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Après que les statistiques eurent confirmé l’entrée en récession de l’économie française, François Hollande a eu des mots justes. « La récession est européenne et la solution est européenne », a-t-il déclaré hier avant d’aller s’entretenir, à Bruxelles, avec la Commission européenne et ce constat comme la conclusion qu’il en tire ne sont guère contestables. Bien que l’Allemagne ait enregistré une très, très symbolique croissance de 0,1% au premier trimestre, c’est toute la zone euro qui est aujourd’hui en récession avec un recul moyen du Produit intérieur brut de 0,2%, celui-là même qui affecte la France. Allemagne comprise, tous les pays de la monnaie unique sont dans le même bateau et, si chacun d’eux doit remettre de l’ordre dans ses comptes, aucun d’eux ne pourra s’en tirer – non pas seulement sortir de la récession mais renouer avec une vraie croissance – en ne tablant que sur la réduction de ses dépenses dont le seul effet immédiat est de ralentir encore l’activité et de réduire les rentrées fiscales. La zone euro ne sortira de cette crise qu’en mettant ses moyens en commun, qu’en mutualisant ses emprunts pour en diminuer les taux et qu’en procédant, surtout, à des investissements paneuropéens dans les industries d’avenir, celle qui créeront les emplois de demain. François Hollande a, oui, cent fois raisons de dire que « la solution est européenne » mais pourquoi le murmure-t-il au lieu de le hurler et de prendre la tête d’un parti paneuropéen de la croissance européenne ? Pourquoi l’homme qui, durant sa campagne, avait su dire avant tout le monde que la rigueur était nécessaire mais mènerait dans le mur si elle n’était pas accompagnée d’un effort de croissance volontariste est-il aujourd’hui si discret, timide, elliptique, alors que les faits lui ont donné raison et que cette analyse est de plus en plus partagée, jusque dans les milieux financiers ? Cela parait incompréhensible, mystérieux, mais il y a une explication à cela... ...
Affirmer comme beaucoup le font aujourd’hui que le climat politique qui règne en Europe ces derniers temps nous renvoie aux heures sombres de notre passé continental, voilà qui n'a pas grande originalité. Crise économique et sociale, défiance à l'égard des partis traditionnels, adhésion à des discours d’exclusion : dès lors qu'on fait le choix de regarder en arrière, tout nous ramène vers les années 30. Jusque-là, personne n'avait songé à creuser beaucoup plus profond dans notre Histoire commune. Personne, jusqu'à ce que David Engels, notre invité ce matin, ait une illumination : et si les soubresauts actuels de l'Union européenne n'étaient rien d'autre qu'une redite de la chute de la République romaine ? David Engels est bien placé pour tenter la comparaison : il est titulaire de la chaire d'Histoire romaine de l'Université libre de Bruxelles Dans un livre mal intitulé « Le déclin : la crise de l'Union européenne et la chute de la république romaine », publié aux éditions du Toucan, il dresse une série d'analogies entre Rome avant l’empire et l’Union européenne avant le pire. L’une comme l’autre ont traversé, ou traverseraient, une grave crise d’identité : manque de repères culturels, ouverture aux autres mal maitrisée. Rome s’en est sortie en renonçant à la République pour se livrer à Octavien, qui deviendra le premier empereur sous le nom d’Auguste. L’Europe, nous dit ce jeune historien, n’a pas d’autre alternative : elle doit se transformer en un pouvoir plus fort, plus centralisé, moins démocratique. Durée de l'émission: 90 minutes
Le 7/9 Géopolitique par Bernard Guetta du lundi au vendredi de 8h16 à 8h19 Ce n’était pas tout à fait un Conseil comme les autres. D’ordinaire, lorsque les 27 chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union se réunissent en Conseil européen, les divergences sont minimisées quand elles n’ont pas déjà été aplanies en réunions préparatoires. D’ordinaire, il y a un consensus sur la nécessité d’afficher un consensus de fond tant on craint que des désaccords trop évidemment profonds ne soient interprétés comme un signe de désunion de l’Union mais, là, non, cette crainte n’a pas noyé le poisson et c’est tant mieux. François Hollande est arrivé hier à Bruxelles en disant on ne peut plus clairement qu’il fallait introduire plus de « souplesse » dans le processus d’assainissement des budgets nationaux, qu’il fallait, autrement dit, plus étaler dans le temps la réduction des déficits afin que le ralentissement des dépenses n’asphyxie pas durablement des économies européennes déjà très mal en point. « La souplesse est nécessaire si l’on veut faire en sorte que la croissance puisse être la priorité », a-t-il martelé alors que de l’autre côté, côté allemand, on s’en tenait fermement au credo de Mme Merkel aux yeux de laquelle non seulement une rapide réduction des déficits n’est pas incompatible avec la création d’emplois mais en est, au contraire, la condition sine qua non. C’est un débat qui n’oppose pas seulement la France et l’Allemagne mais deux camps européens dont Paris et Berlin sont les étendards. Ce débat fait rage dans toute l’Union et prend une telle ampleur que, comme il l’avait annoncé, le Parlement européen a rejeté mercredi le projet de budget pluriannuel que la majorité conservatrice du Conseil, Allemagne et Grande-Bretagne en tête, avait imposé le mois dernier aux Etats plus soucieux de la croissance. ...
