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EN IMAGES - Cette année a été marquée par une succession de restructurations, qui se sont accélérées au lendemain de la présidentielle. Retour sur les plus gros dossiers de ces douze derniers mois qui ont touché plusieurs centaines, voire milliers d'emplois..
L'Allemagne va lancer une procédure d'interdiction du parti d'extrême droite devant la Cour constitutionnelle. L'Allemagne s'apprête à lancer une procédure d'interdiction du parti néonazi NPD. Les patrons des Länder allemands ont décidé jeudi à l'unanimité de suivre l'avis des ministres régionaux de l'Intérieur et d'engager une procédure devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Cependant, l'échec d'une précédente tentative et la peur de donner au parti des crânes rasés un coup de projecteur avant les législatives continuent d'attiser les réticences, notamment au sein du gouvernement fédéral. Après la décision des ministres-présidents, le Bundesrat (la Chambre haute du Parlement, où siègent les représentants des États régionaux) pourrait lancer la procédure dès le 14 décembre. «Nous pouvons établir avec des preuves très complètes et accessibles au public que le NPD est un parti hostile à la loi fondamentale», affirme le ministre de l'Intérieur du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Lorenz Caffier (CDU). «Les chances de pouvoir faire interdire ce parti sont très claires, ajoute son collègue de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Ralf Jäger (SPD). Le moment est arrivé pour la démocratie et les organes de protection de la Constitution de se prononcer.» L'idée d'interdire le NPD a ressurgi après la découverte en 2011 de l' organisation criminelle d'extrême droite Clandestinité national-socialiste (NSU). Ses membres, proches du NPD, sont accusés d'avoir assassiné pour des raisons xénophobes dix personnes, la plupart d'origine turque, entre 2000 et 2006...
À la veille de l'Eurogroupe, le gouvernement Samaras a fait voter dans la nuit le budget 2013. Les économies qu'il prévoit permettre au pays d'obtenir une aide cruciale de 31,5 milliards d'euros. La grogne sociale monte. Des milliers de Grecs ont couru dimanche sur la piste historique de Marathon, mais la vraie bataille s'est livrée cette nuit au Parlement: 167 députés grecs sur les 300 ont voté en faveur du nouveau budget 2013, le sixième sur fond de récession et d'envolée du chômage. Ce budget d'austérité inclut 9 milliards d'économies ainsi que le catalogue des mesures votées de justesse mercredi. Les débats ont été houleux car une bonne partie de la classe politique doute de l'efficacité d'un nouveau tour de vis, au contraire des créanciers d'Athènes. Le Grec, lui, hésite entre colère et fatalisme face aux coupes sur les salaires et les retraites, au licenciement programmé de 125.000 fonctionnaires d'ici à 2016, sans compter le choc en retour des privatisations et d'une concurrence plus ouverte. Le budget 2013 est, en principe, le dernier effort demandé à la Grèce avant que les créanciers du bloc euro, la BCE et le FMI ne s'engagent à débourser une tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros bloquée depuis juin. Mais il arrivera trop tard pour que les dix-sept ministres des Finances en décident lors de rendez-vous mensuel, lundi soir à Bruxelles...
Les aides publiques agricoles représentent 18% des revenus des agriculteurs en Europe, contre 8% aux États-Unis, d'après l'OCDE. Les politiques de soutien aux agriculteurs dans les pays de l'OCDE sont globalement en baisse en 2011, d'après le dernier rapport de l'institution internationale intitulé «Politiques agricoles: suivi et évaluation 2012», publié mercredi. Mais leur part dans le revenu des agriculteurs reste deux fois plus élevée en Europe qu'aux États-Unis. Le soutien aux producteurs s'est élevé à 182 milliards d'euros en 2011, dans les pays de l'OCDE, ce qui «représente 19% de recettes agricoles brutes totales, en légère baisse par rapport au niveau de 20% atteint en 2010, indiquent les auteurs du rapport. Il s'agit du plus faible niveau observé depuis que l'OCDE a commencé ses estimations de soutien public au milieu des années 1980», poursuivent-ils. À l'époque, la part des subventions dans les recettes agricoles totales représentait presque le double, soit 37%. En pourcentage du PIB, le soutien total baisse d'une moyenne de 3% en 1986-1988 à moins de 1% en 2009-2011...
