Union Européenne, une construction dans la tourmente
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L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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L'Europe va-t-elle couper les vivres à ses pauvres ?

L'Europe va-t-elle couper les vivres à ses pauvres ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens vont négocier le budget communautaire pour la période 2014-2020. En jeu, notamment : le montant de l'aide alimentaire aux plus démunis.

 

Les hasards du calendrier ont parfois du bon. Trois jours après l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne (UE), le 12 octobre 2012, les principales associations caritatives françaises avaient trouvé le symbole idéal pour relayer leur mobilisation. Côte à côte lors d’une conférence de presse, le Collectif des banques alimentaires, la Croix-Rouge, les Restos du cœur et le Secours populaire ont appelé à la mobilisation pour «sauver l’aide alimentaire européenne». Dans une Union en plein marasme économique, l’enjeu est de taille : chaque année, 18 millions d’Européens se nourrissent grâce au Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), né en 1987.

Mais, déjà en sursis depuis l’an passé, le dispositif pourrait être nettement amoindri à partir de 2014, en raison d’une fronde de quelques pays de l’Union. «L’aide alimentaire ne peut pas être cassée au moment où l’Europe en a le plus besoin», alerte Olivier Berthe, président des Restos du Cœur. «Sinon, les gens vont finir par désespérer de l’UE», abonde Alain Seugé, président de la Fédération française des banques alimentaires.

 

Qu'est-ce-que le PEAD ?

Il y a vingt-cinq ans, Jacques Delors, alors président de la Commission européenne, met en place le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). A l'époque, il s’agit d’utiliser les surplus de la Politique agricole commune (PAC) pour distribuer des repas aux plus démunis. Aujourd’hui, le PEAD profite à 18 millions de personnes dans 20 pays de l’UE. Parmi les principaux bénéficaires, avec la Pologne et l’Italie, on retrouve la France.

Sur les 480 millions d’euros dotant le PEAD en 2011, 72 millions ont été redistribués dans l’Hexagone, soit environ 130 millions de repas...

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L'Espagne réforme son éducation pour lutter contre le chômage record des jeunes

L'Espagne réforme son éducation pour lutter contre le chômage record des jeunes | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
MADRID, 17 mai 2013 (AFP) - Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi une réforme controversée du système éducatif, déjà frappé par des coupes budgétaires, avec l'espoir de lutter contre le chômage record des jeunes dans un pays où l'abandon scolaire dépasse de loin celui de ses voisins européens.

"Nous avons besoin d'une refonte urgente de tout le système éducatif car nous ne pouvons pas nous permettre les chiffres d'échec, d'abandon (scolaire, ndlr) et de chômage des jeunes", a lancé la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, après le Conseil des ministres.

La loi adoptée par le gouvernement vendredi, qui sera débattue au Congrès des députés, où le parti conservateur au pouvoir dispose de la majorité, est "l'une des réformes les plus importantes figurant à l'agenda du gouvernement", arrivé au pouvoir en décembre 2011, a ajouté le ministre de l'Education, Ignacio Wert.

Enfoncée dans la récession, l'Espagne est frappée par un taux de chômage historique de plus de 27%, qui bondit jusqu'à 57,22% chez les 16-24 ans.

Ce panorama est encore assombri par un taux d'abandon scolaire de 25%, "le double de celui du reste des pays de l'Union européenne", a précisé vendredi la numéro deux du gouvernement. Près d'un jeune sur quatre (23,5%) entre 15 et 29 ans ne travaille ni n'étudie, a-t-elle ajouté.

"L'investissement dans l'éducation a doublé lors de la dernière décennie, et l'échec aussi", a-t-elle souligné. Engagé dans une cure d'austérité drastique, le gouvernement a ordonné une réduction de trois milliards d'euros par an des dépenses dans l'éducation, un secteur dont le budget est géré par les régions autonomes.

La réforme prévoit notamment une plus grande "flexibilité" des parcours scolaires ainsi que l'introduction d'examens pour valider chaque étape de la scolarité....

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La crainte et l'erreur de François Hollande / France Inter

Après que les statistiques eurent confirmé l’entrée en récession de l’économie française, François Hollande a eu des mots justes. « La récession est européenne et la solution est européenne », a-t-il déclaré hier avant d’aller s’entretenir, à Bruxelles, avec la Commission européenne et ce constat comme la conclusion qu’il en tire ne sont guère contestables.

        Bien que l’Allemagne ait enregistré une très, très symbolique croissance de 0,1%  au premier trimestre, c’est toute la zone euro qui est aujourd’hui en récession avec un recul moyen du Produit intérieur brut de 0,2%, celui-là même qui affecte la France. Allemagne comprise, tous les pays de la monnaie unique sont dans le même bateau et, si chacun d’eux doit remettre de l’ordre dans ses comptes, aucun d’eux ne pourra s’en tirer – non pas seulement sortir de la récession mais renouer avec une vraie croissance – en ne tablant que sur la réduction de ses dépenses dont le seul effet immédiat est de ralentir encore l’activité et de réduire les rentrées fiscales.

        La zone euro ne sortira de cette crise qu’en mettant ses moyens en commun, qu’en mutualisant ses emprunts pour en diminuer les taux et qu’en procédant, surtout, à des investissements paneuropéens dans les industries d’avenir, celle qui créeront les emplois de demain. François Hollande a, oui, cent fois raisons de dire que « la solution est européenne » mais pourquoi le murmure-t-il au lieu de le hurler et de prendre la tête d’un parti paneuropéen de la croissance européenne ?

        Pourquoi l’homme qui, durant sa campagne, avait su dire avant tout le monde que la rigueur était nécessaire mais mènerait dans le mur si elle n’était pas accompagnée d’un effort de croissance volontariste est-il aujourd’hui si discret, timide, elliptique, alors que les faits lui ont donné raison et que cette analyse est de plus en plus partagée, jusque dans les milieux financiers ?

        Cela parait incompréhensible, mystérieux, mais il y a une explication à cela...

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La Slovénie présente un plan pour assainir ses finances publiques

La Slovénie présente un plan pour assainir ses finances publiques | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Echaudé par les conditions drastiques imposées à Nicosie pour obtenir une aide internationale, Ljubljana souhaite à tout prix éviter ce recours.