La grande affaire n’était pas celle qu’on a dit. A l’issue, vendredi après-midi, de cet interminable Conseil européen consacré au prochain budget pluriannuel de l’Union – vingt-sept heures de marchandages continus et autres « retenez-moi ou je fais un malheur » – tout le débat a été de savoir qui avait remporté cette bataille. Etait-ce Angela Merkel, la chancelière allemande ? David Cameron, le Premier ministre britannique ? François Hollande, le président français, ou bien encore, c’était l’avis d’un grand quotidien, Angela Merkel et David Cameron qui auraient imposé l’austérité à François Hollande ? Les trois thèses sont en fait plaidables puisque chacun des trois, comme il se doit dans tout compromis, a marqué des points mais sans pouvoir imposer son point de vue initial. David Cameron peut se targuer d’avoir légèrement réduit le montant des engagements européens par rapport au budget précédent mais sans le faire descendre, et loin de là, jusqu’aux 840 milliards sur sept ans qu’il avait espérés. François Hollande peut se féliciter d’avoir empêché la Grande-Bretagne de couper les vivres à l’Union et d’avoir sauvé les intérêts français, agricoles au premier chef. Quant à Angela Merkel, elle peut s’enorgueillir d’avoir été au cœur de tous les arbitrages, s’appuyant alternativement sur Paris et Londres pour faire prévaloir une ligne de modération des dépenses qui n’allait pas jusqu’à priver l’Europe de tout moyen d’action. Dans ce Conseil, la seule vraie perdante aura été l’Europe, déchirée entre des visions contradictoires de son avenir et plombée par les égoïsmes nationaux sauf… Sauf que les chefs d’Etat et de gouvernement ne s’étaient pas encore dit au revoir que le Parlement européen est entré en scène pour leur demander, et sèchement, de revoir leur copie. Non seulement ce Parlement qui a le pouvoir de rejeter un projet de budget à la majorité qualifié a aussitôt déclaré qu’il ne le voterait pas « en l’état » mais il l’a fait par la voix des présidents de ses quatre principaux groupes, les socialistes, les conservateurs, les libéraux et les Verts....
La spectaculaire réussite de ce traité de l’Elysée est que sa signature n’a pas seulement permis à l’Allemagne et la France de définitivement enterrer un passé de guerres communes dont le souvenir était encore si vif en 1963. Moins de vingt ans après la fin de l’occupation, les ennemis d’hier ont su nouer aussi un dialogue permanent qui, quelles que soient leurs très nombreuses divergences, n’a jamais été rompu, n’a jamais cessé de se développer et sans lequel l’unification européenne n’aurait jamais progressé à un tel rythme. La création du Parlement, la monnaie unique, le front commun – trop tardif et tout ce qu’on veut – mais le front commun opposé aux séismes du krach de Wall Street et de la crise des dettes publiques, c’est le couple franco-allemand comme l’avaient également été, en politique étrangère, l’opposition aux missiles soviétiques de moyenne portée et à l’aventure irakienne de Georges Bush. C’est ce traité, ce sont la France et l’Allemagne qui ont substitué un processus d’unification continentale, toujours en cours, à des siècles de guerre qui avaient si longtemps ravagée l’Europe. La nouvelle donne qu’il a créée demeure indispensable à l’Union qui sans elle se déferait vite, mais les échecs de ce traité n’en sont pas moins patents. La France et l’Allemagne ont, en un mot, échoué à préfigurer à deux ce que devrait être l’Europe. Leurs syndicats, leurs partis, leurs associations professionnelles et culturelles auraient du se faire l’avant-garde d’une unification politique et sociale de l’Europe. Leurs jeunes générations ne communiquent pas dans leur langue mais en anglais. Airbus, même Airbus, ne peut pas faire oublier qu’il n’y a pas de politique industrielle franco-allemande et que l’Europe n’en a donc pas. Quant au rapprochement des politiques étrangères et à l’harmonisation sociale et fiscale, nul besoin – hélas ! – de dire ce qu’il en est...