Un projet de la troïka (FMI, BCE, UE) veut imposer à tous les secteurs une semaine de travail allongée, d'après un document adressé la semaine dernière à Athènes. Les Grecs sont vent debout. À deux jours de l'arrivée de la troïka à Athènes, ils s'insurgent contre les nouvelles mesures d'austérité exigées par les créanciers internationaux en échange du versement de la seconde tranche d'aide. Dernière idée en date suggérée par la troïka, dans un courrier envoyé la semaine dernière au ministère grec des Finances, à Athènes: «Accroître la flexibilité des horaires; accroître le nombre de jours de travail maximum à six jours par semaine pour tous les secteurs; instaurer onze heures minimum de repos par jour; déconnecter le nombre d'heures de travail du nombre d'heures d'ouverture des établissements…» Une façon simple mais brutale d'augmenter la productivité sans baisser les salaires. «Si le gouvernement Samaras approuve cette mesure, en pensant que le pays sera plus productif, ce sera la guerre!» prévient Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat Adedy. «C'est du chantage: pour ne pas baisser les salaires, on va nous demander de travailler un jour de plus, alors que le chômage dépasse les 23%! Nous n'avons plus rien à perdre et nous lutterons contre jusqu'au bout», menace-t-il. Comme la plupart des syndicats, Adedy appelle à une grande manifestation à Thessalonique, ce samedi 9 septembre, à l'occasion de la rentrée politique. L'un des cortèges sera même dirigé par Alexis Tsipras, le chef de l'opposition de gauche radicale Syriza...
Dans leur rapport annuel publié lundi, les États-Unis regrettent que «de plus en plus de pays en Europe, dont la Belgique et la France, restreignent le code vestimentaire», ce qui pénalise des musulmans. Une allusion aux lois antiburqa. La France n'est pas un élève exemplaire en matière de liberté religieuse, estiment les États-Unis, qui ont publié lundi leur rapport annuel sur la question. Le mémorandum, rédigé par le département d'État, porte un regard sévère sur la situation en Europe, mettant en cause la France pour sa législation antiburqa. Les «pays européens sont de plus en plus divers en termes ethniques, raciaux et religieux» mais «ces évolutions démographiques s'accompagnent d'une augmentation de la xénophobie, de l'antisémitisme et de sentiments antimusulmans», déplore Washington. Le rapport met notamment en exergue «la Belgique et la France, qui ont des lois restreignant le code vestimentaire qui pénalisent des musulmans». Une allusion aux législations contre le voile intégral. Ces critiques américaines ne sont pas nouvelles. L'interdiction de la burqa a toujours été un sujet de contentieux entre Paris et Washington, qui ne manque pas une occasion de le rappeler. La France est aussi épinglée sur le sujet de l'antisémitisme. «Il y a une poussée mondiale, qui se manifeste par du révisionnisme, la négation ou la glorification de l'Holocauste, l'opposition à Israël ou des actes de vandalisme», constate le rapport. Sont mentionnés les profanations de synagogues en Égypte et en Ukraine, les mouvements antisémites aux Pays-Bas et au Venezuela, ainsi que le parti antisémite hongrois Jobbik. Budapest est aussi violemment critiquée pour avoir adopté une loi régulant les organisations religieuses....
