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UNION EUROPéENNE / ECONOMIE - La Commission européenne vient de publier ses prévisions économiques du printemps 2013 pour l'ensemble des pays de l'Union européenne ; et elles ne sont pas très bonnes. La Commission revoit ses prévisions à la baisse, et annonce une contraction de 0,4% du produit intérieur brut des 17 pays membres de la zone euro. Cependant, Bruxelles laisse filtrer une lueur d'espoir, puisque l'exécutif communautaire envisage une croissance de 1,2% dès l'année prochaine. Au regard de la situation économique, la Commission européenne rabaisse donc ses prévisions pour pratiquement tous les pays de la zone euro, y compris pour l'Allemagne. En ce qui concerne la France, qui voulait croire à une croissance très légèrement positive en 2013, la Commission prévoit au contraire une récession de 0,1%. Et en 2014, une croissance modeste de 1,1%. Le déficit, selon ces prévisions, continuera à se creuser, avec -3,9% en 2013 et -4,2% en 2014... ...
Le gouvernement serbe a donné son feu vert à l'accord en vue de normaliser les relations avec le Kosovo, paraphé vendredi sous l'égide de l'UE "La Commission considère que la Serbie a rempli le critère prioritaire consistant à prendre des mesures en vue d'une amélioration visible et durable de ses relations avec le Kosovo, écrit la Commission dans un rapport (en anglais) sur les discussions entre la Serbie et le Kosovo. En conséquence, la Commission recommande l'ouverture de négociations avec la Serbie pour une adhésion à l'Union."
Cette annonce est intervenue quelques minutes après le feu vert donné par le gouvernement serbe à l'accord Belgrade-Pristina paraphé vendredi dernier sous l'égide de l'UE, quatorze ans après la fin du conflit serbo-kosovar et cinq ans après l'indépendance proclamée par l'ancienne province serbe. Le compromis porte sur le degré d'autonomie accordé aux 40 000 Serbes du nord de ce territoire. Belgrade "a accepté le premier accord sur les principes qui réglementent la normalisation des relations, qui est le résultat du dialogue avec le Kosovo à Bruxelles. Le gouvernement a ordonné aux ministères (...) de prendre les mesures nécessaires pour mettre en œuvre l'accord et poursuivre l'application des accords déjà existants avec les représentants des institutions de Pristina", indique un communiqué du cabinet du premier ministre serbe, Ivica Dacic. Le Parlement serbe doit également se prononcer dans la semaine sur cet accord, mais la coalition au pouvoir dispose d'une confortable majorité et ne devrait pas rencontrer d'obstacle. L'Union européenne avait en effet conditionné le démarrage de négociations d'adhésion à un accord avec son ancien ennemi...
UNION EUROPÉENNE - La période de fortes instabilités que traverse l'Europe depuis la crise grecque semble sans fin. Elle réveille inévitablement une question récurrente si ce n'est existentielle, l'Europe a-t-elle encore un avenir? Déjà, lorsque l'Europe débordait de projets à la fin des années 80 et au début des années 90, de nombreux observateurs s'interrogeaient sur son avenir: l'union monétaire serait-elle viable sans fédéralisme budgétaire? Est-ce qu'une union économique et monétaire pourrait exister sans union politique? La chute du mur de Berlin et la fin du système bipolaire signifiaient une Europe enfin retrouvée mais posaient aussi cette délicate question: quelles sont les frontières de l'Europe, où s'arrête l'Europe? À chaque étape cruciale de la construction européenne, la question du devenir de l'Europe s'est posée. Ce questionnement récurent est inévitable puisque la construction européenne est un processus gradualiste, itératif, inachevé. Le champ des possibles demeure toujours très ouvert et conséquemment l'incertain fait partie de la dynamique européenne. L'objet Europe est d'autant plus difficilement définissable qu'il y a un grand nombre de bâtisseurs. On connaît la fameuse réplique de Kissinger: "l'Europe, quel numéro de téléphone?". Que répondre à cette question sinon qu'il y a eu 6, puis 9, 10, 12, 15, 25 et qu'il y aura bientôt 28 numéros de téléphone, tandis qu'au niveau institutionnel le leadership est partagé entre plusieurs présidences, celle du Conseil européen, de la Commission, de l'Eurogroupe, des Affaires étrangères. Cette sur-abondance d'acteurs pose inévitablement problème car chacun (ou presque) possède son propre horizon européen. Le futur de l'Europe n'est donc pas consensuel, il est potentiellement conflictuel. Cette Europe des États est notre histoire au long cours, histoire qui pesait lourdement hier, et pèse encore aujourd'hui. En ce cinquantenaire du Traité de l'Elysée, et sans bien sûr minimiser le chemin parcouru depuis l'après seconde guerre mondiale par ces deux pays, ces deux peuples au nom de l'unité européenne, il est frappant de constater que la France et l'Allemagne continuent d'évoluer sur des planètes différentes. ...
