'hexagone de poursuites.
En adhérant à l’Union européenne, la Roumanie et la Bulgarie ont manifestement réussi à communautariser leur incapacité à vivre avec leur minorité Rom. Avec une régularité métronomique, le sujet enflamme les opinions publiques des pays européens confrontés à une population dont elle ne partage pas le mode de vie et qu’elle estime «inassimilable». Après l’Italie de Romano Prodi, en 2007, après la France de Nicolas Sarkozy en 2010, c’est à nouveau l’hexagone qui fait parler de lui, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, jugeant que les Roms sont majoritairement incapables de s’intégrer et devront donc être reconduits dans leur pays. La Commission européenne, comme en 2007, comme en 2010, s’est étranglée. Le gouvernement français semble avoir oublié que la Roumanie et la Bulgarie, pays d’origine des Roms se trouvant en France, sont aussi membres de l’Union (depuis 2007) ce qui donne à leurs citoyens, fusent-ils issus d’une minorité maltraitée, des droits garantis par les traités. «La libre circulation, comme la liberté de résider dans un autre pays, sont des droits fondamentaux», a ainsi rappelé le porte-parole de la Commission, Olivier Bailly. En particulier, l’intégration n’est pas une condition pour exercer son droit à séjourner dans un autre État membre... Néanmoins, il faut distinguer selon la durée du séjour : durant trois mois, tous les citoyens européens peuvent librement circuler dans les vingt-huit pays de l’Union sans qu’on ne puisse rien leur demander. Le fait que ni la Roumanie, ni la Bulgarie ne soient membres de l’espace Schengen ne change rien à l’affaire : les papiers de leurs citoyens seront contrôlés aux frontières externes de l’espace, comme ceux des Britanniques, mais c’est tout. En revanche, au-delà de 3 mois de séjour, les citoyens doivent prouver qu’ils disposent soit de ressources suffisantes, soit d’un emploi, afin qu’ils ne deviennent pas une charge pour la collectivité d’accueil. Et comme ils sont Européens, l’accès à l’emploi ne peut leur être refusé. Sauf, bien sûr, en cas de mesures transitoires prévues par les traités d’adhésion, ce qui est le cas des Roumains et des Bulgares. Mais, à partir du 1er janvier 2014, les dernières restrictions à la liberté d’établissement seront levées : ils pourront donc librement venir travailler en France. En résumé, la reconduite à la frontière des Roms n’est donc possible que si le délai de trois mois est dépassé et qu’ils n’ont ni travail, ni ressource....
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La Commission, la France et l'Europe / France Inter

La Commission, la France et l'Europe / France Inter | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Entre la France et la Commission européenne, le torchon brûle.

 Il y eut d’abord, le mois dernier, ces « recommandations » de la Commission sur les mesures à prendre pour réduire les déficits français qui avaient amené François Hollande à la prier de ne pas se mêler de ce qui ne la regardait pas. Il y eut ensuite le veto de la France à l’inclusion des domaines culturels dans les négociations commerciales qui vont s’ouvrir entre l’Union et les Etats-Unis, la fureur que la Commission en avait ressenti et que son président, José Manuel Barroso, avait publiquement exprimée en parlant d’une vision « antimondialisation et complètement réactionnaire ».

         On était là quand, coup sur coup, deux figures politiques françaises, l’une de droite, l’autre de gauche, ont rallumé la mèche dimanche. Alain Juppé a estimé que José Manuel Barroso était « complètement archaïque et datait du siècle dernier » car il ne comprenait pas qu’autant il fallait ouvrir les frontières intra-européennes en 1958, autant il fallait aujourd’hui ne pas être naïf dans la compétition internationale et y défendre les intérêts de l’Europe. Arnaud Montebourg a déclaré pour sa part que le président de la Commission était le « carburant » du Front national et donnait raison, par ses prises de position, « à tous les partis souverainistes et anti-européens » des pays de l’Union et, dès lundi, José Manuel Barroso a riposté, sans ménager non plus l’adversaire.

« Quant il s’agit de réformes économiques, d’ouverture, de mondialisation, de l’Europe et de ses institutions, a-t-il dit, certains souverainistes de gauche ont exactement le même discours que l’extrême-droite ». L’un de ses porte-parole a enfoncé le clou en souhaitant que « certains responsables politiques français défendent davantage l’Union vis-à-vis du nationalisme, du populisme, voire du chauvinisme » mais, question : est-ce attaquer l’Union et l’idée européenne que de critiquer le président de la Commission ?

  Libéral convaincu et profondément atlantiste, José Manuel Barroso a des opinions politiques qui déterminent son action. C’est parfaitement légitime mais il n’est en rien scandaleux non plus que ses opinions soient contestées. Non seulement cela n’est pas choquant mais c’est même une nécessité pour l’Europe car il serait formidablement dangereux de laisser s’accréditer l’idée déjà tellement ancrée que l’Union et le libéralisme ne feraient qu’un...