 

Le gouvernement de centre gauche de Slovénie, pays souvent cité comme potentiel candidat à une aide internationale, doit présenter jeudi 9 mai à l'issue d'un conseil des ministres le plan d'assainissement des finances publiques qu'il va envoyer à la Commission européenne. Objectifs : améliorer les finances publiques du pays et réformer le secteur bancaire qui croule sous une montagne de créances douteuses – environ 7 milliards d'euros, soit 20 % du produit intérieur brut (PIB) du pays – pour éviter au pays de devenir le sixième membre de la zone euro à faire appel à une aide, après Chypre, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande et la Grèce.

Echaudé par les conditions drastiques imposées à Nicosie pour obtenir une aide internationale, Ljubljana souhaite à tout prix éviter ce recours. Alenka Bratusek, arrivée à la tête du gouvernement il y a sept semaines, a annoncé mercredi qu'elle prendrait en compte les propositions de l'opposition. Le document de travail évolue ainsi en fonction des différentes réunions avec les syndicats, le patronat et les différentes forces politiques...

 

Mercredi, le commissaire européen en charge des affaires économiques, le Finlandais Olli Rehn, a expliqué que si le plan était "convaincant, concret et fiable", l'Union européenne (UE) déciderait fin mai de la prochaine étape. L'agence d'évaluation financière américaine Moody's avait mis un peu plus sous pression le pays, dégradant le 30 avril sa note souveraine de deux crans dans la catégorie "spéculative".

La Slovénie a toutefois réussi à lever le 3 mai 3,5 milliards de dollars sur le marché de la dette, à des taux seulement en légère hausse et avec une demande forte. Les spéculations sur une demande d'aide de l'ancien élève modèle parmi les anciens pays communistes membres de l'UE, se sont renforcées après le sauvetage de Chypre, même si les deux cas diffèrent fortement : le secteur bancaire slovène représente 130 % du PIB quand les banques chypriotes en représentent 800 %.

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La Commission européenne publie des prévisions pessimistes pour tous les pays de l’UE

La Commission européenne publie des prévisions pessimistes pour tous les pays de l’UE | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

UNION EUROPéENNE / ECONOMIE - La Commission européenne vient de publier ses prévisions économiques du printemps 2013 pour l'ensemble des pays de l'Union européenne ; et elles ne sont pas très bonnes. La Commission revoit ses prévisions à la baisse, et annonce une contraction de 0,4% du produit intérieur brut des 17 pays membres de la zone euro. Cependant, Bruxelles laisse filtrer une lueur d'espoir, puisque l'exécutif communautaire envisage une croissance de 1,2% dès l'année prochaine.

Au regard de la situation économique, la Commission européenne rabaisse donc ses prévisions pour pratiquement tous les pays de la zone euro, y compris pour l'Allemagne.

En ce qui concerne la France, qui voulait croire à une croissance très légèrement positive en 2013, la Commission prévoit au contraire une récession de 0,1%. Et en 2014, une croissance modeste de 1,1%.

Le déficit, selon ces prévisions, continuera à se creuser, avec -3,9% en 2013 et -4,2% en 2014...

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Grèce : Trois ans d'échec collectif

Grèce : Trois ans d'échec collectif | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le 23 avril 2010, le Premier ministre de l’époque, Georges Papandréou, lançait un appel à l’aide financière internationale pour éviter l’effondrement de son pays. Les trois années qui ont suivi ont été une suite d’erreurs commises à la fois par la troïka et l’Etat grec, observent plusieurs études.
 Par Nick Malkoutzis

Il y a trois ans, le Premier ministre Georges Papandréou s’exprimait depuis le port de Kasteloritzo avec, en toile de fond, les reflets argentés de la mer Egée et des enfants piaillant de joie. La période qui a suivi ne fut en rien un jeu d’enfant baigné de lumière pour la Grèce. L’appel qu’a lancé ce jour-là Papandréou à la zone euro et au Fonds monétaire international (FMI) a été le point de départ de pratiquement tous les événements survenus en Grèce depuis trois ans. Et nul ne sait sur quoi cela débouchera.

Même si la troïka de prêteurs, qui a injecté près de 200 milliards d’euros en Grèce au cours des 36 derniers mois, est composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI, la plupart des Grecs se sont focalisés sur le rôle de l’organisation de Washington. Pour beaucoup, la date du 23 avril restera le jour où "Papandréou a vendu la Grèce au FMI". Le Fonds n’a fourni qu’une fraction des prêts consentis à ce jour, et pourtant, ce sont souvent ses initiatives qui sont observées à la loupe.

De plus en plus de gens ont compris que certains partenaires de la Grèce au sein de la zone euro et de la BCE étaient derrière les exigences les plus fermes de la troïka, mais le FMI n’en reste pas moins la cible de prédilection des critiques.

 

Le problème tient au fait que ces attaques souvent inconsidérées, qui associent le FMI au cheval de Troie du néolibéralisme, empêchent toute analyse raisonnée du rôle de chacun des trois éléments de la troïka. Dans ce brouillard, il est devenu difficile de discerner ce que l’on a vraiment à reprocher au FMI. A cet égard, un éditorial de Mohamed El-Erian, directeur du fonds d’investissement PIMCO, paru sur le site de CNN sous le titre "Le FMI doit surmonter sa personnalité bipolaire", arrivait à point nommé et apportait un éclairage tout à fait précieux...

 

 

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En Europe, l’austérité perd de sa rigueur

En Europe, l’austérité perd de sa rigueur | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Face à la crise qui dure, de plus en plus de voix s’élèvent pour remettre en cause le rythme trop rapide des politiques d’assainissement budgétaire.

 

Le temps de la rigueur est-il compté ? Deux ans après s’être abattue sur l’Europe, la politique d’austérité, érigée en catéchisme économique, voit ses fondations trembler. Pas tant en raison des coups de boutoir répétés des «alter» et autres «économistes atterrés»(1), que des critiques qui émanent, ces dernières semaines, du cœur même des temples les plus rigoristes. Au point de préfigurer, peut-être, un changement de cap au niveau européen. Car si cette politique a conduit à diviser par deux le déficit public de la zone euro en quatre ans, elle plombe depuis fin 2011 la croissance du continent.

Dernière saillie en date, et non des moindres, venue clore provisoirement une vraie série noire pour les tenants de la rigueur : celle, lundi, du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le «surveillant» en chef des programmes de réduction des déficits publics en Europe a déclaré que l’austérité, certes «fondamentalement bonne», a «atteint ses limites». Et de prévenir que pour «être couronnée de succès», une politique doit «recueillir un minimum de soutien politique et social». Un euphémisme face à la montée du mécontentement, notamment du sud de l’Europe.