Euro-zone factories continued to lose momentum and unemployment rose to record levels, casting doubt on hopes for an economic rebound later this year. New evidence on the poor state of the economy could increase pressure on the European Central Bank to ease monetary policy at its monthly meeting Thursday, after a minority of the bank's board wanted a cut in rates at the previous meeting. Markit, a data provider, said Tuesday its gauge of activity in euro-zone factories fell at the fastest rate in three months in March. The fall adds heft to evidence that the euro-zone economy shrank in the first quarter of the year, which would mark its sixth consecutive quarter of contraction, exceeding the length of the 2008-2009 downturn sparked by the global financial crisis. A subindex measuring factories' intake of new orders also fell to a three-month low, pointing to weakness in euro-zone factories in April and beyond. "The euro-zone manufacturing sector looks likely to have acted as a drag on the economy in the first quarter, with an acceleration in the rate of decline in March raising the risk that the downturn may also intensify in the second quarter," said Chris Williamson, Markit's chief economist... Some 33,000 more people were out of work in February, leaving the jobless rate unchanged at 12.0% of the workforce. January's rate was revised higher, also to 12.0%, the highest figure in Eurostat's database. Unemployment in January jumped by 222,000, according to the revised figures, marking the sharpest rise in joblessness in 10 months. EU Social Affairs Commissioner Laszlo Andor said the level of unemployment in the region is unacceptable and urged governments to act. Member states must use "all available instruments to create jobs and return to sustainable growth," in particular to contain youth unemployment, he said in a written statement. "Such unacceptably high levels of unemployment are a tragedy for Europe and they signal how serious a crisis some euro-zone countries are now in."...
Affirmer comme beaucoup le font aujourd’hui que le climat politique qui règne en Europe ces derniers temps nous renvoie aux heures sombres de notre passé continental, voilà qui n'a pas grande originalité. Crise économique et sociale, défiance à l'égard des partis traditionnels, adhésion à des discours d’exclusion : dès lors qu'on fait le choix de regarder en arrière, tout nous ramène vers les années 30. Jusque-là, personne n'avait songé à creuser beaucoup plus profond dans notre Histoire commune. Personne, jusqu'à ce que David Engels, notre invité ce matin, ait une illumination : et si les soubresauts actuels de l'Union européenne n'étaient rien d'autre qu'une redite de la chute de la République romaine ? David Engels est bien placé pour tenter la comparaison : il est titulaire de la chaire d'Histoire romaine de l'Université libre de Bruxelles Dans un livre mal intitulé « Le déclin : la crise de l'Union européenne et la chute de la république romaine », publié aux éditions du Toucan, il dresse une série d'analogies entre Rome avant l’empire et l’Union européenne avant le pire. L’une comme l’autre ont traversé, ou traverseraient, une grave crise d’identité : manque de repères culturels, ouverture aux autres mal maitrisée. Rome s’en est sortie en renonçant à la République pour se livrer à Octavien, qui deviendra le premier empereur sous le nom d’Auguste. L’Europe, nous dit ce jeune historien, n’a pas d’autre alternative : elle doit se transformer en un pouvoir plus fort, plus centralisé, moins démocratique. Durée de l'émission: 90 minutes
Le Mouvement 5 Etoiles du comique blogueur a été la révélation des élections de fin février. Son programme anti-establisment et ses méthodes de “démocratie numérique” sont partagées par de nombreuses formations en Europe, qui pourraient faire front commun lors des élections européennes de 2014. Par Ferruccio Sansa | Emiliano Liuzzi Beppe Grillo a un objectif : l’Europe. Alors que la politique italienne peine à se remettre du tsunami qui vient de la secouer, chez lui, à Gênes, le leader du Mouvement 5 Étoiles vole déjà par la pensée au-delà des frontières. Son objectif déclaré est désormais d’exporter son expérience vers d’autres pays européens où la crise politique et économique est semblable à celle que traverse l’Italie. “Nous ne pouvons pas penser que nous avons fait tout ça pour nous arrêter ici, à Rome. On doit aller plus loin et notre objectif, c’est Strasbourg en 2014, le Parlement européen. Parce qu’il y a une nécessité similaire à celle de l’Italie et parce que si nous prenons pied en Europe, ce sera un changement déterminant pour toute notre époque”, a-t-il déclaré à ses partisans. Velléitaire ou visionnaire ? Ces dernières semaines, l’objectif est devenu nettement plus concret depuis que les discussions sur le réseau social Meetup se sont étendues au-delà des frontières et des langues. Une “révolution”, disent les participants, “une espèce de Mai ’68 qui aurait la Toile pour vecteur”. “Nous venons tout juste de commencer”, expliquent Grillo et les siens à ceux qui les écoutent ces jours-ci, et qui ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire : le Mouvement 5 étoiles (M5E) a des contacts surtout dans les pays de l’Est — en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. Mais ses regards se tournent particulièrement vers la Grèce, l’Espagne, le Portugal : “C’est en ce sens que je répète que nous venons à peine de commencer”... En Europe, la presse reste divisée au sujet de Grillo. Manuel Castells, de La Vanguardia écrit que “le caractère expérimental de ce projet qui s’en prend à la politique traditionnelle est bien clair. Il a été soutenu par des millions de personnes et par une grande partie des jeunes qui s’identifient avec le désir de sortir de l’impasse des manipulations et de l’opacité engendrées par la délégation des pouvoirs. Or ce sentiment de distance croissante entre les société civiles et les institutions politiques se répand aussi en Espagne”. L’Espagne, justement. Un des points de départ de ce que pourrait être la propagation des idées du M5E en Europe. Le 15 octobre 2011, les rues et les places s’étaient remplies de jeunes qui réclamaient un monde nouveau. C’étaient les Indignados espagnols, les Indignés français ou les Occupy Wall Strett américains. Ils étaient des milliers. En Italie, il y eut quelques magasins pillés, la police matraqua ici et là, et puis plus rien....