C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe. Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées. Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession. L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs. Mais le plus incroyable est ailleurs. C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents. On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.... Durée de la chronique: 3 minutes
Dans sa revue de presse internationale, Marine de la Moissonière propose un éclairage sur la grève des personnels médicaux de la Communauté de Madrid. 6 hôpitaux et de 27 cliniques vont être privatisés. L'année prochaine, 1,5 millions de Madrilènes devront se soigner dans le privé. "Je m'appelle Belén Padilla. Je travaille à l'hôpital Gregorio Marañón. Je vous apporte ma démission." Cette scène s'est passée hier matin, au Collège des médecins de Madrid. C'est El País qui la raconte. Comme 150 médecins, Belén Padilla a décidé de ne plus faire partie d'aucune commission, ni d'aucun comité technique. Des comités auxquels elle appartenait pourtant depuis 20 ans. Pourquoi démissionner alors ? Pour protester contre la privatisation de 6 hôpitaux et de 27 cliniques, dans la Communauté de Madrid. Un décision approuvée hier, par le Parlement madrilène, et qui devrait officiellement permettre de faire 200 millions d'euros d'économies, rapporte El País qui fait les comptes. Ce sont environ 1,5 million de personnes qui seront soignées par le privé à partir de l'an prochain.
Les deux mois de bataille depuis l'annonce du projet n'y auront rien fait. Deux mois que relate le quotidien espagnol. Deux mois marqués par d'innombrables manifestations - les fameuses "marches blanches" - par des pétitions, des grèves générales, des réunions inutiles avec le gouvernement régional. Deux mois marqués aussi par la démission des équipes dirigeantes dans les hôpitaux et les cliniques concernés, et par la fermeture de l'hôpital La Princesa de Madrid qui refuse de devenir un centre spécialisé pour personnes âgées. Cette semaine, médecins et infirmières entrent dans leur 2e mois de grève. 40 000 consultations ont été annulées depuis le début du mouvement, 6 000 opérations reportées, détaille El País. Il n'y a bien que les urgences et le service d'oncologie qui fonctionnent sans problèmes. Mais la mobilisation des blouses blanches n'a pas fait fléchir les politiques.
"Y ahora qué ?". "Et maintenant ?", s'interroge José Luis de La Serna, dans El Mundo, qui s'inquiète pour l'avenir de la santé espagnole. Qui va reprendre les hôpitaux, se demande-t-il, alors que la situation aujourd'hui est "surréaliste". Cela fait au moins 20 ans que l'on sait qu'un système de santé 100% public n'est pas viable, écrit José Luis de La Serna. Mais le changement aurait dû se faire progressivement..... Durée du reportage: 5 minutes.
Nous demandons d'être très largement remboursés de notre propre argent". Dès avant l'adhésion en 1973, la question de la contribution britannique au budget de la Communauté avait été posée par Londres. Le virage qu'elle impose au pays dans les années 1980 concerne au premier chef la politique européenne. Elle veut convaincre l'opinion que l'adhésion à la Communauté a coïncidé avec le déclin de la puissance britannique et que son redressement passe par un bras de fer avec les autres européens. Plus tard, quand Londres décidera de se tenir hors de l'euro, beaucoup soutiendront pareillement que le pays s'en porte mieux. On voit bien l'utilité que les mêmes trouvent à s'affirmer eurosceptiques dans un pays à la fois inquiet de son déclassement, fier de sa conduite pendant la guerre et toujours prompt à moquer le continent. Les intérêts politiques ont vite fait de dresser des frontières. Sont-elles si profondément culturelles ou, plus prosaïquement, assez circonstancielles ? Durée de l'émission: 29 minutes.
