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MADRID, 17 mai 2013 (AFP) - Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi une réforme controversée du système éducatif, déjà frappé par des coupes budgétaires, avec l'espoir de lutter contre le chômage record des jeunes dans un pays où l'abandon scolaire dépasse de loin celui de ses voisins européens. "Nous avons besoin d'une refonte urgente de tout le système éducatif car nous ne pouvons pas nous permettre les chiffres d'échec, d'abandon (scolaire, ndlr) et de chômage des jeunes", a lancé la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, après le Conseil des ministres. La loi adoptée par le gouvernement vendredi, qui sera débattue au Congrès des députés, où le parti conservateur au pouvoir dispose de la majorité, est "l'une des réformes les plus importantes figurant à l'agenda du gouvernement", arrivé au pouvoir en décembre 2011, a ajouté le ministre de l'Education, Ignacio Wert. Enfoncée dans la récession, l'Espagne est frappée par un taux de chômage historique de plus de 27%, qui bondit jusqu'à 57,22% chez les 16-24 ans. Ce panorama est encore assombri par un taux d'abandon scolaire de 25%, "le double de celui du reste des pays de l'Union européenne", a précisé vendredi la numéro deux du gouvernement. Près d'un jeune sur quatre (23,5%) entre 15 et 29 ans ne travaille ni n'étudie, a-t-elle ajouté. "L'investissement dans l'éducation a doublé lors de la dernière décennie, et l'échec aussi", a-t-elle souligné. Engagé dans une cure d'austérité drastique, le gouvernement a ordonné une réduction de trois milliards d'euros par an des dépenses dans l'éducation, un secteur dont le budget est géré par les régions autonomes. La réforme prévoit notamment une plus grande "flexibilité" des parcours scolaires ainsi que l'introduction d'examens pour valider chaque étape de la scolarité.... ...
Ils sont quatre millions de jeunes, âgés de 18 à 23 ans, à avoir, dimanche 24 et lundi 25 février, voté pour la première fois à une élection nationale. Vers qui se sont-ils tournés ? Alors qu’aucune majorité claire ne se dessine et qu’un nouveau vote pourrait intervenir dans les prochaines semaines, l’incroyable succès du comique Beppe Grillo reste la seule certitude. Et la jeunesse italienne n’y est pas pour rien. (De Turin) Mardi 26 février, la ville de Turin se réveille. Journaux télévisés et radio ne parlent que de l’élection et de ses résultats. La ville et ses habitants, eux, ne semblent pas s’être métamorphosés dans la nuit. Une chose a changé cependant, ici, et dans toute la péninsule pour quatre millions de personnes, les 18-23 ans : pour la première fois de leur vie, ils ont pu voter à l’occasion d’une élection nationale. Dans une société italienne où la crise étouffe les projets d’avenir, où les scandales de corruption n’en finissent pas d’amocher la confiance envers les élus, les jeunes ont semble-t-il contribué au succès de la contestation menée par Beppe Grillo. Le désormais célèbre bloggeur italien, fort de plus de 25% des suffrages exprimés à la chambre des députés et de presque 24% au Sénat (où les moins de 25 ans ne peuvent pas voter) a réussi à séduire un large panel d’électeurs, mais surtout, il a caracolé en tête chez les plus jeunes. Un sondage réalisé peu avant l’élection notait ainsi que plus de 30% des 18-25 ans voulaient voter pour le leader du mouvement Cinq étoiles. Un choix électoral qualifié lundi soir par Emmanuel Letta, le vice-secrétaire du Parti démocrate (centre-gauche), d’”entrée en rébellion”, l’homme regrettant toutefois que “beaucoup d’Italiens aient suivis des propositions idéologiques”. “J’ai voté Grillo car jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été déçu par les politiques”
Nouveau venu sur la scène politique italienne, Beppe Grillo a réussi à s’imposer comme la figure du changement, en opposition à “la vieille classe politique” décriée, repue de privilèges. Une dimension intégrée par Luca Marzolino, pizzaiolo turinois de 23 ans et électeur de Beppe Grillo : “Hier, j’ai voté Grillo car je n’en peux plus… Je n’en peux plus de tout ce qui nous entoure. L’utopie de gauche de Bersani (PD)… Les moqueries de la droite (PDL)… Le néofascisme de la Ligue du Nord…” Un discours qui s’inscrit dans un climat de méfiance généralisée des Italiens à l’égard des parlementaires et des institutions. En effet, selon le 24e rapport de l’Eurispes en 2012, c’est au Parlement que les Italiens se fient le moins : seulement 9,5% de ces derniers concèdent une grande ou relative confiance aux parlementaires. Pire, les jeunes de 25 à 34 ans exprimeraient le plus fort sentiment de défiance vis à vis des institutions et du politique (74.6%)....