L'État de Brandebourg met à la disposition des hôteliers une brochure pour détecter les réservations masquant des réunions, de plus en plus discrètes, de nostalgiques du IIIe Reich. Comment reconnaître et éviter les clients néonazis? L'État régional du Brandebourg a décidé de publier une brochure répondant à ces questions à l'adresse des hôteliers et restaurateurs. L'initiative s'inscrit dans le combat de ce Land d'ex-RDA, voisin de Berlin, contre l'extrême droite. Cette mouvance utilise en effet des moyens de plus en plus détournés pour s'infiltrer dans les nouveaux Länder de l'Est et y étendre son influence. Quelque 1200 professionnels vont recevoir le fascicule de 20 pages les appelant à ouvrir l'œil pour refuser l'entrée de leur établissement aux militants d'extrême droite, affirme la Fédération des hôtels et restaurants (Dehoga). L'État de Brandebourg veut ainsi leur mettre «à portée de main» un outil pour les aider à décrypter des réservations qui pourraient cacher des rassemblements d'extrême droite. «Les nazis jouent de plus en plus à cache-cache», explique Martina Münch, ministre de l'Éducation du Brandebourg. Le document détaille les signes ostensibles de reconnaissance (croix, dessins, marques d'habillement) arborés par les néonazis....
Le petit État insulaire va bénéficier du secours financier de l'Europe et du FMI pour recapitaliser ses banques juste au moment où il prend, le 1er juillet, la présidence de l'Union européenne pour six mois. Difficile de faire pire pour l'image. Chypre, la troisième plus petite économie de la zone euro (devant l'Estonie et Malte), prend ce dimanche la présidence tournante de l'Union européenne (UE). Alors même qu'elle est en pleines tractations pour son sauvetage financier! L'île pourrait recevoir jusqu'à 10 milliards d'euros, soit l'équivalent de plus de la moitié de son PIB. Comment Chypre en est arrivé à devenir le cinquième État membre à faire appel à l'aide de l'UE? Première réponse: l'île a été contaminée par la crise grecque. «L'effacement partiel de la dette grecque (au mois de mars, NDLR) nous a coûté 73 % de nos créances», expose au Figaro Andreas Mavroyiannis, ministre délégué aux Affaires européennes. D'où la nécessité de recapitaliser les trois grandes banques du pays, dont la Laiki, passée sous le contrôle de l'État. «Mais l'exposition de nos banques va bien au-delà», poursuit le diplomate francophone, chef d'orchestre de la présidence chypriote de l'UE. En plus des obligations grecques passées par pertes et profits à hauteur de 3 milliards d'euros, les établissements financiers chypriotes détiennent 23 milliards de créances privées en Grèce...
Selon un sondage, Italiens, Français, Allemands et Espagnols excluent le retour à leur monnaie nationale respective. Mais ils sont favorables à une sortie de la Grèce de la zone euro en cas de défaut de paiement. Les chances de la Grèce de se maintenir dans la zone euro ne sont pas optimales. C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé cette semaine par l'institut Ifop-Fiducial, et publié ce dimanche simultanément dans plusieurs médias français (Journal du Dimanche), espagnol (ABC), allemand (Bild am Sonntag) et italien (Corriere della Sera)*. Principal enseignement, pour une très large majorité des citoyens de ces quatre pays concernés par la crise, l'argent mobilisé pour la péninsule hellénique est «perdu», parce que le pays «ne pourra jamais le rembourser». Cette idée est particulièrement répandue chez les Français (85 %) et les Allemands (84 %) tandis que les habitants des deux autres pays sont moins affirmatifs sur ce point: 72 % des Espagnols, et seulement 65 % des Italiens. Malgré tout, les sondés sont unanimes sur un point: la Grèce fait peser une sérieuse menace sur la zone euro. Une très large majorité estime que «si la dette grecque n'est pas sauvée, les difficultés de la zone euro vont s'accroître dangereusement». En Espagne et en Italie, où le risque de contagion de la crise est le plus élevé, ils sont respectivement 90 % et 88 % à le penser (84 % en France et 76 % en Allemagne)....
Les législatives de ce dimanche pourraient ne pas suffire à rétablir un équilibre politique dans le pays. «Le poste de premier ministre de Grèce n'est pas le plus prisé du monde en ce moment.» Cet aveu d'Antonis Samaras face à ses militants résume le ton de fatigue et de lassitude qui règne en Grèce alors que les élections législatives se tiennent ce dimanche. Les bureaux de vote ont ouvert dès 7 heures. «Aujourd'hui le peuple grec parle. Demain commence une nouvelle ère pour la Grèce», a déclaré Antonis Samaras devant la presse après avoir glissé son bulletin dans l'urne. Le dirigeant du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND) joue son va-tout pour convaincre des milliers d'indécis. Il mise sur la fibre patriotique des Grecs attachés à la monnaie unique et a réussi à transformer ce scrutin en un référendum «pour ou contre l'Europe». Samara a ainsi lancé vendredi: «Le premier choix que doit faire le peuple grec est entre l'euro et la drachme»....