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ALLEMAGNE • La thérapie du couple franco-allemand

ALLEMAGNE • La thérapie du couple franco-allemand | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Après une période tendue, le couple franco-allemand s'est réconcilié à Paris. Le président français a plus que jamais besoin des "câlins" d'Angela Merkel, note la presse allemande.

 

La "tension amicale", expression naguère utilisée par François Hollande pour décrire sa relation à Angela Merkel, s’est transformée en tension hostile. La réplique du président français face aux demandes de Bruxelles : "La Commission européenne n'a pas à dicter ce que nous devons faire", a été suivie d’une critique sévère de la coalition allemande. De son côté, le député chrétien-démocrate Michael Meiste a déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung : "La Commission européenne est critiquée par Hollande alors qu’elle a traité la France avec générosité au regard du déficit budgétaire." 

Ulrich Schäfer, chroniqueur à la Suddeutsche Zeitung et pourtant très critique à l'égard de la politique d'austérité promue par Bruxelles, souligne aussi les contradictions de Hollande : "Par ses remarques, le président contredit ses propres exigences sur une gouvernance économique. S'il prend sa proposition au sérieux, il devrait supporter les conseils de Bruxelles." 
Mais, pour le quotidien économique Handelsblatt, la rencontre entre Merkel et Hollande [le 30 mai, à Paris, pour évoquer un plan européen de lutte contre le chômage des jeunes (sorte de New Deal)] est une "thérapie de couple". Après de longues disputes, la France et l’Allemagne se rapprochent à nouveau. "Ce n'est encore que le tout début d'un projet entre Paris et Berlin, mais c'est au moins un changement notable en comparaison des sommets passés, où les partenaires divisés s'opposaient au lieu de s’unifier", commente Thomas Hanke, correspondant du journal en France...

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«Pour la première fois, les attitudes des Français ressemblent à celles des Grecs…»

Bruce Stokes, du Pew Research Center, déplore le fossé qui se creuse avec l’opinion publique allemande :

 

Directeur des études d’opinion internationales du Pew Research Center, Bruce Stokes observe depuis longtemps les évolutions du continent européen. Il n’en est que plus choqué des résultats en France cette année.

La France en «chute libre» dit votre étude. N’y allez-vous pas un peu fort ?

Lorsqu’on demande aux Français ce qu’ils pensent de la situation économique, comment vont leurs finances personnelles, comment ils voient l’avenir ou ce qu’ils pensent de l’intégration européenne, les réponses sont à chaque fois plus négatives et la tendance semble s’accélérer par rapport à nos précédentes études. Nous n’avons pas généralisé à partir d’un ou deux indicateurs : c’est tout un spectre de réponses qui s’effondrent. Les attitudes françaises évoluent dramatiquement en 2013, par rapport aussi aux autres pays et notamment aux Allemands.

Vous signalez une telle divergence entre les opinions françaises et allemandes que l’on se demande : le fameux couple franco-allemand peut-il encore tenir sur ces sables mouvants ?

Les opinions publiques allemande et française n’ont jamais été parfaitement similaires, mais la France jouait auparavant un rôle hybride, intermédiaire entre les attitudes allemandes et celles des pays du sud de l’Europe. Dans cette étude 2013, nous observons pour la première fois que les attitudes des Français ressemblent vraiment à celles des Grecs, des Italiens ou des Espagnols. Le gouffre s’est creusé avec les Allemands. A la longue, si Français et Allemands ont des perceptions à ce point divergentes, cela risque de compliquer leur coopération politique. Cela isole aussi davantage l’Allemagne, qui semble de plus en plus vivre sur un autre continent. Mais cela peut rendre la France plus nécessaire que jamais dans son rôle de pont avec Berlin.

L’Allemagne a-t-elle de toute façon une alternative à la France ?

Non, il n’y a pas d’alternative à la France. Une autre des découvertes de cette étude est d’ailleurs que le gouvernement allemand a plus de marge de manœuvre qu’il ne le dit. ...

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ITALIE • Un axe franco-italien pour contrer l'Allemagne ?

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Pour la presse italienne, la rencontre mercredi 1er mai entre le nouveau président du Conseil Enrico Letta et François Hollande relance le projet d'un axe franco-italien fort en Europe. En ligne de mire : l'Allemagne.

 

"L'axe franco-italien est de retour", affirme La Repubblica au lendemain de la conférence de presse conjointe à l'Elysée entre le président du Conseil italien Enrico Letta et le président français François Hollande.

Le but de cet axe Rome-Paris : rien de moins que sauver l'Europe et trouver des solutions pour sortir de la récession, sans mettre en péril une démocratie menacée par les mouvements populistes. Mais en filigrane de cette rencontre, il faut surtout lire une critique du leadership allemand en Europe. "[François Hollande et Enrico Letta] ne peuvent pas le dire clairement mais les ennemis désignés sont Angela Merkel et son axe du Nord formé avec les Premiers ministres finlandais Jyrki Katainen et hollandais Mark Rutte", écrit La Repubblica. Pour schématiser, l'axe franco-italien veut en finir avec le diktat de la rigueur tandis que l'axe du nord défend le principe de l'austérité pour revenir à l'équilibre budgétaire.

