 Your new post is loading...
"Au prochain chant raciste, je quitte le terrain", a récemment annoncé le footballeur Mario Balotelli après une énième humiliation au cours d'un match. On assiste ces dernières semaines en Italie à une explosion de propos racistes, se désole Giornalettismo. Le thème de l’intégration continue à diviser l’Italie. Derniers épisodes en date : l’exploitation de l’affaire Kabobo [du nom d'un clandestin ghanéen ayant tué plusieurs personnes début mai] par la Ligue du Nord, les insultes racistes contre Mario Balotelli qui ont contraint l’arbitre Rocchi à interrompre le match Milan-Rome pendant deux minutes [le 12 mai], et les sempiternelles attaques visant la ministre Cécile Kyenge, "coupable" d’avoir proposé d’élargir les droits en matière de nationalité.
D’un côté, on a les défenseurs des minorités et des étrangers, de l’autre les instigateurs d’épisodes xénophobes, à commencer par Forza Nuova [Force nouvelle] et les mouvements d’extrême droite, bien souvent en première ligne.
Les polémiques se sont multipliées ces derniers jours autour de l’affaire Kyenge, la nouvelle ministre de l’Intégration, qui a interpellé le gouvernement sur l’abolition du délit d’immigration clandestine et le droit du sol. De nombreuses voix ont invité la ministre et le président du Conseil Enrico Letta à poursuivre leur travail avec courage. Mais la ministre est en même temps devenue la cible des accusations du PDL (Peuple de la liberté, parti de Silvio Berlusconi) et de la Ligue du Nord – opposés à tout assouplissement en terme de nationalité – ainsi que des insultes et des campagnes de haine des mouvements néofachistes.
S'ajoute à cela l’inexplicable coup de folie de Mada Kabobo, ce Ghanéen de 31 ans qui, le samedi 11 mai dans le quartier Niguarda de Milan, a agressé les passants à coups de pioche – tuant Alessandro Carolei, Daniela Carella et blessant trois autres personnes, dont l'une se trouve dans un état grave. Des mouvements comme la Ligue du Nord et Forza Nuova ont aussitôt cherché à exploiter les événements. Le mouvement d’extrême droite a lancé une campagne Internet avec le slogan : "L’immigration tue – la classe politique est fautive". Forza Nuova l’a annoncé elle-même par communiqué : "Les graves événements de Milan clouent les chantres de l’immigrationisme à leurs responsabilités." Mais c’est surtout la Ligue du Nord qui a exploité la violence de Mada Kabobo, notamment par la voix de Matteo Salvini qui a invité à "nettoyer" à la hâte les villes italiennes "en allant contrôler tous les clandestins, rue par rue, maison par maison”...
Pour la presse italienne, la rencontre mercredi 1er mai entre le nouveau président du Conseil Enrico Letta et François Hollande relance le projet d'un axe franco-italien fort en Europe. En ligne de mire : l'Allemagne. "L'axe franco-italien est de retour", affirme La Repubblica au lendemain de la conférence de presse conjointe à l'Elysée entre le président du Conseil italien Enrico Letta et le président français François Hollande. Le but de cet axe Rome-Paris : rien de moins que sauver l'Europe et trouver des solutions pour sortir de la récession, sans mettre en péril une démocratie menacée par les mouvements populistes. Mais en filigrane de cette rencontre, il faut surtout lire une critique du leadership allemand en Europe. "[François Hollande et Enrico Letta] ne peuvent pas le dire clairement mais les ennemis désignés sont Angela Merkel et son axe du Nord formé avec les Premiers ministres finlandais Jyrki Katainen et hollandais Mark Rutte", écrit La Repubblica. Pour schématiser, l'axe franco-italien veut en finir avec le diktat de la rigueur tandis que l'axe du nord défend le principe de l'austérité pour revenir à l'équilibre budgétaire.
Plus concrètement, les objectifs de l'axe franco-italien que pourraient prochainement rejoindre la Belgique et l'Espagne sont notamment de créer une union bancaire utile à la stabilité financière, mettre en œuvre le pacte pour la croissance de 120 milliards d'euros (approuvé il y a un an mais resté lettre morte) et de renforcer la coordination des politiques économiques.
Au-delà des volontés affichées, la visite d'Enrico Letta en France a une forte portée symbolique. "Après des mois angoissants de vide politique en Italie, la France de François Hollande a donné l'impression de retrouver avec soulagement un allié important, et peut-être décisif, dans l'affrontement avec l'Allemagne d'Angela Merkel", écrit le correspondant Stefano Montefiori dans Il Corriere della Sera.
Seul candidat consensuel, le sortant obtient un second mandat à 87 ans. Beppe Grillo dénonce un «coup d'Etat». Le président sortant Giorgio Napolitano est venu samedi à la rescousse d’un Parlement en pleine déroute, acceptant à la demande générale un second mandat en dépit de son âge avancé, pour sortir le pays de l’impasse. «Je considère qu’il est de mon devoir d’offrir la disponibilité qui m’a été demandée», a expliqué cet ex-communiste, après avoir reçu la visite dans la matinée des principaux dirigeants politiques du pays. Il a été réélu en fin d'après-midi, selon des résultats partiels issus du dépouillement. De Pier Luigi Bersani (gauche) à Silvio Berlusconi (droite) en passant par le chef du gouvernement sortant Mario Monti, tous l’avaient pressé de se représenter samedi, après l’échec des 1.007 grands électeurs à lui désigner un successeur après cinq tours de scrutin. Soumis à une forte pression, M. Napolitano, qui avait jusque là répété qu’il ne souhaitait pas rempiler en raison de son âge (88 ans en juin), a finalement accepté par «sens de responsabilité envers la nation». Dans la matinée, il avait pourtant glissé aux représentants des régions : «Pourquoi donc ne me laissez-vous pas me reposer?». Troisième économie de la zone euro, l’Italie n’a cessé de s’enfoncer dans la crise politique depuis les élections législatives de fin février qui n’ont dégagé aucune majorité claire. «La République est suspendue au-dessus du vide», titrait samedi matin le Corriere della Sera, premier quotidien de la péninsule. Cette fois-ci, «les rencontres ont permis de faire émerger une large convergence» des forces politiques «à demander à Giorgio Napolitano d’accepter sa réélection», a commenté Pier Luigi Bersani, chef du Parti démocrate (PD), après l’annonce du vieux chef d’Etat...
