Union Européenne, une construction dans la tourmente
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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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DÉBAT : Nous, le peuple européen disparu

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Aller vers “plus d’Europe” pourrait aider le continent à sortir de la crise. Mais encore faudrait-il créer les Européens.

 

Pour retrouver ce sens d’une destinée commune, que nous avons perdu le siècle dernier, il convient de miser sur l’Education, les échanges culturels et les initiatives politiques, explique un journaliste français.

Par Olivier Guez, du New York Times.  

Ainsi la Grèce ne s’est pas effondrée et l’Europe a commencé à souffler. Mais pas pour longtemps. Les électeurs rebelles d’Italie, qui ont opté pour un milliardaire extravagant et un clown, nous ont rappelé la semaine dernière combien la crise que traversait le continent était profonde.

Pendant ce temps, la France fait cavalier seul au Mali, ou presque, et la Grande-Bretagne parle ouvertement de quitter le navire Europe. Ce n’est pas seulement la monnaie de l’Europe qui est en crise, c’est son âme.

Si tant est qu’elle ait jamais existé, la vision embryonnaire d’une Europe unie se désagrège du fait de l’absence de soutien de ses peuples. Chacun nourrit ses propres ressentiments ou ses propres soupçons à l’égard de ses partenaires. Mais tous souffrent du même manque : très peu de leurs citoyens se considèrent d’abord et avant tout comme des Européens.

 

Comment est-ce possible ? L’histoire européenne de ces cinquante dernières années est généralement décrite comme une progression pas à pas vers un avenir commun. Mais peut-être, pour comprendre où nous en sommes arrivés aujourd’hui, faudrait-il faire commencer cette histoire plus tôt – non pas avec le rapprochement franco-allemand dans les années 1960 -, mais avec le modèle d’Europe qui prévalait pendant la décennie précédant le cataclysme de 1914.

A bien des égards, l’Europe de 1913 était plus cosmopolite et plus européenne que l’Europe d’aujourd’hui. Les idées et les nationalités se brassaient et convergeaient les unes vers les autres dans un creuset de créativité....

 

C’est pour cette raison que l’Europe doit trouver une idée neuve, une nouvelle vision, un ciment pour l’avenir. Les nobles principes auxquels nous sommes habitués ne suffiront pas. Les droits de l’homme, le pluralisme, la liberté de pensée, la démocratie sociale de marché – apparaissent tous dans les constitutions nationales ; les citoyens n’ont pas besoin de l’Union européenne pour en bénéficier. Comment, dans ces conditions, développer des liens affectifs avec l’Europe ?

La réponse réside peut-être dans la conception d’une Europe plus charnelle, une Europe qui a des couleurs, des odeurs, un folklore, une force poétique. Et de la diversité. Cet objectif ne s’articule pas sur des principes connus – une langue, une histoire ou des lignées communes – mais sur l’exact opposé : une entente culturelle et un cadre de référence qui dépassent les frontières et sont fondamentalement européens. Au sujet de l’Europe, Milan Kundera parle d’un "maximum de diversité dans un minimum d’espace" – une affirmation peut-être aussi forte que "liberté, égalité, fraternité", ou "tous les hommes sont égaux".

Ce type d’idéal fondateur est la condition sine qua non de l’unité politique du continent.....

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Croatie : Une adhésion semée d'embûches

Croatie : Une adhésion semée d'embûches | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les Pays-Bas ont été le 22ème Etat membre à ratifier l’adhésion de la Croatie à l'UE, prévue le 1er juillet prochain.

Une décision juste, estime NRC Handelsblad, même si le laxisme dont ont fait preuve les Vingt-Sept lors de l’élargissement à la Bulgarie et la Roumanie les a poussés à être plus sévères avec Zagreb.

 

 

A une large majorité, la Deuxième chambre du Parlement néerlandais a ratifié le traité d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne ce 29 janvier. Après la chute du Mur, en 1989, c’est une sorte de dette d’honneur de l’“ancienne” Union européenne, et par conséquent des Pays-Bas également, vis-à-vis de ce pays des Balkans.

L’Europe a en outre tout intérêt à ce que la stabilité se maintienne dans cette région encore ravagée par la guerre il y a seulement une vingtaine d’années. A cet égard, l’adhésion à l’Union européenne offre une des meilleures garanties.

Cependant, une fois de plus, cette procédure d’adhésion laisse à l’Union un goût amer. On aurait pu s’attendre à ce que l’UE tire les leçons des expériences roumaine et bulgare, deux pays qui sont devenus membres de l’UE en 2007, alors qu’ils n’y étaient pas encore prêts.

Les règles d’adhésion de l’Union avaient été mises de côté au profit de considérations politiques. Résultat : six ans après leur adhésion, la Roumanie et la Bulgarie n’ont toujours pas réussi à mettre en place un Etat de droit qui fonctionne correctement et sont confrontées à une corruption à grande échelle.

 

Les gouvernements néerlandais successifs ont plaidé, à raison, en faveur du respect rigoureux des critères de Copenhague, qui définissent les conditions requises pour accepter les nouveaux arrivants au sein de l’Union. Dans le cas de la Croatie, leur application a été nettement plus sévère et les procédures de contrôle ont été renforcées.....

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Géopolitique : Et si la Roumanie devenait le grenier de l'Europe ?

Géopolitique  : Et si la Roumanie devenait le grenier de l'Europe ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Dans un contexte de crise mondiale, la bataille pour les ressources va encore s’accroitre en 2013. Alors que l’UE se tourne vers la Russie pour ses besoins énergetiques, l’un des ses pays membres pourrait l’approvisionner en produits agricoles.

 

Ce ne sera pas une année facile. Le contexte est celui d'une crise mondiale qui a creusé encore davantage les fossés traditionnels Nord-Sud et Est-Ouest, et qui a révélé l'absence de solutions alternatives globales. Les seules qui ont fonctionné tant bien que mal (ou du moins ont apporté un espoir d'amélioration) sont les solutions à l'échelle régionale, ou dans le cadre d'alliances traditionnelles qui tentent de sauver leur maigre pouvoir, le meilleur exemple en étant l'Union européenne et son effort de survie centré sur les pays de la zone euro.

Les Européens vivent leur plus grand dilemme existentiel, qui, d'une manière ou d'une autre, trouvera un début de résolution durant cette année 2013. L'UE est dépendante des ressources russes à hauteur d'environ 60%, pourcentage qui pourrait croître considérablement en cas de conflit bloquant temporairement l'accès aux ressources du Moyen-Orient. Elle est également dépendante des importations de céréales et de viande d'Amérique du Sud, fournisseur stratégique et encore peu coûteux, mais qui peut changer de comportement maintenant que le Mercosur est confirmé dans la position d'acteur majeur sur le marché international de pouvoir.

 

Il est probable que l'Europe continue à considérer la Russie comme un partenaire stratégique dans la résolution des problèmes énergétiques, et peut-être arrivera-t-elle à trouver un moyen de profiter du marché africain des ressources. Mais l'année 2013 sera marquée par une bataille féroce pour les matières premières agricoles et la fourniture de viande.

Il se peut que tout cela constitue une opportunité pour la Roumanie, un pays qui, du moins en théorie, pourrait produire une proportion importante de la demande européenne en produits agricoles. Ce serait une erreur historique de ne pas profiter (comme nous l'avons obstinément fait ces 5 dernières années) des nombreux arguments que nous pourrions faire valoir auprès de Bruxelles, opportunités inscrites dans la Politique agricole commune.....