Une nouvelle génération d’électeurs roumains va participer aux élections législatives du 9 décembre. Mais quelle voie choisiront ces jeunes, plus familiers du côté sombre de la politique actuelle que des révoltes contre le régime de Ceauşescu ? Par Alexandru Gussi, du journal Revista 22. Le 25ème anniversaire du soulèvement des ouvriers de Braşov [contre le régime de Ceauşescu, le 14 novembre 1987, après lequel 300 manifestants furent arrêtés] est passé presque inaperçu, alors que la réalité sociale de la Roumanie d'aujourd'hui aurait dû amplifier la symbolique de cette célébration. Certes, on peut trouver beaucoup de raisons à ce manque d'intérêt pour l'un des moments les plus importants de notre histoire récente. Mais je voudrais montrer à quel point cet oubli quasi-total est révélateur de la direction prise par la société roumaine. Les 25 ans d’un soulèvement ouvrier aurait été une bonne occasion pour une action de la part des syndicats. Mais ces derniers, une fois de plus, se sont montrés indifférents et sensibles à d’autres intérêts que ceux des "salariés". Les autorités de Bucarest ont elles aussi ignoré l'événement alors qu’elles avaient marqué le coup il y a 5 ans [pour le 20ème anniversaire] et qu’elles ont montré un intérêt soudain pour l'histoire du pays en célébrant, il y a quelques semaines, l'anniversaire du roi Michel qui a fêté l'âge, impressionnant mais moins rond, de 91 ans. Ce contraste montre à quel point cet oubli est caractéristique de l’identité de ceux qui nous dirigent. La révolte de 1987 est celle qui, mieux qu'une révolution de 1989 noyée sous les complots, pourrait être présentée à la jeune génération comme le symbole des soulèvements et des répressions caractéristiques du régime communiste. Et puisque qu’elle n’est pas présentée ainsi, on est en droit de supposer que l'actuelle classe politique se sent plus proche de l'ancienne nomenklatura que des ouvriers de Braşov, révoltés en 1987 et licenciés après 1990. Aujourd’hui, les médias regorgent de sales affaires et les plus jeunes qui ne connaissent que ça de la politique seront plus faciles à manipuler puisqu’il leur manque la clé pour comprendre, enfouie dans l'histoire récente. Dans un pays sans identité politique, où tout semble provisoire, seule l'expérience des événements historiques peut offrir les repères pour résister à la manipulation. Quel que soit le prisme à travers lequel on peut lire ces événements, ils nous enseignent que la Roumanie n'a pas d'autre option que l'Europe...
ÉCONOMIE - Erasmus -qui a fêté ses 25 ans cette année- n'a plus d'argent, les caisses du fonds social sont vides et d'autres programmes européens seront bientôt en cessation de paiement si les Etats refusent de renflouer le budget européen en 2012, a annoncé mardi le député européen français Alain Lamassoure. "Le fonds social européen est en cessation de paiement depuis le début du mois et ne peut plus effectuer de remboursements aux Etats", a révélé le président de la commission des budgets du Parlement européen au cours d'un point de presse. "La semaine prochaine ce sera le tour d'Erasmus, le programme pour les étudiants, et à la fin du mois, le programme pour la Recherche et l'Innovation n'aura plus d'argent", a-t-il ajouté. La faute incombe aux gouvernements qui ont taillé dans le budget 2012 en limitant les dépenses à 129 milliards d'euros, soit une coupe de 4 milliards par rapport aux propositions de la Commission et du Parlement européen, pour le mettre au diapason de la rigueur imposée à l'Europe par la crise financière....
J'ai beaucoup changé grâce à cette année Erasmus. Erasmus sera bientôt en cessation de paiement, d'après le député européen Alain Lamassoure. Les coupes budgétaires imposées par de nombreux pays européens ont en effet asphyxié le programme. Faut-il accepter cette perte au nom de la rigueur ? Surtout pas pour notre contributrice, qui nous parle de son expérience Erasmus. Par Beatrice Masiani, ex étudiante Erasmus. ERASMUS. Pour moi, l'échange Erasmus, c’est un programme fondamental pour consolider l’Union européenne… et c’est aussi ma plus belle expérience. Italienne, j’ai fait un échange Erasmus à Paris, lors de ma quatrième année d’architecture. Cette année m'a beaucoup apporté : 1. Du point de vue de l’autonomie. C’était la première fois que je vivais toute seule, loin de mes parents. En Italie, ce n’est pas comme en France, on reste chez ses parents jusqu’à ce qu’on travaille dans une autre ville ou qu’on se marie… Ce n’est pas évident de partir pendant ses études, surtout quand on habite à Rome, ce qui était mon cas. 2. Du point de vue scolaire. La France et l’Italie ont des approches très différentes de l’enseignement de l’architecture. L’architecture française s’inspire des beaux-arts, l'italienne de l’ingénierie. De plus, l’université française est beaucoup plus basée sur la pratique que l'italienne. Voir deux méthodes différentes, cela permet d’ouvrir sa réflexion. 3. Du point de vue personnel. Mon année Erasmus m’a permis d’apprendre le français. Je ne parlais quasiment pas en arrivant, et dès le mois de janvier j’arrivais à me débrouiller. Évidemment, c’était difficile de s’exprimer au début. Mais cela fait partie de l’aventure....