Bruxelles prévoit que la zone euro verra son PIB baisser de 0,3% en 2013. En France, le déficit devrait atteindre 3,7%, bien loin de l'objectif de 3% qu'espérait le gouvernement. La zone euro sera de nouveau en récession cette année, avec une baisse de 0,3% du PIB, et la reprise interviendra en 2014, selon la Commission européenne qui a revu à la baisse ses prévisions vendredi. En novembre, la Commission tablait encore sur une sortie de la récession cette année, avec une très faible croissance de 0,1%. Elle prévoit une reprise seulement en 2014, avec une croissance de 1,4% en zone euro et de 1,6% pour l’ensemble de l’Union européenne. «La faiblesse de l’activité économique à la fin de l’année 2012 se traduit par un point de départ bas pour cette année», souligne la Commission, qui prévoit une amélioration «graduelle» au cours de l’année 2013. Concernant la France, la Commission prévoit que le déficit atteindra cette année 3,7% du PIB, loin de l’objectif des 3% imposés par Bruxelles, et sera encore plus important en 2014 à 3,9%. Lors de ses précédentes prévisions en novembre, la Commission tablait sur un déficit de 3,5% en 2013 et 2014. Selon Bruxelles, la croissance de la France sera quasiment nulle cette année, à +0,1%, avant de repartir en 2014 avec 1,2%. La reprise sera tirée initialement par la demande extérieure, selon la Commission. «Il est prévu que l’investissement et la consommation intérieures reprennent plus tard dans l’année, et en 2014 la demande intérieure devrait prendre le relais comme principal moteur pour renforcer la croissance», ajoute Bruxelles. Le chômage va encore s’aggraver dans la zone euro cette année et devrait dépasser les 12% de la population active, selon les dernières prévisions économiques de la Commission européenne publiées vendredi....
"L'intérêt national est en train de prendre le pas sur l'intérêt européen", regrette le président français. Budget, projet, Mali, les temps forts de son discours. Le président français a prononcé mardi 5 février son premier discours devant les députés européens, réunis à Strasbourg. Il s'est exprimé sur sa vision de l'Europe, à deux jours d'un sommet européen consacré au budget de l'UE qui s'annonce difficile. - Le "défi de la croissance" "Faire des économies oui, affaiblir l'économie non", a lancé François Hollande. "L'Europe ne peut se contenter d'être un marché, un budget, une monnaie". "C'est le défi de la croissance que nous devons relever", a-t-il exhorté. Avec, en tête, la lutte contre le chômage. "Il n'y aura pas de répit tant que 27 millions d'Européens seront au chômage", a-t-il martelé. Pour relever le défi de la croissance, le président français décline quatre principes : "un niveau de dépenses qui préserve les politiques communes", une "politique de cohésion pas seulement pour les pays bénéficiaires mais pour l'ensemble de l'Europe", une "politique agricole qui permette de renforcer une industrie précieuse" et de "respecter l'environnement" et un "cadre financier qui doit prolonger le pacte de croissance". - La dénonciation des égoismes nationaux Sur le budget européen, "un compromis est possible", estime le locataire de l'Elysée. "Mais il doit être raisonnable. Et dont il va falloir raisonner ceux qui veulent amputer le budget européen au-delà de ce qu'il est possible d'accepter", annonce-t-il. Le président français juge que "l'intérêt national est en train de prendre le pas sur l'intérêt européen". "Le montant des chèques et des rabais doit cesser d'augmenter", a averti François Hollande. David Cameron est prévenu. Mais le président français veut aller encore plus loin : "La prochaine étape que nous devons ouvrir c'est la coordination des politiques économiques nationales". - Quel projet ? "L'Europe différenciée" "S'il est vrai que la crise de la zone euro est désormais largement derrière nous, nous sommes loin d'en avoir tiré toutes les conséquences. Ce qui nous menace, n'est plus la défiance des marchés, mais c'est celle des peuples", affirme François Hollande. "Depuis trop longtemps, l'Europe doute d'elle-même"...
La France ne respectera pas son objectif de déficit en 2013, prévient Olivier Raingeard, chef économiste de la banque Neuflize OBC. Il plaide pour un assouplissement des politiques budgétaires aujourd'hui trop restrictives. Dans le cadre de la procédure dite du semestre européen, les Etats présenteront au mois d'avril leurs stratégies budgétaires à moyen terme et leurs programmes de réforme. Il apparaîtra que certains pays, dont la France et l'Espagne, ne respecteront pas leur objectif de déficit, respectivement de 3 et 4,5 % du PIB en 2013. La Commission européenne aura alors le choix entre formuler des orientations ciblées sur la consolidation budgétaire ou se concentrer sur les moyens de réduire les déséquilibres économiques des pays, tout en admettant la nécessité de relâcher à court terme la contrainte budgétaire. La seconde option doit s'imposer pour deux motifs. D'une part, la zone euro, avec un déficit moyen qui devrait s'inscrire sous les 3 % du PIB en 2013, est la plus avancée dans l'exercice de consolidation de ses finances publiques. Aux Etats-Unis, républicains et démocrates ne sont, pour l'instant, parvenus qu'à un accord a minima sur la falaise budgétaire, de telle manière que le déficit américain pourrait encore dépasser les 7 % du PIB cette année. En Angleterre, la reprise économique est tellement faible que le déficit devrait également atteindre les 7 %, ce qui contribue vraisemblablement à ce que se pose, de nouveau, la question existentielle de sa place dans l'Union européenne...