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Crise de la zone euro : Le pacte faustien de l'Allemagne

Crise de la zone euro : Le pacte faustien de l'Allemagne | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Dans son célèbre Faust, Goethe présente la monnaie fiduciaire comme la poursuite de l’alchimie par d’autres moyens. Une conception que l’on retrouve dans la position de l’Allemagne sur la crise de la zone euro.

Pour quiconque essaye de comprendre le rapport des Allemands à l’argent et à la dette dans le cadre de la crise de la zone euro, toutes les routes mènent à Francfort.

Siège de deux banques centrales, la Bundesbank et la Banque centrale européenne (BCE), la capitale financière allemande abrite également à l’ombre de la tour de la BCE une bâtisse baroque au crépi jaune : c’est là que le grand poète allemand Johann Wolfgang von Goethe vit le jour en 1749.

La Goethe Haus, qui est aujourd’hui un musée, accueille [jusqu’au 30 décembre] une exposition passionnante, “Goethe et l’argent”, expliquant en quoi les comportements sociétaux vis-à-vis de l’argent éclairent les écrits de Goethe, qui eux-mêmes ont façonné les rapports des Allemands à l’argent. Goethe est né dans un milieu cossu, grâce à une affaire familiale prospère et quelques mariages avantageux. Bien qu’il entretînt des relations amicales avec plusieurs familles d’argentiers – lui même faillit épouser une fille de banquier –, les pertes qu’essuyèrent les institutions financières au lendemain des guerres napoléoniennes l’engagèrent à se méfier des banques. Ses livres de compte personnels montrent qu’il était loin de correspondre au stéréotype de l’Allemand économe puisqu’il n’était pas rare qu’il dépensât 15 % de ses revenus annuels en vins. Sa mère et ses employeurs le renflouaient régulièrement. Comme le soulignent les commissaires de l’exposition de Francfort, il justifiait ses prodigalités au prétexte qu’elles étaient “essentielles au développement de sa personnalité”.

Il se montra bien plus rigoureux quand, à partir de 1782, il fut nommé ministre des Finances du duché de Saxe-Weimar, dont les frontières correspondaient à la partie occidentale du Land de Thuringe. Cette expérience forgea sa pensée et lui inspira son chef-d’œuvre en vers, Faust – lecture obligatoire dans toutes les écoles allemandes –, dont l’argument s’articule sur le fameux “pacte faustien” entre le savant éponyme et le diable, incarné par Méphistophélès. Celui-ci promet à Faust de réaliser tous ses vœux sur Terre, mais si Faust cherche un jour à prolonger éternellement un instant de son existence, alors Méphisto lui prendra son âme.
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Roumanie : Une jeunesse sans repères démocratiques

Roumanie  : Une jeunesse sans repères démocratiques | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Une nouvelle génération d’électeurs roumains va participer aux élections législatives du 9 décembre. Mais quelle voie choisiront ces jeunes, plus familiers du côté sombre de la politique actuelle que des révoltes contre le régime de Ceauşescu ?

Par Alexandru Gussi, du journal Revista 22.

 

Le 25ème anniversaire du soulèvement des ouvriers de Braşov [contre le régime de Ceauşescu, le 14 novembre 1987, après lequel 300 manifestants furent arrêtés] est passé presque inaperçu, alors que la réalité sociale de la Roumanie d'aujourd'hui aurait dû amplifier la symbolique de cette célébration. Certes, on peut trouver beaucoup de raisons à ce manque d'intérêt pour l'un des moments les plus importants de notre histoire récente. Mais je voudrais montrer à quel point cet oubli quasi-total est révélateur de la direction prise par la société roumaine.

Les 25 ans d’un soulèvement ouvrier aurait été une bonne occasion pour une action de la part des syndicats. Mais ces derniers, une fois de plus, se sont montrés indifférents et sensibles à d’autres intérêts que ceux des "salariés". Les autorités de Bucarest ont elles aussi ignoré l'événement alors qu’elles avaient marqué le coup il y a 5 ans [pour le 20ème anniversaire] et qu’elles ont montré un intérêt soudain pour l'histoire du pays en célébrant, il y a quelques semaines, l'anniversaire du roi Michel qui a fêté l'âge, impressionnant mais moins rond, de 91 ans. Ce contraste montre à quel point cet oubli est caractéristique de l’identité de ceux qui nous dirigent.

 

La révolte de 1987 est celle qui, mieux qu'une révolution de 1989 noyée sous les complots, pourrait être présentée à la jeune génération comme le symbole des soulèvements et des répressions caractéristiques du régime communiste. Et puisque qu’elle n’est pas présentée ainsi, on est en droit de supposer que l'actuelle classe politique se sent plus proche de l'ancienne nomenklatura que des ouvriers de Braşov, révoltés en 1987 et licenciés après 1990. Aujourd’hui, les médias regorgent de sales affaires et les plus jeunes qui ne connaissent que ça de la politique seront plus faciles à manipuler puisqu’il leur manque la clé pour comprendre, enfouie dans l'histoire récente. Dans un pays sans identité politique, où tout semble provisoire, seule l'expérience des événements historiques peut offrir les repères pour résister à la manipulation.

Quel que soit le prisme à travers lequel on peut lire ces événements, ils nous enseignent que la Roumanie n'a pas d'autre option que l'Europe...

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Pas de sacrifices sans espoir !

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Si la légitimité de l’Union européenne était intacte, les Européens consentiraient plus facilement aux efforts qui leur sont demandés. Ils pourraient alors espérer voir leurs propres intérêts récompensés.

Par Michael Marder du Project Syndicate de Prague.

 

Le président français François Hollande a récemment souligné l’idée essentielle, pourtant souvent occultée, selon laquelle il y aurait des limites au degré de sacrifice qui peut être demandé aux citoyens des pays du sud de l’Europe en difficulté financière. Afin d’éviter de transformer la Grèce, le Portugal et l’Espagne en véritables "maisons de correction" collectives, a-t-il fait valoir, les peuples ont besoin d’espoir, au-delà des perpétuels horizons lointains de réduction des dépenses et de mesures d’austérité. Les notions de psychologie les plus élémentaires appuient le point de vue de Hollande. Renforcement négatif et report répété des retours positifs ne peuvent aboutir à un objectif qu’à condition de la perception d’une lueur au bout du tunnel – la récompense future des sacrifices d’au­jour­d’hui.

Le pessimisme public régnant en Europe du Sud est en grande partie attribuable à l’absence d’une telle récompense. Tandis que la confiance déclinante des consommateurs et le pouvoir d’achat des ménages aggravent la récession, les prévisions de fin de crise sont sans cesse repoussées, et les peuples soumis au fardeau de l’austérité en arrivent à perdre espoir.

...

 

Les conditions imposées par la troïka – Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international – conduisent à reporter indéfiniment la satisfaction des besoins de ceux auxquels il est demandé de faire des sacrifices, de même qu’à retarder la réparation de ­filets de sécurité sociale en lambeaux. Pourtant, les gouvernements nationaux continuent ­d’appliquer des politiques qui exacerbent l’injustice. Par exemple, le budget 2013 du Portugal réduit de huit à cinq le nombre de tranches d’imposition – une démarche vouée à dévaster la classe moyenne.

