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Les chiffres du chômage pour l’union européenne ne sont pas rassurants. Les pays du sud de l’Europe payent un lourd tribut à ce fardeau. La fête du travail a été une fois de plus placée sous le signe de la dégradation de l’emploi en Europe. La veille, en effet, l’office statistique, Eurostat, avait révélé que le taux de chômage, en mars, avait inscrit un nouveau record de 12,1 % en mars dans la zone euro. Soit un vingt troisième mois d’affilée de hausse. Au total, 19,2 millions de personnes étaient sans emploi à la fin du mois. Les chiffres pour l’union européenne sont à peine plus rassurants. Le taux de chômage s’y est établi à 10,9 % pour 26,5 millions de chômeurs. Par pays, sans surprise, les pays européens du sud de l’Europe payent un lourd tribut à ce fardeau avec la Grèce dont le taux de chômage a atteint 27,2 %, l’Espagne (26,7 %) ou encore le Portugal (17,5 %). La situation en Italie (11,5 %) ou en France (11 %), sans être aussi catastrophique, n’en est pas moins inquiétante. Avec un niveau de 5,4 %, le marché de l’emploi allemand, lui, continue de résister. Résultat, selon une étude publiée mardi par le ministre fédéral du travail allemand, les employeurs en Allemagne ont embauché au cours de l'année écoulée plus de ressortissants originaires des pays du sud de l'Europe touchés par la récession qu'auparavant. Le dynamisme germanique agit comme un aimant. Plus de 34.000 ressortissants espagnols, grecs, italiens et portugais ont trouvé un emploi en Allemagne en un an, selon les chiffres comptabilisés jusqu'en février. Au total, 466.000 personnes employées en Allemagne viennent de ces quatre pays, un chiffre en hausse de 8%. Devant ce désastre social, de Madrid à Athènes, des manifestations étaient organisées contre les politiques d'austérité et prônant des mesures en faveur de l'emploi, à l'occasion de la fête du Travail....
Le gouvernement chypriote et les représentants de la troïka pourraient décider d'une taxe de 20 % sur les dépôts détenus par la Bank of Cyprus, et de 4 % pour les autres établissements. Les ministres des Finances de la zone euro ont prévu de se réunir dimanche. De l'annonce de l'instauration d'une taxe sur les dépôts bancaires, à son rejet par le Parlement, en passant par les ultimatums des Européens et à la colère de la Russie, le dossier chypriote occupe tous les esprits depuis une semaine. L'Union européenne a donné à Chypre jusqu'à lundi pour trouver les quelque six milliards d'euros nécessaires pour compléter son plan de sauvetage, sous peine d'un effondrement de son système financier, voire même son éviction de la zone euro. D'ici là, les négociations s'intensifient. ...
L'agence d'évaluation financière Moody's a privé vendredi le Royaume-Uni de son triple A et abaissé d'un cran la note de la dette du pays à Aa1 en raison de la « faiblesse » de ses perspectives de croissance. Dans un communiqué, l'agence met notamment en avant « la faiblesse continue des perspectives à moyen terme » du Royaume-Uni, et dit s'attendre à ce que l'activité économique atone du pays « s'étende à la deuxième moitié de la décennie ». L'économie britannique a fait un premier pas vers une nouvelle récession en accusant une contraction de 0,3% au quatrième trimestre 2012 alors qu'elle était sortie l'été dernier de sa deuxième récession depuis le début de la crise. Moody's a également évoqué les « défis » auxquels le pays fait face en terme d'assainissement budgétaire alors que ses « capacités d'absorption » des chocs économiques se sont affaiblies. Dans le même temps, l'agence a également indiqué avoir retiré son triple A à la dette émise par la Banque d'Angleterre , dont la note a elle aussi été abaissée d'un cran. Moody's, qui a relevé la perspective du pays de négative à stable, insiste toutefois sur la solidité de l'économie britannique, « hautement compétitive » et « bien diversifiée ». « La solvabilité de la Grande-Bretagne reste extrêmement élevée », a insisté l'agence... ...