Le Prix Nobel d'économie américain ne voit "aucun signe de sortie" de la dépression pour la Grèce et l'Espagne. L'Europe constitue le principal risque pour l'économie mondiale en 2013, estime le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz dans une tribune publiée dans le quotidien Handelsblatt, mercredi 2 janvier. "Le vrai risque pour l'économie mondiale se trouve en Europe", a estimé M. Stiglitz, qui pointe notamment les difficultés économiques en Espagne et en Grèce. Ces pays "se trouvent dans une dépression dont on ne voit aucun signe de sortie". Pour sortir de la crise qui agite la zone euro depuis plusieurs mois, l'économiste américain rejette l'idée du pacte budgétaire, qui "n'est pas une solution", tandis que les rachats d'obligations d'Etat par la Banque centrale européenne (BCE) ne peuvent être qu'un "palliatif temporaire", selon lui. "Si la BCE fait de la poursuite des politiques d'austérité une condition à ses financements, cela aura pour seule conséquence d'aggraver l'état du malade." Jusqu'à présent, les responsables politiques européens ne sont pas parvenus à mettre en œuvre un vrai pacte de croissance pour les pays de la périphérie de la zone euro, poursuit Joseph Stiglitz. Pour 2013, l'économiste n'exclut pas de nouvelles turbulences dans la zone euro.
La présidence tournante de l'UE est devenue une institution vide. La faute à la crise et à l'évolution institutionnelle de l'Europe. Tous les six mois, c'est la même petite musique. Un pays quitte la présidence du conseil de l'Union européenne et un autre le remplace. Le sortant se félicite de son excellent travail et le nouveau «président» annonce qu'il va s'efforcer de réaliser un saut qualitatif dans l'intégration européenne. La fin de l'année 2012 et le début de l'année 2013 ne dérogent pas à cette tradition.
Chypre a, ce vendredi, rendu public le bilan de ses six mois de présidence. «Notre aspiration était d'amener un peu plus loin l'intégration européenne et je crois que les résultats importants de notre présidence sont une preuve de notre succès dans ce domaine», s'est félicité Andreas Mavroyannis, le chargé d'affaires auprès du président chypriote pour les affaires européennes. De son côté, l'Irlande, qui va assurer la présidence de l'UE à partir du 1er janvier, annonce déjà qu'elle entend «promouvoir la croissance et l'emploi».
Tout ceci fleure bon la propagande à l'ancienne et la langue de bois dont l'Europe sait tant faire usage. La réalité est différente. On peut d'abord discuter de «l'importance» du bilan de la présidence chypriote alors que les discussions autour du budget européen a déchiré les pays membres, que le Royaume-Uni menace de quitter l'Union, qu'il a fallu trouver une énième solution d'urgence qui ne règle rien à la crise de la zone euro et qu'enfin l'union bancaire demeure dans les limbes. Mais la véritable question n'est pas là. Le vrai problème, c'est que la présidence chypriote n'y est pour rien. «Son» bilan, que l'on trouvera résumé ici, ne lui appartient guère.
Nicosie n'est cependant pas plus en cause que ne l'était Copenhague ou Varsovie avant lui. Car que pouvait faire, de son propre chef, Chypre, ce petit pays de 800.000 âmes qui, pendant qu'il présidait officiellement l'Union européenne en crise, négociait avec cette même UE les conditions de son aide financière? Que pouvait faire la Pologne ou le Danemark, deux pays non membres de la zone euro, pour «donner l'impulsion» à une UE malade de sa zone euro? Et que pourra faire l'Irlande qui négocie actuellement dune réduction de plus de 60 milliards d'euros de sa dette bancaire auprès de l'UE et de la BCE pour imposer ses vues au reste des 26 pays de l'Union?...
Éditorial. Les Européens ont décidé que les marchés n'auraient pas la peau de l'euro. Et cela fonctionne. La spéculation s'est estompée. En cette fin 2012, les nuages se déplacent vers les Etats-Unis. La Grèce n'est plus l'épicentre de la crise financière mondiale. L'agence Standard & and Poor's a relevé la note du pays de six crans, la faisant passer de "défaut partiel" à B-. Une note médiocre, qui ne permet pas au pays de se financer sur les marchés, mais qui atteste d'une sortie de la zone de grand danger. Après cinq années de récession, bientôt six, de premiers signes positifs apparaissent : le pays pourrait renouer avec la croissance en 2014. Le salut des Grecs est bien sûr venu d'eux-mêmes : ils ont subi une purge sans précédent, qui a conduit à une chute du produit intérieur brut (PIB) de 20 % depuis 2008. Mais ce salut est surtout venu des Européens. Le basculement a eu lieu cet été, lorsque Angela Merkel a enfin arrêté sa doctrine : la Grèce ne sortira pas de l'euro, quoi qu'il arrive. La chancelière allemande s'est décidée, sur la pression de François Hollande, qui invoquait un devoir politique et de solidarité, conjuguée à celle de Mario Draghi, président de la BCE, qui mettait en garde sur les risques incalculables, pour le reste de la zone euro, de l'expulsion d'un de ses membres. M. Draghi a ensuite pu confirmer qu'il soutiendrait sans limite la monnaie unique. Cet été, donc, les Européens ont décidé que les marchés n'auraient pas la peau de l'euro. Et cela fonctionne. La spéculation s'est estompée. En cette fin 2012, les nuages se déplacent vers les Etats-Unis, à la peine pour s'accorder sur la "falaise budgétaire", tandis que le nouveau gouvernement japonais fait fonctionner dangereusement la planche à billets, à la recherche d'une croissance perdue....