Eurozone : Pour qui sonne le glas ? Bien sur, le glas sonne à Chypre qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité[1]. Mais dans cette triste saga, le glas sonne également pour les dirigeants de l’Eurozone, dont l'attitude a déclenché une crise dont l’Europe aura beaucoup de mal à se relever : la question de confiance est posée. L’accumulation de mauvais jugements et de décisions inexcusables ne relève plus de la simple erreur. Ou alors, elles témoignent d’une forme d’incompétence dramatique. Nous sommes à un moment extrêmement délicat en terme de relations interbancaires européennes. Les établissements financiers se font de moins en moins confiance. 684 milliards d’euros en provenance des banques de la zone euro sont déposés auprès de la Banque Centrale Européenne. Les craintes sur la diminution de la liquidité bancaire et, par conséquent, la difficulté croissante à financer l’économie se faisaient sentir avant la crise. Comme le titre aujourd'hui le Financial Times, l'Eurozone a décidé de transférer le risque de crise des contribuables vers les déposants. Elle n'aura que ses yeux pour pleurer lorsque la BCE aura épuisé sa capacité de financement des banques, et que les déposants auront fui la zone euro. Si des mouvements substantiels de dépôts vers les pays réputés solides devaient être constatés, les banques espagnoles et italiennes en particulier se trouveraient en mauvaise posture, et ces mouvements à eux seuls seraient de nature à provoquer une crise de la liquidité et son corollaire, une crise de crédit. Elles devraient en effet massivement se désinvestir d'obligations souveraines italiennes et espagnoles....
Ils sont quatre millions de jeunes, âgés de 18 à 23 ans, à avoir, dimanche 24 et lundi 25 février, voté pour la première fois à une élection nationale. Vers qui se sont-ils tournés ? Alors qu’aucune majorité claire ne se dessine et qu’un nouveau vote pourrait intervenir dans les prochaines semaines, l’incroyable succès du comique Beppe Grillo reste la seule certitude. Et la jeunesse italienne n’y est pas pour rien. (De Turin) Mardi 26 février, la ville de Turin se réveille. Journaux télévisés et radio ne parlent que de l’élection et de ses résultats. La ville et ses habitants, eux, ne semblent pas s’être métamorphosés dans la nuit. Une chose a changé cependant, ici, et dans toute la péninsule pour quatre millions de personnes, les 18-23 ans : pour la première fois de leur vie, ils ont pu voter à l’occasion d’une élection nationale. Dans une société italienne où la crise étouffe les projets d’avenir, où les scandales de corruption n’en finissent pas d’amocher la confiance envers les élus, les jeunes ont semble-t-il contribué au succès de la contestation menée par Beppe Grillo. Le désormais célèbre bloggeur italien, fort de plus de 25% des suffrages exprimés à la chambre des députés et de presque 24% au Sénat (où les moins de 25 ans ne peuvent pas voter) a réussi à séduire un large panel d’électeurs, mais surtout, il a caracolé en tête chez les plus jeunes. Un sondage réalisé peu avant l’élection notait ainsi que plus de 30% des 18-25 ans voulaient voter pour le leader du mouvement Cinq étoiles. Un choix électoral qualifié lundi soir par Emmanuel Letta, le vice-secrétaire du Parti démocrate (centre-gauche), d’”entrée en rébellion”, l’homme regrettant toutefois que “beaucoup d’Italiens aient suivis des propositions idéologiques”. “J’ai voté Grillo car jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été déçu par les politiques”
Nouveau venu sur la scène politique italienne, Beppe Grillo a réussi à s’imposer comme la figure du changement, en opposition à “la vieille classe politique” décriée, repue de privilèges. Une dimension intégrée par Luca Marzolino, pizzaiolo turinois de 23 ans et électeur de Beppe Grillo : “Hier, j’ai voté Grillo car je n’en peux plus… Je n’en peux plus de tout ce qui nous entoure. L’utopie de gauche de Bersani (PD)… Les moqueries de la droite (PDL)… Le néofascisme de la Ligue du Nord…” Un discours qui s’inscrit dans un climat de méfiance généralisée des Italiens à l’égard des parlementaires et des institutions. En effet, selon le 24e rapport de l’Eurispes en 2012, c’est au Parlement que les Italiens se fient le moins : seulement 9,5% de ces derniers concèdent une grande ou relative confiance aux parlementaires. Pire, les jeunes de 25 à 34 ans exprimeraient le plus fort sentiment de défiance vis à vis des institutions et du politique (74.6%)....
L’issue des élections législatives des dimanche 24 et lundi 25 février est particulièrement incertaine. Salué par toute l’Europe, le gouvernement de techniciens de Mario Monti nommé à l’automne 2011 semblait avoir mis un terme à la commedia dell’arte de la politique italienne. Il n’en est rien. Alors que l’Italie vote dimanche 24 et lundi 25 février pour des élections législatives anticipées, la cure d’austérité imposée par le professore au pays semble avoir eu l’effet contraire, comme si elle avait été perçue comme une punition injuste induisant à la rébellion, à la transgression. Il y a trois mois, tout semblait pourtant clair. Le très décrié Silvio Berlusconi avait disparu des radars de la politique. Pier Luigi Bersani, vainqueur des primaires du centre gauche, devait remporter les législatives. Et le grand commis d’État, Mario Monti, était hissé au top du hit-parade des successeurs potentiel du président de la République, Giorgio Napolitano, en fin de mandat. Un tableau rassurant pour une Europe très inquiète de l’évolution d’un de ses membres fondateurs. Mais tout a changé, très vite. D’abord, il y a eu la surprise du retour de Silvio Berlusconi qui, grâce à son art d’occuper toutes les chaînes de télévision, à commencer par les siennes, a permis à son parti, le Peuple de la Liberté (PDL) de faire une remontée spectaculaire. Puis vint la « montée en politique » de Mario Monti et, en parallèle, l’ascension fulgurante du Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo. De quoi faire perdre la tête aux Italiens. De fait, à quelques jours du scrutin, 30 % des électeurs hésitent à se rendre aux urnes ou n’ont pas fait leur choix. ...