L'Europe a proposé une aide bancaire à l'Espagne, sans imposer au gouvernement de nouvelles mesures de rigueur. En Irlande, c'est l'État qui avait reçu 85 milliards d'euros, en échange d'une austérité draconienne. Le traitement de l'Espagne par l'Europe suscite déjà un sentiment d'injustice. L'Irlande, dès hier soir lors de la téléconférence de l'Eurogroupe, a soulevé sa volonté de renégocier son propre plan d'aide obtenu en novembre 2010 et «d'obtenir rétroactivement un accord similaire à celui de l'Espagne», selon une source gouvernementale européenne citée par l'Agence France-Presse. Comme en Espagne, l'explosion de la bulle immobilière a anéanti le système bancaire irlandais. L'Irlande avait d'abord demandé une aide pour sauver ses banques, sans passer par l'État. Mais alors que le chaos du système bancaire plombait les finances publiques irlandaises, saines jusqu'alors, les 85 milliards d'euros ont finalement été alloués par le FMI et l'Union européenne à l'État irlandais, à un taux de 5,8%, en contrepartie de mesures d'austérité impopulaires: hausse de la TVA à 23%, 25.000 fonctionnaires en moins, départ en retraite retardé... Ce qui a été proposé par l'Europe à l'Espagne est en effet inédit....
L'organisation internationale apporte son soutien au président français dans la bataille franco-allemande, à la veille du dîner des chefs d'État européens, à Bruxelles. Dans son bras de fer avec Angela Merkel sur les eurobonds, François Hollande a reçu mardi matin le soutien explicite de l'OCDE. «Il faut tout mettre sur la table: des obligations conjointement garanties pour recapitaliser les banques, pour financer des projets ou des émissions régulières d'euro-obligations», a défendu Pier Carlo Padoan, le chef économiste de l'organisation internationale, à l'occasion des nouvelles prévisions économiques. Car il y urgence à sauver la zone euro, seule zone économique en récession en 2012, et principal risque pesant sur la conjoncture mondiale. «Il faut une puissance de feu étonnante», a insisté le chef économiste de l'OCDE, plaidant, une nouvelle fois, pour un renforcement des mécanismes européens de stabilité, FESF et MES. L'OCDE appelle également la BCE à baisser ses taux et à acheter massivement des titres de dette souveraine sur les marchés secondaires, comme le font depuis le début de la crise la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon....
De l'Allemagne à la Chine, en passant par l'Italie et les États-Unis, la presse revient sur les résultats, enseignements et surprises du premier tour. *Allemagne: les jeux ne sont pas faits...... *Italie: l'ouragan Le Pen.... *Royaume-Uni: la peur du «vide politique».... *Pays-Bas: Sarkozy victime de la crise... *Belgique: les vrais choix au second tour... *Luxembourg: le grand écart de Sarkozy... *Pour les Grecs, la France s'impose face à l'Allemagne... *États-Unis: un désir de changement.... *Chine: pas de désintégration sociale...