Dans un climat social très lourd, plombé par le chômage et la pauvreté, ce budget vise à redresser les comptes publics du pays plongé dans la crise depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Cette politique de la rigueur à outrance est de plus en plus contestée par les économistes, perçue comme un frein à la reprise et dénoncée pour ses retombées sociales à long terme. Déjà, toutes les organisations humanitaires s'alarment : 12,7 millions de personnes sont en danger de pauvreté dans ce pays de 47 millions d'habitants, selon une récente étude européenne. Un chiffre qui pourrait grimper à 18 millions, presque 40 % de la population, dans dix ans, affirme un rapport de plusieurs ONG, dont Oxfam, "si les politiques d'austérité et les coupes sociales ne sont pas corrigées". "2012 a été l'année la plus difficile qu'il nous ait été donné de vivre", a admis cette semaine le chef du gouvernement de droite, Mariano Rajoy, qui, un an après son arrivée au pouvoir, ne parvient toujours pas à tirer les bénéfices de cette austérité draconienne. "2013 sera une année difficile, mais sera l'année de la stabilisation de notre économie", a-t-il promis. L'année à venir s'annonce pourtant tout aussi sombre, alors que la sortie de la récession dans laquelle est plongée l'Espagne depuis un an ne se profile toujours pas : le gouvernement attend un recul du PIB de 0,5 % en 2013, après 1,5 % cette année. Mais l'OCDE prédit déjà une contraction de l'économie de 1,4 % en 2013...
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Le plus petit Etat de l'Union européenne est exposé aux risques d'un secteur bancaire qui pèse presque autant que celui de Chypre ou de l'Irlande avant que ces derniers ne sombrent dans la crise. Un nouveau départ de feu dans la crise (les crises) européenne(s) ? C'est un risque que relève une étude de Natixis, publiée mardi 30 avril. "Malte présente de troublantes similarités avec Chypre, affirme l'économiste de la banque française Alan Lemangnen : petite économie très ouverte, l'archipel s'est progressivement spécialisé dans les services d'intermédiation financière pour devenir l'une des principales places offshore de la zone euro." Son système bancaire, le deuxième plus gros en Europe derrière le Luxembourg, pèse près de huit fois le produit intérieur brut de l'île (qui ressortait à 6,8 milliards d'euros en 2012, soit 0,08 % du PIB de la zone euro), un poids trop important pour pouvoir être englobé dans un plan de sauvetage. "Le système fiscal maltais, très accommodant, a permis de capter de nombreux dépôts non résidents, lesquels ont massivement afflué dans la lignée de l'entrée du pays dans l'UE" (en 2004), explique Alan Lemangnen. Résultat : le système est rapidement devenu hypertrophié, et un sauvetage serait insoutenable pour un gouvernement qui reste aux prises avec une politique de consolidation budgétaire (Malte était en procédure pour déficit excessif auprès de la Commission européenne jusqu'en février dernier). "Un scénario à la chypriote serait des plus probables, conclut Alan Lemangnen, si un sauvetage devait être envisagé". En d'autres termes, des contreparties draconiennes demandées aux épargnants (en grande partie étrangers), notamment une ponction possible sur les comptes bancaires...
La fracture entre pays développés et émergents a laissé la place à une économie mondiale à trois vitesses, estime le FMI. La reprise de l'économie mondiale évolue désormais à trois vitesses, selon les prévisions publiées mardi 16 avril à Washington par le Fonds monétaire international (FMI). Jusqu'au début de l'année 2013, la situation était duale : les pays émergents et en développement connaissaient des taux de croissance nettement supérieurs à ceux des économies dites avancées. Aujourd'hui, derrière un taux de croissance mondial de 3,3 % en 2013 et 4 % en 2014, le Fonds distingue trois types d'évolution : un groupe de pays en développement ( + 5,3 % en 2013 et + 5,7 % en 2014) qui parvient pour l'instant à maîtriser les risques de surchauffe liés aux prix élevés des matières premières, qui bénéficie de taux d'intérêt très bas et de flux importants de capitaux. Viennent ensuite les Etats-Unis dont l'économie redémarre franchement (+ 1,9 % et + 3 %) grâce à la demande intérieure et malgré la mauvaise gestion de leur déficit budgétaire, mais aussi le Japon qui a résolument mis le cap sur l'inflation et a mis le cap sur la relance. Enfin, loin derrière, la zone euro paralysée stagne, et sera même en récession cette année (- 0,3 % en 2013 et + 1,1 % en 2014).
Certes, les pays européens deviennent plus compétitifs en raison des mesures d'austérité qui y sont mises en œuvre, mais la faiblesse de leurs banques, la mauvaise tenue de leur dette souveraine et leur activité médiocre se combinent pour retarder leur convalescence...