Erreurs. La semaine dernière, c’était au tour de deux piliers de la doctrine austéritaire, Reinhart et Rogoff, d’être ridiculisés… par un étudiant. En 2010, ces deux éminents économistes de Harvard théorisaient, tableurs Excel à l’appui, qu’un taux d’endettement supérieur à 90% conduisait, sur la moyenne des pays étudiés, à une stagnation du PIB. L’influence de cette étude sur les politiques mises en place fut alors «immense», selon le prix Nobel d’économie Paul Krugman. Elle fut même reprise, en France, dans la loi de finances rectificative de 2010… Deux ans plus tard, patatras : leur travail se révèle truffé d’erreurs, la moyenne de la croissance des pays endettés à plus de 90% se trouvant réhaussé à +2,2%, et non pas en légère récession de 0,1%. «Les vrais coupables sont ceux qui se sont emparés de ce résultat controversé», enrage Paul Krugman....

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Selon le FMI, la zone euro demeurera l'homme malade de la planète en 2013

Selon le FMI, la zone euro demeurera l'homme malade de la planète en 2013 | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La fracture entre pays développés et émergents a laissé la place à une économie mondiale à trois vitesses, estime le FMI.

 

La reprise de l'économie mondiale évolue désormais à trois vitesses, selon les prévisions publiées mardi 16 avril à Washington par le Fonds monétaire international (FMI). Jusqu'au début de l'année 2013, la situation était duale : les pays émergents et en développement connaissaient des taux de croissance nettement supérieurs à ceux des économies dites avancées.

Aujourd'hui, derrière un taux de croissance mondial de 3,3 % en 2013 et 4 % en 2014, le Fonds distingue trois types d'évolution : un groupe de pays en développement ( + 5,3 % en 2013 et + 5,7 % en 2014) qui parvient pour l'instant à maîtriser les risques de surchauffe liés aux prix élevés des matières premières, qui bénéficie de taux d'intérêt très bas et de flux importants de capitaux.

Viennent ensuite les Etats-Unis dont l'économie redémarre franchement (+ 1,9 % et + 3 %) grâce à la demande intérieure et malgré la mauvaise gestion de leur déficit budgétaire, mais aussi le Japon qui a résolument mis le cap sur l'inflation et a mis le cap sur la relance.

Enfin, loin derrière, la zone euro paralysée stagne, et sera même en récession cette année (- 0,3 %  en 2013 et + 1,1 % en 2014).


Certes, les pays européens deviennent plus compétitifs en raison des mesures d'austérité qui y sont mises en œuvre, mais la faiblesse de leurs banques, la mauvaise tenue de leur dette souveraine et leur activité médiocre se combinent pour retarder leur convalescence...

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Le plan d'aide à Chypre recadré à Dublin

Le plan d'aide à Chypre recadré à Dublin | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La zone euro se réunit dans la capitale irlandaise pour régler les derniers détails du plan d'aide, qui devrait être plus important que prévu. Les cas du Portugal et de la Slovénie seront également abordés.

 

La zone euro doit se prononcer vendredi à Dublin sur les modalités du plan d’aide à Chypre, qui va devoir faire des efforts plus importants que prévu, et juger si le Portugal apporte des garanties suffisantes pour obtenir un peu de souplesse de ses créanciers.

Les ministres des Finances des 17 se retrouvaient dans la matinée pour examiner les mesures que doit mettre en œuvre Nicosie pour bénéficier d’une aide de 10 milliards d’euros et recevoir un premier versement de 75 millions dès le début du mois de mai pour payer les salaires des fonctionnaires.

Cette étape devait être une formalité puisque les grandes lignes du plan étaient sur la table après de laborieuses négociations entre Chypre et ses bailleurs de fonds en mars. Mais la situation économique du pays s’est nettement dégradée depuis. «Les besoins financiers de Chypre ont évolué dans un contexte de récession plus profonde que prévu», confirme une source proche des négociations.

Chypre, qui sera représentée à Dublin par son nouveau ministre des Finances Haris Georgiades, devra au final trouver 13 milliards d’euros, soit six milliards de plus que prévu initialement, pour obtenir les 10 milliards de prêt de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI). L’essentiel de cette somme proviendra de la restructuration du secteur bancaire, qui comprend une ponction sur les créanciers, y compris les gros déposants. Cette mesure inédite rapportera 10,6 milliards d’euros au lieu des 5,8 milliards annoncés au départ. Elle a créé la polémique car c’est la première fois que certains déposants sont mis à contribution dans le cadre d’un plan de sauvetage de la zone euro....

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«La crise que nous subissons a ses racines dans le thatchérisme»

L'économiste Denis Clerc, fondateur de la revue «Alternatives économiques», revient pour Libération sur les années Thatcher.

 

«There is no alternative» aimait à répéter Margaret Thatcher. Au début  des années 80, la dame de fer impose son ordre libéral au Royaume-Uni. A la même époque, Denis Clerc fonde la revue «Alternatives économiques». Deux visions de l'économie que tout oppose. Pour Libération, Denis Clerc revient sur 11 ans d'économie selon Thatcher. 

Quel bilan tirez-vous des années Thatcher ?

Je dirais que ça a été une réussite économique, mais une catastrophe sociale. Et cela va de pair finalement. Sous Thatcher, les riches sont devenus plus riches, les pauvres plus pauvres. Quand elle est arrivée, le taux de pauvreté atteignait 15 % au Royaume-Uni. Quand elle a quitté le pouvoir, il était de 20 %. C’est aussi la seule dirigeante au monde à avoir supprimé le salaire minimum. Mais en même temps, elle a réussi à sortir la pays de la profonde crise économique dans laquelle il était plongé.

Au prix d’une politique très dure, notamment vis-à-vis des syndicats.

Elle a brisé la toute-puissance des syndicats britanniques, en venant à bout de la grève des mineurs en particulier en 1984-1985. C’était sans doute nécessaire. En mettant toute les nuances possibles, il faut bien dire que les syndicats étaient devenus une force conservatrice plus que dynamique. Ils se reposaient sur un passé impérial que le Royaume-Uni ne pouvait plus assumer.

Margaret Thatcher a voulu rétablir les mécanismes du marché, réduire l’Etat social pour favoriser l’économie. Je le répète, cela a été une réussite. Mais aussi un véritable drame social. On oublie souvent de dire que dans les années 80, les Anglais venaient se faire soigner en France, tant le système de santé britannique était à bout de souffle. On peut dire que 30 à 50 % de la population du Royaume-uni a payé la note du thatchérisme....