Des chiffres qui font froid dans le dos des nouvelles générations de travailleurs. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans a augmenté de 50% dans l'Union européenne depuis le début de la crise, rappelle lundi la Commission européenne à l'occasion de la publication d'un rapport sur la jeunessequi insiste sur les efforts à faire pour leur intégration. Le chômage des jeunes est passé en moyenne de 15% en février 2008 à 22,5% en juillet 2012, selon l'institut européen de statistiques Eurostat. Le taux de chômage des jeunes atteint même 53,8% en Grèce et 52,9% en Espagne. «Je suis profondément préoccupée par les effets de la crise sur les jeunes, beaucoup trop nombreux à être exposés à un risque d'exclusion sociale et de pauvreté», souligne dans un communiqué la commissaire européenne chargée de la Jeunesse, Androulla Vassiliou, à l'occasion de la publication de ce rapport. ...
Depuis son adhésion à l'Union européenne, la situation démographique déjà inquiétante de la Pologne s'aggrave, les jeunes choisissant d'émigrer avec leurs enfants ou de les élever à l'étranger. Le système social du pays pourrait pâtir de cette catastrophe démographique à venir. Lorsque la Pologne est entrée dans l'Union européenne en 2004, le pays a commencé à perdre une partie de la génération venue au monde lors de la poussée démographique de la fin des années 70 et du début des années 80. Partis à la recherche d'une meilleure qualité de vie, ces gens ont trouvé à l'étranger ce qu'ils cherchaient. Et leurs enfants, tout d'abord laissés au pays, sont en train de les rejoindre. Selon le dernier recensement national, en mars 2011, deux millions de Polonais [sur 38,5 millions d'environ] se trouvaient à l'étranger. 11 % d'entre eux étaient des enfants de moins de 14 ans. Mais selon les estimations de l'économiste et démographe Krystyna Iglicka, le nombre de ces enfants pourrait atteindre en réalité 300 000, soit 35 % de plus que les chiffres officiels. "A terme, aucune famille ne peut fonctionner normalement quand ses membres restent séparés trop longtemps", explique Agata Zygmunt, démographe à l'Université de Silésie de Katowice, qui souligne que les politiques familiales des pays hôtes de l'émigration polonaise favorisent ce regroupement. "En Grande-Bretagne ou en Allemagne, les familles peuvent compter sur une meilleure aide sociale qu'au pays. Les allocations sont plus importantes, il est aussi plus facile de trouver une place à la crèche ou à la maternelle", énumère Mme Zygmunt....
A Barcelone, la colocation de six jeunes de plusieurs nationalités, qui étudient et/ou travaillent, n'a plus grand-chose à voir avec le joyeux bordel du film de Klapisch. Nous sommes revenus à Barcelone. Nous avons rencontré six jeunes gens qui pratiquent la colocation carrer de la Diputació. Chary et Daniel (Espagnols), Mikel (Basque), Camille (Suissesse), Ed (Anglais) et Daniela (Italo-Colombienne). Ils ont entre 24 et 29 ans et font des études de cinéma, sauf Mikel. Lui est mécanicien de Formule 1. Ça fait toujours son petit effet. Nous ne l’avons pas vu puisqu’il était à Monaco pour le Grand Prix (calmez vos ardeurs, la place est déjà prise par Camille la Suissesse). L’appartement est situé dans le quartier de l’Eixample, à quinze minutes à pied de la Sagrada Familia. Larges avenues et immeubles austères à chaque pâté de maisons. Un immense copier-coller urbain. Welcome....
D’un côté: la famille, le pays, la culture, le chômage, l’absence de perspectives. De l’autre: la solitude, le déracinement, l’emploi, la carrière, un salaire décent. Quelle vie pour quel avenir? Voilà les questionnements de la jeune génération grecque. Ils sont jeunes, ils ont la vie devant eux, des ambitions, des idées, la volonté de s’en sortir. Ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de quitter leur pays, non par réelle envie, mais par nécessité. Ce phénomène n'est pas mineur ou secondaire ; tous les jours, je rencontre et discute avec de nouveaux jeunes qui veulent s'en aller vivre à l'étranger, eux aussi. En même temps, que peut-on espérer d’un pays où le taux de chômage atteint les 22% (un chiffre qui a quasiment doublé en deux ans, depuis le début de la crise de la dette), celui des 15-24 ans dépassant les 50% (chiffres de l'Autorité des statistiques grecques) ; où les diplômes deviennent inutiles par manque d’emplois qualifiés ; où les chances de lancer une carrière sont quasiment impossibles (gel des embauches dans la fonction publique notamment) ; où il est devenu difficile de quitter le domicile familial en raison des dégâts de la crise économique au sein des foyers ; où ces mêmes familles n’ont plus toujours l’argent pour envoyer leur progéniture dans une grande ville pour qu’elle puisse étudier ; où l’on parle des jeunes comme d’une «génération perdue» (en écho à celle de l’entre-deux-guerres). Témoignages....