Le sacrifice impliquait autrefois un renoncement au corps – à ses plaisirs, à ses besoins fondamentaux, et même à sa vitalité – pour le bien de l’esprit. Tandis que persiste le discours du sacrifice, la logique l’ayant sous-tendu pendant des millénaires a aujour­d’hui été abandonnée. Il est crucial que les dirigeants européens nourrissent leurs citoyens d’une espérance renouvelée. Il en va de la légitimité d’une Europe "post-nationale", reposant sur une obligation de la part de l’UE, inscrite dans le Traité de Lisbonne, de promouvoir "le bien-être de sa population".

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Chypre: l'aide européenne dans la poche des oligarques russes ?

Chypre: l'aide européenne dans la poche des oligarques russes ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le gouvernement de Chypre négocie un plan d'aide à ses banques pour 10 milliards d'euros avec le FMI et l'UE qui ne veut pas laisser l'île s'enfoncer dans la faillite.

Pourtant, le risque existe de voir les fonds européens utilisés par des établissements financiers qui servent à blanchir de l'argent russe, selon des révélations du Spiegel.

 

Vendredi dernier, le soleil brillait sur ce paradis pour Russes, le ciel était d’un bleu éclatant, les palmiers de la promenade du bord de mer se balançaient sous la brise légère et le thermomètre indiquait 29 degrés dès le matin. Ceux qui avaient fui la météo automnale de Moscou, froide et humide, avaient de quoi se sentir bien à Limassol. Il fait bon vivre sur la côte Sud de Chypre quand on est Russe.

Dans le parc de la ville se dresse un buste en bronze d’Alexandre Pouchkine, le prince des poètes, on trouve aussi à Limassol une radio russe, des journaux russes, une église orthodoxe russe, des écoles privées dont les diplômes observent les prescriptions du ministère de l’Education russe, et des panneaux en cyrillique. Le maire de Limassol lui-même parle couramment le russe – il a étudié à Moscou sous le régime soviétique.

Mais les Russes de Limassol sont inquiets. Leur pays d'adoption est menacé, il se trouve même au bord de la faillite. L’économie chypriote est étroitement liée à l’économie grecque. La récession qui sévit en Grèce a enrayé la conjoncture de l’île. D’autant que les banques chypriotes avaient acheté pour plusieurs milliards d’obligations grecques qui ne valent aujourd’hui quasiment plus rien. Les établissements de crédit ont d’ores et déjà été contraints de faire une croix sur une bonne partie de leurs placements, aggravant ainsi leur situation financière.

A titre préventif, le gouvernement du président Dimitris Christofias, à Nicosie, avait déposé dès l’été une demande d’aide au titre du fonds de sauvetage de l’euro. Plus tôt, l’Etat russe était venu à la rescousse de l’île à laquelle il avait prêté 2,5 milliards d’euros. Aujourd’hui, cet argent a été dépensé et le président russe Vladimir Poutine renâcle à verser cinq milliards supplémentaires....

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Les secrets de la forteresse Europe

Les secrets de la forteresse Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L’UE cherche sans cesse à renforcer la surveillance de ses frontières extérieures, en utilisant des technologies toujours plus coûteuses. Mais sont-elles efficaces ? Et qui, dans nos démocraties, contrôle les contrôleurs ?

Par Frank Mulder, du de Groene Amsterdammer

 

"Il n’y a pas d’alternative”, déclarait, il y a 4 ans, Franco Frattini, commissaire européen chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, devant le Parlement européen. Comme les criminels avaient une meilleure technologie que la nôtre, il annonçait deux projets. Le premier prévoyait la surveillance permanente de toutes les frontières extérieures, y compris à l’aide de drones, pour détecter les migrants en mer. Le deuxième proposait l’instauration de "frontières intelligentes”, permettant la reconnaissance biométrique de toutes les personnes qui entrent et sortent de l’Europe.

Le premier projet, Eurosur (système européen de surveillance des frontières), censé démarrer le 1er octobre 2013, est actuellement examiné par le Parlement européen. "Tous les Etats membres doivent créer un centre qui coordonne l’ensemble des activités de surveillance des frontières menées par la police, les douanes et la marine”, explique Erik Berglund, directeur chargé du renforcement des capacités au sein de Frontex, l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, à Varsovie. “Jusqu’à présent, le partage des informations n’a lieu que sur la base du volontariat”.

Eurosur a un triple objectif, souligne Berglund : “Détecter les migrants clandestins, lutter contre la criminalité internationale et sauver les réfugiés qui s’enfuient par bateau”. Selon les ONG, ce dernier aspect est surtout un argumentaire de vente. "Eurosur contribue peut-être à repérer les bateaux”, dit Stephan Kessler du Service jésuite des réfugiés à Bruxelles. "Mais il n’existe toujours pas de procédure pour déterminer qui doit sauver les gens et où ceux-ci doivent demander le statut de réfugié. L’an dernier, Malte et l’Italie ont discuté pendant 5 jours d’un petit bateau en mer”...

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Pologne, les Allemands reviennent !

Pologne, les Allemands reviennent ! | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Pendant des années, l’Allemagne de l'Ouest a été une destination de choix pour les émigrés polonais. Mais aujourd'hui, ce sont les Allemands qui traversent l’Oder à la recherche d’un emploi en Pologne.

Par Piort Cywinski, de Uwazam Rze.

 

"Lève-toi, paresseux, avant que je perde patience. Nous allons à Łódź !", dit le texte d’une chanson bien connue en Allemagne ("Theo, wir fahr'n nach Lodz") écrite au XIXe siècle, à l'époque de l'industrialisation et du plein essor industriel du district de Łódź. Pour les Allemands, cette ville était un eldorado. C’est ici qu’ils voyaient la possibilité d’une vie meilleure, c’est ici qu'ont bâti leur fortune les Scheibler de la Rhénanie, ou les familles saxonnes Geyer et Herbst. L'histoire aime se répéter.

Après les cataclysmes des deux guerres mondiales, et après l'effondrement du communisme, assistons-nous une nouvelle fois à l'arrivée d'une vague d'immigrants allemands en Pologne ? Certes, ce n'est pas encore l'exode, mais notre pays est néanmoins devenu l'un des lieux d'installation préférés des Allemands.

En 2006, la Pologne était à la cinquième place du classement des destinations pour les expatriés allemands, qui sont désormais plus nombreux en Pologne qu'en Espagne ou en France. Selon l'Office fédéral allemand des statistiques, 9 434 citoyens allemands ont déjà élu domicile en Pologne. Notre pays a ainsi détrôné de sa troisième place l'Autriche, pour se placer juste derrière la Suisse et les Etats-Unis...

 

Aujourd'hui, malgré les incitations pour venir travailler en Allemagne, sous forme d'offres de cours de langue gratuits, ou de formation professionnelle, ou même de versements de bonus exceptionnels par certaines entreprises, l'intérêt de nos compatriotes pour partir vivre au-delà de l'Oder est relativement faible.

Les rôles se sont inversés, la Pologne est devenue pour des milliers de voisins de l'Ouest l'un des pays les plus attractifs pour vivre et faire carrière. Près de 6 000 sociétés allemandes, petites et moyennes pour la plupart, ont déjà jeté l'ancre en Pologne. La valeur des investissements allemands est estimée à 22 milliards d'euros, ce qui représentait l'an dernier 21% de tous les investissements étrangers en Pologne.