Plus concrètement, les objectifs de l'axe franco-italien que pourraient prochainement rejoindre la Belgique et l'Espagne sont notamment de créer une union bancaire utile à la stabilité financière, mettre en œuvre le pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros (approuvé il y a un an mais resté lettre morte) et de renforcer la coordination des politiques économiques.

Au-delà des volontés affichées, la visite d'Enrico Letta en France a une forte portée symbolique. "Après des mois angoissants de vide politique en Italie, la France de François Hollande a donné l'impression de retrouver avec soulagement un allié important, et peut-être décisif, dans l'affrontement avec l'Allemagne d'Angela Merkel", écrit le correspondant Stefano Montefiori dans Il Corriere della Sera.

 

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Aube Dorée et Pegida réunis dans un meeting soutenu par Marine Le Pen

Aube Dorée et Pegida réunis dans un meeting soutenu par Marine Le Pen | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La présidente du FN a envoyé un message vidéo lors de ce rassemblement organisé à Rome par la Ligue du Nord, où se côtoyaient néofascistes et néonazis.

 

La dédiabolisation en prend un coup sur la carafe. Le 28 février dernier, Marine Le Pen a apporté son soutien à un grand meeting qui réunissait notamment néofascistes et néonazis à Rome, révèle Mediapart jeudi (abonnés). «N’ayant pu me joindre à vous, je tenais à vous saluer chaleureusement, et à vous adresser ce message de soutien, alors que vous vous êtes massivement mobilisés dans les rues de Rome aujourd’hui, afin de protester contre les politiques mortifères menées dans toute l’Europe», lance la présidente du Front national dans un message vidéo.

Parmi les participants à ce rassemblement, «les néofascistes italiens de CasaPound, les anti-islam allemands de Pegida, des sympathisants d’Aube dorée, des identitaires français», énumère Mediapart. Sans oublier des croix celtiques et une pancarte à l’effigie de Mussolini.

Evoquant les «combats» qu’elle partage avec la foule, Marine Le Pen fustige, entre autres, «l’Union soviétique européenne» (une «prison des peuples»), les «vents mauvais de la mondialisation sauvage», «l’immigration massive», qui «détériore», dit-elle, «une harmonie chèrement acquise au sein de nos sociétés» et constitue un «terreau où recrutent les terroristes islamistes»....

Vincent DUBOIS's insight:

Une preuve de plus de la peste brune qui nous menace. Nos concitoyens qui votent pour le parti de Marine le Pen ne peuvent pas dire qu'ils ne le font pas en connaissance de cause: elle apporte son soutien aux partis xénophobes, racistes, antisémites, nazis et fascistes de toute l'Europe. Bref à tous ceux qui sont liberticides, anti-démocratiques et intolérants. Voilà l'Europe qui nous est proposée par le FN: le refus de l'Autre! A bon entendeur.

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Syriza, une chance pour Hollande

Syriza, une chance pour Hollande | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Evidemment, les soutiens français les plus évidents de la gauche radicale grecque sont plutôt Cécile Duflot, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon. Mais, si le parti d'Alexis Tsipras accède au pouvoir, Hollande pourrait se retrouver dans la position qu’il adore: celle du médiateur et du conciliateur entre deux orientations extrêmes, celui qui fait la synthèse.

 

Dans le jeu de François Hollande, une nouvelle carte peut apparaître au soir du dimanche 25 janvier.

Syriza, le parti de la gauche radicale grecque, est bien placé pour remporter les élections anticipées, aux dépens de la Nouvelle démocratie (ND-centre droit) et du Pasok (socialiste). Ces deux partis historiques qui se sont succédé au pouvoir depuis la chute des colonels en 1974, gouvernaient ensemble depuis 2012. Si la Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Antonis Samaras peut espérer faire presque jeu égal avec Syriza, le Pasok s’est effondré. Les deux partis paient en tous cas leur adhésion à la cure d’austérité imposée par la fameuse «troïka» (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fond monétaire international) pour tenter de rétablir la situation économique d’un pays au bord de la faillite.

Le chef de Syriza, Alexis Tsipras, a fait campagne contre le «memorandum» de la troïka: baisse des salaires et des pensions, privatisations, réforme de l’Etat et des services publics. Il a promis, s’il arrive au pouvoir, de renégocier la dette grecque, qui atteint 175% du PIB et qui continue d’augmenter malgré les coupes claires dans les dépenses publiques. Il ne prône ni la sortie de la Grèce de l’Union européenne ni l’abandon de l’euro, mais il se propose de «réorienter» la politique européenne, au moins vis-à-vis de son pays.