Ce sont des élections italiennes mais dont ne dépend pas que le sort de l’Italie. Les Italiens élisent dimanche et lundi leurs députés et sénateurs, les deux Chambres dont sera issu leur prochain gouvernement, mais le résultat de ce scrutin dira, d’abord, jusqu’où peut aller aujourd’hui l’exaspération d’électeurs européens, toujours plus tentés, dans presque chacun des pays de l’Union, de donner leurs voix à des démagogues surfant sur leurs colères et leurs désarrois. On ne sait pas combien d’Italiens auront finalement cru aux promesses de Silvio Berlusconi mais le fait est qu’à 76 ans, usant et abusant de la chirurgie esthétique et des plaisanteries les plus grasses, l’ancien président du Conseil a réussi un come back en faisant miroiter une amnistie aux fraudeurs fiscaux et en s’engageant à supprimer une nouvelle taxe sur la résidence principale qu’il s’est même dit prêt, par écrit, à rembourser à ceux qui s’en sont déjà acquitté. Croulant lui-même sous les accusations de malversations et d’abus de mineures, il a tranquillement fait appel à ceux qui ne veulent pas payer leurs impôts et cela a marché puisqu’il a ainsi réduit de moitié son retard de dix points sur le Parti démocrate, le grand parti de centre gauche qui était donné largement gagnant il y a quelques semaines encore. Mais ce n’est pas tout. L’autre homme qui est mieux que bien parti pour vendre du vent aux Italiens est un comique reconverti en politique, Beppe Grillo, qui a fait une campagne triomphale en dénonçant gauche, centre et droite, tous des pourris, et promettant un retrait de la zone euro, l’internet gratuit pour tous et la semaine de vingt heures. Il a ravi des foules en extase, pourfend les Etats-Unis et préfère, mais oui, la mafia aux partis politiques car « la mafia n’étrangle pas, l’Etat et les partis, oui ». MM. Berlusconi et Grillo pourraient constituer la deuxième et troisième force politique italienne et l’on frémit à la seule idée qu’ils puissent empêcher, à eux deux, la constitution d’une majorité de gouvernement stable. L’Italie plongerait alors dans une paralysie économique et politique qui risquerait vite de compromettre la stabilisation de la monnaie européenne et d’ébranler à nouveau l’Union. Comme désormais toute élection nationale en Europe, ces législatives italiennes concernent toute l’Union, à la fois par ce qu’elles diront de l’état de l’opinion paneuropéenne et parce qu’elles pèseront sur les politiques européennes, sur des décisions collectives qui sont de plus en plus souvent les plus importantes... ...
L’ancien Premier ministre d’Italie a de nouveau dragué les fascistes, à l’occasion de son retour en politique. "Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines" a-t-il affirmé avec aplomb. En outre, il a assuré que l'Italie "n'a pas les mêmes responsabilités que l'Allemagne". La sortie est d’autant plus remarquée que l'ex-chef du gouvernement italien s'exprimait à l'occasion de la journée de la mémoire de l'holocauste… Berlusconi a d’autant plus atterré l’Europe que la chancelière Angela Merkel avait déclaré auparavant que l'Allemagne avait "une responsabilité permanente pour les crimes du national-socialisme". Le parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL) est en pleine campagne pour reconquérir le pouvoir aux élections législatives des 24 et 25 février, pour lesquelles le Parti démocratique (social libéral) est donné favori. Il tente une opération séduction sans complexe de l’extrême droite pour espérer remonter dans les sondages. Et ce n’est pas son coup d’essai. "Mussolini n'a jamais tué personne. Mussolini envoyait les gens en vacances aux confins du pays" avait-il lancé en 2003, provoquant un premier et lourd tollé. Il avait enfoncé le clou cette même année lors d’un meeting, alors qu’il était déjà embêté par la justice. Berlusconi était alors monté sur scène et avait attaque les juges, accusés d'avoir "transformé l'Italie en régime policier" avec la complicité des "communistes". "Le fascisme a été moins odieux que cette bureaucratie en toge qui recourt à la violence politique au nom de la justice." Le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna, a rappelé ce dimanche que les lois raciales en Italie, qui notamment excluaient les juifs de l'armée et de l'enseignement et limitaient leur droit de propriété, datent de 1938, bien avant la guerre. "Les persécutions et les lois racistes antisémites italiennes sont nées bien avant la guerre et ont été appliquées en toute autonomie sous la responsabilité pleine et entière du régime fasciste, par la suite allié et complice volontaire et conscient de l'Allemagne nazie", a-t-il expliqué...
Le président du Conseil italien a présenté sa démission vendredi soir. Pour être candidat à sa propre succession. Mario Monti, 69 ans, qui a dirigé l'Italie du 16 novembre 2011 au 21 décembre 2012, a imposé en un peu plus d'un an de mandat un style courtois mais ferme qui a su rassurer l'Europe et les marchés échaudés par les frasques de son bouillant prédécesseur Silvio Berlusconi. Ce professeur d'économie, surnommé parfois "le cardinal" pour son côté impénétrable, a traversé ses 13 mois agités à la présidence du Conseil sans jamais se départir de son calme. Il a dû, entre autres, imposer une cure d'austérité drastique à ses concitoyens, affronter la colère des syndicats lors de sa réforme du marché du travail, tout en gérant une majorité hétéroclite au Parlement et de délicates négociations au niveau européen. Malgré ces embûches, cet Européen convaincu est parvenu à retisser fil à fil la crédibilité internationale de la péninsule, fortement mise à mal sous le règne de Berlusconi. Signe de ce succès : le spread italien vient de passer sous la barre symbolique des 300 points, la moitié de son niveau d'il y a un an. Mario Monti, qui s'était déjà taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), a su utiliser cette expérience pour redonner prestige et influence à la troisième économie de la zone euro. Consécration le 13 décembre à Bruxelles, où ses pairs européens, de droite comme de gauche, l'ont adoubé tout en humiliant le Cavaliere. Revers de la médaille : sa proximité avec la chancelière Angela Merkel a été interprétée par certains Italiens comme une soumission aux diktats du poids lourd de l'Union européenne....