Selon les chiffres d'Eurostat, 18,82 millions de personnes étaient au chômage en novembre dans la zone euro, soit une hausse de 113.000 par rapport à octobre. L'ascension du chômage se poursuit en Europe avec 11,8% de la population active sans emploi en novembre dans la zone euro contre 11,7% en octobre. Un nouveau record. Selon les chiffres publiés mardi par l'office européen de statistiques Eurostat , 18,82 millions de personnes étaient au chômage en novembre dans la zone euro, soit une hausse de 113.000 par rapport à octobre et de 2,015 millions par rapport à novembre 2011. Dans l'ensemble de l'Union européenne, le chômage est resté stable en novembre par rapport à octobre, à 10,7%. Au total, 26,061 millions de personnes étaient au chômage dans l'Union à 27 en novembre, soit 154.000 de plus qu'en octobre et 2,012 millions de plus qu'un an auparavant. . Le taux de chômage a continué de grimper à des niveaux exceptionnels en Espagne, où il atteignait 26,6% de la population en novembre, et en Grèce, où il a atteint 26% en septembre, dernier mois où des données sont disponibles. En Grèce, le taux de chômage est pasé de 18,9% à 26% entre septembre 2011 et septembre 2012. Il a également fortement grimpé à Chypre, où il est passé de 9,5% à 14% entre novembre 2011 et novembre 2012. Sur la même période, il est passé de 23% à 26,6% en Espagne. En novembre, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés en Autriche (4,5%), au Luxembourg (5,1%), en Allemagne (5,4%) et aux Pays-Bas (5,6%). Les jeunes restent toujours particulièrement touchés....
Près de la moitié des banques européennes prévoient, en effet, de tailler dans leurs effectifs dans les six prochains... Les banques universelles et les banques d'investissement seraient les plus touchées, selon le baromètre du secteur publié aujourd'hui par Ernst & Young. Mauvaise nouvelle pour les salariés des banques européennes. Le mouvement de réduction des coûts, entamé à l'été 2011, va se poursuivre l'an prochain. Près de la moitié des banques européennes prévoient, en effet, de tailler dans leurs effectifs dans les six prochains mois, révèle le baromètre « European Banking Barometer » du cabinet Ernst & Young publié aujourd'hui. « Les suppressions de postes ont déjà commencé et le baromètre confirme que le secteur bancaire ne doit pas les considérer comme des cas isolés », souligne Marcel Van Loo, responsable des marchés bancaires et financiers pour l'Europe. Les suppressions de postes seraient plus importantes aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, avec respectivement 70 % et 64 % des banques prévoyant de réduire la voilure. Les banques nordiques se montrent, elles, plus optimistes, seules 22 % d'entre elles affichant leur intention de réduire leur masse salariale. Les banques universelles et les banques d'investissement seront les plus durement touchées, relève Ernst & Young....
La France a été dégradée cette nuit par l’agence Moody’s. cette nuit, l’agence Moody’s a donc dégradé la note donnée aux obligations qu’émet le Trésor français pour se financer sur les marchés. Est-ce seulement une mauvaise nouvelle ? En réalité et quitte à surprendre, non ! Certes, bien sûr, c’est une mauvaise nouvelle qui, aujourd’hui, va reléguer le psychodrame de l’UMP au rang de sitcom passant juste avant le journal de 20 heures. Mais j’ai envie de dire que c’est aussi une bonne nouvelle - même si cela paraît paradoxal et cynique. 1 - Commençons par un point précis : c’est sur le plan technique qu’il est le plus difficile, ce matin, d’évaluer son impact sur les marchés . Pourquoi ? La France avait déjà perdu le triple A de l’agence Standard & Poor’s. Il s’en était suivi des heures et des heures et des pages et des pages de commentaires. Mais le Trésor avait continué à se financer à bas prix, Paris étant, restant finalement, plus sûr que Madrid ou Rome. C’est encore le cas. On peut penser que cela va continuer, parce que la dégradation de cette nuit était attendue. En même temps, le fait que deux agences internationales sur trois aient dégradé la France - seule Fitch reste sur le triple AAA - (ce fait) change la donne parce que les investisseurs (fonds de pension, banques) s’obligent à avoir des titres notés 20/20 dans leurs portefeuilles. Mais, comme on va l’entendre seriner toute la journée, Aa1, cela reste 19/20. Donc, a priori pas de catastrophe sur les marchés, mais on verra... 3 - Malgré tout cela, c’est aussi une bonne nouvelle ? Nous allons assister toute la journée à des discussions de cour de récré entre la droite et la gauche : "c’est la gestion Sarkozy-Fillon qui est sanctionnée" ; "non c’est la politique irresponsable Hollande-Ayrault". Mais ce qui est important est que la décision de Moody’s va obliger la France à bouger, à s’adapter. Est pointée par Moody’s la perte de compétitivité de notre économie, les rigidités du marché du travail et des biens et services, la situation budgétaire et la difficulté que nous aurions à résister à de nouveaux chocs dans la zone euro parce que nos échanges ne sont pas assez avec les pays émergents. A noter que l’agence pointe non pas le niveau des déficits ou de la dette, mais leur trajectoire. Au-delà, c’est l’incapacité à tenir nos promesses dans la durée (30 ans de chômage et de déficits publics) qui est pointée. La leçon : on le sait, on le dit, mais on voit bien que le plan de compétitivité de la semaine dernière ne peut être qu’un début, pas une fin...