Pour François Hollande, c’est une bonne nouvelle. Après tout, c’est le but qu’il s’était fixé en arrivant à l’Elysée en 2012. Certes sur un mode plus modéré. Et c’est là qu’il a –en partie– échoué. Pour créer un rapport favorable à une réorientation de la politique européenne dans un sens moins rigoureux que souhaité par l’Allemagne, il comptait sur le soutien de l’Italie gouvernée par le centre-gauche et même de l’Espagne des conservateurs. L’axe des pays du sud n’a pas fonctionné....

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Il est plus que temps que l'Allemagne et la France se réconcilient

Il est plus que temps que l'Allemagne et la France se réconcilient | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les dissensions entre Paris et Berlin sont à l'origine de toutes les inquiétudes sur l'économie européenne. Fusion fiscale, pacte du type «je réforme en France, tu relances en Allemagne»: tout doit être exploré pour le bien commun.

 

Le moment est venu de ressouder l'axe franco-allemand avec un nouvel acier pour le XXIe siècle. Cinquante ans après la signature du traité de l'Elysée, vingt-deux ans après Maastricht, cinq ans après le début d'une crise dont l'Europe ne sort pas, il est temps que le couple se parle les yeux dans les yeux. Le monde entier le demande, les dissensions entre Paris et Berlin sont à l'origine de toutes les inquiétudes sur l'économie européenne et, par contrecoup, mondiale. Il n'est pas une capitale qui se réjouisse de l'aigreur de la relation entre Angela Merkel et François Hollande, pas même, pour une fois, Londres! L'axe qui construisait l'Europe la détruit.

 

 

Depuis la signature du traité de Maastricht, en 1992, toute la classe politique française sans exception a trouvé utile à son image électorale de porter des coups répétés contre l'Allemagne[1]. Vingt-deux ans de dédain (Balladur qui ignore l'union politique proposée par la CDU allemande en 1994), de fausses peurs d'une «Europe allemande», de sottes vexations (François Hollande candidat voit le SPD à Berlin et évite la chancelière «de droite»), d'imbéciles attaques (celles d'un Montebourg ou d'un Bartolone). Autant de blessures successives depuis Jacques Chirac, qui ont transformé un lien historique en noeuds d'incompréhensions, de rancoeurs et de méfiances.

L'Allemagne n'est pas exempte de reproches: les deux derniers chanceliers, Gerhard Schröder et Angela Merkel, ne sont pas des militants de la cause européenne. La République fédérale, grisée par ses succès ces dernières années, s'estime encombrée par l'Europe plutôt que portée par elle. Elle ne s'en détourne pas, il en faudrait beaucoup plus, mais en supporte de moins en moins le poids et elle s'est durcie.....

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Comment intéresser les Français à l'élection européenne ?

Comment intéresser les Français à l'élection européenne ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Depuis 1979, date du premier scrutin européen, le taux d'abstention en France est passé de 39,3 % à 59,5 %.



Arnaud Danjean, candidat UMP aux élections européennes, n'oublie jamais son stylo lorsqu'il sillonne la région Est dans laquelle son parti l'a positionné en numéro deux. D'un trait de plume, le député sortant trace un triangle puis inscrit au bout de chacune des trois extrémités : « Ici, la Commission européenne qui propose mais ne décide pas », « là, le Conseil qui codécide » et « là, le Parlement européen qui lui aussi codécide. »

En général, ce moment de pédagogie est apprécié, mais il ne suffit pas à briser la glace. « Comment faire ? » déplore le quadragénaire qui, élu depuis 2009, avoue son impuissance : « Du lundi au jeudi midi, je suis à Strasbourg ou à Bruxelles, il me reste le vendredi pour sillonner la circonscription, mais elle a la taille de cinq régions françaises ! »



La distance entre les Français et le Parlement européen est ancienne : depuis 1979, date du premier scrutin européen, le taux d'abstention a grimpé de 39,3 % à 59,5 %. Selon la dernière enquête TNS Opinion réalisée en juin 2013, seuls 40 % des Français pensent que leur « voix compte dans l'UE » (– 17 points en un an), 64 % se déclarent « pas intéressés par les politiques européennes » (+ 13 points en six mois) et 48 % se disent « insatisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l'UE » (+ 8 points en six mois). Tous les ingrédients sont réunis pour que la crise de défiance s'aggrave...

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En Espagne comme en France, le bouleversement des modes de vie effraye | Slate

En Espagne comme en France, le bouleversement des modes de vie effraye | Slate | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
En Espagne, le gouvernement Rajoy envisage d’interdire le recours à l’avortement (sauf pour des cas exceptionnels, viols ou santé de la mère).