L'actuel président du Conseil, Mario Monti, a l'intention «irrévocable» de démissionner une fois approuvé le budget. Un an après avoir dû lui céder les rênes du pays, Silvio Berlusconi annonce son retour dans l’arène politique. Ainsi la crise qui enflait depuis plusieurs jours est à son comble: la rupture a été consommée en un jour et Silvio Berlusconi occupe à nouveau le terrain. Selon un communiqué du Quirinal, la présidence de la République, résumant un entretien avec le président Giorgio Napolitano, M. Monti ne juge plus «possible de poursuivre son mandat et a manifesté en conséquence son intention de présenter sa démission». L’ancien commissaire européen, qui a introduit en Italie une rigueur sans précédent, entend d’abord «vérifier» si les forces politiques qui ont soutenu son gouvernement de techniciens depuis fin 2011 sont prêtes à être cohérentes avec leurs engagements, et donc à voter le budget. Il lance au passage un avertissement: un échec à approuver le budget avant le 31 décembre aurait des conséquences très graves pour l’Union européenne et pour l’Italie....
ITALIE - Originaire de l’Emilie-Romagne, qui fut la région la plus rouge de la péninsule à l’époque du Parti communiste, Pierluigi Bersani remporte haut la main les primaires du centre-gauche, raflant d’ailleurs la mise dans toutes les régions dominées par la gauche, à l'exception de la Toscane. Et pour cause : il était en ballottage avec le maire de Florence, Matteo Renzi, 37 ans, surnommé le « rottamatore », l’homme qui veut mettre à la casse tous les vieux politiques. Matteo Renzi accepte avec fair-play sa défaite : « Je ne regrette pas d’avoir tenté ma chance », dit-il, certain de son avenir politique. Bersani, lui, se félicite de la « grande preuve de démocratie » représentée par les primaires et promet de se mettre au travail dès demain « pour changer l’Italie ». La victoire de Pierluigi Bersani, dont les mots clés sont « expérience et réformisme », est sans surprise, dans la mesure où elle correspond aux estimations des instituts de sondage depuis plusieurs semaines. Les Italiens, qui ont participé à ces primaires, soit près de 3 millions d’électeurs, ont opté pour un candidat à l’allure très paternelle. Rassurant, modéré, attentif aux questions sociales, à 61 ans, ce fils de mécanicien qui a suivi des études de philosophie après une adolescence au service du bénévolat, est donc le candidat du centre-gauche au poste de président du Conseil....
Dimanche, les Italiens devront dire qui du vieux Pierluigi Bersani ou du fougueux Matteo Renzi accèdera à la tête du Parti démocrate et peut-être, plus tard, de l'Italie. D'un coté Pierluigi Bersani, 61 ans, secrétaire général du Parti démocrate (PD). De l'autre son challenger Matteo Renzi, 37 ans, le jeune loup qui est aussi maire de Florence. Ce sont les deux principaux candidats aux "primaires" du dimanche 25 novembre, qui vont désigner le chef de liste du centre gauche aux législatives du printemps 2013. On ne connaît pas encore le nombre total des inscrits mais ce sont sont un à deux millions d’électeurs qui sont attendus. Ils iront entre 8 heures et 20 heures mettre leur bulletin de vote dans les urnes des 8.000 sièges du PD. Ces "primaires" sont très chaudes. Elle mobilisent tout l'intérêt des médias et de l’opinion parce que le PD est crédité d’environ 30% des suffrages, et du titre probable de premier parti d’Italie - ce qui désigne automatiquement son chef de liste comme futur Premier ministre en cas de victoire. Comme successeur donc de Mario Monti au Palazzo Chigi. Et ce, dans une situation économico-politique pas précisément facile : le "spread" des bons du Trésor italiens avec les Allemands continue de tourner autour de 320 ; les différents plans de rigueur ont épuisé la patience de la population ; le départ de Berlusconi laisse un centre droit en morceaux ; le "centre" de l’échiquier politique, quant à lui, essaie de se réorganiser avec l'ambition à peine dissimulée de refaire une nouvelle Démocratie Chrétienne. Après les mots très durs qui se sont exprimés pendant la campagne, tout le monde se demande comment, après le scrutin de dimanche, Renzi et Bersani pourront continuer à s’abriter sous le même parapluie.....
À l'occasion du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir, les partisans du "Professeur" se sont exprimés pour le maintien à son poste. Le chef du gouvernement italien Mario Monti a défendu samedi les difficiles mesures d'austérité mises en place dans le pays au cours de la première année de son mandat, soulignant que, sans elles, l'eurozone aurait pu éclater ou s'être effondrée complètement. "Il est possible qu'aujourd'hui, sans les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, l'eurozone n'existerait plus", soulignent dans un document de 17 pages les services du Premier ministre, faisant le bilan de l'année écoulée depuis l'arrivée de Mario Monti à la tête d'un gouvernement technique. "Ou (l'eurozone) serait considérablement plus petite en termes géographiques sans ce que l'Italie a été capable d'accomplir, dans un effort collectif qui n'a pas beaucoup de précédents dans l'histoire de la république", poursuit le texte. Mario Monti, un ancien professeur d'économie et commissaire européen a été désigné par le Parlement italien le 16 novembre 2011 alors que l'Italie, lourdement endettée, était en première ligne dans la crise de la zone euro. "Ce gouvernement est né d'une situation d'urgence, alors que se profilait un choix dramatique : laisser le pays couler ou le forcer à sortir du marécage", note le document. Les mesures mises en place par Mario Monti ont permis une baisse des taux obligataires et ont rassuré les marchés sur le fait que l'Italie, troisième économie de la zone, n'allait pas entraîner l'euro dans sa chute...