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Portugal: la Cour constitutionnelle sanctionne l'austérité

Portugal: la Cour constitutionnelle sanctionne l'austérité | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le gouvernement portugais a subi vendredi un sérieux revers de la part de la Cour constitutionnelle qui a rejeté plusieurs mesures du budget de l'Etat pour 2013, élément clé du plan de sauvetage négocié avec les créanciers internationaux du pays.

La Cour constitutionnelle a jugé non conforme à la Loi fondamentale la suppression des 14e mois de salaires versés aux fonctionnaires et aux retraités, ainsi qu'une mesure instaurant un prélèvement sur les allocations chômage et maladie, a annoncé son président Joaquim Sousa Ribeiro dans une déclaration à la presse.

"Ce sont les lois qui doivent se conformer à la Constitution et non pas l'inverse", a-t-il déclaré en précisant que la décision de la Cour concernait l'ensemble de l'année et avait donc une valeur rétroactive.

La Cour constitutionnelle avait été saisie au début de l'année par le président Anibal Cavaco Silva, pourtant du même parti social-démocrate que le Premier ministre Pedro Passos Coelho, et par l'opposition de gauche.

Le verdict rendu par les juges, sans possibilité d'appel, met le gouvernement en difficulté car il complique singulièrement la réalisation de son objectif de ramener le déficit public à 5,5% du PIB à la fin de l'année, les mesures retoquées ayant un impact budgétaire net d'environ 860 millions d'euros, selon les estimations...

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Euro Zone Shows More Weakness

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Euro-zone factories continued to lose momentum and unemployment rose to record levels, casting doubt on hopes for an economic rebound later this year.

 

New evidence on the poor state of the economy could increase pressure on the European Central Bank to ease monetary policy at its monthly meeting Thursday, after a minority of the bank's board wanted a cut in rates at the previous meeting.

Markit, a data provider, said Tuesday its gauge of activity in euro-zone factories fell at the fastest rate in three months in March. The fall adds heft to evidence that the euro-zone economy shrank in the first quarter of the year, which would mark its sixth consecutive quarter of contraction, exceeding the length of the 2008-2009 downturn sparked by the global financial crisis.

A subindex measuring factories' intake of new orders also fell to a three-month low, pointing to weakness in euro-zone factories in April and beyond.

"The euro-zone manufacturing sector looks likely to have acted as a drag on the economy in the first quarter, with an acceleration in the rate of decline in March raising the risk that the downturn may also intensify in the second quarter," said Chris Williamson, Markit's chief economist...

 

Some 33,000 more people were out of work in February, leaving the jobless rate unchanged at 12.0% of the workforce. January's rate was revised higher, also to 12.0%, the highest figure in Eurostat's database. Unemployment in January jumped by 222,000, according to the revised figures, marking the sharpest rise in joblessness in 10 months.

EU Social Affairs Commissioner Laszlo Andor said the level of unemployment in the region is unacceptable and urged governments to act.

Member states must use "all available instruments to create jobs and return to sustainable growth," in particular to contain youth unemployment, he said in a written statement. "Such unacceptably high levels of unemployment are a tragedy for Europe and they signal how serious a crisis some euro-zone countries are now in."...

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«Chypre restera comme le cobaye de la zone euro»

«Chypre restera comme le cobaye de la zone euro» | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Chypre, envoyé spécial. Stavros Evagorou, député et responsable du secteur économique du parti communiste (AKEL), évoque le mauvais rôle joué par Bruxelles dans la crise, alors que les banques chypriotes vont rouvrir ce jeudi après l'adoption de restrictions inédites dans la zone euro, censées limiter les effets d'une éventuelle panique bancaire.


Chypre est-il un paradis fiscal ?

Stavros Evagorou. Plusieurs mois avant la décision de l’Eurogroupe de taxer tous les dépôts, les media allemands ont propagé des accusations fausses contre Chypre. Notre pays serait un paradis fiscal, un centre de blanchiment d’argent… Ces journaux écrivaient sur les oligarques russes. Pourtant nous avons le même taux d’imposition sur les sociétés que la Bulgarie, un taux proche de l’Irlande et supérieur à celui de Malte. Pourquoi donc s’acharner sur Chypre? Aux Pays-Bas, il y a trois fois plus d’argent russe déposé qu’à Chypre. Et deux fois plus au Luxembourg. Il ne me semble pas que là-bas, les Russes soient prolétaires. Notre système bancaire a été inspecté par Moneyval, une institution du Conseil de l’Europe chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent. Nous avons une note meilleure que l’Allemagne. Nous sommes les septièmes dans la zone euro. S’ils insistent pour détruire notre système financier, ce n’est pas parce qu’ils ont quelque chose contre les Chypriotes. Ils ciblent les Russes. Ces derniers jours, des délégations de banquiers allemands ou de la zone euro se rendent à Chypre pour convaincre les investisseurs russes de transférer leur argent dans leur pays.

 

Akel estime que la troïka « asservit » Chypre. Pourquoi une telle expression ?

Stavros Evagorou. Chypre restera dans l’histoire économique comme le cobaye de la zone euro. Suite à un accord avec l’UE, nous avons voté depuis 2011, trente-cinq lois comprenant des mesures d’austérité, telles que des baisses de salaires. Nous n’avons pas encore reçu un euro. L’accord de l’Eurogroupe lundi avec le président de la République Nicos Anastasiades, n’est pas la fin de la route. Ce n’est que le début. Il y aura des privatisations et de nouvelles mesures d’austérité. Ces mesures sont appliquées en Grèce, au Portugal. Elles ont conduit ces peuples à la pauvreté, leurs pays à la récession....

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Eurozone : Pour qui sonne le glas ?

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Eurozone : Pour qui sonne le glas ?

 

Bien sur, le glas sonne à Chypre qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité[1]. Mais dans cette triste saga, le glas sonne également pour les dirigeants de l’Eurozone, dont l'attitude a déclenché une crise dont l’Europe aura beaucoup de mal à se relever : la question de confiance est posée. L’accumulation de mauvais jugements et de décisions inexcusables ne relève plus de la simple erreur. Ou alors, elles témoignent d’une forme d’incompétence dramatique.

 

 

Nous sommes à un moment extrêmement délicat en terme de relations interbancaires européennes. Les établissements financiers se font de moins en moins confiance. 684 milliards d’euros en provenance des banques de la zone euro sont déposés auprès de la Banque Centrale Européenne.  Les craintes sur la diminution de la liquidité bancaire et, par conséquent, la difficulté croissante à financer l’économie se faisaient sentir avant la crise.