Évoquer le programme Erasmus sans mentionner L'auberge espagnole relève de la gageure, nous ne nous y risquerons pas. Quand Cédric klapish part filmer une bande de grands adolescents venus des quatre coins de l'Europe à Barcelone pour poursuivre leurs études loin de chez eux, le réalisateur ne sait pas que sa comédie deviendra un film culte de la "génération erasmus". À sa sortie en 2002, L'auberge espagnole (regardez la bande-annonce) révèle aux yeux de milliers d'étudiants l'existence d'un programme d'échanges encore quelque peu confidentiel. Depuis, le nombre d'étudiants français partant chaque année avec Erasmus a presque doublé (16.000 en 2002, plus de 31.000 désormais).Lancé en 1987 par onze Etats de l'Union, le programme a d'ores et déjà permis à plus de deux millions de jeunes Européens d'étudier dans le cadre d'échanges impliquant désormais 33 pays dont les 27 membres de l'UE, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse, la Croatie et la Turquie. "La génération Erasmus aura une influence croissante dans la société"....
Le Monde.fr - Si l'agence fédérale pour l'emploi explique ce bond par la reprise économique, les syndicats pointent une précarisation de l'emploi. Certes, l'Allemagne sort son épingle du jeu dans le champs de l'emploi européen : le nombre d'actifs ayant un emploi y a atteint un niveau record en 2011 – avec en moyenne 41 millions de personnes employées, soit 1,3 % de plus que l'année précédente –, et c'est le seul pays de l'UE où le chômage des jeunes recule. Cela n'empêche, le nombre de travailleurs intérimaires en Allemagne a augmenté de 13 % en un an, atteignant 910 000 personnes en juin 2011, selon les dernières statistiques révélées vendredi 20 janvier par l'agence fédérale pour l'emploi, qui indique par ailleurs que la moitié de ces contrats intérimaires durent moins de trois mois....
Workers flock to thriving Latin American and African markets in search of jobs; Spain was net exporter of people in 2011 for first time since 1990. Soon after Spain's real-estate bust put Andrés Velarde and María Palencia out of work, the young architects gathered their drafting materials and moved 5,000 miles to Brazil—drawn by a hope, but no promise, of employment. Within five weeks the Spanish couple had jobs in the midst of a bonanza. The South American country was expanding its low-income housing program and scrambling to build stadiums, airport terminals and hotels for the 2014 World Cup of soccer and 2016 Olympic Games. "The crisis back home is distant news," said Mr. Velarde, eight months into his new job in Rio de Janeiro. "In Brazil, there's growth and optimism, a joyful atmosphere totally at odds with what there is in Europe." Economic distress is driving tens of thousands of skilled professionals from Europe, and many are being lured to thriving former European colonies in Latin America and Africa, reversing well-worn migration patterns. Asia and Australia, as well as the U.S. and Canada, are absorbing others leaving the troubled euro zone. At the same time, an influx of Third World immigrants whose labor helped fuel Europe's growth over the past decade is subsiding. Hundreds of thousands of them, including some white-collar professionals, have been returning home...
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Quelques centaines de lycéens et étudiants ont défilé à Nicosie ce mardi matin contre le plan conclu à Bruxelles. «Nous ne sommes pas là pour demander quoi que ce soit, nous sommes là pour montrer notre présence et dire à la troïka [UE – BCE – FMI] et à notre président que nous ne sommes pas d’accord.» Quelques centaines d’étudiants et de lycéens ont défilé en direction du Parlement à Nicosie ce mardi matin, au lendemain de l’annonce de l’accord trouvé dans la nuit de dimanche à lundi à Bruxelles et qui, s’il évite la faillite à l’île, exigera de lourds sacrifices de la population. En tête de cortège, une banderole «Vos erreurs, notre futur». Drapeau grec ou chypriote sur le dos, les jeunes manifestants, rameutés via Facebook, chantent en boucle «Troïka, Merkel, dehors», ou «Hands off Cyprus», slogan devenu mot clé de la mobilisation encore limitée à Nicosie. Témoin du fort sentiment antiallemand ambiant, une banderole «Hitler – Merkel même merde» est déployée devant les caméras. D’autres brandissent des drapeaux européens barrés d’une croix rouge. Manos, 17 ans, ne cautionne pas: «On n’est pas contre le peuple allemand lui-même. Bien sûr qu’Angela Merkel n’est pas Hitler. Mais ce qu’ils veulent dire avec ces slogans, c’est qu’on subit une guerre. Une guerre économique qui va tous nous affecter.» Encore au lycée, il voudrait pouvoir poursuivre ses études à l’étranger, architecture ou médecine peut-être. «Ici le niveau n’est pas très bon. Pour faire de bonnes études, il faut aller en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis. Mais ça coûte cher. Nos parents économisent pour nous payer ces études, mais avec le plan de Bruxelles, cet argent mis à la banque ne vaudra plus rien. Et nous on restera ici à faire des petits boulots.»