Une mission d'experts, mandatée par la Commission européenne, va analyser les comptes de l'Espagne afin de préparer la réunion des ministres des Finances de l'UE prévue le 22 juin.... Une mission d'experts de la Commission européenne doit analyser vendredi à Madrid les comptes de l'Espagne dans le cadre de la surveillance des déséquilibres économiques de plusieurs pays, ont indiqué jeudi le ministère espagnol de l'Economie et la Commission. Mais Bruxelles comme Madrid ont tenu à rassurer, alors que l'Espagne traverse une zone de turbulence sur les marchés financiers où les taux d'intérêts ont connu des sommets mardi, sur fond de doute quant à la capacité du pays à tenir ses engagements de réduction du déficit public. « La mission de la Commission européenne vient demain ». Des experts de la Commission « vont analyser les chiffres de 2010, parmi lesquels les comptes courants, la dette publique et privée, le taux de chômage et les parts d'exportations », a affirmé à l'AFP une porte-parole du ministère de l'Economie. « Ils font un nouveau rapport sur la situation en Espagne et font une série de recommandations qu'ils transmettent en vue de l'Ecofin », réunion des ministres des Finances de l'UE prévue le 22 juin, a-t-elle ajouté....
Le Premier ministre grec Lucas Papademos bute sur les réticences des banques à accepter une forte décote de la dette... Les trois mois qui viennent sont « exceptionnellement cruciaux » pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro, a dit mercredi 4 décembre aux partenaires sociaux Lucas Papademos, le Premier ministre grec. Le risque d'abandon de la monnaie unique s'accroît de jour en jour, au sein d'une Europe toujours sous le feu des marchés. L'ancien patron de la banque centrale hissé à la tête de l'Etat multiplie ces derniers jours les propos alarmistes. « Faute d'un accord sur la réduction des coûts du travail et du financement qui y est lié, la Grèce sera confrontée à un danger immédiat de défaut incontrôlé courant mars », a-t-il déclaré à l'issue de discussions infructueuses avec la puissante centrale syndicale du secteur privé, la GSEE. Encore plus explicite, Pantelis Kapsis, le porte-parole du Premier ministre, avait affirmé précédemment qu‘il fallait « parvenir à signer un accord de financement [avec les bailleurs internationaux et les banques, NDLR]. En cas contraire, nous serons éjectés par les marchés de l'euro »...
Le gouvernement irlandais a annoncé lundi pour 2,2 milliards d'euros de coupes budgétaires supplémentaires, dont près de la moitié dans les budgets sociaux et de l'éducation, dans le cadre d'un nouveau budget de rigueur, le quatrième en moins de quatre ans. Le ministre chargé des dépenses publiques Brendan Howlin a détaillé devant le Parlement les nouvelles économies prévues dans le budget 2011/2102. Sur les 2,2 milliards d'euros de coupes annoncées, environ 1 milliard sera prélevé sur les budgets de fonctionnement des ministères de la santé et de l'éducation, ainsi que sur les prestations sociales. Les allocations familiales seront ainsi abaissées à partir du troisième enfant, et les primes pour le chauffage versées aux bas revenus seront diminuées....