La Slovénie, enfoncée dans la récession, se prépare à être la cible de la prochaine déferlante de boue financière. Les banques du pays vacillent, et les assauts spéculatifs sur le défaut de la dette souveraine slovène s’envolent. Le tout nouveau gouvernement espère encore passer entre les gouttes. Les « marchés » en sont déjà convaincus, ce qui en soit devrait suffire à ébranler suffisamment la Slovénie pour que la prophétie deviennent auto-réalisatrice : chute des investissements, hausse des taux d’intérêts et spéculation sur la dette. Bel indicateur de panique des investisseurs : les CDS. C’est un produit financier (complexe) qui sert d’assurance contre un défaut de remboursement. Donc plus le prix d’achat des CDS grimpe, plus les spéculateurs sont convaincus que l’emprunteur ne pourra pas rembourser sa dette. Un simple coup d’œil sur l’évolution des CDS sur la dette à 5 ans de Slovénie permet de réaliser l’état de défiance des financiers
CHYPRE - Jeudi 28 mars la petite île méditerranéenne va se réveiller dans l'inconnu à 10 heures du matin. Et sûrement bien plus tôt pour ses habitants s'ils veulent avoir une bonne place dans la file d'attente... En effet, après une fermeture des banques de 12 jours, quel comportement vont adopter les chypriotes quand les guichets rouvriront, à 10 heures tapantes (heure locale)? Vont-ils se précipiter pour retirer tout leur argent, au risque de faire "crasher" les établissements financiers ? Nicosie semble prêt à jouer le tout pour le tout, le bien-nommé gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, assurant qu'un "effort surhumain" était engagé pour mettre fin à la paralysie... Andorre, Suisse, Lettonie, Allemagne... Venus de tous les horizons, des représentants des banques européennes se bousculent depuis une semaine à Chypre pour séduire les clients qui s'apprêtent à quitter l'île. Moscou a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait étudier les conséquences pour ses intérêts. De nombreux e-mails auraient été envoyés à des entrepreneurs et fonds d'investissement chypriotes par des banques allemandes, maltaises ou luxembourgeoises, leur proposant une ouverture de compte "en moins d'une heure", indique Le Monde. Le quotidien explique également qu'une équipe spéciale de la Deutsche Bank a été envoyée à Nicosie. Elle serait notamment là pour démarcher les clients russes, dont les fonds à Chypre sont estimés à 31 milliards de dollars....
Si la BCE fermait le robinet des liquidités aux banques de l'île, Nicosie pourrait emporter dans sa chute les autres pays fragiles de la zone euro. Chypre : J - 3 avant le chaos ? La mise en demeure de Nicosie par la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 21 mars, qui menace de ne plus abreuver d'argent frais l'île, a déclenché le compte à rebours. Si aucun accord n'est trouvé d'ici au lundi 25 mars pour débloquer l'aide de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international dont Chypre a cruellement besoin - 10 milliards d'euros -, l'institution de Francfort fermera le robinet des liquidités. Et condamnera ainsi les banques du pays de l'île méditerranéenne.
Le scénario, hier écarté, d'une faillite du pays suivie de sa sortie de l'union monétaire, ressurgit. D'autant que l'option d'une aide russe a tourné court. Car, si les banques chypriotes étaient abandonnées à leur sort, l'Etat, aux abois, incapable de recapitaliser ces établissements à la taille disproportionnée (7,5 fois la richesse nationale), serait promis à la banqueroute. Déjà, le front de Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, perle de sueurs froides. Chypre, a-t-il signifié jeudi, représente "un risque systémique". Autrement dit, sa chute pourrait faire imploser tout le système financier de la zone euro.
Du "bluff", pensent certains. Le produit intérieur brut (PIB) de 17 milliards d'euros de l'île représente à peine le quart du chiffre d'affaires du distributeur Carrefour ! Certes, depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, les experts savent qu'un phénomène a priori contrôlable peut avoir un pouvoir de nuisance démesuré. Mais dans le cas de Chypre, les effets d'une contagion directe d'une faillite du pays semblent circonscrits...
Ce sont des élections italiennes mais dont ne dépend pas que le sort de l’Italie. Les Italiens élisent dimanche et lundi leurs députés et sénateurs, les deux Chambres dont sera issu leur prochain gouvernement, mais le résultat de ce scrutin dira, d’abord, jusqu’où peut aller aujourd’hui l’exaspération d’électeurs européens, toujours plus tentés, dans presque chacun des pays de l’Union, de donner leurs voix à des démagogues surfant sur leurs colères et leurs désarrois. On ne sait pas combien d’Italiens auront finalement cru aux promesses de Silvio Berlusconi mais le fait est qu’à 76 ans, usant et abusant de la chirurgie esthétique et des plaisanteries les plus grasses, l’ancien président du Conseil a réussi un come back en faisant miroiter une amnistie aux fraudeurs fiscaux et en s’engageant à supprimer une nouvelle taxe sur la résidence principale qu’il s’est même dit prêt, par écrit, à rembourser à ceux qui s’en sont déjà acquitté. Croulant lui-même sous les accusations de malversations et d’abus de mineures, il a tranquillement fait appel à ceux qui ne veulent pas payer leurs impôts et cela a marché puisqu’il a ainsi réduit de moitié son retard de dix points sur le Parti démocrate, le grand parti de centre gauche qui était donné largement gagnant il y a quelques semaines encore. Mais ce n’est pas tout. L’autre homme qui est mieux que bien parti pour vendre du vent aux Italiens est un comique reconverti en politique, Beppe Grillo, qui a fait une campagne triomphale en dénonçant gauche, centre et droite, tous des pourris, et promettant un retrait de la zone euro, l’internet gratuit pour tous et la semaine de vingt heures. Il a ravi des foules en extase, pourfend les Etats-Unis et préfère, mais oui, la mafia aux partis politiques car « la mafia n’étrangle pas, l’Etat et les partis, oui ». MM. Berlusconi et Grillo pourraient constituer la deuxième et troisième force politique italienne et l’on frémit à la seule idée qu’ils puissent empêcher, à eux deux, la constitution d’une majorité de gouvernement stable. L’Italie plongerait alors dans une paralysie économique et politique qui risquerait vite de compromettre la stabilisation de la monnaie européenne et d’ébranler à nouveau l’Union. Comme désormais toute élection nationale en Europe, ces législatives italiennes concernent toute l’Union, à la fois par ce qu’elles diront de l’état de l’opinion paneuropéenne et parce qu’elles pèseront sur les politiques européennes, sur des décisions collectives qui sont de plus en plus souvent les plus importantes... ...