Il y a quelques années, quand un Allemand déclarait vouloir partir travailler en Pologne, il entendait en règle générale : "Tu es fou ?!" Aujourd'hui, plus personne ne s'étonne. Les chômeurs allemands, en particulier ceux de la zone frontalière de l'ancienne RDA, y voient la possibilité de trouver un emploi fixe, et les jeunes diplômés une opportunité d'avancement professionnel et de missions plus ambitieuses....

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Londres et l'UE proches du point de non-retour

Londres et l'UE proches du point de non-retour | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et aujourd'hui, un groupe de onze ministres des Affaires étrangères, tout le monde semble considérer que la solution pour sortir de la crise passe par une plus grande intégration.

La Grande-Bretagne, elle, continue de faire bande à part, et le fossé qui la sépare de l'UE risque bien de devenir infranchissable, écrit le spécialiste des questions européennes du Guardian, Ian Traynor.

 

Il est impossible de savoir quand et comment tout cela va se terminer. Mais au fil des semaines, alors que l’Europe s’enlise dans sa crise la plus grave, il devient de plus en plus évident que la Grande-Bretagne et le reste de l’Union européenne s’orientent dans des directions nettement différentes.

Les esprits y ayant été préparés par près de trois ans de crise de l’euro, Berlin réclame depuis des mois que l’on revienne sur les traités de l’UE afin de favoriser une grande mise en commun – ou un abandon, c’est une question de point de vue – de la souveraineté nationale pour ouvrir la voie à fédéralisation de la zone euro. Cela reviendrait à mettre en place un gouvernement central pour dix-sept pays, et peut-être plus, qui se verrait doté de pouvoirs dans le domaine fiscal et budgétaire. Ce dont Londres ne veut pas entendre parler.

 

La semaine dernière, la Commission européenne a approuvé le projet allemand, tout en dévoilant une législation problématique qui fait de la BCE le gendarme du secteur bancaire de la zone euro. Et la Grande-Bretagne ne veut pas en être non plus.

Le 18 septembre, le ministère allemand des Affaires étrangères a étendu son idée de fédéralisation de l’économie aux domaines des relations internationales et de la défense, dix autres ministères des Affaires étrangères lui emboitant le pas, soigneusement choisis pour incarner l’Europe moyenne hors Royaume-Uni. Des petits pays, des grands, des membres de la zone euro et d’autres, des Etats occidentaux fondateurs et d’autres plus nouveaux, d’Europe de l’Est. Il est probable que ce consensus qui rassemble onze pays va enfler jusqu’à représenter la majorité des 27. Et là encore, la Grande-Bretagne se distinguera. Parmi les onze, citons l’Allemagne et la France, les plus puissants, mais aussi l’Italie, l’Espagne et la Pologne, les plus grands Etats de l’UE après la Grande-Bretagne.

Autrement dit, l’isolement de Londres va en se confirmant, tandis que le gouffre entre les deux rives de la Manche devient de plus en plus insurmontable. Plus à regret que par colère....

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Maintenant les politiques n'ont plus d'excuse

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Le verdict de la Cour constitutionnelle allemande a mis fin à la première partie de la "guerre d’unification" européenne. Mais aujourd’hui s’ouvre une nouvelle phase : celle de la bataille pour convaincre les politiques nationaux d’accepter le transfert de souveraineté nécessaire à l’UE de demain. Par Andrea Bonanni, de la Repubblica à Rome.

 

Comme dans un jeu vidéo au scénario cauchemardesque, l’Europe a évité l’énième piège qui la menaçait et peut désormais accéder au niveau supérieur après avoir récupéré enfin ce "bazooka" anti-spéculation qu’elle attendait depuis un an.

La Cour constitutionnelle allemande a jugé que le nouveau fonds de sauvetage, le MES [Mécanisme européen de stabilité], n’enfreignait pas les prérogatives souveraines du parlement national. Les juges ont posé, c’est vrai, quelques conditions qui renforcent implicitement l’hégémonie allemande sur les affaires européennes, mais qui ne sont pas aussi dures qu’on aurait pu le redouter.

La sentence de Karlsruhe met sans doute fin à la première phase, la plus sanglante, de cette guerre d’unification européenne qui s’est heureusement livrée sur les marchés et non plus dans les tranchées. Mais il s’en ouvre une autre, plus délicate encore. Parce que la bataille s’étend aujourd’hui de la sphère économique à la sphère politique : depuis les institutions financières, elle gagne les parlements, les gouvernements, les bureaux de vote où, dans les années qui viennent, les démocraties seront appelées à décider de l’avenir du continent.

Grâce au courage et à la clairvoyance [du président de la BCE] Mario Draghi et aux décisions des chefs de gouvernement, aussi tardives fussent-elles, la zone euro a démontré dans les faits qu’elle jugeait l’euro "irréversible", comme le dit la BCE. Et s’est dotée des instruments nécessaires pour soutenir la monnaie unique. Cependant, ce serait une erreur grossière de croire que la guerre est gagnée. Le défi de la crédibilité de l’Union est simplement passé au niveau supérieur : il est passé de l’euro à l’Europe elle-même, de la monnaie au souverain qui la frappe. Et ce souverain se montre à l’heure qu’il est pour le moins indécis, et donc peu crédible.

L’urgence n’est donc pas derrière nous. Mais la nouvelle bataille qui s’engage est entièrement politique. Et se jouera simultanément à trois niveaux au moins.....

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L'heure n'est pas à "plus d'Europe"

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Mise en commun de la dette ? Union bancaire ? Union politique ? Autant de changements évoqués ça et là afin de résoudre la crise politique et économique que traverse l’Europe.

Mais les Européens ne semblent pas encore prêts à faire le pas vers davantage d’intégration.

Par Martin Winter, du Süddeutsche Zeitung.

 

Cet été, alors que se joue manifestement le dernier round de la crise de l’euro, l’envie est venue au monde politique allemand de disserter sur l’avenir de l’Europe. Les Sociaux-démocrates et les Verts [dans l’opposition] plaident pour une mise en commun de la dette européenne, avec une union bancaire et fiscale. En bref, ils voudraient céder à Bruxelles la souveraineté de l’Etat sur son budget. Quant à la CDU d’Angela Merkel, elle dit qu’elle souhaite faire de l’Europe une union politique – quoi que cela puisse signifier exactement. Et parce que tout cela altèrerait profondément la Constitution, elle prône aussi un référendum, rapide si possible.

Doucement, est-on tenté de dire. Il est vrai que l’Union européenne est mal préparée aux tempêtes du monde globalisé. Dans cette grave crise financière, sa structure politique est inadaptée, et elle s’est avérée instable. Mais avant d’aller sacrifier dans la précipitation le cœur de la souveraineté nationale, il serait bon de se demander s’il existe un autel sur lequel sacrifier quelque chose.

Au-delà des frontières allemandes, aucun Etat ni aucun autre peuple européen serait prêt, dans sa grande majorité, à renoncer à la souveraineté nationale et à faire le pas vers un Etat fédéral européen. Il n’est d’ailleurs pas certain que les Allemands eux-mêmes accepteraient finalement d’abandonner leur souveraineté.