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ANALYSE - La brutalité des propos et des méthodes est inédite dans l'histoire de l'UE. Les Les fautes commises par les Européens dans ce que l'on n'ose même plus appeler « le sauvetage de Chypre » ont dépassé en gravité et en intensité tous les faux pas effectués depuis le début de la crise dans la zone euro. L'annonce brutale, mal conçue et mal expliquée, de la taxation des dépôts bancaires à Chypre, au petit matin du 16 mars, a non seulement provoqué sur place un sentiment d'injustice, une colère et un chaos indescriptible, mais elle risque de conduire à un épilogue bien plus dramatique que ce que les Chypriotes et la zone euro pouvaient attendre. Le climat de panique est d'ailleurs tel dans l'île que, même si un plan de financement est mis sur pied, un strict contrôle des capitaux est désormais inévitable, sinon pour éviter, du moins pour réguler les sorties prévisibles de capitaux. Nombre d'investisseurs et d'épargnants n'attendent que la réouverture des banques pour retirer leur argent et fermer leurs comptes. La première erreur des ministres des Finances de la zone euro a été de ne pas expliquer pourquoi, parmi toutes les options possibles, celle de la taxation des dépôts était, pour eux, à la fois la moins douloureuse et la plus simple à mettre en place. Une pédagogie d'autant plus indispensable que cette décision -totalement antidémocratique -prenait à revers le président chypriote qui avait clairement exclu toute atteinte aux dépôts bancaires à la veille même du sommet européen des 14 et 15 mars....
Les résultats étaient encore incertains lundi soir. Le centre gauche est donné victorieux à la Chambre des députés mais pourrait être battu au Sénat. Le résultat des législatives du week-end en Italie s'avérait très incertain lundi soir avec une victoire probable du centre gauche à la Chambre des députés mais une possible défaite au Sénat, alimentant les craintes d'une ingouvernabilité de la troisième économie de la zone euro. A la Chambre, la coalition de gauche emmenée par le chef du Parti démocrate (PD) Pier Luigi Bersani s'adjugerait une confortable majorité grâce au système électoral qui accorde 55% des sièges à la formation arrivant en tête. Les premiers résultats partiels (sur seulement un tiers des bureaux) lui attribuent 31,7% contre 27% à la coalition de droite de Silvio Berlusconi, candidat à 76 ans, pour la sixième fois en 18 ans de carrière politique. Mais de premières projections basées sur des échantillons représentatifs donnaient en début de soirée un écart bien plus réduit (29-29,5% contre 28,5-28,6%). Au Sénat, la gauche serait également en tête avec 32,35% contre 29,9% pour la droite berlusconienne sur la base des deux tiers des bulletins dépouillés, inversant une tendance donnée précédemment par des projections d'instituts de sondage qui voyaient la droite aux premières loges. Mais une victoire en voix ne se traduit pas automatiquement en une majorité en sièges (la majorité absolue est à 158 sièges), car le système électoral du Sénat, complexe, accorde une prime majoritaire au niveau de chaque région. Par exemple, les résultats de la Lombardie, région la plus riche et la plus peuplée, pèseront très lourd dans la balance. La perspective de majorités opposées à la Chambre et au Sénat a fait brièvement passer dans le rouge (-0,1%) la bourse et remonter l'écart des taux obligataires avec l'Allemagne. Les marchés redoutent plus que tout une instabilité gouvernementale en Italie, pays en récession et affligé d'une dette colossale (plus de 120% du PIB). « C'est sûr que s'il y a une majorité à la Chambre et une autre au Sénat, il n'y a pas de gouvernement », a commenté Stefano Fassina, l'économiste du Parti démocrate, assailli de questions par les journalistes au QG de campagne du PD. Une solution pourrait venir d'une alliance entre le centre gauche et Mario Monti mais tout dépendra du nombre de sièges que ce dernier obtiendra au Sénat où sa liste tournerait autour de 9%. « Je ne sais pas si l'addition des sénateurs de centre gauche et de la coalition de Monti arrive à une majorité », s'est interrogé M. Fassina....
