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Inquiètes à propos du dossier grec, les bourses mondiales ont manifesté ce lundi 13 février... leur joie. Loin des émeutes de ce week-end, les marchés financiers ont salué l'adoption du plan d'austérité par le Parlement grec dimanche. ...Un concert de louanges et de félicitations qui tranche avec les émeutes qui ont embrasé Athènes et plusieurs autres villes de Grèce. Comme s'il s'agissait d'un épiphénomène, au sens premier du mot: une manifestation associée à un phénomène et qui n’exerce pas d’influence directe sur lui. Dans le pays berceau de la démocratie, n'avoir jamais demandé à la population de décider de son sort, ni même lui avoir demandé au moins son avis, pose de sérieuses questions. Rappel des faits....
Aujourd’hui, qui souhaite consulter son peuple est considéré comme une menace pour toute l'Europe. Tel est le message des marchés, et des politiques aussi depuis le 31 octobre, dénonce le rédacteur en chef de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Par Frank Schirrmacher. Deux jours, c’est le temps qu’aura tenu le sentiment apparent de stabilité retrouvée des élites européennes. Deux jours entre l’image de la matriarche Merkel, vers laquelle le monde entier était tourné, et celle de la dépression. Un clinicien pourrait nous dire de quoi il retourne : c’est une pathologie.... Pourtant, avant que ne s’accélère la spirale de la panique, il serait judicieux de prendre un peu de recul pour mieux comprendre ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux. C’est le spectacle de la dégénérescence des valeurs mêmes que l’Europe était autrefois censée incarner... Il n’est pas nécessaire de connaître tous les liens de cette plaisanterie avec le subconscient pour comprendre que l’on est en train d’assister à la destruction massive des principes moraux nés de l’après-guerre, au nom d’une raison économique et financière supérieure. De tels processus se développent en sous-main, ils œuvrent à la lisière de la conscience, parfois pendant des décennies, jusqu’à accoucher d’une nouvelle idéologie. Il en toujours été ainsi lors des phases d’incubation des grandes crises autoritaristes du XXe siècle... ... Papandréou n’a pas seulement raison de faire ce qu’il fait, il montre aussi une voie à l’Europe. L’Europe devrait tout faire pour convaincre les Grecs que sa solution est la bonne. Pour cela, elle devrait aussi s’en convaincre. Pour les autres pays européens aussi endettés que la Grèce, il s’agirait d’un excellent moyen de faire preuve de lucidité et de s’assurer du prix qu’ils sont prêts à payer au nom d’une Europe unie.
Le Monde.fr - Le ministre des finances, Evangelos Venizélos, a réaffirmé sa position contre le référendum, appelant à une application rapide du plan d'aide européen. ... Là aussi, le premier ministre fait volte-face. Il soutient que "la question de la participation de la Grèce à la zone euro allait de soi". La question ne se poserait que "si on ne respecte pas nos engagements", à savoir respecter le plan anti-crise élaboré par la zone euro. Sortir de la zone euro n'est pas si simple que ça. Cela reviendrait à quitter l'Union européenne dans son ensemble, rappelle la Commission européenne. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en décembre 2009, a introduit pour la première fois une clause de sortie de l'Union européenne.
En soumettant le plan de sauvetage de l'euro à son peuple, le Premier ministre grec plonge l'Europe dans le désarroi. Erreur : il a pris la bonne décision, estime l'éditorialiste de l'hebdomadaire allemand. Par Sven Böll | Der Spiegel Disons-le d'emblée : une fois n'est pas coutume, les Grecs doivent décider eux-mêmes de l'avenir de leur pays – et de leur propre sort. Voilà longtemps qu'ils n'en avaient pas vraiment eu l'occasion. Ce pays, jadis fier, se trouve sous administration étrangère et n'est donc plus souverain depuis un an et demi. La mission la plus importante du gouvernement est de faire passer auprès du Parlement et de mettre en œuvre les plans d'austérité et les réformes structurelles. Ce qu'il doit faire lui est sévèrement dicté par la troïka composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). Ne plus être maître de ses finances, mendier de l'argent et devoir quasiment tout accepter pour cela, c'est pour les Etats pauvres presque aussi indigne que pour les gens pauvres. Cela blesse l'amour-propre, cela provoque colère et désespoir. Et le fait de savoir qu'on continuera à s'endetter n'arrange pas les choses, bien au contraire. Quelle que soit, au final, la formulation soumise à référendum, les Grecs se prononceront sur cette question : leur pays restera-t-il dans la zone euro ou quittera-t-il l'union monétaire ? .. ... Une chose va dans ce sens : les Grecs soutiennent leur Premier ministre et ne torpillent pas les décisions de Bruxelles. La majorité de la population est d'avis qu'il faut en finir avec cette pagaille qui dure depuis des décennies. Si elle est dépassée par le rythme du changement, elle n'a rien contre un changement de cap en soi. D'ici au référendum, on va assister à un débat intensif sur les alternatives qui s'offrent à la Grèce : assainissement brutal avec maintien dans la zone euro ou banqueroute de l'Etat avec réintroduction de la drachme. On verra qu'il ne s'agit pas, en la matière, de choisir entre l'enfer et le paradis. Les deux voies seront difficiles et entraîneront beaucoup de privations. Chaque citoyen doit décider laquelle des deux est la meilleure pour lui. Celui qui vote, et prend donc ses responsabilités, devra par exemple se demander s'il souhaite miser ses avoirs sur une sortie de l'union monétaire. Ses économies ne vaudraient pratiquement plus rien en cas de retour à la drachme.