|
ITALIE - A Rome, plusieurs dizaines de milliers d'Italiens ont manifesté, ce samedi 18 mai 2013, contre l'austérité et pour l'emploi, à l'appel du syndicat des métallurgistes. C'est la première manifestation depuis la formation du gouvernement Letta et l'annonce de premières mesures. « Nous ne pouvons plus attendre ». C’est derrière ce slogan affiché en tête de cortège que des dizaines de milliers de travailleurs et de retraités ont réclamé samedi une correction radicale et immédiate de la politique économique menée par le tout nouveau gouvernement italien. Alors que le président du Conseil Enrico Letta a annoncé vendredi le déblocage d’un million d’euros supplémentaire pour les chômeurs et la suspension du paiement de la taxe foncière pour les ménages et les entreprises afin de redonner un peu d’oxygène à une économie en récession, le syndicat Fiom CGL a estimé que ces mesures n’allaient pas assez loin et ne répondaient pas aux exigences. La priorité, ce n’est pas la taxe foncière, c’est l’emploi et les investissements, explique le leader syndical Maurizio Landini qui demande l’arrêt des licenciements ou encore l’introduction d’un revenu minimum de citoyenneté. Cette mobilisation à Rome a constitué une sorte de premier avertissement social pour le nouveau gouvernement Letta mais aussi un défi politique....
Enfant surdoué de la politique italienne, Enrico Letta vient d’être nommé Président du Conseil. Loin de Silvio Berlusconi et de Beppe Grillo, portrait d’un modéré alliant jeunesse et expérience. Scandales à répétition, candidatures fantasques et incessants changements de gouvernements… Plus encore que les Français, les Italiens semblent lassés de la routine qui fait, à Rome, de la politique une pièce de théâtre. Outre les sempiternels thèmes de relance économique et d’assainissement de la vie politique, la Botte attendait cette fois, sans y croire vraiment, qu’un souffle de nouveauté balaie la gérontocratie au pouvoir. Mais en Italie rien ne change jamais vraiment. C’est finalement le vétéran Giorgio Napolitano, 88 ans dans quelques jours, qui a été nommé Président de la République italienne… Fin du premier acte et dépit chez les assoiffés de changement. Napolitano est chargé de choisir un Président du Conseil. Plusieurs jours durant, il va sonder les uns et les autres, consulter les dirigeants politiques afin de nommer la personne idoine. Pour faire taire les critiques à son égard, le vétéran va choisir un Président du Conseil très jeune pour le contexte italien : Enrico Letta, 46 ans, leader du Parti démocrate (PD – de centre gauche). L’acte II s’achève sur cette manœuvre rusée. Reste à celui que l’on décrit comme un technicien très habile mais peu rigolard d’obtenir la confiance du Parlement. Piège ou aubaine, le plus dur commence désormais pour Enrico Letta : l’acte III. Mais qui est donc celui que les journalistes italiens appellent “l’enfant prodige” de la politique italienne ? Pour répondre à la question, nous avons interrogé Stefano Montefiori, correspondant du Corriere della Serra à Paris : “Son style n’est pas sans rappeler celui de Mario Monti : très compétent, Letta est polyglotte (il maîtrise parfaitement l’anglais et le français) et connu pour son goût de l’équilibre et du compromis. Eternel enfant prodige, il adopte les caractéristiques de l’ancienne Démocratie chrétienne où il a fait ses débuts : il est ainsi perçu comme discipliné, sérieux, pas vraiment charismatique mais très fiable. Letta a su adoucir son image en se faisant photographier en train de jouer au Subbuteo (un jeu de football – ndlr), et en parlant de ses autres passions, l’AC Milan et Dylan Dog (une bande dessinée italienne). Les gens ont remarqué qu’il lui est arrivé de venir aux colloques en conduisant sa propre Fiat, sans voiture de fonction. Sur le fond, les italiens attendent de lui qu’il sache s’allier avec la France pour contrer l’austérité imposée par Berlin, à différence de ce que Monti a fait. On pourrait définir Letta comme un Monti plus jeune et plus social.”...
Les pays émergents se mettent au régime méditerranéen et favorisent, grâce à leurs importations, une agriculture phare dans le Sud. L'huile d'olive va-t-elle sauver l'Europe du Sud ? La formule est sans doute exagérée, mais une agriculture ambitieuse tournée vers l'export ne pourrait pas faire de mal à des économies soumises à un régime d'austérité et où les relais de croissance se font rares. Alors que la Grèce s'est tournée avec succès vers la pistache AOC, elle peut également continuer de chérir ses oliviers. "La demande d'huile d'olive dans les marchés émergents a augmenté à un rythme de 13 % depuis 2007", écrivent des analystes de Rabobank, banque néerlandaise spécialisée dans le négoce des matières premières, dans un rapport publié vendredi 12 avril. Ils s'attendent à ce qu'un tel rythme, "à deux chiffres", se confirme dans les cinq prochaines années, "au moins". Les pays du bassin méditerranéen seront les premiers à bénéficier de l'appétence des Chinois, des Brésiliens et des Russes pour ce fruit oléagineux. Sur le podium des gagnants, trois pays de l'Union européenne (UE) en difficulté économique : l'Espagne, l'Italie et la Grèce. Une production presque monopolistique puisque, selon le dernier rapport mensuel de l'International Oil Council, 75 % de la production mondiale d'olive provient de l'UE. L'Espagne, championne du monde de l'olive, produit plus de la moitié de l'huile mondiale. Pour la troisième année consécutive, la récolte 2011-2012 devrait être abondante, avec un record historique de 1,6 million de tonnes, alors que l'Italie prévoit quelque 400 000 tonnes et la Grèce 300 000 tonnes. Au total, la production européenne devrait connaître une hausse de 9 % avec 2,4 millions de tonnes. En face, une hausse de la consommation devrait être observée sur l'année passée, atteignant un record historique avec 3,1 millions de tonnes. Certes, Portugais, Italiens, Français et Britanniques consomment une large part de la production en provenance d'Andalousie mais il faut aussi compter avec les Etats-Unis et les économies dites "émergentes"....