D'après les chefs des quatre principaux groupes politiques du Parlement, l'accord trouvé vendredi "ne renforcera pas la compétitivité de l'économie européenne". "Ce n'est pas dans l'intérêt des citoyens européens", ont estimé dans un communiqué commun Joseph Daul (PPE, conservateurs), Hannes Swoboda (socialistes), Guy Verhofstadt (libéraux), Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit (écologistes). A l'issue d'un sommet marathon, les chefs d'Etat et de gouvernement européens avaient trouvé un accord dans la journée sur un budget d'austérité pour les sept prochaines années, en baisse pour la première fois dans l'histoire de l'Union européenne. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, s'en était félicité sur son compte Twitter. "Il y a un accord ! Le Conseil européen s'est mis d'accord sur un cadre financier pluriannuel pour le reste de la décennie. Cela valait la peine d'attendre", a écrit M. Van Rompuy à l'issue de plus de vingt-quatre heures de négociations. Peu après, le président du Conseil européen avait appelé le Parlement européen, qui doit se prononcer sur ce compromis, à "prendre ses responsabilités" et à ne pas voter contre. "Le budget européen n'est pas une opération comptable. La vie, la survie de régions, de groupes sociaux entiers en dépendent", a affirmé M. Van Rompuy. Cet appel semble donc être resté lettre morte. Pour expliquer les raisons de leur refus, les chefs des principaux partis du Parlement déplorent notamment "que M. Van Rompuy n'ait pas parlé, ni négocié avec nous au cours des derniers mois". Dans un communiqué distinct, le président de la commission des budgets, Alain Lamassoure (PPE), explique également les raisons de cette opposition : "De la crise, les dirigeants nationaux ont finalement tiré la conclusion que la solution passait par une Europe plus faible et moins solidaire. Au Parlement européen, nous en tirons la conclusion contraire." Il recommande à ses pairs "de remettre en cause" l'accord conclu vendredi car il prive l'UE "de toute marge de manoeuvre budgétaire pour sept ans"....
Pilier de l'économie chypriote, le secteur financier a été durement frappé par la crise grecque. L'Union européenne et le FMI préparent un plan d'aide. C'est vers l'un des plus petits pays de la zone euro que se tournent maintenant les regards européens inquiets, à quelques jours du scrutin présidentiel du 17 février. Chypre pourrait bientôt devenir le prochain Etat à bénéficier d'un plan d'aide européen, après la Grèce, le Portugal, l'Irlande et l'Espagne. Les discussions durent depuis six mois et les tergiversations du président communiste, Dimitris Christofias, ont retardé les échéances. Désormais, c'est l'Allemagne qui s'interroge pour savoir si elle doit payer pour les banques chypriotes et leurs riches clients russes. Chypre peut-elle devenir une nouvelle Grèce ?... Historiquement et linguistiquement, les rapports entre Chypre et la Grèce sont étroits. Si étroits que des banques hellènes ont investi à Nicosie - et vice versa - et que les banques chypriotes ont acheté une bonne part de la dette grecque. Quand, en mars 2012, la Grèce a réussi à alléger un peu son fardeau en restructurant sa dette auprès des banques, cela a coûté plus de 4 milliards d'euros aux établissements financiers chypriotes, qui avaient déjà accordé de nombreux prêts généreux à des clients et à des entreprises grecques souvent devenus insolvables. Les banques chypriotes tremblent et sont menacées de faillite. Mais une défaillance bancaire provoquerait un tsunami pour une île qui a construit sa croissance à partir de son secteur financier, au point que les avoirs des banques représentent plus de huit fois le produit intérieur brut (PIB) du pays. La mort dans l'âme, le président communiste, Dimitris Christofias, a dû appeler à la rescousse, en juin 2012, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier a proposé son cocktail désormais bien connu de mesures d'austérité : baisse des salaires et des retraites et hausse d'impôts. Un plan qui pourrait aggraver la récession et l'envolée du chômage, qui frappent déjà la population. L'apparition d'un taux de chômage à deux chiffres dans un pays qui n'a pas connu de problèmes d'emploiest un vrai traumatisme. L'Allemand Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), vient de tirer la sonnette d'alarme : "Des développements confus à Chypre pourraient saper les progrès réalisés en 2012 dans la stabilisation de la zone euro. Chypre pourrait se révéler être un risque systémique pour le reste de la zone euro, malgré sa taille."...