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Le président du Conseil italien a présenté sa démission vendredi soir. Pour être candidat à sa propre succession. Mario Monti, 69 ans, qui a dirigé l'Italie du 16 novembre 2011 au 21 décembre 2012, a imposé en un peu plus d'un an de mandat un style courtois mais ferme qui a su rassurer l'Europe et les marchés échaudés par les frasques de son bouillant prédécesseur Silvio Berlusconi. Ce professeur d'économie, surnommé parfois "le cardinal" pour son côté impénétrable, a traversé ses 13 mois agités à la présidence du Conseil sans jamais se départir de son calme. Il a dû, entre autres, imposer une cure d'austérité drastique à ses concitoyens, affronter la colère des syndicats lors de sa réforme du marché du travail, tout en gérant une majorité hétéroclite au Parlement et de délicates négociations au niveau européen. Malgré ces embûches, cet Européen convaincu est parvenu à retisser fil à fil la crédibilité internationale de la péninsule, fortement mise à mal sous le règne de Berlusconi. Signe de ce succès : le spread italien vient de passer sous la barre symbolique des 300 points, la moitié de son niveau d'il y a un an. Mario Monti, qui s'était déjà taillé une réputation de compétence et d'indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), a su utiliser cette expérience pour redonner prestige et influence à la troisième économie de la zone euro. Consécration le 13 décembre à Bruxelles, où ses pairs européens, de droite comme de gauche, l'ont adoubé tout en humiliant le Cavaliere. Revers de la médaille : sa proximité avec la chancelière Angela Merkel a été interprétée par certains Italiens comme une soumission aux diktats du poids lourd de l'Union européenne....
L'Eurogroupe se réunit ce mardi à Bruxelles pour décider du versement d'une nouvelle aide de 44 milliards d'euros à la Grèce. Le débat sur un troisième plan d'aide est ouvert. Le FMI critique la stratégie européenne. La Grèce est au menu d'une réunion exceptionnelle de l'Eurogroupe, ce mardi, à Bruxelles. Ce rendez-vous s'annonce tendu sur la forme comme sur le fond, car la facture ne cesse de s'alourdir pour la zone euro. Les ministres des Finances doivent décider de débloquer, d'un coup, trois tranches d'aide en faveur de la Grèce pour un montant total de 44 milliards d'euros. Ils doivent également s'entendre sur le mode de financement d'un «trou» de 31,5 milliards d'euros apparu après la décision prise mi-novembre d'allonger de deux ans le délai de réduction de déficits publics grecs. Il s'agit d'un troisième plan d'aide qui ne dit pas encore son nom. Au-delà de ces chiffres qui donnent le tournis, c'est toute la stratégie d'aide à Athènes qui est remise en question. La Grèce, dont l'économie ne se redresse pas, serait-elle devenue un puits sans fond dans lequel la zone euro risque de sombrer? N'est-il pas temps de songer à employer les grands moyens, c'est-à-dire d'effacer une bonne partie de la dette grecque, aujourd'hui détenue à 70 % par les États de la zone euro, le FMI et la BCE? L'enjeu de la discussion est si lourd que la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a abrégé sa tournée en Asie pour être présente à Bruxelles....
La croissance ralentit au quatrième trimestre dans la première économie de la zone euro, reconnait le ministère allemand de l'Économie. Le début 2013 ne s'annonce pas meilleur. Les marchés accusent le coup. L'Allemagne n'est plus immunisée face à la crise dans la zone euro. A Berlin, le ministère de l'Economie allemand a annoncé, vendredi, qu'il prévoit un ralentissement de la croissance de la première économie d'Europe au quatrième trimestre 2012 et au cours des trois premiers mois de 2013, les entreprises freinant leurs investissements dans un contexte de crise européenne. «De manière générale, on devrait observer une dynamique économique remarquablement plus faible pendant la période hivernale, apprend-on dans un communiqué. Néanmoins, pour le moment, nous prévoyons que cette période de ralentissement sera seulement temporaire». Le ministère précise que les risques économiques restent actuellement importants et qu'ils se font ressentir sur l'emploi, alors que le taux de chômage a progressé au cours des sept derniers mois outre-Rhin. De nombreux économistes prévoient une contraction de l'économie allemande au quatrième trimestre pour la première fois depuis fin 2011. Cependant, les «cinq sages», économistes de haut rang conseillant le gouvernement allemand, s'attendent cette année à un taux de chômage en Allemagne à son plus bas niveau depuis la Réunification et à une croissance de 0,8% pour 2012 et en 2013, en dépit d'un ralentissement au premier trimestre....