Près du Parlement, une fille est occupée à graffer sur un mur une figure de Jésus, baillon de révolutionnaire sur le visage: «C’est pour dire que même un peuple pacifiste comme le nôtre est prêt à se battre s’il le faut», explique-t-elle. Les étudiants vivent comme un déni de démocratie le fait que le plan conclu à Bruxelles ne passe pas au Parlement. Irene, 20 ans, étudiante en langue : «Ce plan décide de tout notre futur. Nous sommes maintenant sous la coupe du FMI et ce n’est que le début. Il va y avoir beaucoup de chômage, surtout pour nous les jeunes, alors que nous n'y sommes pour rien dans ce qui arrive. C'est injuste. La moindre des choses aurait été que le peuple ait son mot à dire !» Ero, 20 ans également, aurait préféré «une sortie de l’Europe. Tout allait mieux pour Chypre avant qu’on entre dans l’Europe en 2004. L’Europe, je veux dire l’Europe comme rêve, c’est fini »...
Erasmus est sauvé. La "success story" de l'Union européenne était menacée : "Erasmus est à court d’argent", reconnaissait début octobre le porte-parole du commissaire européen au Budget. Le programme européen d’échange d’étudiants et de professeurs allait-il disparaître en raison des coupes budgétaires imposées par de nombreux pays de l’Union ? Finalement non. Lors de sa plénière de décembre, le Parlement européen a soutenu l’accord de six milliards d’euros destiné à couvrir les factures en suspens ainsi que le budget 2013, sauvant ainsi un programme vieux de 25 ans. La première année, à peine plus de 3 000 étudiants en avaient profité ; ils sont 270 000 aujourd’hui. En 25 ans, plus de deux millions de jeunes issus de 33 pays ont ainsi pu étudier à l’étranger. Un programme pour tous ? Qui favorise l’intégration européenne ? Et qui marche vraiment bien ? Pas si sûr... 1.L’anglais plus que la fiesta au soleil.L’Espagne est le premier pays d’accueil et d’origine des étudiants Erasmus. Soit. Mais la France et l’Allemagne suivent. L’Hexagone arrive en deuxième position : environ 30 000 étrangers y séjournent cette année, et le même nombre d’étudiants le quitte pour parfaire ses connaissances hors des frontières.... 2.Portugal, Danemark et Suède à la mode Erasmus stagne en France. Entre 2005 et 2009, les arrivées ont cru de 2,8% seulement, et les départs d’un petit 8,6%. Le Portugal, le Danemark et la Suède deviennent en revanche des destinations de plus en plus prisées ; entre 2005 et 2009, le Portugal a vu ses séjours Erasmus augmenter de 45%. Encore plus flagrant : le nombre d’étudiants turcs en mobilité Erasmus augmente très rapidement. Ils étaient moins de 3 000 en 2005, pour passer la barre des 8 000 en 2010 – une augmentation de 180%. 3.Trop cher pour plaire à tous Le programme devait concerner 10% des étudiants, rappellent les auteurs d’une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) sur le sujet. L’objectif est loin d’être atteint... 4.L’étudiant Erasmus : une femme de 23,5 ans Pour l’année académique 2009-2010, l’âge moyen des étudiants Erasmus était de 23,5 ans. Et l’étudiant était une étudiante : 62% des Erasmus sont des femmes, soit une part légèrement supérieure à celle des femmes dans la population étudiante globale.... 5.Pas très branchés sciences dures Ce sont enfin les étudiants issus de l’enseignement supérieur universitaire qui se déplacent plus que ceux issus des filières professionnalisantes, selon les mêmes études. Et ils se penchent en priorité sur les sciences sociales, les affaires ou le droit, voire les sciences humaines ou les arts. Les disciplines scientifiques restent boudées....