Comme le titre aujourd'hui le Financial Times, l'Eurozone a décidé de transférer le risque de crise des contribuables vers les déposants. Elle n'aura que ses yeux pour pleurer lorsque la BCE aura épuisé sa capacité de financement des banques, et que les déposants auront fui la zone euro.

Si des mouvements substantiels de dépôts vers les pays réputés solides devaient être constatés,  les banques espagnoles et italiennes en particulier se trouveraient en mauvaise posture, et ces mouvements à eux seuls seraient de nature à provoquer une crise de la liquidité et son corollaire, une crise de crédit. Elles devraient en effet massivement se désinvestir d'obligations souveraines italiennes et espagnoles....

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Italie: manifestations contre l'austérité

Italie: manifestations contre l'austérité | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

ITALIE - A Rome, plusieurs dizaines de milliers d'Italiens ont manifesté, ce samedi 18 mai 2013, contre l'austérité et pour l'emploi, à l'appel du syndicat des métallurgistes. C'est la première manifestation depuis la formation du gouvernement Letta et l'annonce de premières mesures.

 

« Nous ne pouvons plus attendre ». C’est derrière ce slogan affiché en tête de cortège que des dizaines de milliers de travailleurs et de retraités ont réclamé samedi une correction radicale et immédiate de la politique économique menée par le tout nouveau gouvernement italien.

Alors que le président du Conseil Enrico Letta a annoncé vendredi le déblocage d’un million d’euros supplémentaire pour les chômeurs et la suspension du paiement de la taxe foncière pour les ménages et les entreprises afin de redonner un peu d’oxygène à une économie en récession, le syndicat Fiom CGL a estimé que ces mesures n’allaient pas assez loin et ne répondaient pas aux exigences.

La priorité, ce n’est pas la taxe foncière, c’est l’emploi et les investissements, explique le leader syndical Maurizio Landini qui demande l’arrêt des licenciements ou encore l’introduction d’un revenu minimum de citoyenneté.

Cette mobilisation à Rome a constitué une sorte de premier avertissement social pour le nouveau gouvernement Letta mais aussi un défi politique....

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Le « modèle allemand » ou comment s'obstiner dans l'erreur, par Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique)

Rapport après rapport, les données économiques viennent contredire les politiques d'austérité imposées aux pays européens par l'Allemagne, la BCE et la Commission européenne. Et pourtant, rien ne change.

 

Il n’est pas rare qu’un personnage de Tex Avery emporté par son élan franchisse le bord d’une falaise et poursuive sa course quelques instants dans le vide avant de mordre la poussière. Les politiques d’austérité imposées aux pays européens par l’Allemagne, la Banque centrale européenne, et — avec un enthousiasme déclinant — le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que la Commission européenne, ont-elle atteint ce point où le coureur, comprenant soudain qu’il n’a plus rien sous les pieds, jette un regard penaud avant de s’écrouler ?

Pas encore.

Certes l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, La Hongrie, la République tchèque soumis à l’obligation de coupes claires dans leurs services publics et dépenses d’Etat s’enfoncent dans la récession. Même les Pays-Bas et la Finlande, alliés traditionnels de l’Allemagne en matière de rigueur, ont connu une baisse d’activité en 2012, cependant que la France et le Royaume-Uni stagnaient. Seule la Pologne affichait l’année dernière une croissance supérieure à... 1 %.

Certes, la zone euro passée sous la toise de la bureaucratie austéritaire comptait à la fin du mois d’avril 19,2 millions de chômeurs (12,1 % de la population active selon Eurostat), un chiffre record et qui néanmoins ne dit rien de la dégradation vertigineuse des conditions d’existence du peuple grec.

Certes, un chef économiste du FMI a reconnu en janvier que son institution avait gravement sous-estimé les dégâts engendrés par l’impératif de restriction budgétaire : là où le modèle prévoyait qu’une réduction d’un euro de la dépense publique entraînerait une baisse de 0,5 euro de la richesse produite, l’analyse empirique montre que la contraction de l’activité serait deux à cinq fois supérieure.

Certes enfin, la thèse des illustres économistes de Harvard Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff selon laquelle une dette supérieure à 90 % du produit intérieur brut affaiblirait la croissance a été taillée en pièce par un étudiant de l’Université du Massachusetts, qui s’est amusé à refaire les calculs : les auteurs, cités comme des prophètes par les partisans de l’austérité — du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn à l’ancien directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet — avaient écarté des données contradictoires et construit leur modèle à partir d’un tableur affecté par une erreur de formule.

Il n’en faudrait pas tant à un âne pour faire demi-tour.

Mais à l’instar des personnages de Tex Avery, banquiers centraux, économistes orthodoxes et dirigeants politiques ignorent les faits et galopent, pour quelques temps encore, dans un éther de croyance...

 



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Société : Pourquoi les Espagnols ne se révoltent pas

Société : Pourquoi les Espagnols ne se révoltent pas | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Cinq ans de crise, six millions de chômeurs, et des milliers d'expulsés de leur logement : malgré un lourd bilan social, les Espagnols subissent leur sort sans se révolter contre le gouvernement ou contre l'UE.

Parce qu'ils craignent de perdre le peu qu'il leur reste, avance un sociologue. Par Ignacio Sánchez-Cuenca

 

 

Nous sommes aujourd'hui dans la cinquième année de crise. Le chômage augmente, tout comme la pauvreté et l'exclusion sociale ; des cas de malnutrition infantile commencent à apparaître ; des dizaines de milliers de familles ont été expulsées de leur domicile. Et les salaires continuent de baisser, ce qui n'est en revanche pas le cas du prix des biens et des services.

La population a, par ailleurs, compris qu'il ne s'agit pas d'une situation temporaire, et qu'elle peut perdurer encore de longues années. Dans ces conditions, comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'explosion sociale ? Pourquoi le système ne vole-t-il pas en éclats ? Jusqu'où peut aller la tolérance de la société espagnole sans qu'un soulèvement n'éclate ?

 

Difficile, en effet, d'imaginer conjonction de conditions plus favorables à une explosion. Primo, les effets de la crise sont terribles. Comment une population comptant six millions de chômeurs parvient-elle à survivre ? Le pire étant que le chômage va continuer d'augmenter, puisque la demande intérieure est atone. Les économies et les aides qui, jusqu'à présent, permettaient à beaucoup de s'en tirer tant que bien que mal, arrivent aujourd'hui à épuisement. Ceux qui travaillent le font souvent dans l'économie souterraine, et en échange d'un salaire de survie.