A première vue, le référendum apparaît comme étant la solution la plus démocratique qui soit, puisque c’est à la population grecque que sera imposée la rigueur décidée par d’autres. Georges Papandréou nous met en garde : attention, les gens chez moi n’en peuvent plus. Le premier ministre grec a d’ailleurs joué un sacré coup de bluff en ne dévoilant rien de son projet au couple franco-allemand qui volait à son secours. Comme d’habitude, la classe politique française se divise en deux camps bien distincts : la droite majoritaire, qui soutient Nicolas Sarkozy, se dit choquée par le procédé qui met à mal l’accord de Bruxelles du 27 octobre, affole les marchés et fragilise la zone Euro. En revanche, certaines voix au PS, au Modem, les souverainistes ainsi que le FN se réjouissent de voir la parole rendue au peuple. Nous sommes en campagne présidentielle. ...
La décision de Papandréou d'organiser d'un référendum sur le plan de sauvetage grec sème la panique et affole les marchés. Jean Quatremer, notre correspondant à Bruxelles, a répondu à vos questions. Extrait Catherine. N'est-ce pas une façon de mettre directement le peuple grec face au choix cornélien de «malheur ou grand malheur»? Jean Quatremer. L e référendum n'a effectivement guère de sens, les Grecs ayant le choix entre la peste et le choléra. S'ils refusent le plan européen, cela ne peut signifier que la faillite. En outre, la zone euro cessera de venir en aide financière au pays qui devra, malgré tout, rétablir l'équilibre de ses finances publiques. Sans l'aide européenne, et sans accès au marché, l'effort sera infiniment plus brutal que celui que fournit la Grèce actuellement. Aujourd'hui, le gouvernement n'aurait plus les moyens de payer ses fonctionnaires, ainsi que l'ensemble des dépenses publiques. Il ne pourrait donc plus dépenser davantage qu'il ne gagne. L'effort actuel de redressement des finances publiques grecques reste obligatoire, qu'ils acceptent le plan européen ou qu'ils le refusent, ou qu'ils sortent de la zone euro. Il y a une mauvaise perception des efforts que la zone euro demande à la Grèce, au Portugal, ou à l'Irlande....
Le Monde.fr - Reconnaissant le côté "légitime" de l'initiative grecque, le premier ministre a rappelé la "discipline à laquelle chaque nation doit consentir" au sein de l'Europe. "Bien sûr, (...) en démocratie, se tourner vers le peuple est toujours légitime, mais nous regrettons, et je veux le dire solennellement (...), cette annonce prise de façon unilatérale sur un problème qui engage tous les partenaires de la Grèce", a déclaré M. Fillon à l'Assemblée nationale. Estimant, comme Nicolas Sarkozy la veille, que la décision grecque avait "surpris toute l'Europe", le premier ministre a estimé qu'il ne s'agissait "pas de reprocher au premier ministre grec de vouloir organiser un référendum" mais "d'avoir négocié pendant des heures et des heures pour aboutir à un accord signé à l'unanimité [au sommet de Bruxelles des 26 et 27 octobre] sans jamais indiquer à ses partenaires de l'UE la possibilité d'organiser ce référendum". Selon le porte-parole du gouvernement grec, M. Papandréou avait pourtant informé ses partenaires européens de ses intentions, sans préciser toutefois la date de son annonce...
Paris, Londres, Francfort et surtout Athènes ont ouvert sur des pertes brutales. Les valeurs bancaires chutent. Sarkozy et Merkel vont reprendre leur conversation. Ce référendum «a pris les marchés par surprise et les a choqués», a souligné à Paris le courtier IG Market dans sa note quotidienne. «Que va-t-il se passer si le peuple dit “Non”? Le risque est que la communauté internationale coupe l’arrivée d’argent et que le pays finisse par quitter l’euro. Il y a de quoi inquiéter sérieusement les investisseurs», a commenté à Francfort Christoph Weil, analyste de Commerzbank. «Le risque d’une faillite à la Lehman (Brothers) a encore grandi», a estimé Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg, qui juge «plus important que jamais de construire un pare-feu autour de la Grèce pour prévenir une contagion à l’Italie». Les titres des banques européennes étaient les premiers à sombrer, notamment à Paris où les principales banques perdaient 10 à 12% – en premier lieu BNP Paribas et la Société Générale – et à Francfort avec des dégringolades allant jusqu’à 9% pour la Commerzbank. L’annonce lundi du dépôt de bilan du courtier américain MF Global, très exposé à la dette publique des pays de la zone euro et première victime de la crise européenne, a également alimenté l’inquiétude des investisseurs....