Le Mouvement 5 Etoiles du comique blogueur a été la révélation des élections de fin février. Son programme anti-establisment et ses méthodes de “démocratie numérique” sont partagées par de nombreuses formations en Europe, qui pourraient faire front commun lors des élections européennes de 2014. Par Ferruccio Sansa | Emiliano Liuzzi Beppe Grillo a un objectif : l’Europe. Alors que la politique italienne peine à se remettre du tsunami qui vient de la secouer, chez lui, à Gênes, le leader du Mouvement 5 Étoiles vole déjà par la pensée au-delà des frontières. Son objectif déclaré est désormais d’exporter son expérience vers d’autres pays européens où la crise politique et économique est semblable à celle que traverse l’Italie. “Nous ne pouvons pas penser que nous avons fait tout ça pour nous arrêter ici, à Rome. On doit aller plus loin et notre objectif, c’est Strasbourg en 2014, le Parlement européen. Parce qu’il y a une nécessité similaire à celle de l’Italie et parce que si nous prenons pied en Europe, ce sera un changement déterminant pour toute notre époque”, a-t-il déclaré à ses partisans. Velléitaire ou visionnaire ? Ces dernières semaines, l’objectif est devenu nettement plus concret depuis que les discussions sur le réseau social Meetup se sont étendues au-delà des frontières et des langues. Une “révolution”, disent les participants, “une espèce de Mai ’68 qui aurait la Toile pour vecteur”. “Nous venons tout juste de commencer”, expliquent Grillo et les siens à ceux qui les écoutent ces jours-ci, et qui ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire : le Mouvement 5 étoiles (M5E) a des contacts surtout dans les pays de l’Est — en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. Mais ses regards se tournent particulièrement vers la Grèce, l’Espagne, le Portugal : “C’est en ce sens que je répète que nous venons à peine de commencer”... En Europe, la presse reste divisée au sujet de Grillo. Manuel Castells, de La Vanguardia écrit que “le caractère expérimental de ce projet qui s’en prend à la politique traditionnelle est bien clair. Il a été soutenu par des millions de personnes et par une grande partie des jeunes qui s’identifient avec le désir de sortir de l’impasse des manipulations et de l’opacité engendrées par la délégation des pouvoirs. Or ce sentiment de distance croissante entre les société civiles et les institutions politiques se répand aussi en Espagne”. L’Espagne, justement. Un des points de départ de ce que pourrait être la propagation des idées du M5E en Europe. Le 15 octobre 2011, les rues et les places s’étaient remplies de jeunes qui réclamaient un monde nouveau. C’étaient les Indignados espagnols, les Indignés français ou les Occupy Wall Strett américains. Ils étaient des milliers. En Italie, il y eut quelques magasins pillés, la police matraqua ici et là, et puis plus rien....
Les résultats étaient encore incertains lundi soir. Le centre gauche est donné victorieux à la Chambre des députés mais pourrait être battu au Sénat. Le résultat des législatives du week-end en Italie s'avérait très incertain lundi soir avec une victoire probable du centre gauche à la Chambre des députés mais une possible défaite au Sénat, alimentant les craintes d'une ingouvernabilité de la troisième économie de la zone euro. A la Chambre, la coalition de gauche emmenée par le chef du Parti démocrate (PD) Pier Luigi Bersani s'adjugerait une confortable majorité grâce au système électoral qui accorde 55% des sièges à la formation arrivant en tête. Les premiers résultats partiels (sur seulement un tiers des bureaux) lui attribuent 31,7% contre 27% à la coalition de droite de Silvio Berlusconi, candidat à 76 ans, pour la sixième fois en 18 ans de carrière politique. Mais de premières projections basées sur des échantillons représentatifs donnaient en début de soirée un écart bien plus réduit (29-29,5% contre 28,5-28,6%). Au Sénat, la gauche serait également en tête avec 32,35% contre 29,9% pour la droite berlusconienne sur la base des deux tiers des bulletins dépouillés, inversant une tendance donnée précédemment par des projections d'instituts de sondage qui voyaient la droite aux premières loges. Mais une victoire en voix ne se traduit pas automatiquement en une majorité en sièges (la majorité absolue est à 158 sièges), car le système électoral du Sénat, complexe, accorde une prime majoritaire au niveau de chaque région. Par exemple, les résultats de la Lombardie, région la plus riche et la plus peuplée, pèseront très lourd dans la balance. La perspective de majorités opposées à la Chambre et au Sénat a fait brièvement passer dans le rouge (-0,1%) la bourse et remonter l'écart des taux obligataires avec l'Allemagne. Les marchés redoutent plus que tout une instabilité gouvernementale en Italie, pays en récession et affligé d'une dette colossale (plus de 120% du PIB). « C'est sûr que s'il y a une majorité à la Chambre et une autre au Sénat, il n'y a pas de gouvernement », a commenté Stefano Fassina, l'économiste du Parti démocrate, assailli de questions par les journalistes au QG de campagne du PD. Une solution pourrait venir d'une alliance entre le centre gauche et Mario Monti mais tout dépendra du nombre de sièges que ce dernier obtiendra au Sénat où sa liste tournerait autour de 9%. « Je ne sais pas si l'addition des sénateurs de centre gauche et de la coalition de Monti arrive à une majorité », s'est interrogé M. Fassina....