Secundo, les politiques barbares d'austérité que mènent l'Espagne et l'Union européenne ne font que démolir le pays et repousser un peu plus l'heure de la reprise. Au lieu de faire en sorte que la consommation et les investissements publics viennent pallier la chute de la consommation des ménages, le gouvernement coupe dans tous les postes de dépenses de l'Etat.

Ainsi, non seulement la crise s'aggrave, mais la couverture sociale offerte à la population touchée par le chômage et la pauvreté diminue. Cela peut paraître brutal, mais l'UE et le gouvernement espagnol ont estimé que la sortie de crise passait par l'appauvrissement général de la majorité des Espagnols – car c'est cela, et rien d'autre, que veulent dire les mots “dévaluation interne” [dévaluation, non de la monnaie, mais des salaires et des prix dans un seul pays de la zone euro].

Tertio, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à penser que la répartition des sacrifices est d'une injustice flagrante. Le cas le plus sanglant, mais loin d'être isolé, est celui des expulsions. L'Etat débourse des aides généreuses et s'endette dangereusement pour assainir les banques, mais il n'offre aucune solution à la situation de tous ceux que la crise a étouffés sous les hypothèques. L'insensibilité des pouvoirs publics et des deux grands partis face à cette détresse a contribué à aiguiser l'indignation d'une bonne partie de la société....

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Malte, prochain détonateur d'une crise européenne ?

Malte, prochain détonateur d'une crise européenne ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le plus petit Etat de l'Union européenne est exposé aux risques d'un secteur bancaire qui pèse presque autant que celui de Chypre ou de l'Irlande avant que ces derniers ne sombrent dans la crise.

 

Un nouveau départ de feu dans la crise (les crises) européenne(s) ? C'est un risque que relève une étude de Natixis, publiée mardi 30 avril. "Malte présente de troublantes similarités avec Chypre, affirme l'économiste de la banque française Alan Lemangnen : petite économie très ouverte, l'archipel s'est progressivement spécialisé dans les services d'intermédiation financière pour devenir l'une des principales places offshore de la zone euro."

Son système bancaire, le deuxième plus gros en Europe derrière le Luxembourg, pèse près de huit fois le produit intérieur brut de l'île (qui ressortait à 6,8 milliards d'euros en 2012, soit 0,08 % du PIB de la zone euro), un poids trop important pour pouvoir être englobé dans un plan de sauvetage.

"Le système fiscal maltais, très accommodant, a permis de capter de nombreux dépôts non résidents, lesquels ont massivement afflué dans la lignée de l'entrée du pays dans l'UE" (en 2004), explique Alan Lemangnen. Résultat : le système est rapidement devenu hypertrophié, et un sauvetage serait insoutenable pour un gouvernement qui reste aux prises avec une politique de consolidation budgétaire (Malte était en procédure pour déficit excessif auprès de la Commission européenne jusqu'en février dernier).

 

"Un scénario à la chypriote serait des plus probables, conclut Alan Lemangnen, si un sauvetage devait être envisagé". En d'autres termes, des contreparties draconiennes demandées aux épargnants (en grande partie étrangers), notamment une ponction possible sur les comptes bancaires...

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RACISME • En Grèce, les gens préfèrent "fermer les yeux"

RACISME • En Grèce, les gens préfèrent "fermer les yeux" | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les agressions à l'encontre des immigrés se sont multipliées en Grèce, principalement du fait du parti néo-nazi Aube dorée.

 

Cette semaine, Courrier International publie les photos de Giorgos Moutafis qui, depuis cinq ans, documente la tragique odyssée des clandestins dans son pays.

 

Né en 1977 à Athènes, Giorgos Moutafis, est photographe indépendant. Son travail est publié dans des journaux et magazines aussi prestigieux que le New York Times, Time, Der Spiegel, The Guardian, etc... Depuis quelques années, il se consacre à documenter les malheurs des immigrés clandestins dont nombreux échouent dans une Grèce en pleine crise économique et sociale alors qu'ils rêvaient d'atteindre "l'Eldorado européen". Souvent, leur rêve s'est transformé en cauchemar. Cette semaine, Courrier internationalpublie dans ses pages Europe une sélection des photographies de Giorgos, qui témoignent toutes de la violence dont sont victimes les immigrés de la part des néo-nazis grecs. Voici son témoignage.

 

Cela va faire un petit moment que vous travaillez sur les clandestins. Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Oui, cela va faire cinq ans que je tente de documenter les flux migratoires en Grèce et les conditions inhumaines auxquelles ces clandestins et réfugiés doivent faire face. Je suis intéressé par ces mouvements de population et j'essaie de fixer sur mon objectif la vie de ces immigrés et de raconter leur histoire. Ce sont des histoires pleines de douleur et de violence. 

 

Comment est perçu votre travail en Grèce ?

C'est très difficile de travailler sur des sujets liés à l'immigration dans un pays en crise. Les gens ont tendance à vouloir fermer les yeux... Des médias me publient, parfois, mais ces parutions limitées dans quelques magazines ne sont pas suffisantes à mes yeux pour aborder des questions aussi importantes.

 

Vous avez une explication sur la violence dont font l'objet ces immigrés de la part de Grecs ordinaires ?

Je suis persuadé qu'aucun être humain ne va quitter son foyer sans raison valable. La guerre, la violence, des problèmes économiques et politiques sont souvent la raison pour laquelle tous ces gens partent de leur terre natale. Et ils payent très cher leur "billet pour l'Europe" ; parfois en y laissant leur vie. ...

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L'austérité en Grèce a fortement accru les suicides et homicides

Une étude sanitaire souligne en outre une hausse des troubles mentaux, de la toxicomanie et des maladies infectieuses en raison de la baisse des dépenses de santé.

 

Les mesures drastiques d’austérité imposées en Grèce pour assainir les finances publiques du pays se sont accompagnées d’une explosion des suicides, des meurtres et d’une détérioration de la santé publique, selon une étude américano-grecque publiée jeudi soir.

Le taux de mortalité résultant de suicides et d’homicides a augmenté de 22,7% et de 27,6% respectivement de 2007 à 2009 surtout parmi les hommes, précisent les auteurs de ce rapport publié dans l’American Journal of Public Health, en se basant sur les statistiques du gouvernement. Ils ont aussi constaté un accroissement du nombre de cas de troubles mentaux, d’abus de drogue et même de maladies infectieuses provoquées par le virus du Nil occidental et du sida.