85 milliards d'euros débloqués sur 4 ans. Nous sommes fin 2010 et l'Irlande obtient cette aide de l'Union européenne et du FMI. Mais assortie de toute une série de mesures d'austérité. Une austérité encore de rigueur ce mercredi pour le nouveau budget irlandais. Dans ce contexte, comment se porte le pays aujourd'hui ? Aujourd'hui, le pays qui a frôlé la faillite nationale semble aller mieux. Selon l'OCDE, son déficit public devrait être de 8,1% du PIB cette année, et la croissance de 0,5%. Avec deux secteurs en pointe : les nouvelles technologies et l'industrie pharmaceutique. Cependant, l'Irlande est loin d'être tirée d'affaires. Un seul chiffre en témoigne : un taux de chômage qui flirte avec les 15% ! Le 24 novembre dernier, ils étaient 10.000 à manifester dans les rues de Dublin contre l'austérité qu'a renforcé le nouveau budget (le 6e de ce type en 4 ans). Et l'Eglise très puissante vient d'interpeller le gouvernement en estimant que « dès le début de la crise économique, les coupes dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux, les réductions des aides, avec l’augmentation des taxes, ont eu un impact dévastateur sur la capacité de nombreux Irlandais à maintenir un standard de vie acceptable et à bénéficier d’un accès aux services de base. » ... Avec de nombreuses rubriques et reportages audio à écouter à partir de ce lien.
Colère sociale et bon sens économique, c’est la plus inattendue des coalitions qui s’esquisse aujourd’hui contre les politiques d’austérité menées en Europe. Hier, en Espagne, des centaines de milliers de manifestants ont envahi les rues de Madrid et d’une centaine d’autres villes pour protester contre la brutalité des coupes budgétaires, l’envolée du chômage et les suicides auxquels ont conduit le expulsions. Une rage s’est emparée de l’Espagne en grève générale et, si c’est dans ce pays, la quatrième économie de l’Union, que les manifestations contre l’austérité ont été les plus spectaculaires, il y en eut aussi en Italie, au Portugal, moins en France mais tout de même, et en Grèce, bien sûr, au cours de ce qui aura été la première journée de mobilisation européenne contre des politiques européennes, le premier mouvement social paneuropéen contre des politiques qui ne sont plus seulement nationales mais paneuropéennes. Jamais la réalité de l’Europe politique n’aura été aussi évidente qu’hier alors même que les institutions européennes sont loin, très loin, d’être à la hauteur du mouvement syndical européen, organisateur de cette journée. Le mouvement social précède les institutions. C’est un fait majeur qui vient confirmer que c’est peut-être bien dans les luttes sociales, à la base, contre des politiques conduites dans toute l’Europe, que la dynamique d’unification politique de l’Union s’amorcera vraiment mais, si marquantes qu’aient été ces manifestations d’hier, elles n’ont pas constitué le seul tournant de cette journée...
Après Maastricht et Lisbonne, ce nouveau traité européen divise la classe politique française. Pourquoi la "règle d'or" budgétaire provoque t-elle à ce point la discorde? Il sème la zizanie au sein même du PS, et a carrément déclenché une guerre ouverte entre le Front de Gauche et le gouvernement. De son nom complet le « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », ou TSCG, le Traité budgétaire européen est présenté cette semaine au Parlement, ce qui présage de débats vifs, voire acrimonieux. Accusé par les uns d’institutionnaliser l’austérité, « compromis nécessaire » pour les autres, qu’implique concrètement ce traité en termes économiques, mais aussi politiques ? Que va changer la « règle d’or » ? Ce texte, officiellement appelé traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), vise à renforcer encore la stabilité budgétaire des pays de la zone euro, très affectés par la crise des dettes souveraines. C'est en quelque sorte une conséquence du sauvetage financier de la Grèce par ses partenaires européens, car il conditionne la poursuite de l'aide aux pays en difficultés de la zone et rend possible des avancées en matière d'union politique, c'est en tout cas ainsi que l'a imaginé son principal artisan: l'Allemagne d'Angela Merkel. Le TSCG a été arreté le 30 janvier 2012 à Bruxelles entre les chefs d'Etat et de gouvernement, avant d'être signé le 2 mars suivant. S'il est ratifié, il entrera en vigueur au plus tôt le 1er janvier 2013. En France, le texte est présenté cette semaine à l'Assemblée. Les débats risquent d'être vifs, car une partie de la gauche parlementaire reproche à ce pacte budgétaire d"'institutionalise les politiques d'austérité", et d'étouffer ainsi toute vélléité de reprise par la croissance. Du 1er au 5 octobre, Patrick Cohen reçoit tous les jours à 8h20 un invité politique, pour y parler du Traité budgétaire européen.