Cette crise n’a pas rapproché les peuples européens, elle n’a fait que les rendre plus sceptiques vis-à-vis du projet européen. Il y a sept ans, le projet de Constitution européenne, qui ne touchait quasiment pas à la souveraineté nationale, a lamentablement échoué à l’épreuve de divers référendums [en France et aux Pays-Bas]. Un accord qui réduirait les nations européennes à des Etats fédérés serait sans aucun doute voué à un sort au moins tout aussi triste.

Les désirs ne peuvent masquer la réalité. Même si on parvenait à convaincre quelques peuples de confier les éléments clés de leur souveraineté à une autorité centrale européenne, la nouvelle Europe serait plus petite, beaucoup plus petite que l’Europe actuelle. Certains suivraient la Grande-Bretagne et quitteraient le navire. On aurait alors un petit noyau d’Europe vraisemblablement pas assez grand pour avoir un poids politique dans le monde...

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Les nazis du XXIe siècle

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Alors que Londres accueille les Jeux paralympiques, à Athènes le parti d'extrême-droite Aube Dorée se répand en incitations à la haine contre les personnes handicapées et les homosexuels, après s'en être pris aux immigrés et aux minorités ethniques.

Le gouvernement grec et l'Union européenne ferment les yeux sur ce phénomène qui n'est pas sans rappeler la montée du nazisme en Allemagne.  Par Laurie Penny, de the Independent.

 

"Vous êtes les prochains, après les immigrés". Voilà ce qu'on pouvait lire sur une série de tracts apparus cette semaine dans les clubs du quartier gay d'Athènes. Alors que les violences contre les immigrés et les minorités ethniques ne cessent d'augmenter dans tout le pays, les militants du parti Aube Dorée appellent aujourd'hui à s'en prendre aux homosexuels et aux personnes handicapées.

Ces nouveaux fascistes défilent en chemises noires avec leurs fusées éclairantes dans les rues d'Athènes, ils terrorisent les minorités ethniques et sexuelles, brandissent un emblème qui n'est rien d'autre qu'une swastika déroulée, et n'ont que mépris pour les institutions politiques. Et pourtant, dans toute l'Europe, ils ne sont toujours considérés que comme un symptôme de la crise économique grecque.

Il fut un temps où les voyous d'extrême-droite ne s'en prenaient aux immigrés que pendant la nuit. Aujourd'hui, ils opèrent au grand jour, sans crainte des conséquences tant elles sont rares. Le nombre et la gravité des attaques a augmenté ces dernières semaines et si les migrants déposent plainte auprès de la police, ils risquent de se faire arrêter.

Non seulement la criminalité contre les immigrés n'est pas considérée comme une priorité, mais en plus bon nombre des militants du parti Aube Dorée sont issus des rangs de la police. Des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote en mai 2012 ont montré que dans certaines circonscriptions urbaines, près de la moitié des policiers grecs avaient voté pour le parti raciste qui possède désormais 7% des sièges au Parlement....

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Alimentation : De la viande de cheval pour les pauvres d'Europe

Alimentation : De la viande de cheval pour les pauvres d'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le scandale de la viande de cheval a pris une dimension européenne. Or pendant que les pays européens se rejettent la faute, le problème sous-jascent, lui, demeure : en raison de la crise économique, les familles à faibles revenus achètent de plus en plus de la viande à bas prix.

Par Titia Ketelaar

C’est en Irlande et au Royaume-Uni que le problème a commencé : on a trouvé de la viande de cheval dans des burgers au boeuf, qui plus est dans des pays qui adorent les chevaux. Mais maintenant, le scandale alimentaire prend une dimension européenne. Si l’on trouve de la viande de cheval dans des produits des rayons irlandais et britanniques, celle-ci pourrait bien provenir d’abattoirs situés dans d’autres parties de l’Europe.

Comme à l’époque de la bactérie EHEC en 2011, tout le monde s’est aussitôt montré du doigt. L’industrie européenne de la viande représente un marché qui se chiffre à des milliards : aucun pays ne tient à se voir reprocher d’avoir trempé dans la magouille. L’Irlande montre les Polonais du doigt, les Polonais nient. La Suède accuse la France.

La France soupçonne Chypre, la Roumanie, de même que les Pays-Bas, de traiter des lots de viande mal étiquetés. Cette viande serait ensuite arrivée dans les usines irlandaises et britanniques de transformation de la viande. Qui livrent leur viande, entre autres, à Findus, société qui vend des plats cuisinés surgelés au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, en Norvège, en Finlande et en France.

“Le problème s’étend à toute l’Europe” a averti dès vendredi dernier Alan Reilly,  de la Food Services Authority, l’instance irlandaise chargée de veiller à la sécurité alimentaire. Hier, Owen Paterson, ministre britannique de l’Agriculture, a parlé d’un “complot criminel international”.

En soi, la viande de cheval n’est pas un aliment mauvais pour la santé. Et, comme l’a encore précisé Alan Reilly le mois dernier,  le tollé dans les pays amoureux des chevaux ne vient pas du simple fait que “la consommation de viande chevaline ne correspond pas à notre culture.”

Le problème, en l’occurrence, est qu’on ne peut pas remonter la filière de la viande jusqu’à un éleveur ou à un abattoir, qu’on ne sait pas comment elle s’est retrouvée dans les produits surgelés et depuis combien de temps cela dure...

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PAC : La révolution verte passe par l'Europe

PAC : La révolution verte passe par l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

La réforme de la Politique agricole commune, qui doit être conclue cette année, va dans le sens du développement durable et d’une plus grande équité.Mais elle est  menacée par la pression des lobbies agro-alimentaires, assure le fondateur du mouvement Slowfood, qui en appelle aux citoyens et eux eurodéputés.  

 

L’espoir d’une agriculture européenne plus soucieuse de l’environnement, et donc plus juste, tant pour le contribuable que pour ceux qui optent pour des modes de production durables, vient de prendre un mauvais coup. Le 28 janvier, une étape décisive a été franchie à Bruxelles dans la procédure longue et complexe qui débouchera, à compter de 2014, sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC) : l’instrument qui décidera de l’avenir de notre alimentation.

Depuis 50 ans, la PAC mobilise près de la moitié du budget européen. Sa réforme est l’occasion d’un changement de paradigme vers une agriculture moins orientée vers le productivisme et plus respectueuse des territoires, des ressources naturelles, des agriculteurs et des citoyens. Jusqu’à présent, on a donné la préférence à des pratiques agricoles nuisibles à la fertilité des sols, à l’environnement, aux paysages, à la relève des générations et à la biodiversité, mais aussi profondément iniques à l’égard des pays tiers moins favorisés.

Ainsi, sans en avoir conscience, les Européens se sont vu soutenir un système productif malsain, pour lequel ils paieront au bout du compte deux fois : une première fois pour les subsides, une seconde pour réparer les dégâts causés : de la santé à la sécurité des territoires en passant par la qualité de l’air, de l’eau, des sols et des aliments. La vieille PAC aura été un fiasco total....

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Portugal : La troïka au pied du sapin

Portugal : La troïka au pied du sapin | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L’image des “hommes en noir” qui contrôlent les finances du pays est utilisée dans un jeu et pour une publicité. Mais derrière cet humour se cache la crainte de voir la situation économique et sociale se dégrader encore davantage en 2013.