Pour survivre, de plus en plus d’enfants sont contraints de travailler et voient ainsi leur enfance voler en éclat. Bien connu dans les pays les plus pauvres, ce phénomène existe également en Europe et fait ainsi l’objet d’un reportage diffusé sur France 3, ce mercredi soir… Depuis la crise, plusieurs pays européens ont limité leurs aides financières sociales, plongeant ainsi de nombreux foyers dans la précarité. Pour survivre, des centaines de familles n’ont eu d’autres choix que de déscolariser partiellement ou totalement leurs enfants, afin de les faire travailler. Parfois pour quelques centimes, ces mineurs réalisent des tâches pénibles, longues et harassantes… A l'échelle internationale, 215 millions d’enfants sont concernés ! A une semaine de la Journée Mondiale de l’Enfance et de la Journée Nationale des Droits de l’Enfant, ce phénomène fait l’objet d’une enquête spéciale qui sera diffusée ce soir sur France 3, dans l’émission Pièces à conviction à 23h10. Six familles résidant en Bulgarie, en Italie ou encore en Grande-Bretagne y témoignent de leur calvaire quotidien. Ainsi on retrouve le cas de Michael, 15 ans, qui distribue le lait trois nuits par semaine ; de Giovanni, 13 ans et serveur 8 heures par jour ou encore de Juliana, 14 ans, qui travaille aux champs 10 heures par jour. A l'issue de la diffusion du reportage, Patricia Loison recevra Claire Brisset, spécialiste des questions liées à l'enfance ancienne directrice de l'information à l'UNICEF aujourd'hui l'une des première Défenseure des enfants ainsi que Cécile Allegra la journaliste et auteure du documentaire. Jeudi 15 Novembre sur France 3 à 23h10, dans l'émission Pièces à conviction. Durée: 1h10
L'Espagne n'en finit pas de battre les record s'agissant de ses statistiques du chômage. Sur un, elle a encaissé une progression de 11,32% de son nombre de demandeurs d'emploi, un record dans le monde industrialisé. ... En septembre, 79.645 nouvelles personnes sont venues grossir les rangs des chômeurs en Espagne, ce qui représente une augmentation de 1,72% par rapport au mois d'août selon le ministère du Travail. Sur un an, le pays compte une augmentation de 478.535 demandeurs d'emploi, soit 11,32% de progression. Un record dans le monde industrialisé. Plus d'un jeune sur deux est au chômage Selon l'Institut national de la statistique, qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage atteignait fin juin 24,63% (plus de 53% chez les jeunes), là encore, c'est un record. Peut être une très légère embellie en 2013 Le gouvernement table sur un taux, fin 2012, de 24,6%, puis sur une légère baisse en 2013, à 23,3%.
"Je m’appelle Anina, je suis Rom et j’entre en Master à la Sorbonne. Ma famille et moi avons quitté la Roumanie il y presque 15 ans, pour fuir les discriminations dont étaient (et sont toujours !) victimes les Roms dans leur propre patrie". Carte blanche à une jeune française, qui est à la fois rom d'origine roumaine. Une européenne, une vraie, en réalité... Nous avons pris le chemin de l’exil, comme beaucoup d’autres, pour fuir cette misère qui s’impose comme une fatalité à mon peuple. Nous sommes partis avec l’espoir de trouver en France, "pays des droits de l’Homme", une vie meilleure, une vie digne. Nombreux sont ceux qui pensent que nous avons fait preuve de lâcheté, caractéristique soi-disant inhérente à mon peuple. Mais ne se rendent-ils pas compte du courage nécessaire pour prendre la décision de tout laisser derrière soi, en ne sachant pas ce que le sort nous réserve à l'arrivée ?Le voyage fut assez périlleux. En 1997, les frontières entre la Roumanie et les Etats membres de l’UE étaient fermées. Nous avons risqué notre vie en empruntant des chemins sinueux en montagne pour éviter les douanes. En arrivant en France, nous pensions être au bout de nos peines mais nous n’y étions - et n'y sommes - toujours pas les bienvenus. Comme partout, d’ailleurs. Nous avons dû à nouveau faire preuve de persévérance pour surmonter les difficultés qui ont parsemé notre chemin : titre de séjour incertain, logement insalubre et provisoire… Mais nous avons, ma famille et moi, grâce à l’aide de certaines personnes formidables qui tordent le cou aux préjugés, réussi à obtenir depuis quelques années cette vie digne dont rêvaient mes parents... Pourquoi accuser la communauté entière des délits commis par certains de ses membres ? Les Roms sont-ils vraiment différents des autres communautés ? Les Roms ne sont-ils pas aussi des hommes et femmes à part entière qu’il convient de connaître et de juger de façon individuelle ? C’est en grande partie cette envie de me battre contre les préjugés qui a nourri cette orientation vers une carrière de magistrat. Par définition, le préjugé est une injustice, puisqu’il s’agit d’un "procès" fait à une personne mise en cause pour sa seule appartenance à une communauté, à une religion… Ce droit censé être identique pour tous, prohibant toute forme de discrimination basée sur l’appartenance ethnique mais qui a pourtant laissé subsister jusqu’à récemment, dans de nombreux pays de l’Union Européenne dont la France, une discrimination flagrante. Celle-ci consistait à limiter à un nombre restreint les métiers accessibles aux Roms et à exiger que les entreprises payent une taxe pour l’embauche d’un Rom. Sous l’impulsion de la Commission européenne, cette restriction, fort heureusement, vient d'être abolie en France. Mais à mon sens il ne s’agit là que d’un premier pas, aussi considérable soit-il, dans la résolution de la question Rom à l’échelle européenne....