 

Un revers dans l’histoire de l’émancipation des femmes, un coup d’arrêt inédit, une incongruité  à l’aune de l’extension des droits de l’individu qui caractérise les pays démocratiques depuis des décennies. Ici, comme en France avec  la Manif pour Tous en 2012-2013, les institutions catholiques mènent une contre-offensive, tirant parti du vertige qui saisit ces sociétés face aux transformations rapides des modes de vie, un séisme culturel dans lequel se conjuguent désirs d’autonomie et progrès technologiques. Ce projet de loi a t-il des chances d’aboutir?

 

Dans les années 70-80, suite à la Movida, la famille espagnole s’est engagée dans la modernité, comme partout en Europe, mais avec de vraies spécificités. Partant d’une situation très traditionnelle, le divorce a été interdit jusqu’en 1981 et l’avortement légalisé seulement en 2010, l’Espagne a effectué en trois décennies une révolution sidérante. On s’y marie peu, le taux de nuptialité y est un des plus bas d’Europe, et l’âge du mariage ne cesse de reculer: pour les hommes il est passé de 27 ans en 1975 à 35 ans en 2010 (32 ans pour les femmes). On y divorce autant qu’en France.  On fait peu d’enfants, 1, 4 enfant par femme, un taux parmi les plus défavorables d’Europe, alors que dans ce pays très catholique la famille moyenne comportait  3 enfants en 1965. Plus d’un tiers d’entre eux nait hors mariage. L’Espagne a adopté une loi instituant le mariage gay dès 2005 -il concerne 3% des mariages, environ. Autre particularité, les adultes mettent du temps pour quitter le foyer parental, une tendance qui s’est même accentuée dans la période récente avec le chômage qui touche sévèrement les jeunes: en 2012, 38 % des 25-34 ans habitent encore chez leur parents, 43 % pour les hommes.

 

En France, pays laïcisé et, sur certains points plus en avance (l’avortement a été légalisé en 1975), l’individualisme a aussi pris le pas sur la famille, mais sous des formes différentes. D’abord,  le nombre de personnes qui vivent seules ne cesse d’augmenter, un phénomène du pour une part à l’allongement de la vie, mais aussi à des choix, et à la fragilité des liens conjugaux. Cet attrait pour la vie en solo est confirmé par la croissance du nombre de célibataires et de divorcés, et par l’effritement du nombre de mariages.

Quelle place l’enfant détient-il dans cette évolution? Ici, la natalité est dynamique  –un peu plus de deux enfants par femme, un chiffre stabilisé depuis quelques années, mais supérieur à celui des années 1990. Parallèlement, une majorité d’enfants nait dans un foyer non marié....

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Un parti d'extrême droite danois juge le FN trop "antisémite" pour une alliance

Un parti d'extrême droite danois juge le FN trop "antisémite" pour une alliance | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
EUROPÉENNES - La stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen connait aussi des ratés en-dehors des frontières de la France.

 

La stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen connait aussi des ratés en-dehors des frontières de la France. Au Danemark, le Parti populaire (FP), extrême droite eurosceptique et anti-immigration, a tout simplement exclu ce jeudi 14 novembre de se rapprocher du Front national en estimant que celui-ci avait "un fond antisémite".

C'est en tout cas ce qu'a déclaré à l'AFP le porte-parole du parti, Soeren Soendergaard en réaction à l'alliance scellée la veille à La Haye entre le Front national de Marine Le Pen, et le Parti pour la liberté (PVV) néerlandais dirigé par Geert Wilders.

Geert Wilders, notoirement pro-israélien, a balayé à cette occasion les questions sur Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du FN, et les déclarations antisémites pour lesquelles il a été condamné. Pour le Néerlandais, "c'est Marine la chef". Les deux leaders, qui s'étaient déjà rencontrés en avril à Paris, veulent unifier plusieurs mouvements europhobes en vue de former un groupe politique en mesure de faire entendre sa voix au Parlement européen.


Le Parti populaire danois, qui n'a jamais voulu siéger à Strasbourg dans le même groupe que le FN, a dit qu'il n'était pas sur la même ligne. "Nous sommes conscients qu'il y a de grandes différences entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen en tant que personnes, mais ça ne change pas notre position", a expliqué Soeren Soendergaard.

En France, Marine Le Pen se heurte à la même difficulté. Le maintien de Jean-Marie Le Pen à la présidence d'honneur (à vie) du FN sert de repoussoir pour les partis europhobes comme Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan.

A 85, le fondateur du FN sera une nouvelle fois candidat aux européennes en 2014 dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Récemment, il a dû quitter sur ordre de sa fille l'Alliance européenne des mouvements nationaux, qui réunit des membres de l'extrême droite européenne qualifiés "d'extrémistes" par Marine Le Pen.

Outre le PVV, le Front national s'est rapproché d'un parti suédois, les Démocrates de Suède, dont Marine Le Pen a rencontré le président à Stockholm en octobre...

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Taxe Tobin : l’Allemagne double la France par la gauche - Rue89

Taxe Tobin : l’Allemagne double la France par la gauche - Rue89 | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Coucou, la revoilà, s'extirpant de l'ornière où elle s'était embourbée.