"Je suis ici parce que je voterai PD" a affirmé le réalisateur lors du dernier meeting de campagne du Parti Démocrate. “Silenzio Elettorale”. En Italie, après une campagne cacophonique, le temps du “silence électoral” est venu. Les citoyens se rendront aux urnes dimanche et lundi afin de voter pour leurs députés et leurs sénateurs. Si l’issue du scrutin reste plus qu’incertaine, les derniers sondages publiés le 8 février dernier notaient une inquiétante remontée de Silvio Berlusconi, l’ancien Premier Ministre ramenant l’écart avec Pier Luigi Bersani du centre-gauche de 17 points le mois dernier à tout juste 4 points. Dans ce contexte, nul ne doute plus du caractère décisif de ces derniers jours. Berlusconi (démissionnaire fin 2011 à la suite de scandales erotico-financiers et d’une gestion économique et politique désastreuse) n’hésitant carrément pas à envoyer une lettre pseudo-officielle aux Italiens domiciliés dans les régions-clés promettant de supprimer et de rembourser la taxe sur l’habitation principale mise en place l’année dernière par Mario Monti. Une promesse irréaliste et malhonnête susceptible pourtant de séduire la population d’un pays où les mesures d’austérité ont permis de réduire le déficit public et de restaurer la confiance des marchés tout en tant participant à la précarisation générale de l’ensemble de la classe moyenne. Face aux bouffonneries (sur les écrans de la péninsule, le patron de Mediaset a passé ces derniers temps à cabotiner à grands renforts de lazzi et autres allusions sexuelles) de Berlusconi, le soutien de Nanni Moretti au PD n’est donc pas de trop...
Bien que sous-évaluée par la plupart des journaux, la popularité de l'ex-comique Beppe Grillo grandit, notamment chez les jeunes. A deux semaines du scrutin des législatives, c'est un signal à prendre au sérieux, estime le quotidien. Le jeudi 7 février, ni La Repubblica ni le Corriere della Sera n'ont consacré une ligne à Beppe Grillo. Comme s'il n'existait pas. Mais le réveil sera brutal. [Depuis, les deux quotidiens les plus lus d'Italie ont consacré quelques articles à la percée du candidat dans les sondages.] On a été frappé le mercredi 6 février [lors de l'émission Les Invasions barbares sur la 7] par le décalage entre les paillettes des studios de télévision et la performance de Mario Monti, qui est vraiment passé pour un extraterrestre. Monti ne sait pas se servir de Twitter, n'a jamais entendu parler de Cinquante nuances de Grey, élude la question de l'union civile [l'équivalent du pacte civil de solidarité (pacs) français], se désintéresse du festival de San Remo [festival de musique très populaire en Italie]. Son "gourou américain" [David Axelrod, homme de confiance de Barack Obama] lui a conseillé de faire quelques confidences : Monti s'est donc résolu à bafouiller quelques mots au sujet de son épouse, pendant que Daria Bignardi [animatrice du talk-show] lui collait un petit chien dans les bras. "Oui, nous sommes populistes !" Le même jour, il suffisait de se connecter sur le site de Beppe Grillo (www.beppegrillo.it) pour découvrir qu'au même moment le candidat (qui a laissé derrière lui sa carrière d'humoriste) haranguait la foule à Marghera [commune de Venise]. Quelques jours avant, il remplissait la place aux Herbes, à Padoue – les images sont impressionnantes, comme le sont toutes les photos du "Tsunami Tour" [nom de la tournée électorale de Beppe Grillo]. Des "gens comme les autres", aurait dit Robert Redford, emmitouflés dans leurs manteaux, étaient là, par centaines, le soir et l'après-midi, à écouter Beppe Grillo. Il se passe quelque chose en Italie. Ce mouvement est-il bénéfique ou néfaste ? On peut bien sûr en discuter. Mais c'est un phénomène de premier plan. Le Mouvement 5 étoiles est crédité de 17 % dans les sondages, un chiffre que très peu de partis ont été capables de dépasser en Italie...
Deux jours après sa démission, Mario Monti a enfin mis fin au suspense. Il a annoncé qu'il ne serait pas candidat aux élections générales de février mais s'est dit prêt à diriger le pays si le Parlement le réclame. Quel est le bilan de sa politique ? Même l'Italie souffre toujours d'une grave crise accentuée par de nombreuses mesures d'austérité, le Professore a incontestablement changé les Italiens, estime La Stampa. Les pensionnaires du palais Madame [le Sénat italien] l’ont compris dès le premier jour : Mario Monti débarquait d’une autre planète. Le 17 novembre de l’année dernière, entre les velours écarlates du palais, le Professore proclamait le premier discours parlementaire de sa vie sous les applaudissements timides des sénateurs. Il laissa entendre à mots couverts, ignorés alors par les médias, à quoi ressembleraient les prochains mois : l’heure est venue – dit-il – d’affermir ce "sens de l’Etat qui évite la dégénérescence du sens de la famille en familialisme, de l’appartenance à la communauté en localisme, du sens du parti en partitisme".
Cette formule contenait un véritable programme de législature. La suite allait le confirmer. En un an, le gouvernement de l’austère professeur a réussi à imposer des mesures incisives et impopulaires : le relèvement de l’âge de départ à la retraite et l’extension du système contributif ; une robuste hausse de l'impôt sur le patrimoine immobilier ; une diminution draconienne de la dépense publique ; la lutte contre l’évasion fiscale, illustrée par des opérations éclairs spectaculaires. Mario Monti a imposé au monde politique une rééducation lexicale et une leçon de style, mais aussi une petite révolution communicative. Mario Monti s’exprime désormais avec une fréquence qui fait de lui le président du Conseil le plus loquace de l’histoire de la République. Une boulimie communicative – doublée d’une cadence et d’un débit jésuitiques – que le Professore s’est imposée pour accomplir la mission qui résume toutes les autres : “J’espère changer le mode de vie des Italiens”, a-t-il confessé en février au Time. Une vocation pédagogique qui différencie Mario Monti des professeurs qui l’ont précédé : Amintore Fanfani, Giuliano Amato, Romano Prodi voulaient éduquer le monde politique, lui s’attelle à la société civile. ...