Août 2009 : je foule pour la première fois le sol de Pampelune, capitale de la Navarre, véritable temple pour fans de ferias et de tapas. Je suis étudiant en pharmacie et je m’apprête à passer un an en Espagne, pour ma troisième année dans la prestigieuse « Universidad de Navarra ».Avant de partir, je cherche des infos sur la fac dans laquelle je vais étudier par l’intermédiaire d’anciens Erasmus. Je découvre notamment que l’Université a été créée par l’organisation catholique de l’Opus Dei. Fondée en 1928 par le prêtre espagnol Josemaría Escrivá de Balaguer, l’Opus Dei, cette association de laïcs catholiques, branche officielle et reconnue du catholicisme, a été de nombreuses fois victime de controverses. Elle est aujourd’hui célèbre grâce au « Da Vinci Code », livre dans lequel elle est pratiquement caricaturée. En 1952, De Balaguer fonde sa propre Université à Pampelune, puis la hisse peu à peu vers le rang le plus haut. C’est à présent la référence absolue de tout étudiant, « Le Harvard espagnol ». En entrant sur le campus, la première chose qui me frappe est sa taille et son infinie propreté. Les espaces verts sont gigantesques et taillés à la perfection, et les panneaux de bienvenue à l’entrée du campus traduits en huit langues. En passant la porte du bâtiment pharmacie, légèrement excentré par rapport aux autres, j’ai affaire à un gardien pour pouvoir passer les portiques de sécurité. Les bâtiments sont somptueux et l’équipement informatique dernier cri est présent presque partout. Plus tard, en validant mon inscription dont les frais me sont offerts par mon statut d’Erasmus, une grille de tarifs était là sous mes yeux, je comprends alors la raison de tout ce luxe. Dix mille euros en moyenne pour une année, et des tarifs allant jusqu’à 20 000 euros le semestre pour certains étrangers. Au fil de mon année, je ne note au final pas grandes différences entre la façon d’enseigner des professeurs « Opusien », et celle des français. Ce sont même d’excellents profs, talentueux et disponibles, tout ce que l’on peut attendre d’une faculté privée en somme....
Séville, deuxième ville universitaire d'Espagne derrière Salamanque, vient de vivre une mobilisation sans précédent. Deux semaines de grève pour protester contre la hausse des droits d'inscription et la baisse du montant des bourses. Mais à quoi sert un diplôme quand un jeune sur deux est au chômage ? Les étudiants de Séville sortent de deux semaines de "chômage académique". C'est le droit de grève dont ils disposent en Andalousie. Résultat : il n'y a pas eu cours fin mai-début juin, pas d'examens non plus. Les étudiants ont été soutenus dans leur mouvement par le corps professoral et le recteur de l'Université de Séville qui compte 75.000 étudiants. Antonio Ramirez de Antonio a peur de perdre 10.000 étudiants l'an prochain. De nombreux boursieurs craignent de ne pas pouvoir poursuivre leurs études l'an prochain, ou de devoir cumuler travail et cours à la fac pour s'en sortir. Pour l'instant, personne ne sait encore de combien sera raboté le budget de l'enseignement supérieur à la rentrée. Mais à quoi sert le diplôme une fois en poche ? En Andalousie, près d'un jeune sur deux est au chomage. Alors beaucoup tentent de décrocher un autre diplôme, de langue cette fois, indispensable pour tenter sa chance à l'étranger....
Une étude européenne montre une forte hausse de la consommation de cannabis chez les 15-16 ans en France, ce qui sonne comme une Berezina pour la politique ultra-répressive menée sous Sarkozy. Cette enquête (1) montre que, en 2011, 39% des 15-16 ans déclarent avoir consommé au moins une fois au cours de leur vie du cannabis. Un chiffre en hausse : en 2007, ils n'étaient que 31%. La moyenne européenne est à 17%. Autre indicateur : l’usage dit récent (dans le dernier mois) est lui passé de 15% à 24%, ce qui fait des Français les premiers usagers récents parmi les jeunes Européens (ils n'étaient que troisièmes en 2007). Leur usage récent est le triple de la moyenne européenne (7%). Sur l’alcool et le tabac, la consommation est également en hausse. Que faut-il en conclure sur le cannabis ? Ce que l’on savait déjà : que le niveau de consommation ne dépend pas de la sévérité de la répression....
L'hôpital de Brindisi a démenti la mort d'une deuxième lycéenne, annoncée plus tôt par les médias italiens. Une lycéenne est morte et sept autres ont été blessés samedi 19 mai dans l'explosion d'une bombe devant un lycée à Brindisi, dans les Pouilles au sud de l'Italie, a annoncé Fabiano Amati, responsable régional de la protection civile. Melissa, une jeune fille de 16 ans, a succombé à ses blessures tandis qu'une de ses camarades du même âge, Veronica, se trouve entre la vie et la mort. "Son état est très grave mais stable", a indiqué sur la chaîne en continu Sky TG24, une responsable de l'hôpital démentant des informations données auparavant par la police sur son décès. Trois autres jeunes filles grièvement touchées souffrent de brûlures sur tout le corps, et l'une risque de devoir être amputée des membres inférieurs, selon des sources sanitaires. Cinq autres personnes ont été soignées pour des troubles auditifs...