La taxe sur les transactions financières européennes, surnommée tantôt « taxe Tobin » (en hommage à l’économiste James Tobin qui rêvait de « jeter du sable dans les rouages » de la spéculation), tantôt « taxe Robin des Bois » (en hommage à l’économiste du début du XIIe siècle qui a le premier théorisé et mis en pratique la redistribution du capital aux fins de justice sociale), ressurgit là où on ne l’attend pas : en Allemagne.

Le prochain gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui doit naître des actuelles négociations qu’elle mène avec les socio-démocrates allemands, s’apprête à relancer le projet, qui a du plomb dans l’aile depuis quelques mois.

 

Comme on le sait, la CDU/CSU d’Angela Merkel n’a pas la majorité absolue au Parlement et doit discuter avec le SPD. Or, celui-ci a exigé, entre autres, que l’Allemagne se montre plus audacieuse dans la mise en place de la « Tobin tax ».

Depuis quelques mois, Merkel faisait plutôt partie de ceux qui, dans l’eurozone, freinaient sur ce dossier. Les banques ont mené contre ce projet un « furieux lobbying », pour reprendre les mots de l’agence Reuters, et des experts européens ont mis en garde contre les risques du projet. Mais la négociation pour une grande coalition en Allemagne lui redonne des chances.

« Nous sommes tombés d’accord pour aller de l’avant sur la taxe sur les transactions financières », a déclaré mercredi Martin Schulz, négociateur du SPD (et président du Parlement européen).

Herbert Reul, le négociateur de la CDU pour l’Europe, a commenté :

« Ce qui est nouveau, c’est que trois grands partis d’une grande coalition vont mettre cela au programme et le pousser. »...

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Roms : ce que changerait l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen

Roms : ce que changerait l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La potentielle entrée de ces pays est agitée comme une menace. Avec des arguments mensongers.

 

L'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen va-t-elle provoquer un afflux massif de ressortissants de ces deux pays en France ? Le message, alarmiste, est véhiculé par de nombreux responsables politiques.

Jean-François Copé a ainsi demandé à François Hollande, mardi 24 septembre, de "prendre une position d'opposition" sur l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à Schengen. Marine Le Pen a pour sa part déclaré que, "sans être encore dans Schengen, la circulation au sein de l'UE des Roumains et Bulgares, et donc des Roms, sera encore plus facile [en 2014] que maintenant".

 

La libre circulation des Roumains et des Bulgares en Union européenne est pourtant effective depuis leur entrée dans l'Union européenne, en 2007. Le passage d'une frontière de la "zone Schengen" ne nécessite depuis qu'un contrôle d'identité. "Nous avons des règles européennes sur la libre circulation des citoyens européens", a rappelé Viviane Redding, commissaire européenne à la justice, dans une forme de rappel à  l'ordre.

 

Dans ce cadre juridique, Roumains et Bulgares peuvent rester trois mois en France sans avoir à justifier de leur activité. Mais leur installation est en revanche soumise à des conditions de revenus. Il faut être étudiant ou employé dans des secteurs en demande. Et seul un certain nombre d'emplois leur était jusque-là accessible.

Ces restrictions prendront fin le 31 décembre 2013 avec la fin de la période transitoire et l'adhésion complète des deux pays de l'Europe de l'Est. Pour préparer cette échéance en France, le nombre de professions ouvertes aux Bulgares et aux Roumains est passé de 150 à 291 en octobre 2012. Sans pour autant provoquer d'arrivée massive de ressortissants de ces deux pays, souligne le ministère des affaires européennes.


L'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à la convention de Schengen pose un autre problème pour certains pays européens. En ouvrant les frontières de l'espace Schengen à ces deux pays, cette zone aura de nouvelles frontières extérieures, notamment avec la Turquie et l'Ukraine, et une nouvelle ouverture maritime sur la Mer Noire. Autant de passages possibles pour d'autres afflux de population. Or, estimaient encore en mars 2013 l'Allemagne et les Pays-Bas, la Roumanie et la Bulgarie n'offrent pas suffisamment de garanties à cet égard, en raison notamment de la corruption des gardes-frontières...

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A Oradour, Hollande et Gauck écrivent une nouvelle page de la réconciliation

A Oradour, Hollande et Gauck écrivent une nouvelle page de la réconciliation | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Dans ce village meurtri par la barbarie des SS, les deux présidents ont tenu des discours tranchants de sobriété et profonds d'intensité.

 

S'il fallait ne retenir qu'un seul moment, ce serait celui-ci. Il est 14 h 46 dans la petite église d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) quand François Hollande et Joachim Gauck s'avancent dans la nef sans toit de l'église où les SS de la division Das Reichenfermèrent puis exterminèrent près de 400 femmes et enfants (642 personnes au total) dans l'après-midi du 10 juin 1944.

