Union Européenne, une construction dans la tourmente
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L'Europe va-t-elle couper les vivres à ses pauvres ?

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Réunis à Bruxelles, les dirigeants européens vont négocier le budget communautaire pour la période 2014-2020. En jeu, notamment : le montant de l'aide alimentaire aux plus démunis.

 

Les hasards du calendrier ont parfois du bon. Trois jours après l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne (UE), le 12 octobre 2012, les principales associations caritatives françaises avaient trouvé le symbole idéal pour relayer leur mobilisation. Côte à côte lors d’une conférence de presse, le Collectif des banques alimentaires, la Croix-Rouge, les Restos du cœur et le Secours populaire ont appelé à la mobilisation pour «sauver l’aide alimentaire européenne». Dans une Union en plein marasme économique, l’enjeu est de taille : chaque année, 18 millions d’Européens se nourrissent grâce au Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), né en 1987.

Mais, déjà en sursis depuis l’an passé, le dispositif pourrait être nettement amoindri à partir de 2014, en raison d’une fronde de quelques pays de l’Union. «L’aide alimentaire ne peut pas être cassée au moment où l’Europe en a le plus besoin», alerte Olivier Berthe, président des Restos du Cœur. «Sinon, les gens vont finir par désespérer de l’UE», abonde Alain Seugé, président de la Fédération française des banques alimentaires.

 

Qu'est-ce-que le PEAD ?

Il y a vingt-cinq ans, Jacques Delors, alors président de la Commission européenne, met en place le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD). A l'époque, il s’agit d’utiliser les surplus de la Politique agricole commune (PAC) pour distribuer des repas aux plus démunis. Aujourd’hui, le PEAD profite à 18 millions de personnes dans 20 pays de l’UE. Parmi les principaux bénéficaires, avec la Pologne et l’Italie, on retrouve la France.

Sur les 480 millions d’euros dotant le PEAD en 2011, 72 millions ont été redistribués dans l’Hexagone, soit environ 130 millions de repas...

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La Suisse, riche de son «non» à l'Europe | Slate

La Suisse, riche de son «non» à l'Europe | Slate | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Il y a vingt ans, le pays refusait d'entrer dans l'Espace économique européen. Résultat: un chômage à 3%, un excédent extérieur record, une dette publique maîtrisée. L'économie suisse se porte comme un charme malgré le niveau élevé du franc suisse.

 

Nos voisins suisses n'en reviennent toujours pas: le franc suisse a beau se trouver à un niveau très élevé depuis désormais presque deux ans, l'économie helvétique, elle, résiste.

«Malgré le marasme, la Suisse crée encore et toujours des emplois» titrait fin novembre le quotidien suisse Le Temps. Et de fait, le pays a créé 80.000 emplois au troisième trimestre, soit une progression de 1,9% sur un an, et le chômage ne dépasse pas 3%. Même l'industrie –qui devrait être pénalisée par le haut niveau de la devise– recrute toujours.

Ce n'est pas tout: la croissance a beau être plutôt molle (+0,9% prévus pour 2012), «le budget est équilibré, la dette publique ne représente que 37% du PIB, les prix sont à la baisse (-0,2%) et les comptes courants extérieurs dégagent un excédent de 12% du PIB», énumère Stéphane Garelli, professeur à l'IMD Lausanne et directeur du centre sur la compétitivité mondiale.

Bref, la Suisse ressemble chaque jour un peu plus à un îlot de prospérité dans une Europe en pleine tourmente.

Si l'on en croit l'économiste, la raison serait tout bonnement à chercher dans l'allergie des Suisses à tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à l'intégration européenne. Le 6 décembre 1992, il y a tout juste 20 ans, le pays refusait en effet de rejoindre l'Espace économique européen, cette antichambre de l'Union européenne dont même les plus réticents à l'UE, comme l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein, font pourtant partie.

 

La prospérité suisse ne vient pas de ce refus en lui-même, mais plutôt des réactions qu'il a provoquées chez les partisans du «oui». «Les entreprises ont eu peur que le marché européen ne se ferme à elles», explique Stéphane Garelli. Alors, elles sont allées vendre ailleurs: en Chine, en Amérique latine, dans les anciens pays de l'Union soviétique. Et de fait, la part des Vingt-Sept de l'UE dans les exportations suisses est passée de 66,5% en 1992 à 58,5% en 2010....

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