Ces phénomènes ont coïncidé avec une forte hausse du chômage à la suite de la crise économique de 2007, dont le taux est passé de 7,2% en 2008 à 22,6% au début de 2012. En même temps, les dépenses de l’Etat consacrées aux services publics ont été fortement réduites, le budget du ministère de la Santé baissant pour sa part de 23,7% de 2009 à 2011.

Cette diminution des services de santé publique s’est aussi produite au moment où un grand nombre de Grecs au chômage ont été contraints de réduire leurs recours aux soins médicaux privés pour se faire soigner dans des organismes publics dont les moyens étaient également très réduits et plus entièrement gratuits.

Quand on taille dans les programmes d’échange de seringues pour les drogués et la distribution de préservatifs, le risque de contracter le virus du sida augmente, soulignent les auteurs. Les nouveaux cas d’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) ont augmenté de 57% de 2010 à 2011 (607 à 954).

«Nous nous attendions à ce que les mesures d’austérité aient des effets négatifs sur les services de santé et la santé publique mais l’impact a été beaucoup plus sévère que nous ne l’avions imaginé», a expliqué...

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Grèce: l'austérité racontée au quotidien (vidéo)

Chroniques d’un hiver européen, une série documentaire sur l’ampleur et la violence, symbolique et sociale, de l’austérité imposée aux Grecs. Après l'épisode 1, Athènes, de la récession à la dépression, retrouvez les deux autres documentaires : Athènes, l'engrenage de l'austérité et Athènes, la quête d'un ailleurs.

 

À l’origine du projet, le jeune documentariste Étienne Haug s’est entouré de plusieurs professionnels de l’image (Sébastien Lecordier, Camille Pillias et Nelly Ollivaul) pour accoucher de cette idée originale qui fait se juxtaposer témoignages sonores, état des lieux chiffré et photographies contextualisées. Ce documentaire est agencé avec les images des photographes grecs Stefania Mizara et Achilleas Zavallis, qui sont allés recueillir les sentiments mêlés de leurs compatriotes tantôt révoltés et tantôt résignés. Les trois premiers épisodes nous montrent comment les Grecs, depuis que la troïka a dicté la conduite au pays, sont devenus les jouets d’un capitalisme destructeur. Dont les méthodes, autant que les effets, n’en finissent plus de maintenir cet État sous perfusion. Ce libéralisme sauvage censé contenir une dette accumulée dont personne n’entreprend de rechercher les véritables fondements a souvent été commenté ou décrypté à la hache par une série de calculs fumeux.

 

D’annonces et de mesures arbitraires jugées toutes plus nécessaires les unes que les autres… Il s’agit ici de rompre avec cette chimère et de rendre compte, dans la bouche de ses victimes, de la manière dont une récession prend racine dans les foyers et modifie les habitudes d’un peuple. Cette dictature de la dette, ses discours péremptoires et son cynisme aveugle, revêt plusieurs visages. Cette « dévaluation interne » est décrite par le site d’information économique Bloomberg ainsi : « Il s’agit de restaurer la compétitivité de manière brutale en faisant chuter les salaires. Cela nécessite toutefois le maintien d’un chômage élevé de manière à supprimer les possibilités de négociation. » Un ouvrier confirme que, depuis la dégradation de la crise, les conventions collectives sont devenues factices : « La loi ne te protège plus. » Le travail gratuit commence à pénétrer les mœurs. Un instituteur annonce à la télévision qu’il ne supporte plus d’entendre ses élèves répéter : « Monsieur, j’ai faim »… Les Grecs sont usés de devoir chercher perpétuellement les moyens de subsister, d’être tournés vers le seul objectif de « payer ses factures ». Cette usure est concomitante avec une perte de lien social : beaucoup se replient dangereusement sur eux-mêmes....

 

Vidéos à visionner à partir du lien...

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La Grèce, nouvelle terre de profits | Mediapart

La Grèce, nouvelle terre de profits | Mediapart | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Augmentation des tarifs et baisse de la qualité des services : pour les opposants à la privatisation des compagnies de distribution d'eau de la métropole athénienne (EUDAP) et de Thessalonique, la deuxième ville du pays (EUATH), le constat est clair. « L'eau est un bien public, ce n'est pas une marchandise », martèle Maria Kanellopoulou, membre du mouvement Save Greek Water. Cette musicienne fait partie des fondateurs du mouvement, créé l'été dernier, pour s'opposer au chantier de privatisation des deux sociétés.

« Nous ne sommes pas employés par ces entreprises, mais nous nous mobilisons car nous pensons que l'eau symbolise à la fois l'essence même du bien public, et tout ce que l'on est en train de perdre en Grèce aujourd'hui : c'est une question de droit le plus fondamental, celui de l'accès à l'eau. » Cette initiative civique a lancé une pétition qui compte aujourd'hui près de 18 000 signatures et espère bien faire entendre sa voix auprès des députés grecs.

Las, les acteurs du dossier passeront probablement outre. Ils ont le champ libre : l'ensemble des privatisations a été confié en 2011 à une structure ad hoc, le Taiped – le Fonds de valorisation du patrimoine de l'État grec. Cette structure mise en place sous la pression des créanciers du pays, la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI), est devenue de facto la propriétaire d'un immense portefeuille qu'elle doit vendre petit à petit à des investisseurs. Objectif ? Éponger une partie de la dette de l'État en vendant des entreprises publiques (cession complète ou prise de participation), des concessions pour l'exploitation de monopoles commerciaux ou de lots fonciers, et des propriétés immobilières.

Au total, plus d'une quarantaine de lots apparaissent aujourd'hui sur la liste des biens à vendre – une liste destinée à s'allonger et qui s'est déjà enrichie de nouveaux éléments ces derniers mois. Sauf que les objectifs financiers du programme sont bien loin de combler la dette abyssale du pays (plus de 300 milliards d'euros aujourd'hui) : le Taiped table désormais sur 9,5 milliards d'euros de ventes d'ici à 2015, contre les 19 milliards encore officiellement visés il y a quelques mois…, et alors que l'objectif initial était de 50 milliards, lorsque ce programme de privatisations a été annoncé par les représentants de la Troïka en visite à Athènes, en février 2011.

En réalité, dans un marché en pleine récession – pour la sixième année consécutive –, les entreprises grecques ne valent pas bien cher et le gouvernement n'est pas tellement en position de force pour négocier… Mais l'argent récolté est-il, au fond, vraiment le but ? Lorsque nous nous étions rendus au Taiped en octobre dernier, il nous avait été expliqué que le but était « de transformer complètement l'économie grecque » : « Peu importe, en fait, les sommes que l'on va tirer de ces ventes. Il ne s'agit pas tant de collecter de l'argent que de libéraliser l'économie. »...