Les deux présidents ont le pas lourd, le visage crispé de gravité. Ils s'arrêtent face à l'autel, du moins ce qu'il en reste ; Joachim Gauck attire l'attention de François Hollande sur une poussette rouillée étendue sur le sol ; les deux chefs d'Etat se rapprochent l'un de l'autre ; leurs mains se frôlent pudiquement, leurs doigts se croisent...

A leur côté, un homme prend alors la parole, il s'appelle Robert Hébras, a 88 ans, c'est l'un des derniers survivants du massacre, il n'avait pas 20 ans à l'époque, sa famille a péri ce jour-là. L'échange dure quelques minutes, Joachim Gauck passe le bras autour de l'épaule du vieil homme, François Hollande le soutient également, leurs trois costumes sombres forment alors comme un bloc, et c'est ce bloc qui sortira de l'église dans un silence étouffant.

Viendront ensuite la visite de ce squelette figé dans la douleur qu'est resté Oradour depuis juin 1944, le dépôt de gerbes au cimetière, la sonnerie aux morts, la signature des livres d'or – où François Hollande apposera par mégarde la date du 3 septembre –, une nouvelle accolade entre les deux présidents, la visite du Centre de la mémoire, inauguré par Jacques Chirac le 16 juillet 1999, les discours, enfin, tranchant de sobriété chez François Hollande, profond d'intensité chez Joachim Gauck.


"Vous êtes la dignité de l'Allemagne d'aujourd'hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d'hier, a lancé le président français à son homologue allemand. Aujourd'hui, votre visite confirme que l'amitié entre nos deux pays est un défi à l'histoire et un exemple pour le monde entier. Et sa force s'illustre en cet instant même à Oradour-sur-Glane...

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Rallumer la Grèce, éteindre Barroso « Je ne sais rien, mais je dirai tout

Rallumer la Grèce, éteindre Barroso « Je ne sais rien, mais je dirai tout | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

On le sait, le peuple grec est étranglé depuis quatre ans, depuis que la crise du crédit immobilier américain a débouché sur une crise financière mondiale qui a débouché sur un renflouement des banques à coups de centaines de milliards par les Etats (donc les contribuables, nous) qui a débouché sur une crise des dettes souveraines des Etats qui a débouché sur le problème de type grec (comme dirait Godard) qui est en fait un problème de type européen. Car au vu des budgets grecs et européens, l’Europe a très largement de quoi boucher la dette grecque qui représente un mini-trou en regard des richesses européennes (ou en regard des gouffres que sont la dette japonaise ou la dette américaine). Les Grecs comme les autres Etats européens pourraient d’ailleurs facilement rembourser leurs dettes et repartir de l’avant avec des taux à 1% mais au lieu de jouer ce qui devrait être son rôle auprès des Etats membres, la BCE prête à 1% aux banques qui prêtent à 4% voire 6% voire 8% voire 12% aux Etats.

Bref, on ne prête qu’aux riches et les banques se goinfrent sur le dos des Grecs, Espagnols, Portugais, etc. Mais ça ne suffisait pas d’affamer les Grecs et de les virer de leurs jobs et de leurs logements, on a aussi décidé de couper leur télé publique...

 

L’Europe, c’est une magnifique idée et on y croit toujours, mais pas celle du libéralisme, de la rigueur mortelle pour les peuples, des égoïsmes nationaux, de la concurrence fiscale et sociale, des paradis fiscaux, bref, pas celle de Merkel, de Cameron, des institutions bancales et incomplètes, de la commission européenne non élue et de son président José Manuel Barroso.  Tiens, Barroso, il vient de perdre une immense occasion de fermer sa gueule de laquais des banques et de larbin des anglosaxons. L’Europe, grâce à la France (mais oui, pour une fois qu’on peut féliciter Hollande et le gouvernement, allons-y gaiement), vient d’obtenir une belle victoire existentielle et politique : exclure l’audiovisuel (dont le cinéma) des négociations commerciales avec les Etats-Unis. Victoire de l’exception culturelle arrachée aux tenants de la seule et toute puissante loi du marché. Victoire d’une certaine idée du modèle européen face au « tout-pognon all business » américain. Victoire soutenue par la grande majorité des parlementaires européens représentant les peuples européens. Et Barroso se permet de chier dans la colle en traitant la position française de « réactionnaire » ! Mais de quoi ! José Manuel Barroso, vous n’êtes pas élu, vous n’avez aucune légitimité à vous exprimer ainsi, crachant sur une décision collective européenne, soutenue par les élus européens et par les peuples européens. Depuis dix ans, vous n’avez strictement rien foutu pour le bien commun européen, vous n’avez fait que profiter des avantages d’une position prestigieuse, et par votre phrase sur la France et l’exception culturelle, vous terminez votre mandat en trahissant l’Europe, ses élus et ses peuples. C’est à cause de gens comme vous et de vos politiques économiques criminelles que les peuples souffrent. Vous avez fait tant de mal et si peu de bien qu’on a envie de vous dire la même chose que Jean-Christophe Cambadélis, mais en moins poli : fermez votre gueule et barrez-vous !