Avec 50% d’indécis, on ne sait pas pour qui voteront demain les Néerlandais. Les partis nationalistes ou les plus critiques vis-à-vis des politiques d’austérité aujourd’hui conduites par l’Union européenne peuvent opérer une remontée après avoir eu puis perdu la faveur des électeurs. Les formations les plus favorables à un rétablissement des équilibres budgétaires et à une poursuite de l’aide apportée aux pays européens les plus fragilisés pourraient bien confirmer, à l’inverse, la remontée qu’ils viennent d’opérer dans les sondages mais, quels que soient les résultats de ces législatives, c’est aux Pays-Bas que l’ampleur du divorce entre les Européens et l’Europe est plus visible. Voilà un pays qui fut durant des siècles le plus tolérant d’Europe, qui avait naturellement compté parmi les membres fondateurs de ce qui est devenu l’Union et qui a désormais changé du tout au tout. Les Pays-Bas sont désormais le pays d’Europe où l’islamophobie est la plus profondément ancrée, où la crainte d’une perte d’identité nationale est devenue un sujet de débat permanent porté par de solides intellectuels et où le rejet de l’Europe grandit toujours plus depuis que les Néerlandais avaient, comme les Français, rejeté par référendum le projet de traité constitutionnel en 2005. Ce n’est pas que tout se confonde et se mêle. Il y a, d’un côté, à l’extrême-droite nationaliste, des islamophobes devenus de plus en plus europhobes et, de l’autre, une gauche radicale qui refuse l’austérité et l’Europe qui la porte sans nullement faire des musulmans des boucs émissaires. Ces deux forces, le Parti pour la liberté et le Parti socialiste, sont évidemment différentes mais, dans l’opinion, leurs messages se rejoignent et se fondent dans un même rejet de ce qui n’est pas néerlandais, ne s’inscrit pas dans l’histoire de ce pays et pourrait conduire – c’est la crainte – à un retour sur l’évolution des mœurs et le niveau de protection sociale, la libération de la femme, les droits des homosexuels et l’Etat providence... ...
Pendant tout l'été à 7h15 la rédaction de France Inter propose des reportages à travers l'Europe. entre le 16 juillet et le 17 août, les reporters traversent l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne, le Benelux et l'Italie.
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C’est une vague qui semble secouer l’Europe aujourd’hui. Non pas celle de la crise, quoi que les deux peuvent peut-être être liées, mais celle de l’extrême-droite. Un courant, glacial, qui monte en Europe… Montée d’un sentiment identitaire en Europe, dénonciation d’une immigration jugée massive, les mouvements contestataires et protestataires à l’extrême de la droite fleurissent en Europe. Autriche, Hongrie, Grèce et d’autres pays européens doivent faire face à la (re) naissance des ces mouvements. En France, le dernier score de Marine Le Pen à l’élection présidentielle témoigne d’une montée en puissance de son mouvement. En février dernier, un appel à suspendre les dotations aux députés européens d’extrême-droite a été lancé… Premier pas pour faire barrage aux extrêmes ? Quelle place pour l’extrême-droite en France ? Quel poids et quel avenir ? Réécoutez l'émission du 27 mars 2013 avec Gaël Brustier, chercheur en sciences politiques, auteur de « La guerre culturelle aura bien lieu » publié aux éditions Mille et Une Nuits.