L'agence de notation Standard & Poors estime que « la confiance des investisseurs ne reviendra que si les Etats membres poursuivent le rééquilibrage de leurs économies ». L'Europe pourrait commencer à sortir de la crise des dettes souveraines en 2013, a affirmé l'agence de notation Standard & Poors dans une analyse publiée mercredi. « Cette année pourrait être décisive pour déterminer si la zone euro peut émerger de ses problèmes liés aux dettes souveraines », écrit l'agence de notation dans ce document intitulé « La crise de la dette en zone euro: 2013 pourrait être une année charnière ». « Néanmoins, nous croyons que la confiance des investisseurs ne reviendra que si les Etats membres poursuivent le rééquilibrage de leurs économies, à la fois en stabilisant structurellement les dettes publiques et en réduisant davantage les déficits extérieurs », selon Moritz Kraemer, analyste crédit chez Standard & Poors. Des risques perdurent Ces objectifs sont difficiles mais peuvent être atteints, poursuit l'agence de notation qui met toutefois en garde contre les risques qui perdurent et justifient selon elle le maintien de perspectives négatives sur une bonne partie des notes des pays de la zone euro. Standard & Poors est la seule agence qui ait retiré leur triple A, la meilleure note possible, aux Etats-Unis durant l'été 2011. C'est également elle qui la première a dégradé la note souveraine de la France, la rétrogradant en janvier 2011 d'un cran (de AAA à AA+), suivie à l'automne dernier par sa concurrente Moody's (de Aaa à Aa1). Source AFP
L'Union monétaire est sortie de la tempête. Mais la récession menace. Et certains pays restent particulièrement fragiles. Tour d'horizon. Il y a ceux qui pronostiquaient sa mort. D'autres sa déliquescence. Ceux qui misaient sur la sortie manu militari de la Grèce ("Grexit") pour cause de surendettement. Et puis ceux qui évoquaient, pour des raisons totalement opposées, une sortie de la Finlande ("Fixit"). Rien de tout cela ne s'est passé en 2012. La zone euro est restée debout. Les drames ont été surmontés. Parfois in extremis. Aujourd'hui, la plupart des économistes et des analystes, y compris anglo-saxons, à tendance eurosceptique, estiment que le grand danger qui menaçait la survie de l'union monétaire s'est éloigné. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), y est pour beaucoup. Ses mots durant l'été – "l'euro est irréversible" – et, surtout, la menace d'utilisation d'une arme monétaire dissuasive (le rachat sans limite de dettes d'Etat) qu'il a brandie ont déjoué la spéculation. Les dirigeants européens, en démontrant leur attachement à la Grèce, leur solidarité financière et en jetant les bases de l'union bancaire, ont aussi apaisé le climat. Mais si elle est sortie de la tempête, la zone euro n'est pas, pour autant, tirée d'affaire. En 2013, pas plus qu'en 2012, la croissance ne sera au rendez-vous. La récession restera ancrée dans les pays fragiles et contaminera toute la zone, frappant même les pays robustes comme l'Allemagne, où deux trimestres de croissance négative sont attendus fin 2012 et début 2013. En cause, notamment, les politiques d'austérité, qui, bien que de plus en plus assouplies, empêchent l'activité de repartir. Pour désendetter les Etats, l'effort budgétaire "structurel" (c'est-à-dire corrigé de l'effet du cycle économique) reste estimé l'année prochaine à plus d'un point de produit intérieur brut (PIB) pour l'ensemble de la zone euro. ..
Dans ses vœux de fin d'année, dont le texte a été transmis aux médias, la chancelière anticipe un environnement économique dégradé en 2013. Dans son allocution pour la nouvelle année, la chancelière allemande Angela Merkel avertit ses concitoyens que l'environnement économique sera "plus difficile" en 2013 qu'en 2012, appelant à la "patience" et au "courage" . "L'environnement économique ne sera pas plus facile, mais plus difficile l'an prochain. Cela ne doit pas nous décourager, mais au contraire nous stimuler", affirme Mme Merkel, dans son discours qui sera diffusé à la télévision lundi 31, décembre au soir et dont le texte a été transmis aux médias, dimanche soir. Evoquant la crise économique en Europe, la dirigeante de la première économie européenne a appelé à la patience. "Les réformes que nous avons décidées [en Europe] commencent à produire leurs effets. Mais nous avons encore besoin de beaucoup de patience. La crise est encore loin d'être surmontée", a estimé la chancelière, selon le texte diffusé par son service de presse. La dirigeante conservatrice, qui briguera un troisième mandat de chancelière aux élections législatives de septembre 2013, a néanmoins souligné que le chômage était au plus bas en Allemagne et le nombre d'emplois au plus haut depuis la réunification du pays, il y a vingt-deux ans....
L’image des “hommes en noir” qui contrôlent les finances du pays est utilisée dans un jeu et pour une publicité. Mais derrière cet humour se cache la crainte de voir la situation économique et sociale se dégrader encore davantage en 2013. A Lisbonne, un nouveau jeu de carte intitulé “Voilà la troïka” est déjà en vente dans quelques magasins. Les règles sont simples : les joueurs essaient de protéger les millions gagnés grâce à leur influence, ils tentent de remporter des élections et cherchent à se mettre à l’abri avant qu’une carte maléfique n’apparaisse et ne déjoue tous leurs plans. C’est la carte des trois hommes en noir à la mine patibulaire, la troïka, qui s’empare de tous les gains. Dans les centres commerciaux, une publicité annonce qu’une nouvelle carte de crédit permet de payer en trois mensualités les achats de Noël. Le slogan déclame, non sans ironie : “Si la troïka apprends ça…” Autrement dit, il vaudrait mieux qu’elle ne sache pas que malgré tout, nous gaspillons le peu d’argent qu’il nous reste (ou qu’elle nous accorde). Au Portugal, les blagues et les plaisanteries récurrentes servent à conjurer l’asphyxie économique et humaine. Car les fêtes de fin d’année ne vont pas être faciles. Les fonctionnaires ne toucheront pas de bonus à Noël et en janvier 2013, les nouvelles mesures et restrictions budgétaires entreront en application. Il s’agit de la loi de finances la plus polémique et restrictive que le pays ait connue au cours de l’histoire récente : une hausse radicale des impôts est prévue, équivalente en moyenne au retrait d’un mois de salaire. Selon la Confédération portugaise du commerce et des services, le commerce portugais va reculer de 10 à 15 % par rapport à 2012, qui a déjà été une année catastrophique. Certains négociants font la grimace et affirment que leurs ventes ont déjà chuté de 30 %. Les chauffeurs de taxi jurent avoir perdu 40 % de leurs clients alors qu’il passent toute la journée dans les rues....
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