Silvio Berlusconi a annoncé qu’il revenait dans l’arène électorale. A 76 ans, le "caïman" pourrait faire mal à son pays. C’est l’accident de parcours dont l’Europe se serait bien passée. Après avoir par deux fois retiré le soutien de ses députés au professeur d’économie Monti, le chef du gouvernement qui conduit depuis un an le redressement des comptes publics italiens, Silvio Berlusconi a annoncé qu’il revenait dans l’arène électorale à l’âge de 76 ans et ainsi bouleversé la scène politique de son pays. Virtuellement privé de majorité parlementaire, Mario Monti a fait savoir qu’il démissionnerait sitôt le budget 2013 adopté, autrement dit avant Noël, et l’Italie sera donc appelée à des élections anticipées qui devraient se tenir fin février ou début mars. A priori, cela ne fait qu’avancer un peu le calendrier puisque des législatives devaient, de toute manière, avoir lieu au printemps mais cette décision de Silvio Berlusconi change en fait tout en Italie. Maintenant que son ancien chef de file est de retour, la droite italienne risque fort de se scinder entre ceux qui le suivront et ceux qui ne voudront pas se compromettre à nouveau avec un homme inculpé dans un chapelet d’affaires de malversations financières et de détournement de mineures toutes plus scabreuses les unes que les autres. La reconstruction d’une droite unie et recentrée parait désormais hors de portée en Italie aussi et le plus inquiétant est que ce multi-milliardaire s’apprête à faire campagne en surfant sur le mécontentement social qu’a suscité la réduction du déficit budgétaire...
La classe moyenne a été durement touchée en 2012 par le chômage et l'austérité. La pauvreté concerne désormais des groupes sociaux préservés jusqu'ici. Etranglés par le chômage et la rigueur, des millions d’Européens ont basculé cette année dans la pauvreté qui frappe les classes moyennes, ébranle la cohésion sociale et atteint des groupes jusque-là préservés comme les femmes et les enfants."Le trou noir est de plus en plus grand", s’inquiète Mercedes Gonzalez, une Espagnole de 52 ans qui, avec moins de 800 euros par mois, se bat pour assurer le quotidien d’une famille au chômage à Fuenlabrada, en banlieue de Madrid. En juillet, elle touchait encore, comme son mari, une aide gouvernementale de 426 euros, aujourd’hui réduite à 360 euros. "Pendant ce temps, la nourriture et les factures augmentent avec la hausse de la TVA" depuis septembre, raconte-t-elle. "Les choses vont de mal en pis, nous sommes asphyxiés": la lassitude perce dans la voix de cette petite femme bourrée d’énergie, vendeuse au chômage dont le mari, charpentier, et deux des trois fils adultes sont eux aussi sans emploi. L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, affiche les ingrédients d’une crise sociale majeure: un quart des actifs au chômage, une politique d’austérité historique, des coupes implacables dans l’éducation et la santé, des milliers de familles surendettées jetées à la rue. Dans ce pays, où deux petits propriétaires menacés d’expulsion se sont suicidés récemment, comme en Grèce ou en Italie, deux autres pays du sud de l’Europe minés par la récession, la crise parfois vire à la tragédie...
Qui sera le candidat du centre-gauche italien aux élections générales du printemps prochain ? Pier Luigi Bersani, secrétaire du Parti démocrate ou Matteo Renzi, le jeune maire de Florence. Quel que soit le résultat du 2 décembre, Matteo Renzi est déjà le grand gagnant . Pier Luigi Bersani est en tête, mais le résultat de Matteo Renzi dépasse toutes les attentes [à l'issue du premier tour des primaires, dimanche 25 novembre, Bersani a obtenu 44,5% des suffrages et Matteo Renzi, 35,5%]. Même s'il perd la guerre, le maire de Florence a déjà gagné sa bataille. Et quoi qu'il advienne, le second tour sera hors norme : si Renzi totalise 37 % des voix aujourd'hui et 40 % dimanche 2 décembre, cela signifie que le Parti démocrate (PD) ne sera plus jamais le même ; il devra s'ouvrir et se moderniser. Cela signifie également que Bersani, tout auréolé de la victoire qu'il soit, dépendra des reports de voix de Nichi Vendola [candidat au premier tour, président de la région des Pouilles] dont il ne pourra pas se passer. Voilà qui risque de donner un petit air d'extrême gauche à la coalition, exactement l'inverse de ce dont aurait besoin le secrétaire général pour rassurer les partenaires internationaux et séduire l'électorat en vue des prochaines élections nationales. On pourrait donc dire que les derniers, comme Renzi, sont finalement les premiers. Et l'on peut déjà en tirer quelques enseignements. Premièrement : avoir contraint le secrétaire à un second tour est un succès retentissant pour le PD et pour les partisans des primaires. Dans ce contexte, Matteo Renzi a réussi à incarner la volonté de nombreux Italiens – même étrangers aux pratiques du parti ou anciens électeurs de la droite berlusconienne – de s'impliquer à nouveau dans la vie politique en s'appuyant sur des points de référence au sein de partis transparents et capables de concrétiser une idée de développement, une vision pour le pays....
Cherchant des remèdes à la désyndicalisation générale, le Blogueur enquête en Italie, où une nouvelle « unione » prend en charge les travailleurs précaires et les laissés pour compte ; en Allemagne, où la branche régionale d’un « Verband » recrée une entreprise pour sauver les emplois ; et en France, où des non-syndiqués poussent les centrales à faire d’Internet un espace social. Sur le Web, retrouvez : Que reste-t-il de Solidarnosc ? : Solidarność, solidarité – qu'est devenu le fameux syndicat polonais 20 après l'accession au pouvoir de Lech Walesa. Accompagnez-moi sur ses traces entre réseaux sociaux, photos de manifs et airs de rap. Les Anglaises voient rouge : En Grande-Bretagne, si les femmes syndiquées se laissent photographier par la presse, c’est qu’elles en ont ras le bol du chômage massif qui les frappe. Et en France, comment ça se passe ? Looks de syndiqués : Blouson vs. costard, casquette rouge vs. casque dur – nous examinerons de près les styles vestimentaires des forces syndicales en Europe. (...)...
|