Comme prévu, le parlement chypriote rejette le plan de sauvetage européen. Un plan qui prévoyait une taxation inédite sur les dépôts bancaires. Des négociations, notamment entre les gouvernements russe et chypriote, pourraient faire évoluer la situation. Aucun parlementaire n'a voté en faveur du plan proposé par l'UE. 36 ont voté contre et 19 se sont abstenus. Les nombreux manifestants massés devant le parlement chypriote ont accueilli l'annonce du rejet avec des démonstrations de joie. Comme l'Islande et l'Irlande avant elle, Chypre va devoir maintenant se battre pour empêcher son secteur bancaire hypertrophié de mettre le pays à genoux. Car quelle que soit la solution alternative inventée par Chypre pour remplacer cette taxation, le parallèle avec les expériences islandaise et irlandaise de ces dernières années montre que l'assainissement risque de se faire dans la souffrance.
Le gouvernement islandais a laissé ses banques faire défaut et introduit le contrôle des changes, ce qui a rendu plus difficile le financement de l'économie. L'Irlande a pour sa part nationalisé pratiquement toutes ses banques, ce qui a débouché sur un quadruplement de son endettement.
Les deux pays sont à nouveau en phase de croissance mais des problèmes de fond demeurent....
Ce sont des élections italiennes mais dont ne dépend pas que le sort de l’Italie. Les Italiens élisent dimanche et lundi leurs députés et sénateurs, les deux Chambres dont sera issu leur prochain gouvernement, mais le résultat de ce scrutin dira, d’abord, jusqu’où peut aller aujourd’hui l’exaspération d’électeurs européens, toujours plus tentés, dans presque chacun des pays de l’Union, de donner leurs voix à des démagogues surfant sur leurs colères et leurs désarrois. On ne sait pas combien d’Italiens auront finalement cru aux promesses de Silvio Berlusconi mais le fait est qu’à 76 ans, usant et abusant de la chirurgie esthétique et des plaisanteries les plus grasses, l’ancien président du Conseil a réussi un come back en faisant miroiter une amnistie aux fraudeurs fiscaux et en s’engageant à supprimer une nouvelle taxe sur la résidence principale qu’il s’est même dit prêt, par écrit, à rembourser à ceux qui s’en sont déjà acquitté. Croulant lui-même sous les accusations de malversations et d’abus de mineures, il a tranquillement fait appel à ceux qui ne veulent pas payer leurs impôts et cela a marché puisqu’il a ainsi réduit de moitié son retard de dix points sur le Parti démocrate, le grand parti de centre gauche qui était donné largement gagnant il y a quelques semaines encore. Mais ce n’est pas tout. L’autre homme qui est mieux que bien parti pour vendre du vent aux Italiens est un comique reconverti en politique, Beppe Grillo, qui a fait une campagne triomphale en dénonçant gauche, centre et droite, tous des pourris, et promettant un retrait de la zone euro, l’internet gratuit pour tous et la semaine de vingt heures. Il a ravi des foules en extase, pourfend les Etats-Unis et préfère, mais oui, la mafia aux partis politiques car « la mafia n’étrangle pas, l’Etat et les partis, oui ». MM. Berlusconi et Grillo pourraient constituer la deuxième et troisième force politique italienne et l’on frémit à la seule idée qu’ils puissent empêcher, à eux deux, la constitution d’une majorité de gouvernement stable. L’Italie plongerait alors dans une paralysie économique et politique qui risquerait vite de compromettre la stabilisation de la monnaie européenne et d’ébranler à nouveau l’Union. Comme désormais toute élection nationale en Europe, ces législatives italiennes concernent toute l’Union, à la fois par ce qu’elles diront de l’état de l’opinion paneuropéenne et parce qu’elles pèseront sur les politiques européennes, sur des décisions collectives qui sont de plus en plus souvent les plus importantes... ...