INFOGRAPHIE - Selon notre sondage Ifop, les Français voteraient non aujourd'hui au traité instaurant la monnaie unique. Mauvaise nouvelle pour Bruxelles - et pour François Hollande. Vingt ans après Maastricht, le référendum qui avait tant divisé les Français serait perdu s'il avait lieu aujourd'hui. C'est l'un des grands enseignements du sondage Ifop pour Le Figaro. Le 20 septembre 1992, les Français avaient ratifié d'extrême justesse le traité européen, avec 51% des voix contre 49%. Ceux qui ont voté à l'époque - qui sont donc nés avant 1974 - choisiraient le non à 64%. Et ils sont désormais 67% à dire que l'Union européenne va «plutôt dans la mauvaise direction» depuis la ratification de Maastricht. En 1999, ils étaient 53% à estimer qu'elle allait «plutôt dans la bonne direction». La plupart des réponses confirment ce rejet grandissant à l'égard du projet fédéral européen. Au moment où la question d'un pas supplémentaire vers l'interdépendance paraît s'imposer, à la demande d'Angela Merkel mais surtout pour confirmer les engagements pris par la Banque centrale européenne, la France paraît s'installer durablement dans une attitude eurosceptique. Les Français ne semblent plus croire en l'intégration européenne, qu'on leur avait présentée comme le bouclier qui les protégerait des vents du large. En premier lieu, c'est l'euro, créé par le traité de Maastricht, qui est dans le collimateur des Français. «La monnaie unique est un très mauvais agent recruteur pour l'Europe, surtout dans les classes populaires», constate Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'Ifop. Quarante-cinq pour cent des sondés pensent que l'euro a été un handicap face à la crise. Ils n'étaient que 34% à le penser en août 2010. Ouvriers et professions intermédiaires sont les plus opposés à l'euro. Mais la France active dans son ensemble porte aussi un jugement très négatif sur la décision la plus audacieuse d'union monétaire de l'histoire économique du XXe siècle. Les femmes sont plus sévères: 50% y voient un handicap, contre 41% pour les hommes. Les plus de 65 ans sont plus cléments: 41% considèrent que c'est un atout, 30% un handicap....
L'agence de notation a ramené de «stable» à «négative» sa perspective sur la note accordée à l'Union européenne. Une action qui suit celle orchestrée sur les notes des pays les plus solides de l'UE. Alors que les pays de la zone euro peinent à sortir de la crise, Moody's fait un premier pas vers une dégradation de la note de la dette de l'Union européenne. L'agence de notation a en effet ramené de «stable» à «négative» la perspective de la note qu'elle accorde à l'Union européenne. Elle pourrait ainsi abaisser la note de l'Europe à moyen terme, même si dans l'immédiat elle a maintenu le fameux «Aaa», soit le plus haut niveau possible dans sa classification. En cause, l'affaiblissement des finances publiques des pays les plus solides du Vieux Continent. Tout en reconnaissant que le profil de crédit de l'UE est renforcé par «des mesures structurelles en place», Moody's juge «raisonnable de partir du principe que la probabilité de défaut de l'UE sur sa dette est la même que celle de ses membres les mieux notés». L'action de l'agence reflète ainsi «les perspectives négatives assortissant maintenant les notations Aaa de contributeurs clés au budget de l'UE: l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, qui ensemble représentent 45% des recettes budgétaires de l'UE». Fin juillet, Moody's avait abaissé à «négatives» ses perspectives sur les notes attribuées à l'Allemagne, aux Pays-Bas et au Luxembourg, tout en maintenant les meilleures notes possibles. Elle avait aussi indiqué qu'elle réexaminerait «à la fin du troisième trimestre» le triple A accordé à la France et à l'Autriche, deux pays déjà placés sous perspective négative depuis février. Le Aaa du Royaume-Uni est pour sa part sous perspective négative depuis décembre.