 

A Lisbonne, un nouveau jeu de carte intitulé “Voilà la troïka” est déjà en vente dans quelques magasins. Les règles sont simples : les joueurs essaient de protéger les millions gagnés grâce à leur influence, ils tentent de remporter des élections et cherchent à se mettre à l’abri avant qu’une carte maléfique n’apparaisse et ne déjoue tous leurs plans. C’est la carte des trois hommes en noir à la mine patibulaire, la troïka, qui s’empare de tous les gains.

Dans les centres commerciaux, une publicité annonce qu’une nouvelle carte de crédit permet de payer en trois mensualités les achats de Noël. Le slogan déclame, non sans ironie : “Si la troïka apprends ça…” Autrement dit, il vaudrait mieux qu’elle ne sache pas que malgré tout, nous gaspillons le peu d’argent qu’il nous reste (ou qu’elle nous accorde).

Au Portugal, les blagues et les plaisanteries récurrentes servent à conjurer l’asphyxie économique et humaine.

 

Car les fêtes de fin d’année ne vont pas être faciles. Les fonctionnaires ne toucheront pas de bonus à Noël et en janvier 2013, les nouvelles mesures et restrictions budgétaires entreront en application. Il s’agit de la loi de finances la plus polémique et restrictive que le pays ait connue au cours de l’histoire récente : une hausse radicale des impôts est prévue, équivalente en moyenne au retrait d’un mois de salaire.

Selon la Confédération portugaise du commerce et des services, le commerce portugais va reculer de 10 à 15 % par rapport à 2012, qui a déjà été une année catastrophique. Certains négociants font la grimace et affirment que leurs ventes ont déjà chuté de 30 %. Les chauffeurs de taxi jurent avoir perdu 40 % de leurs clients alors qu’il passent toute la journée dans les rues....

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Union européenne : Ces frontières disparues méritent le Nobel

Union européenne : Ces frontières disparues méritent le Nobel | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L’attribution du Nobel de la paix à l’UE a laissé beaucoup de monde perplexe.

Pourtant, note le politologue José Ignacio Torreblanca, un voyage sur les vestiges de la longue “guerre civile européenne” commencée au XIXème siècle devrait suffire à la justifier.

 

Des frontières qui s’étiolent. Des frontières rouillées, oubliées, abandonnées. Des frontières dont personne ne se souvient. Une impressionnante série de photographies explique à elle seule pourquoi l’Union européenne a été récompensée par le prix Nobel de la paix. Elle explique aussi pourquoi, malgré la crise existentielle que traverse le continent, les Européens ont de nombreuses raisons de se réjouir.

Pour s’en convaincre, il suffit de penser pendant un instant au mur élevé par les Etats-Unis le long de sa frontière méridionale, ou aux chemins accidentés que trace le mur de séparation qu’Israël a construit, sans parler de la frontière entre les deux Corées. Ces trois démarcations sont purement et simplement un monument à l’échec, une illustration de l’incapacité de nombreux êtres humains à vivre en paix malgré leurs multiples origines, valeurs et convictions politiques ou religieuses.

Nous, les Européens, étions exactement comme ça autrefois. Ces bornes, clans et lignes de partage qui n’ont l’air de rien sont en réalité les témoins de millions de morts, les stigmates couverts du sang des centaines de milliers de jeunes qui ont donné leur vie pour défendre ces frontières, traversées par des millions de réfugiés et de personnes déplacées.

 

La génération de nos grands-parents sait de quoi elle parle, car ces enfants ont joué dans les décombres de ce que les historiens ont appelé “la grande guerre civile européenne”, un conflit qui, avec la France et l’Allemagne en son centre, a commencé en 1870 et s’est terminé en 1945 à l’issue de deux guerres mondiales. La génération suivante, toutefois, se souvient aussi très bien d’une Europe divisée en deux par un “rideau de fer”, d’après l’expression de Churchill.

Ce passé semble d’autant plus surprenant aujourd’hui : on se demande pourquoi toutes ces démocraties faisant partie de ce qui était la Communauté européenne, qui non seulement partageaient des valeurs politiques et des systèmes économiques, mais qui avaient aussi conspiré pour lutter coude à coude et dos à dos dans le cadre de l’Alliance atlantique, ont tant tardé à faire tomber leurs frontières, à unifier leurs monnaies et à supprimer les contrôles frontaliers. Les jeunes d’aujourd’hui ont tout naturellement intégré à leurs vies la liberté de mouvement et l’euro. Le reste du monde, toutefois, ne vit pas selon les mêmes règles.

L’Alsace et la Lorraine, Dantzig, les Sudètes ou le Danube, heureusement, n’ont plus aucun sens et sont devenus de simples événements historiques. Les Européens, malgré leurs problèmes, vivent une période semblable, voire meilleure que la “pax romana” dont a jadis profité l’Europe, à une différence près : si la romanisation a été imposée à feu et à sang, contre la volonté des peuples qui habitaient alors le continent, la “pax europæa” a été conclue pacifiquement en faisant appel au droit, à la démocratie et au respect de l’identité des peuples.

 

l est crucial de rappeler que les frontières ne se sont pas éteintes et n’ont pas disparu de mort naturelle. Le mur de Berlin est tombé par la volonté des citoyens d’Allemagne de l’Est, qui ont décidé de s’exprimer en descendant dans la rue pour aller demander asile dans les ambassades allemandes ou occidentales à Budapest et à Prague....

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Que se passera-t-il le jour d'après ?

Que se passera-t-il le jour d'après ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les élections régionales du 25 novembre devraient donner une majorité aux nationalistes catalans. Cependant, le référendum sur l'indépendance qu'ils promettent devra recevoir l'approbation de Madrid et le soutien des Catalans.

Par Josep Oliver Alonso, de El Periodico de Catalunya.

 

Le 25 novembre approche à grands pas. Quelle que soit l’issue du scrutin, cette date ne marquera pas la fin du débat sur l’avenir de notre région, ni la sortie du brouillard dans lequel se trouve la Catalogne. Les élections marqueront plutôt le début d’une longue période de redéfinition de nos relations économiques et politiques avec l’Espagne. En dépit de ce que beaucoup pensent actuellement, convaincus que tout pourra se faire rapidement, c’est un processus de longue haleine qui nous attend.

L’une des principales surprises de ces derniers mois en Catalogne tient à la rapidité avec laquelle une partie non négligeable du pays a cessé de juger l’union économique bénéfique, quoique difficile, et la rejette désormais radicalement. A croire que les miracles existent. Mais en économie comme ailleurs, il n’y a ni voie royale ni raccourci. Tout processus, s’il est sérieux et s'il se veut véritablement fondateur comme celui qui nous concerne, est forcément long et douloureux, marqué par des avancées et des reculs et, surtout, une issue incertaine.

 

Le coeur du débat

Le jour J approche mais aussi, et surtout, le jour J+1, qui est au fond le véritable enjeu de ces élections. Si l’on en croit les sondages, le spectre politique – hormis un fort recul possible pour le Parti socialiste catalan (PSC) – ne devrait pas connaître de grands bouleversements : le Parlement devrait être composé à une grande majorité de députés issus de partis favorables au référendum sur l’autodétermination (CiU, ERC et ICV), d’une importante minorité qui s’y oppose (PP et Ciutadans), avec entre les deux, le Parti socialiste catalan favorable au référendum à condition qu’il s’inscrive dans un cadre légal. Soit une écrasante majorité de parlementaires favorables à l’organisation d’une consultation. De ce fait, dès le lendemain de l’élection, ce sujet crucial sera immédiatement mis sur la table. Et c’est sur ce sujet que va se jouer la bataille des prochaines années...