David Cameron tente la grand écart. Il est à la tête d'un gouvernement de centre droit mais doit affronter les revendications de son parti conservateur, qui ne s'est jamais situé autant à droite et n'a jamais manifesté un tel euro-scepticisme. Il lui faut gagner du temps pour préserver une situation britannique de plus en plus inconfortable : une Europe à la carte, d'autant plus que la City -première place financière de l'Europe communautaire-, est le lieu par lequel transite la grande majorité des transactions en euros... L'équipe gouvernementale ne souhaite pas réellement quitter l'Europe, mais ne cherche nullement à accomplir le moindre pas supplémentaire sur la voie de l'intégration. Jacques Leruez, spécialiste de l'étude du régime et de la vie politique britanniques, est directeur de recherche émérite au CNRS Durée: 11 minutes
Taxation des CDD, et création de droits rechargeables pour les chômeurs d'un côté ; mise en place de mesures de flexibilité au sein des entreprises de l'autre : ils ont fini par s'entendre ! Marc Landré du Figaro avait donc vu juste mardi dernier dans cette même émission, en pronostiquant la conclusion d'un accord entre les partenaires sociaux, à l'issue de l'ultime négociation au Medef sur la sécurisation de l'emploi (puisque tel était le nom donné à ces discussions). Tous ceux qui promettaient un échec, arguant de la trop grande divergence de points de vue entre le patronat et les syndicats, tous ceux là se sont donc trompés (même si, il faut le rappeler, ni la CGT, ni FO n'ont signé cet accord). C'est fait, mais ce fut compliqué. Le gouvernement a dû se montrer menaçant : "attention, nous allons légiférer sans tenir compte de votre avis" pour que la discussion se débloque. Ce fut compliqué…et ce n'est pas fini car que va-t-il se passer à présent ? Le texte doit être validé par les organisations. Il y aura ensuite une loi pour transposer l'accord, laquelle devrait être présentée en conseil des ministres début mars, pour une promulgation attendue au mois de mai. Ainsi va la démocratie sociale en France : c'est encore et toujours le Parlement qui a le dernier mot. D'autres façons de faire existent pourtant, au moins aussi efficaces. Et c'est la raison de notre présence aujourd'hui en Allemagne. Avez-vous déjà entendu parler du Mitbestimmung, que l'on pourrait traduire, de manière un peu approximative par "cogestion"? Connaissez-vous la Sozialpartnerschaft, le partenariat social qui régit les relations entre syndicats et patronats allemands depuis l'après-guerre ? Un modèle, encore un, qui lui a vraiment fait la preuve de son efficacité. De ce côté-ci du Rhin, la concertation prime sur tout le reste, la grève n'intervient qu'en tout dernier ressort. Pourtant, ce modèle risque de ne pas sortir indemne de la crise... Durée de l'émission: 39 minutes.
Combien sont-ils exactement ? Nul ne peut le savoir. Et pour cause, les familles retrouvent au mieux des certificats de naissance falsifiés et parfois des petits cercueils vides à la place du nouveau-né que l’on croyait disparu. Combien sont-ils, donc, ces enfants qui ont été arrachés aux leurs, en Espagne, des années 40 jusqu’à la fin des années 80 ? On parle de dizaine de milliers, peut-être de centaines de milliers d’enfants volés. Aujourd’hui, adultes perdus. Le scandale a éclaté au grand jour dans les années 2000. A l’origine, sous Franco, ce trafic a une base idéologique. Il s’agit de sauvegarder « l’Hispanité » en retirant leurs enfants aux Républicaines. Les vols de bébés continuent, même après le retour de la démocratie, cette fois sous couvert de bonne morale catholique. On prend leurs enfants à des mères célibataires ou issues de milieux modestes, et on les vend à des familles qui ne peuvent pas en avoir. Aujourd’hui encore ces crimes restent impunis. Pire, la justice espagnole refuse obstinément de s’en saisir. « Les Enfants perdus de l'Espagne », c’est un Magazine de la rédaction de Marine de La Moissonnière et Annie Brault. Durée de l'émission: 44 minutes
Silvio Berlusconi a annoncé qu’il revenait dans l’arène électorale. A 76 ans, le "caïman" pourrait faire mal à son pays. C’est l’accident de parcours dont l’Europe se serait bien passée. Après avoir par deux fois retiré le soutien de ses députés au professeur d’économie Monti, le chef du gouvernement qui conduit depuis un an le redressement des comptes publics italiens, Silvio Berlusconi a annoncé qu’il revenait dans l’arène électorale à l’âge de 76 ans et ainsi bouleversé la scène politique de son pays. Virtuellement privé de majorité parlementaire, Mario Monti a fait savoir qu’il démissionnerait sitôt le budget 2013 adopté, autrement dit avant Noël, et l’Italie sera donc appelée à des élections anticipées qui devraient se tenir fin février ou début mars. A priori, cela ne fait qu’avancer un peu le calendrier puisque des législatives devaient, de toute manière, avoir lieu au printemps mais cette décision de Silvio Berlusconi change en fait tout en Italie. Maintenant que son ancien chef de file est de retour, la droite italienne risque fort de se scinder entre ceux qui le suivront et ceux qui ne voudront pas se compromettre à nouveau avec un homme inculpé dans un chapelet d’affaires de malversations financières et de détournement de mineures toutes plus scabreuses les unes que les autres. La reconstruction d’une droite unie et recentrée parait désormais hors de portée en Italie aussi et le plus inquiétant est que ce multi-milliardaire s’apprête à faire campagne en surfant sur le mécontentement social qu’a suscité la réduction du déficit budgétaire...