INTERVIEW - Le président de l'Eurogroupe s'inquiète de voir la zone monétaire prisonnière du débat politique allemand. LE FIGARO. - Les résolutions du dernier sommet ont fait long feu, l'Espagne et l'Italie frôlent l'asphyxie financière, l'euro revient dans la tourmente. Vous présiderez l'Eurogroupe jusqu'à la fin de l'année. Cinq mois décisifs? Jean-Claude JUNCKER. - Les mois qui viennent seront tendus. Nous vivons sous la dictature de la courte vue. Les dirigeants sont poussés à réagir à tout, tout le temps, dans un feu d'artifice qui n'a rien à voir avec l'épaisseur des vraies questions. On ne se donne plus le temps de réfléchir. Moi, je prétends que les marchés se trompent aujourd'hui, comme ils se sont toujours trompés: lourdement. Pendant dix ans, ils ont fait croire que la Grèce se portait financièrement aussi bien que l'Allemagne! La crise donnera raison à ceux qui ont réagi dans le calme et la sérénité, pas à ceux qui ont suivi les hérésies et les bêtises du moment… Quelles sont les décisions à prendre? La zone euro en est à ce point où elle doit prouver par tous les moyens sa détermination à garantir la stabilité. Le monde parle de la monnaie commune comme si elle n'en avait plus que pour quelques mois. En Europe, nous n'avons que l'euro! Personne ne doit douter de la volonté collective des dix-sept pays. Personne ne doit penser que la politique est un mot creux. Cela sauvera-t-il la Grèce? Ceux qui croient qu'une sortie de la Grèce réglerait le problème se trompent. Ils ne comprennent rien aux causes profondes de la crise...
Suite à la signature de l'accord européen, l'agence de notation estime que la crise de la dette qui s'abat sur le continent pourrait commencer à se stabiliser. S&P fait évoluer son point de vue sur l'Europe. L'agence de notation estime en effet que la crise de la dette en Europe pourrait commencer à se «stabiliser» grâce à l'accord conclu la semaine dernière entre chefs d'État de la zone euro. Cet «accord pourrait commencer à stabiliser la zone euro et mettre un terme à la perte de solvabilité des Etats», a indiqué l'agence dans un communiqué, ajoutant toutefois qu'elle n'envisageait pas «dans l'immédiat» de réévaluer la notation des pays en Europe. «Nous estimons que l'élargissement de la réponse politique est un pas dans la bonne direction», ajoute encore le spécialiste de la notation financière, relevant toutefois que des «risques significatifs» pesaient encore sur la mise en application de ces mesures. «Il ne nous semble pas certain que les dirigeants soient en mesure de bâtir quelque chose grâce à ces accords», a nuancé l'agence de notation...
Erdogan lève les sanctions prises contre la France après la loi sur le génocide arménien. ...Invité par Erdogan à lui rendre visite en Turquie, François Hollande a estimé qu'un tel déplacement serait pour lui «un privilège». La déclaration a fait la une de plusieurs journaux turcs, qui ont rappelé que Nicolas Sarkozy avait seulement passé cinq heures à Ankara en février 2011. La brièveté de cette visite avait été critiquée par la presse turque. Aujourd'hui, Ankara espère surtout un changement de ton de la France vis-à-vis de la candidature turque à l'Union européenne. «Nicolas Sarkozy s'opposait à l'adhésion de la Turquie pour des raisons culturelles ou religieuses. François Hollande ne reprendra très probablement pas cette attitude irrationnelle à son compte», écrivait Eser Karakas après le second tour de l'élection présidentielle française dans le quotidien turc Star. «À partir d'aujourd'hui, les critiques contre la candidature turque seront basées sur des sujets réels, comme les atteintes à la liberté d'expression ou aux droits de l'homme. Les exigences de l'Europe dans ces domaines avaient permis à la Turquie d'accomplir de réelles avancées entre 2003 et 2006», poursuivait-il. Le processus de négociations d'adhésion entre la Turquie et l'UE est actuellement au point mort, avec seulement 13 chapitres ouverts sur 35. Certains observateurs estiment que l'élection de François Hollande pourrait permettre de le relancer. «À une époque où la Turquie a freiné les réformes et a même fait des pas en arrière, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, la perspective européenne pourrait permettre de limiter les tendances autoritaires du gouvernement», écrivait le 12 juin Can Selçuki dans Hurriyet Daily News.