Le premier ministre grec Georges Papandréou a annoncé ce soir l'organisation d'un référendum en Grèce afin d'approuver l'accord conclu la semaine dernière au sommet européen pour effacer une partie de la dette publique grecque. "La volonté du peuple grec s'imposera à nous", a déclaré M. Papandréou au groupe parlementaire socialiste, tout en indiquant aussi qu'il allait demander un vote de confiance au Parlement sur l'accord sur la dette. Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre....
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La Grèce va-t-elle sortir de l'euro ? Le premier ministre George Papandréou a choisi de consulter la population par referendum. Le résultat de cette consultation pourrait être déterminant pour l'avenir de la zone euro. France Inter a délocalisé son antenne à Athènes pour une édition spéciale de 7h à 9h animée par Patrick Cohen avec les éditorialistes de France Inter ainsi que des invités, le Vendredi 4 Novembre 2011
Relayés par la presse, des élus du parti de Merkel suggèrent de consulter les Allemands sur l'aide à la Grèce. ... "Des décisions aussi importantes ne peuvent être prises sans l'appui du peuple», estime Thomas Silberhorn, responsable des questions financières à la CSU. «À l'avenir, les décisions concernant l'avenir de l'Europe doivent être tranchées par référendum», renchérit Alexander Dobrindt, secrétaire général de la CSU, jugeant que ce n'est pas aux contribuables allemands «d'économiser à la place des Grecs». La Frankfurter Allgemeine Zeitung ( FAZ) s'étonne que la loi fondamentale allemande prévoie le recours au référendum pour des décisions locales, telles que la construction d'une nouvelle gare, et non pour des questions aussi cruciales que l'avenir de l'Allemagne dans l'Europe...
Après l'annonce du Premier ministre grec appelant les électeurs à se prononcer par referendum sur les mesures prises lors du sommet de l'Union européenne, la presse est divisée. Là où certains regrettent un caprice qui menace l'Union, d'autres voient une véritable démarche démocratique. Revue de presse.
Avec l'annonce du référendum grec, l'Europe vient une fois encore de se ridiculiser et de prouver qu'elle est incapable de régler une crise de la dette qui aujourd'hui clairement met en péril l'existence de l'euro. ...Marchés et dirigeants européens ont-ils raison de tomber à bras raccourcis sur le premier ministre grec? Il fallait que M. Papandréou soumette à l’approbation de son peuple le remède de cheval qu’il lui impose. Voilà deux ans qu’il est élu, l’histoire a pris un tournant dramatique, il est démocratique de vouloir retremper sa légitimité. Fallait-il le faire comme çà, sans prévenir personne y compris son ministre des finances, au lendemain d’un accord à Bruxelles? Le vote de confiance au parlement, qui commencera mercredi 2 novembre, ne suffisait-il pas?... ... L’Europe arrive devant le G20 de Cannes dans une position ridicule. Dans le même temps, l’autre grande nouvelle économique, arrive des Etats-Unis: l’économie américaine semble se consolider un peu. Une récession semble écartée. Comment vont choisir entre ces deux tendances, mauvaises en Europe, bonnes en Amérique? Une certitude: demain sera encore rock-and-roll.
Les scénarii sont flottants parce que les dirigeants européens sont tombés de leur chaise en apprenant cette décision...
Le Monde.fr - Des internautes font un parallèle entre "la campagne" actuelle contre la décision d'Athènes et "les pressions" en faveur du "oui", lors de la campagne du TCE de 2005. La décision de M. Papandréou a été qualifée d'"irresponsable" par certains. Une position notamment défendue par plusieurs responsables de l'UMP ou Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, proche du parti présidentiel. La colère de ces internautes a été renforcée par un traitement médiatique jugé moralisateur, mettant l'accent sur le "coup de folie" du premier ministre et "la menace" que celui-ci ferait peser sur la zone euro. Certains d'entre eux font un parallèle entre ce qu'ils nomment la "campagne de pressions" actuelle et celle de 2005 en faveur du "oui", lors du traité constitutionnel européen (TCE)...
Le Monde.fr - La zone euro a brutalement replongé dans l'instabilité, mardi, après l'annonce surprise d'un référendum en Grèce, un coup de poker qui menace le plan de sauvetage européen et relance les craintes d'une faillite d'Athènes. Le spectre d'une faillite de la Grèce et d'une contagion à la zone euro refait surface. La majorité socialiste grecque fragilisée. Indignation des dirigeants européens, la classe politique française plus modérée. Sarkozy et Merkel "déterminés" à faire appliquer le plan anticrise. Les Bourses dévissent, les valeurs bancaires en tête
Nicolas Sarkozy est consterné par l’annonce de référendum faite, à la surprise générale, par le premier ministre grec, Georges Papandréou. Le président français croyait avoir réglé le cas de la faillite de la Grèce et de la recapitalisation des banques lors du conseil européen de mercredi, tout en sachant qu’il fallait renforcer le fonds européen de stabilité financière et s’assurer que l’Italie n’allait pas être gagnée par la contagion de la crise. Soudain, tout est à recommencer. « Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux », estime un proche du président...
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