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Après Chypre, la Slovénie prochaine cible des marchés et de la troïka

Après Chypre, la Slovénie prochaine cible des marchés et de la troïka | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La Slovénie, enfoncée dans la récession, se prépare à être la cible de la prochaine déferlante de boue financière. Les banques du pays vacillent, et les assauts spéculatifs sur le défaut de la dette souveraine slovène s’envolent. Le  tout nouveau gouvernement espère encore passer entre les gouttes.

Les « marchés » en sont déjà convaincus, ce qui en soit devrait suffire à ébranler suffisamment la Slovénie pour que la prophétie deviennent auto-réalisatrice : chute des investissements, hausse des taux d’intérêts et spéculation sur la dette. Bel indicateur de panique des investisseurs : les CDS. C’est un produit financier (complexe) qui sert d’assurance contre un défaut de remboursement. Donc plus le prix d’achat des CDS grimpe, plus les spéculateurs sont convaincus que l’emprunteur ne pourra pas rembourser sa dette.

Un simple coup d’œil sur l’évolution des CDS sur la dette à 5 ans de Slovénie permet de réaliser l’état de défiance des financiers

 

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Le FMI va prêter un milliard d'euros à Chypre

Le FMI va prêter un milliard d'euros à Chypre | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le FMI s'apprête à débloquer un milliard d'euros à Chypre dans le cadre du plan de sauvetage conclu avec les Européens et les autorités de l'île.

 

Le Fonds monétaire international (FMI) contribuera à hauteur de 1 milliard d'euros sur trois ans au plan d'aide de 10 milliards accordé à Chypre, a annoncé mercredi 3 avril dans un communiqué sa directrice générale, Christine Lagarde.

Elle ajoute s'attendre à ce que le conseil d'administration du FMI approuve cette contribution au début de mai. "Un plan financier d'un montant total de 10 milliards d'euros est prévu pour aider Chypre à couvrir ses besoins de financement, y compris les obligations du service de la dette, pendant qu'elle met en œuvre les politiques nécessaires pour restaurer la santé de son économie et retrouver l'accès au financement sur les marché des capitaux", a-t-elle expliqué.


Cet accord de prêt, conclu par la direction du Fonds, "sera soumis au conseil d'administration pour approbation début mai", ajoute-t-elle, dans un communiqué reçu à Paris.

La patronne du Fonds estime que les autorités chypriotes ont mis en place "un programme ambitieux et pluriannuel pour affronter les défis économiques auxquels elles sont confrontées". "Ce programme repose sur deux piliers", affirme-t-elle : le premier vise à "rétablir la santé du système financier" en restructurant et réduisant substantiellement le secteur bancaire, le second doit permettre de ramener la "dette publique sur une trajectoire soutenable"...

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Chypre : «Je veux retirer le maximum et fermer mon compte»

Chypre : «Je veux retirer le maximum et fermer mon compte» | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

A la réouverture des banques ce jeudi à Nicosie, un peu d'attente mais nulle panique.

 

Le grand «bank run» n’aura pas eu lieu à Chypre. Du moins pas physiquement, si l’on en juge par les files d’attente finalement plutôt calmes et limitées ce jeudi devant les banques de Nicosie. Après douze jours de fermeture forcée, les établissements devaient rouvrir ce jeudi à midi, avait confirmé mercredi soir la Banque centrale. Mais de strictes restrictions ont été mises en place pour éviter des retraits massifs: les retraits sont limités à 300 euros par personne et par jour, les virements à l’étranger à 5 000 euros par mois, par personne et par banque, et les voyageurs quittant l’île ne peuvent porter sur eux plus de 1 000 euros en espèces (détail des mesures ici). 

Un peu avant l’heure, de petites files ont commencé à se former devant les agences, sous l’œil des vigiles postés là depuis 7 heures du matin. Devant la banque Laiki d’une avenue du sud de la ville, ils sont une quinzaine à patienter à l’heure dite. Pareil devant les agences alentour, un peu plus dans le centre. Grande sacrifiée du plan de restructuration, la Laiki, deuxième banque du pays, sera scindée en deux, sa partie «saine» devant être absorbée par la Bank of Cyprus.

Helena, la cinquantaine, est arrivée une heure en avance devant son agence. Ancienne secrétaire, elle n’a plus de travail et vit avec les 400 euros qu’elle reçoit de l’Etat. Sans carte de crédit, sans pouvoir retirer au guichet et sans pouvoir déposer son chèque de pension, elle était coincée depuis douze jours. «Une amie m’a prêté 50 euros pour pouvoir tenir la semaine. Là, j’espère pouvoir retirer 200 euros, sur mes 1 000 euros d’économie.» Derrière elle, un homme en costard, nerveux. Gérant d’une agence de voyage, il veut déposer des chèques. «On a une date limite pour payer les compagnies d’avion. Si je ne peux pas payer, je risque de perdre ma licence.»


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Chypre : La terreur du "bank run"

Chypre : La terreur du "bank run" | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
CHYPRE - Jeudi 28 mars la petite île méditerranéenne va se réveiller dans l'inconnu à 10 heures du matin. Et sûrement bien plus tôt pour ses habitants s'ils veulent avoir une bonne place dans la file d'attente...

En effet, après une fermeture des banques de 12 jours, quel comportement vont adopter les chypriotes quand les guichets rouvriront, à 10 heures tapantes (heure locale)? Vont-ils se précipiter pour retirer tout leur argent, au risque de faire "crasher" les établissements financiers ?

Nicosie semble prêt à jouer le tout pour le tout, le bien-nommé gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, assurant qu'un "effort surhumain" était engagé pour mettre fin à la paralysie...

 

 

Andorre, Suisse, Lettonie, Allemagne... Venus de tous les horizons, des représentants des banques européennes se bousculent depuis une semaine à Chypre pour séduire les clients qui s'apprêtent à quitter l'île. Moscou a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait étudier les conséquences pour ses intérêts. De nombreux e-mails auraient été envoyés à des entrepreneurs et fonds d'investissement chypriotes par des banques allemandes, maltaises ou luxembourgeoises, leur proposant une ouverture de compte "en moins d'une heure", indique Le Monde. Le quotidien explique également qu'une équipe spéciale de la Deutsche Bank a été envoyée à Nicosie. Elle serait notamment là pour démarcher les clients russes, dont les fonds à Chypre sont estimés à 31 milliards de dollars....

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