Les sommets européens ne sont jamais de tout repos. Celui qui démarre ce soir à Bruxelles ne dérogera pas à la règle. Car on va parler gros sous entre les 27. Il s’agit de s’entendre sur le niveau du budget communautaire pour la période 2014-2020, et de fixer la répartition des recettes. Acrobatie d’autant plus risquée que le Royaume Uni a choisi de replonger au temps joyeux du thatchérisme, rappelant à ses partenaires que son argent s’appelle « reviens » : I want my money back, et les menaçant même de faire sécession. Faire sécession : voilà une perspective qui intéresse aussi un certain nombre de riches régions européennes : un désir exacerbé en ces temps de crise économique. Les mieux dotés ont du mal à supporter le fardeau de la solidarité en faveur des plus pauvres. Ainsi la Catalogne, où auront lieu dimanche des élections anticipées, quelques semaines après la manifestation qui a vu défiler dans les rues de Barcelone près d’1/5 de la population de la région, en faveur de l’indépendance. Ainsi la Flandre, où les nationalistes ont remporté mi-octobre les élections municipales, et notamment Anvers, la 2e ville du pays. Ainsi l’Ecosse, qui se prépare à un référendum d’auto-détermination : ce sera en 2014. Bien entendu, ces velléités indépendantistes ne s’expliquent pas seulement par la conjoncture économique. Le terreau culturel et historique est favorable à leur réémergence. L’Ecosse, la Flandre, la Catalogne, sont des nations qui ont toutes eu des relations compliquées avec l’Etat central. Peut-on en dire autant des rapports que ces régions entretiennent avec l’Union Européenne ? Et que se passerait-il justement si elles devenaient indépendantes : devraient-elles sortir aussi de l’Europe ? Durée de l'émission: 39 minutes
On peut dire qu'il fait face puisque la fréquentation des théâtres est loin d'être en baisse malgré le chômage et les réductions de salaires. Reportage de 2 minutes.
Les heures et les jours qui nous séparent de la fin octobre vont probablement sembler bien longs à Jean-Marc Ayrault, ainsi qu’à tout son gouvernement. Pourquoi fin octobre ? Parce que, sauf surprise, à cette date-là, le Traité budgétaire européen aura été voté par les parlementaires. Mais en attendant, il va falloir tenir… Tenir face à ceux, nombreux, qui voient dans ce traité à la fois un déni de démocratie dans la mesure où il n’y aura pas de consultation populaire, et une sanctuarisation des politiques d’austérité avec la désormais fameuse règle d’or, règle qui interdit à chaque pays d’avoir un déficit structurel supérieur à 0,5% de son Produit intérieur brut.... Durée de l'émission: 39 minutes
Moderne Babel, toujours en chantier, depuis sa fondation par les Phocéens en l’an 600 avant notre ère jusqu’à 2013 où elle deviendra Capitale Européenne de la culture, Marseille espère enfin acquérir un rayonnement international: c’est « l’effet Guggenheim » de Bilbao et donc une hausse de 10% de fréquentation touristique mais c’est surtout son impact économique sur la vie locale qui est considérable.Mais à quel prix ? s’interrogent les Marseillais du centre ville ou des quartiers Nord qui ont peur de perdre leur ville. Ballade dans une mégapole millionnaire, solaire et noire aux allures de village. INVITES: Martine Derain, artiste; Les artistes de la Friche de la Belle de Mai;Julie de Muer de Radio Grenouille; Emilie de TV Tabasco; Le Point de bascule Durée de l'émission: 55 minutes
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