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Obama-Europe, même combat

Obama-Europe, même combat | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le président fraîchement réélu et ses homologues européens font face au même défi, estime l’éditorialiste en chef du Soir : prouver qu’une société tolérante et solidaire est toujours possible.

 

Les Américains ont (re)choisi mardi un président qui leur propose une société tolérante et solidaire. Cette société dont les Européens ont fait leur modèle depuis des décennies, et dont ils revendiquent la paternité. Aujourd’hui, par un curieux concours de l’histoire, les deux camps doivent livrer le même combat et relever le même défi : prouver que ce projet de société est réaliste, et toujours jouable.

Le président américain devra se battre pour imposer cette solidarité à une grande partie de la société américaine, qui ne veut pas d’un filet de sécurité institutionnalisé pour tous et qui préfère les gratifications au mérite. Les Européens, eux, doivent se démener, pour conserver leur système de sécurité sociale pour tous, dont on rabote les modalités, pays par pays.

Obama et les leaders européens ont tout intérêt à unir leurs forces et leurs réflexions pour trouver une manière de préserver leur projet politique : cette société solidaire où, comme le dit Obama, chacun a sa chance, peu importe qu’il soit riche ou pauvre, Noir ou Blanc, malade ou bien portant, homo ou hétéro.

Leurs ennemis sont identiques : des déficits budgétaires abyssaux, une crise économique profonde et structurelle, la “romneysation” de nos sociétés.

L’individualisme, nourri par la crise économique, vit désormais de la même manière des deux côtés de l’Atlantique, poussant au tri dans l’attribution des “avantages” sociaux, entre ceux qui les méritent (les travailleurs) et les autres (les “assistés”)...

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Pour Londres, le vrai test de l'appartenance à l'UE commence

Pour Londres, le vrai test de l'appartenance à l'UE commence | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le 31 octobre, conservateurs eurosceptiques et travaillistes ont voté un amendement demandant une réduction du budget de l’UE.

Un échec pour le Premier ministre David Cameron, acculé dans une position intransigeante qui sera difficile à tenir lors des négociations à venir. Mais c’est un risque à prendre, assure le Daily Telegraph. Le vote de la Chambre des communes réclamant une réduction du budget de l’UE pourrait bien faire date après quarante années d’appartenance de la Grande-Bretagne à l’Union européenne. Si le gouvernement soutient que la décision prise hier soir n’a aucun caractère contraignant, il est indéniablement politiquement inconcevable que David Cameron accepte aujourd’hui ne serait-ce qu’un gel des dépenses réelles lors des négociations qui se dérouleront à Bruxelles dans le courant du mois.

Avec le soutien d’autres Etats membres, David Cameron estime pouvoir obtenir un accord sur sept ans prévoyant l’ajustement sur l’inflation des revalorisations annuelles du budget de l’Union européenne. Mais cela reviendrait toujours à donner plus d’argent à l’UE ; et les députés sont visiblement las des promesses de réformes à venir. A l’heure où les ministères, les municipalités, les hôpitaux, la police et ainsi de suite sont tous contraints de réduire sérieusement la voilure, il est inacceptable que l’UE ne fasse pas de même. A vrai dire, la question ne devrait même pas faire l’objet d’un débat. La Chambre des communes a parlé au nom d’un pays à qui l’on demande de faire des sacrifices que la bureaucratie hypertrophiée de Bruxelles refuse d’envisager.....

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La réunification allemande est notre péché originel

La réunification allemande est notre péché originel | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
30 ans après son arrivée au pouvoir, le 1er octobre 1982, et 22 ans après la réunification allemande, le 3 octobre 1990, l’Allemagne célèbre l’héritage d’Helmut Kohl.

Mais pour Wolfgang Münchau, le chancelier de l‘unité allemande est aussi celui qui a semé les germes de la crise européenne actuelle.

 

Il était de retour, là, dans la salle du groupe CDU-CSU du Bundestag [le 25 septembre, pour lors d’une ses rares apparitions publiques à l’occasion d’une cérémonie en son honneur] . Lui, l'un des derniers grands européens des chrétiens-démocrates allemands, entouré d'un bataillon d'eurosceptiques l'applaudissant poliment lors de sa visite au Reichstag. Helmut Kohl craint aujourd'hui pour son grand rêve d'unité européenne. Et il a raison.

Grand amateur de métaphores, Helmut Kohl ne manquait jamais une occasion de nous parler des deux faces d'une même médaille : l'unité de l'Allemagne et celle de l'Europe. La formule était accrocheuse et il est probable qu'il aurait lui aussi bien aimé y croire. Elle s'est toutefois révélée fausse. L'unité allemande n'est pas le revers de l'unité européenne mais plutôt son antithèse. La réunification allemande n'est pas seulement une des causes profondes de la crise européenne, elle est aussi à l'origine de notre incapacité à en sortir. Telle est en effet la tragédie de l'ancien chancelier : la réalisation de son grand œuvre politique (la réunification allemande) portait en elle la destruction de son plus grand rêve politique (l'unité européenne).

La réunification précipitée de l'Allemagne a coûté près de 2 000 milliards d'euros de transferts sociaux. C'est le plus bel exemple de mauvaise gestion économique au monde. Un record sur le point d’être battu par le désastre européen. Comment s'étonner que les citoyens allemands qui ont déjà dû (et doivent encore) payer pour la réunification, refusent aujourd'hui de continuer à mettre la main au portefeuille pour l'Europe?

Je suis absolument convaincu que l'ancienne république fédérale, non réunifiée, aurait mieux su gérer la crise de l'euro. Nous aurions une union bancaire et budgétaire et la dette de la Grèce aurait été effacée. L'intégration européenne était l'ultime raison d'être de l'ancienne république fédérale. La crise aurait été l'occasion d'un renouveau institutionnel de l'Union européenne....

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Surprise, on n'est pas sorti de la crise !

Surprise, on n'est pas sorti de la crise ! | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Après une période de trêve relative et d’optimisme, les marchés semblent vouloir sanctionner à nouveau les pays les plus fragiles de la zone euro, et les tensions sociales se ravivent.

Ceux qui pensaient que de modestes changements de politique allaient résoudre une crise structurelle se sont lourdement trompés, explique un économiste. Par Mario Deaglio, de La Stampa de Turin.

 

L’arrivée de l’automne le 23 septembre, a sonné non seulement la fin de l’été pour le commun des mortels, mais aussi pour les marchés financiers. De Tokyo à New York, en passant par l’Europe, les cours de la bourse sont presque partout en net repli.

Que se passe-t-il ? Les marchés internationaux paient le prix de la fin de trois illusions qui les ont accompagnés au cours de l’été. La première, plutôt infantile mais néanmoins très répandue, pourrait s’appeler "l’illusion de la baguette magique". Il s’agit d’une déformation mentale qui conduit à penser que les gouvernements et les banques centrales sont capables, en l’espace de quelques semaines ou de quelques mois, d’inverser des tendances négatives enracinées depuis des années. Il suffirait pour cela d’une petite disposition règlementaire de quelques lignes, de l’amendement de quelques lois peu pratiques et tout repartira comme avant ; le jardin des délices (financiers) se remettra à produire ses fruits merveilleux.