Il y a bien moins de jeunes en Italie qu'en France. Pourtant, être jeune et Italien, c’est réunir suffisamment de critères pour s’assurer… d’être au chômage. Dans la botte, 31% des jeunes de moins de 25 ans sont sans emploi (1). Un record bien au-dessus de la moyenne européenne et qui complique la vie des jeunes transalpins, obligés d’accepter petits boulots ou stages en attendant mieux. Cecilia a 24 ans, un diplôme petite enfance obtenu l’année dernière… et un moral en berne. En cause, un emploi sous-payé qui ne correspond pas à ses qualifications. «Quand j’ai obtenu mon diplôme, j’ai cherché un travail pendant presque un an. Impossible de trouver. On me disait toujours : "On vous rappellera". Mais évidemment le téléphone ne sonnait jamais», se souvient-elle, amère. «C’est comme si nous, les jeunes, on ne comptait pour rien dans ce pays»...
Le Monde.fr - Les écarts se creusent entre des pays comme l'Espagne, qui compte 32 % de jeunes chômeurs, et l'Allemagne, seul pays où l'emploi des jeunes grimpe. Les jeunes ont subi de plein fouet la hausse du chômage dans l'Union européenne depuis 2007. C'est ce qui ressort d'une étude de l'Institut de recherches économiques et sociales (IRES), publiée lundi 16 janvier, qui montre que si l'emploi des jeunes a globalement plus reculé que l'emploi total dans l'Union européenne, les écarts s'y creusent aussi entre les pays depuis 2010. L'Irlande, l'Espagne et la Grèce sont particulièrement touchées par le phénomène, alors que l'Allemagne tire son épingle du jeu. En moyenne, entre 2007 et 2010, un point de baisse du produit intérieur brut (PIB) "s'est accompagné d'une baisse de 5,9 % de l'emploi des jeunes, contre une baisse de 0,7 % de l'emploi total", note l'IRES, un organisme français créé par les principaux syndicats avec le concours du gouvernement. L'institut explique que les jeunes sont plus affectés car ils sont surreprésentés dans les emplois temporaires (contrat à durée déterminée, intérim), notamment dans les secteurs de la construction et de l'industrie....
Grand érudit, George Steiner incarne l'humanisme européen. Il regrette que littérature, philosophie et sciences ne communiquent plus entre elles. Comment comprendre notre monde, s'interroge-t-il, si la culture se rétrécit ? ... L'Europe vit une crise profonde. Son effondrement est-il selon vous possible ? En son état actuel, c'est possible. Mais on va s'en sortir d'une façon ou d'une autre. L'ironie, c'est que l'Allemagne pourrait dominer de nouveau. Reculons d'un pas. Entre le mois d'août 1914 et le mois de mai 1945, l'Europe, de Madrid à Moscou, de Copenhague à Palerme, a perdu près de 80 millions d'êtres humains dans les guerres, déportations, camps de la mort, famines, bombardements. Le miracle, c'est qu'elle ait subsisté. Mais sa résurrection n'a été que partielle. L'Europe traverse aujourd'hui une crise dramatique ; elle est en train de sacrifier une génération, celle de ses jeunes, qui ne croient pas en l'avenir. Quand j'étais jeune, il y avait toutes sortes d'espoirs : le communisme, et comment ! Le fascisme, qui est aussi un espoir, il ne faut pas se tromper. Il y avait aussi, pour le Juif, le sionisme. Il y avait, il y avait, il y avait... Tout cela, nous ne l'avons plus. Or, si l'on n'est pas saisi dans sa jeunesse par un espoir, fût-il illusoire, que reste-t-il ? Rien. Le grand rêve messianique socialiste a débouché sur le goulag et sur François Hollande - je prends son nom comme un symbole, je ne critique pas sa personne. Le fascisme a sombré dans l'horreur. L'Etat d'Israël doit survivre impérativement, mais son nationalisme est une tragédie, profondément contraire au génie juif, qui est cosmopolite. Je veux être errant, moi. Je vis d'après la devise du Baal Shem Tov, grand rabbin du XVIIIe siècle : « La vérité est toujours en exil. »... ..L'Europe reste le lieu du massacre, de l'incompréhensible, mais aussi des cultures que j'aime. Je lui dois tout, et je veux être là où sont mes morts. Je veux rester à portée de la Shoah, là où je peux parler mes quatre langues. C'est mon grand repos, c'est ma joie, c'est mon plaisir. J'ai appris l'italien après l'anglais, le français et l'allemand, mes trois langues d'enfance. Ma mère commençait une phrase dans une langue et la finissait dans une autre, sans le remarquer. Je n'ai pas eu de langue maternelle, mais, contrairement aux idées reçues, c'est assez commun...
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