La dotation du FMI va être portée à 456 milliards de dollars, la Chine versant 43 milliards de dollars, et le Brésil, l'Inde, le Mexique et la Russie 10 milliards chacun. Un geste conditionné à la révision des droits de vote. Après de multiples discussions, et lors d'un sommet restreint, les grands pays émergents ont dévoilé les montants qu'ils verseront au FMI. L'objectif est de renforcer un «pare-feu» mondial pour voler au secours des pays en difficulté. Une aide ciblée sur la zone euro, la grande malade de la planète dont les risques de contagion inquiètent les émergents. La Chine contribuera à hauteur de 43 milliards de dollars, tandis que le Brésil, l'Inde, le Mexique et la Russie ont annoncé chacun 10 milliards. L'Arabie saoudite financera 15 milliards de dollars, l'Afrique du Sud 2 milliards, la Colombie 1,5 milliard et la Nouvelle-Zélande un milliard. Depuis décembre, le FMI avait réussi à amasser un pactole de 430 milliards de dollars, dont 150 milliards de la zone euro. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rappelé que «l'Union européenne contribuait à hauteur de 56%». Avec les nouvelles contributions précisées à Los Cabos, les ressources du FMI totaliseront 456 milliards de dollars. Très gros contributeur avec 60 milliards de dollars, le Japon a poussé les émergents à mettre la main au pot. Ils ont posé deux préalables à leur accord: que le FMI soit à court d'argent et qu'il ait mis en oeuvre une réforme de 2010 accordant des droits de vote supplémentaires aux pays émergents. L'engagement est pris «étant entendu qu'il ne sera fait appel à ces ressources qu'une fois que les ressources déjà existantes, y compris les Nouveaux accords d'emprunt, auront été substantiellement employées», précise le communiqué des émergents....
Alors que les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie s'envolent, la France et l'Allemagne s'opposent sur la sortie de crise. Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg s'en prennent ouvertement à Angela Merkel. À trois jours d'élections à haut risque en Grèce, les marchés sont fébriles, les taux d'emprunt de l'Espagne et de l'Italie s'envolent, mais l'Europe est aux abonnés absents, paralysée par une opposition frontale entre Paris et Berlin. Jeudi, les rendements des obligations espagnoles à 10 ans ont atteint 7%, un niveau historique. Sceptiques à l'égard du plan de sauvetage des banques, qui fait jouer au gouvernement espagnol le rôle d'ultime garant du prêt de secours de 100 milliards d'euros, les marchés parient sur un sauvetage d'État qui serait très onéreux pour l'Europe. Par effet de contagion, l'Italie, troisième économie de la zone euro, a vu ses taux d'emprunt grimper à plus de 6 %, un record sur six mois. Dans la tourmente, l'Espagne entraîne aussi l'Italie, troisième économie de la zone euro, qui voit ses taux d'emprunt grimper à plus de 6%, un record sur six mois. Face à cette situation, l'Europe n'a pas de réponse commune rassurante pour les marchés. Et pour cause: la France et l'Allemagne ne sont plus du tout sur la même longueur d'onde....
Face au risque de sortie de la Grèce de la zone euro, Moody's a dégradé la note des filiales grecques de Société générale et Crédit Agricole, et les notes de plusieurs grandes banques allemandes et autrichiennes.
INFOGRAPHIE - Les votes grec et français obligent l'UE à réviser ses dogmes. Les Français comme les Grecs ont sanctionné la rigueur et l'Europe cherche à nouveau ses repères. Au lendemain de la victoire de François Hollande et de la cuisante défaite des partisans de l'euro à Athènes, l'UE s'est lancée lundi dans un rattrapage politique à marche forcée. Sous la bannière commune de la croissance, mais en ordre dispersé. Beaucoup dépendra de la capacité du président élu et de la chancelière allemande à faire taire d'ici au 15 mai leurs dissonances sur ce qui constituait jusqu'à dimanche la boussole des capitales européennes: le pacte budgétaire et la discipline collective. Mais c'est le vote grec qui créé la consternation. En privant de légitimité démocratique le plan de sauvetage auquel l'Europe a voué deux ans durant une énergie considérable, il réveille immédiatement le spectre d'un éclatement de l'euro....
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