En réalité, la crise que nous vivons depuis cinq ans est un phénomène bien plus grave, ses bacilles se retrouvent partout ou presque, dans l’économie et dans la société, et pas seulement dans les cours de la bourse. Et il faudra des années pour en venir à bout, si tant est que ce soit possible. Les mesures d’assainissement sont un parcours semé d’embûches. Les acteurs des marchés financiers qui ne veulent pas le croire risquent d’en être pour leurs frais.

La deuxième illusion des marchés est liée à la première et veut que, baguette magique ou non, le remède capable de faire repartir l’économie réelle soit déjà trouvé – lequel aurait des répercussions immédiates et positives sur la bourse. En réalité, les remèdes proposés sont au nombre de deux et, pour l’instant, aucun n’apporte de solution : le premier est l’injection massive de liquidités, solution retenue par les Américains, qui permet tant bien que mal de maintenir l’économie américaine à flot mais s’avère incapable de la faire véritablement repartir ; le second est le mélange européen d’austérité budgétaire (aujourd’hui) et de mesures de relance de la production avec des comptes publics assainis (demain)...

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A la cour des miracles d'Exarchia

A la cour des miracles d'Exarchia | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Fief historique des anarchistes au coeur d’Athènes, la place est un thermomètre de la société grecque pendant la crise.

Trafics et violences s’y développent entre les squats artistiques et sous le regard de la jeunesse chic venue humer l’air de la contestation. Par Nikos Hasapopoulos.

 

L’Albanais devenu homme d’affaire prospère et la jeune fille du quartier cossu d’Ekali transformée en petite fauteuse de troubles. Le bon vieil anarchiste renvoyant les pseudo-révolutionnaires néophytes à leurs études, l’hôtelier chypriote meilleur ami des touristes japonais ou l’ancien détenu devenu organisateur d’événements culturels : tous se retrouvent autour du terrain qu’un cacique du PASOK [le Parti socialiste grec] voulait transformer en parking, aujourd’hui point de ralliement des adolescents de la capitale, venus goûter au mythe de la place Exarchia.

Au coeur d’Athènes, tel un serpent qui change de peau, elle se transforme au quotidien, mélange les races, ouvre et ferme (à coups de cocktails Molotov, bien entendu) des commerces, veille sur ses restaurants Le Rosalia et Le Floral, ou encore sur le cinéma Le Riviera. Sans parler de ses deux kiosques, de la statue des amoureux et de deux ou trois choses encore. Une visite tardive permet d’y constater les effets de la crise mais aussi d’y retrouver les caractéristiques immuables d’Exarchia, le territoire grec le plus agité depuis la chute de la dictature et qualifié comme tel par le Département d’Etat américain !

Il est beaucoup de nuits où la place accueille des DJ amateurs ou des groupes de musique, mais toujours de la musique forte : “Nous voulons de la musique forte et des happenings pour repousser les junkies, les vendeurs de contrefaçons et la mafia albanaise”, explique un organisateur de concert. Malgré la musique assourdissante, la place accueille aussi les petits jeunes qui jouent au ballon, boivent des bières et discutent en petits groupes, de tout sauf de politique ! La nuit, sur la place Exarchia, le débat politique est presque inexistant !

Comment discuter politique si, dès 23 heures, les Mini-Cooper, les cabriolets BMW et les Audi descendent des quartiers huppés pour déverser leurs jeunes occupants dans les cafétérias de la place ? Ce sont souvent des bandes de filles, perchées sur des talons de 15 centimètres ou chaussées de sandales Tod’s, en tenues Prada et sacs Louis Vuitton. Elles boivent des bières, profitant, juste le temps d’une nuit, de l’atmosphère mythique de la place Exarchia. Parfois, une odeur d’herbe s’élève des tables voisines, où un groupe en tee-shirts floqués de messages révolutionnaires, complimente leurs coiffures....

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Mais quel est "votre point de vue sur l'Europe" ?

Mais quel est  "votre point de vue sur l'Europe" ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les citoyens européens ont sûrement une opinion sur des sujets comme la réglementation de la finance ou celle du prix des fruits et légumes. Voire une idée sur ce que sera l’UE en 2020.

Ils peuvent les exprimer sur un site lancé par la Commission européenne. Même si elles ne sont pas toujours très convaincantes, constate un journaliste roumain. Par Gabriel Giurgiu, de Dilema Veche.

 

Lorsque je me retrouve à court de sujets sur l'Europe, je vais me percher sur l’une des branches de cet arbre touffu qu’est le portail de l'Union européenne, jusqu'à ce que je trouve un rameau douillet où je pourrai cueillir rapidement des sujets de reportage : la partie "Votre point de vue sur l'Europe".

En ce moment, par exemple, on y trouve 36 sujets qui attendent nos opinions, à nous, les quelque 500 millions de citoyens des Etats membres. On y trouve de tout pour tous, depuis le régime commercial à appliquer aux fruits et légumes d’origine communautaire, en passant par le dilemme sur le fait de savoir si les citoyens de l'UE doivent ou non manger des animaux clonés, jusqu'au futur des relations économiques avec les Etats-Unis. Sans oublier des questions d'intérêt beaucoup plus général, telle l'utilisation, payante ou non, des autoroutes.

 

Cette branche du site est relativement jeune, elle a bourgeonné il y a quelques années suite au tintamarre provoqué par les critiques sur le déficit démocratique, le manque de consultation publique et de participation citoyenne directe dans le processus décisionnel alambiqué de Bruxelles.

Mais l'initiative en elle-même n'incite pas à la plaisanterie. De très nombreuses propositions ont une portée financière directe dans certaines industries ou secteurs économiques. On peut raisonnablement supposer que mes compatriotes [roumains] intéressés par la proposition de réglementation des fonds spéculatifs seront moins nombreux que ceux qui ont (ou qui devraient avoir) une opinion sur les changements de politiques communautaires concernant la production de fruits et légumes. Je recommande ainsi une lecture (fût-elle en diagonale). Vous trouverez, j'en suis sûr, au moins un sujet qui vous poussera à laisser votre avis....

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La Bulgarie pourrait griller la politesse à la Roumanie

La Bulgarie pourrait griller la politesse à la Roumanie | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

La Bulgarie va-t-elle faire son entrée dans l’espace Schengen sans la Roumanie, alors que le dossier des deux pays a toujours été lié depuis leur adhésion à l’UE en 2007 ? La question se pose après les récentes déclarations de deux responsables de la Commission européenne.

"Vous êtes prêts pour Schengen", résume le quotidien populaire bulgare Standart après la visite à Sofia du président de la Commission européenne, le 31 août. José Manuel Barroso a déclaré que “le problème de l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen devrait être tranché en faveur des voisins situés au sud [de la Roumanie], car eux remplissent les critères”, laissant entendre que la Bulgarie pourrait prochainement faire partie de l’espace européen de libre circulation.

 

Le quotidien Monitor explique que "la question de l'adhésion bulgare à Schengen va être de nouveau examinée lors du conseil des ministres de la Justice et de l'Intérieur, à Bruxelles les 20 et 21 septembre. Selon des experts bulgares, Sofia recevra le feu vert à son adhésion et cela malgré les critiques grandissantes envers la Roumanie. Il y a un mois, l'ambassadeur des Pays Bas à Sofia, Karel Van Kesteren, s'est engagé à ce que son pays ne fasse plus obstruction à l'entrée de la Bulgarie dans Schengen"...

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