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La crainte et l'erreur de François Hollande / France Inter

Après que les statistiques eurent confirmé l’entrée en récession de l’économie française, François Hollande a eu des mots justes. « La récession est européenne et la solution est européenne », a-t-il déclaré hier avant d’aller s’entretenir, à Bruxelles, avec la Commission européenne et ce constat comme la conclusion qu’il en tire ne sont guère contestables.

        Bien que l’Allemagne ait enregistré une très, très symbolique croissance de 0,1%  au premier trimestre, c’est toute la zone euro qui est aujourd’hui en récession avec un recul moyen du Produit intérieur brut de 0,2%, celui-là même qui affecte la France. Allemagne comprise, tous les pays de la monnaie unique sont dans le même bateau et, si chacun d’eux doit remettre de l’ordre dans ses comptes, aucun d’eux ne pourra s’en tirer – non pas seulement sortir de la récession mais renouer avec une vraie croissance – en ne tablant que sur la réduction de ses dépenses dont le seul effet immédiat est de ralentir encore l’activité et de réduire les rentrées fiscales.

        La zone euro ne sortira de cette crise qu’en mettant ses moyens en commun, qu’en mutualisant ses emprunts pour en diminuer les taux et qu’en procédant, surtout, à des investissements paneuropéens dans les industries d’avenir, celle qui créeront les emplois de demain. François Hollande a, oui, cent fois raisons de dire que « la solution est européenne » mais pourquoi le murmure-t-il au lieu de le hurler et de prendre la tête d’un parti paneuropéen de la croissance européenne ?

        Pourquoi l’homme qui, durant sa campagne, avait su dire avant tout le monde que la rigueur était nécessaire mais mènerait dans le mur si elle n’était pas accompagnée d’un effort de croissance volontariste est-il aujourd’hui si discret, timide, elliptique, alors que les faits lui ont donné raison et que cette analyse est de plus en plus partagée, jusque dans les milieux financiers ?

        Cela parait incompréhensible, mystérieux, mais il y a une explication à cela...

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Le « modèle allemand » ou comment s'obstiner dans l'erreur, par Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique)

Rapport après rapport, les données économiques viennent contredire les politiques d'austérité imposées aux pays européens par l'Allemagne, la BCE et la Commission européenne. Et pourtant, rien ne change.

 

Il n’est pas rare qu’un personnage de Tex Avery emporté par son élan franchisse le bord d’une falaise et poursuive sa course quelques instants dans le vide avant de mordre la poussière. Les politiques d’austérité imposées aux pays européens par l’Allemagne, la Banque centrale européenne, et — avec un enthousiasme déclinant — le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que la Commission européenne, ont-elle atteint ce point où le coureur, comprenant soudain qu’il n’a plus rien sous les pieds, jette un regard penaud avant de s’écrouler ?

Pas encore.

Certes l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, La Hongrie, la République tchèque soumis à l’obligation de coupes claires dans leurs services publics et dépenses d’Etat s’enfoncent dans la récession. Même les Pays-Bas et la Finlande, alliés traditionnels de l’Allemagne en matière de rigueur, ont connu une baisse d’activité en 2012, cependant que la France et le Royaume-Uni stagnaient. Seule la Pologne affichait l’année dernière une croissance supérieure à... 1 %.

Certes, la zone euro passée sous la toise de la bureaucratie austéritaire comptait à la fin du mois d’avril 19,2 millions de chômeurs (12,1 % de la population active selon Eurostat), un chiffre record et qui néanmoins ne dit rien de la dégradation vertigineuse des conditions d’existence du peuple grec.

Certes, un chef économiste du FMI a reconnu en janvier que son institution avait gravement sous-estimé les dégâts engendrés par l’impératif de restriction budgétaire : là où le modèle prévoyait qu’une réduction d’un euro de la dépense publique entraînerait une baisse de 0,5 euro de la richesse produite, l’analyse empirique montre que la contraction de l’activité serait deux à cinq fois supérieure.

Certes enfin, la thèse des illustres économistes de Harvard Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff selon laquelle une dette supérieure à 90 % du produit intérieur brut affaiblirait la croissance a été taillée en pièce par un étudiant de l’Université du Massachusetts, qui s’est amusé à refaire les calculs : les auteurs, cités comme des prophètes par les partisans de l’austérité — du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn à l’ancien directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet — avaient écarté des données contradictoires et construit leur modèle à partir d’un tableur affecté par une erreur de formule.

Il n’en faudrait pas tant à un âne pour faire demi-tour.

Mais à l’instar des personnages de Tex Avery, banquiers centraux, économistes orthodoxes et dirigeants politiques ignorent les faits et galopent, pour quelques temps encore, dans un éther de croyance...

 



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