L'agence de notation Standard & Poors estime que « la confiance des investisseurs ne reviendra que si les Etats membres poursuivent le rééquilibrage de leurs économies ». L'Europe pourrait commencer à sortir de la crise des dettes souveraines en 2013, a affirmé l'agence de notation Standard & Poors dans une analyse publiée mercredi. « Cette année pourrait être décisive pour déterminer si la zone euro peut émerger de ses problèmes liés aux dettes souveraines », écrit l'agence de notation dans ce document intitulé « La crise de la dette en zone euro: 2013 pourrait être une année charnière ». « Néanmoins, nous croyons que la confiance des investisseurs ne reviendra que si les Etats membres poursuivent le rééquilibrage de leurs économies, à la fois en stabilisant structurellement les dettes publiques et en réduisant davantage les déficits extérieurs », selon Moritz Kraemer, analyste crédit chez Standard & Poors. Des risques perdurent Ces objectifs sont difficiles mais peuvent être atteints, poursuit l'agence de notation qui met toutefois en garde contre les risques qui perdurent et justifient selon elle le maintien de perspectives négatives sur une bonne partie des notes des pays de la zone euro. Standard & Poors est la seule agence qui ait retiré leur triple A, la meilleure note possible, aux Etats-Unis durant l'été 2011. C'est également elle qui la première a dégradé la note souveraine de la France, la rétrogradant en janvier 2011 d'un cran (de AAA à AA+), suivie à l'automne dernier par sa concurrente Moody's (de Aaa à Aa1). Source AFP
En dépit des progrès de l'unification et de son potentiel économique intact, l'Europe n'est plus un acteur sur la scène internationale. Pire, on n'attend plus qu'elle le devienne. Peut-on se contenter d'un tel statut ? Un chameau affamé est toujours plus grand qu'un cheval. » C'est par un proverbe chinois - assez impénétrable pour un Occidental - que le président d'une des plus grandes banques de Chine justifiait, il y a quelques mois, dans un entretien au « Financial Times », son intérêt grandissant pour l'Europe. L'économie européenne, continuait-il, est beaucoup plus solide qu'on ne le pense. Et, il ne le disait pas aussi clairement, le moment est propice « pour faire son marché au juste prix ».
Tout au long de mes voyages cet automne entre les Etats-Unis et l'Asie une constatation s'est imposée : le regard des non-Européens sur l'Europe est infiniment moins négatif que celui des Européens eux-mêmes. Faudrait-il prendre du recul pour avoir une vision juste ? Plus grande est la distance, plus positif est le regard ? De l'autre côté de la Manche en Grande-Bretagne, le jugement n'a certes jamais été plus sévère, mais il suffit de traverser l'Atlantique ou plus encore le Pacifique et la vision s'éclaircit.
Un tel jugement doit néanmoins être nuancé. En effet, si l'Europe est encore perçue comme un risque positif et demeure un modèle digne d'envie en matière de réconciliation et de protection sociale, elle n'est plus considérée comme un acteur sur la scène internationale. Plus grave encore, il n'existe plus d'attente pour qu'elle le devienne. Comme le résume un stratège américain, « l'Europe n'est plus un problème, mais elle ne fait plus partie de la solution aux problèmes qui existent, à l'exception des siens ».
En dépit de ses progrès vers l'unification au cours des derniers mois, l'Europe n'est pas non plus perçue comme un ensemble unifié. Pour le résumer en une formule : l'Allemagne rassure, la France inquiète et la Grande-Bretagne est seule dans son monde....
L'Italie et la Grèce sont, respectivement, 72e et 94e au classement mondial que publie l'ONG Tranparency International. Danemark, Finlande et Nouvelle-Zélande se partagent la première place. La France est 22e, l'Allemagne 13e. La corruption continue de faire des ravages dans le monde et touche en zone euro les pays les plus affectés par la crise, Grèce et Italie notamment, dont le classement se détériore, indique Transparency International dans son rapport annuel publié mercredi. Qui pointe notamment un niveau de corruption «décevant» en zone euro «dans les pays les plus affectés» par la crise économique et financière. Cette année, l'Italie et la Grèce sont respectivement 72e et 94e, n'obtenant que 42 et 36 points, et perdent respectivement 3 places et 14 places par rapport au classement précédent, indique Transparency, qui a son siège à Berlin. L'Italie affiche ainsi un niveau équivalent à la Tunisie (41 points), tandis que la Grèce égale celui de la Colombie. Parmi les pays récemment frappés par la crise de la dette, l'Irlande (25e), l'Espagne (30e) et le Portugal (33e) obtiennent des scores supérieurs à 60 points. Moins durement touchées par la crise, l'Allemagne et la France se classent respectivement 13e et 22e, avec des notes supérieures à 70. Transparency recommande une nouvelle fois à l'UE «d'accentuer les efforts pour prévenir la corruption au sein des institutions publiques». Le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande se partagent la première place des pays les plus vertueux avec des scores de 90. Japon et Royaume-Uni se classent 17e ex-aequo, juste devant les Etats-Unis qui sont 19e....
L'agence de notation fait tomber de A à BBB la note de l'Espagne, avec perspective négative. Motif principal : la situation bancaire du pays. Selon Jean-Claude Juncker, chef de file de l'Eurogroupe, la zone euro se tient prête à venir en aide au secteur bancaire espagnol, si Madrid faisait une demande en ce sens. L'agence d'évaluation financière Fitch a abaissé jeudi de trois crans la note de l'Espagne, qui tombe de A à BBB, et l'a assortie d'une perspective négative, signifiant qu'elle pourrait à nouveau dégrader ce pays au coeur de la crise de la dette de la zone euro. Parmi les raisons évoquées par Fitch figure le « coût budgétaire d'une restructuration et d'une recapitalisation du secteur bancaire espagnol », estimé à environ 60 à 100 milliards d'euros par l'agence dans son communiqué. Dans une précédente étude publiée quelques minutes auparavant, Fitch avait évoqué une fourchette de 50 à 100 milliards. Sur la base d'un coût de 60 milliards, la dette publique brute de l'Espagne pourrait exploser à 95% du produit intérieur brut en 2015, explique l'agence dans un communiqué. En outre, « l'Espagne devrait rester en récession jusqu'à la fin de l'année et en 2013, alors que dans sa précédente prévision Fitch s'attendait à ce que son économie bénéficie d'une reprise modérée en 2013 », ajoute-t-elle. La dette publique espagnole est désormais à deux crans d'être considérée comme spéculative....
Dans un livre blanc sur les retraites qui sera présenté demain par le Commissaire à l'Emploi Laszlo Andor, la Commission Européenne appelle les Etats à retarder l'âge de départ à la retraite. Dans une Europe vieillissante, la population active va commencer dès l'an prochain à décliner. Si rien ne change, le ratio de « dépendance », soit la population âgée de plus de 65 ans par rapport à celle qui travaille, de 15 à 64 ans, va passer en Europe de 26% aujourd'hui à 50% en 2050, Un tel bouleversement sera insupportable pour les finances publiques, sans changement, alors que d'ores et déjà plus de 10% du PNB est consacré aux retraites. Dans un livre blanc (ci-dessous la dernière version avant adoption par la Commission et publication) sur les retraites qui sera présenté demain par le Commissaire à l'Emploi Laszlo Andor, la Commission Européenne appelle donc les Etats à retarder l'âge de départ à la retraite. Dans une Europe vieillissante, la population active va commencer dès l'an prochain à décliner....
La tentative de mainmise sur la Banque centrale du pays risque d'isoler un peu plus le chef du gouvernement hongrois sur la scène européenne. Les chefs des missions du FMI et de l'Union européenne à Budapest ont écourté leur permanence en Hongrie. Très tôt dans la matinée du vendredi 16 décembre ils ont quitté le pays. L'arrêt prématuré des discussions préliminaires entre les autorités magyares en quête d'un prêt discrétionnaire de l'ordre de 5 à 10 milliards d'euros et les créanciers internationaux potentiels s'explique par la nouvelle tentative de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, d'attaquer l'autonomie de la banque centrale. La pomme de discorde est un projet de loi déposé mercredi au Parlement, contrôlé à deux tiers par le gouvernement, élargissant de sept à neuf le nombre des membres du comité de politique monétaire de l'institut d'émission et réduisant les pouvoirs du gouverneur en transférant au Premier ministre et au Président de la république la faculté de nommer ses deux vice-présidents. Pour Andras Simor, le gouverneur de la banque centrale hongroise, ce projet correspond « à une prise de pouvoir » de la part de l'exécutif. Dans une interview récente aux Echos, Viktor Orban avait reconnu que « la coopération entre la banque centrale et le gouvernement est essentielle mais ce n'est jamais facile. Je ne suis jamais d'accord avec les hausses de taux directeurs. C'est encore le cas aujourd'hui après le relèvement de 0,5% de son taux directeur ». L'affaire a aussitôt pris une dimension européenne puis internationale...
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