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MADRID, 17 mai 2013 (AFP) - Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi une réforme controversée du système éducatif, déjà frappé par des coupes budgétaires, avec l'espoir de lutter contre le chômage record des jeunes dans un pays où l'abandon scolaire dépasse de loin celui de ses voisins européens. "Nous avons besoin d'une refonte urgente de tout le système éducatif car nous ne pouvons pas nous permettre les chiffres d'échec, d'abandon (scolaire, ndlr) et de chômage des jeunes", a lancé la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, après le Conseil des ministres. La loi adoptée par le gouvernement vendredi, qui sera débattue au Congrès des députés, où le parti conservateur au pouvoir dispose de la majorité, est "l'une des réformes les plus importantes figurant à l'agenda du gouvernement", arrivé au pouvoir en décembre 2011, a ajouté le ministre de l'Education, Ignacio Wert. Enfoncée dans la récession, l'Espagne est frappée par un taux de chômage historique de plus de 27%, qui bondit jusqu'à 57,22% chez les 16-24 ans. Ce panorama est encore assombri par un taux d'abandon scolaire de 25%, "le double de celui du reste des pays de l'Union européenne", a précisé vendredi la numéro deux du gouvernement. Près d'un jeune sur quatre (23,5%) entre 15 et 29 ans ne travaille ni n'étudie, a-t-elle ajouté. "L'investissement dans l'éducation a doublé lors de la dernière décennie, et l'échec aussi", a-t-elle souligné. Engagé dans une cure d'austérité drastique, le gouvernement a ordonné une réduction de trois milliards d'euros par an des dépenses dans l'éducation, un secteur dont le budget est géré par les régions autonomes. La réforme prévoit notamment une plus grande "flexibilité" des parcours scolaires ainsi que l'introduction d'examens pour valider chaque étape de la scolarité.... ...
Les pays émergents se mettent au régime méditerranéen et favorisent, grâce à leurs importations, une agriculture phare dans le Sud. L'huile d'olive va-t-elle sauver l'Europe du Sud ? La formule est sans doute exagérée, mais une agriculture ambitieuse tournée vers l'export ne pourrait pas faire de mal à des économies soumises à un régime d'austérité et où les relais de croissance se font rares. Alors que la Grèce s'est tournée avec succès vers la pistache AOC, elle peut également continuer de chérir ses oliviers. "La demande d'huile d'olive dans les marchés émergents a augmenté à un rythme de 13 % depuis 2007", écrivent des analystes de Rabobank, banque néerlandaise spécialisée dans le négoce des matières premières, dans un rapport publié vendredi 12 avril. Ils s'attendent à ce qu'un tel rythme, "à deux chiffres", se confirme dans les cinq prochaines années, "au moins". Les pays du bassin méditerranéen seront les premiers à bénéficier de l'appétence des Chinois, des Brésiliens et des Russes pour ce fruit oléagineux. Sur le podium des gagnants, trois pays de l'Union européenne (UE) en difficulté économique : l'Espagne, l'Italie et la Grèce. Une production presque monopolistique puisque, selon le dernier rapport mensuel de l'International Oil Council, 75 % de la production mondiale d'olive provient de l'UE. L'Espagne, championne du monde de l'olive, produit plus de la moitié de l'huile mondiale. Pour la troisième année consécutive, la récolte 2011-2012 devrait être abondante, avec un record historique de 1,6 million de tonnes, alors que l'Italie prévoit quelque 400 000 tonnes et la Grèce 300 000 tonnes. Au total, la production européenne devrait connaître une hausse de 9 % avec 2,4 millions de tonnes. En face, une hausse de la consommation devrait être observée sur l'année passée, atteignant un record historique avec 3,1 millions de tonnes. Certes, Portugais, Italiens, Français et Britanniques consomment une large part de la production en provenance d'Andalousie mais il faut aussi compter avec les Etats-Unis et les économies dites "émergentes"....
Les journaux étrangers sont unanimes : la confession de l'ex-ministre du budget est une bombe pour la crédibilité du gouvernement socialiste. D’ex-ministre du budget, Jérôme Cahuzac est devenu le "Lügen-Minister", le ministre des mensonges, pour le Spiegelonline. L’affaire Cahuzac c’est, ni plus ni moins, "la plus grande débâcle possible en terme de crédibilité pour un gouvernement socialiste qui a commencé son mandat avec l'ambition d'être 'un modèle de morale'", écrit de son côté Die Welt. "Le tout Paris politique était démonté mardi soir", ajoute encore le quotidien allemand.
Au Royaume-Uni aussi, c’est la stupéfaction : "l’Ancien Monsieur impôt français (...) à l’origine des coupes drastiques des dépenses publiques", le ministre qui "luttait contre l’évasion fiscale", "le Monsieur propre" du gouvernement socialiste, admet finalement avoir eu un compte caché en Suisse et "plonge le gouvernement Hollande dans la crise", écrit the Daily Telegraph. "La vertigineuse chute de Cahuzac va saper les efforts du gouvernement socialiste pour se démarquer du gouvernement de centre-droit de Nicolas Sarkozy dont plusieurs collaborateurs, à commencer par Sarkozy lui même, ont été mis en cause dans des scandales de corruption", commente le Financial Times... De son côté, El Pais explique aux Espagnols qu'il s’agit là "d’un nouveau revers politique pour le président socialiste le plus impopulaire" qui avait promis une république "irréprochable". Le quotidien rappelle que la démission il y a quelques jours de l’ancien ministre démontrait alors "que la politique française maintenait un niveau d’exigence éthique supérieure à celle de ses voisins du sud".
Eurozone : Pour qui sonne le glas ? Bien sur, le glas sonne à Chypre qui n’avait mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité[1]. Mais dans cette triste saga, le glas sonne également pour les dirigeants de l’Eurozone, dont l'attitude a déclenché une crise dont l’Europe aura beaucoup de mal à se relever : la question de confiance est posée. L’accumulation de mauvais jugements et de décisions inexcusables ne relève plus de la simple erreur. Ou alors, elles témoignent d’une forme d’incompétence dramatique. Nous sommes à un moment extrêmement délicat en terme de relations interbancaires européennes. Les établissements financiers se font de moins en moins confiance. 684 milliards d’euros en provenance des banques de la zone euro sont déposés auprès de la Banque Centrale Européenne. Les craintes sur la diminution de la liquidité bancaire et, par conséquent, la difficulté croissante à financer l’économie se faisaient sentir avant la crise. Comme le titre aujourd'hui le Financial Times, l'Eurozone a décidé de transférer le risque de crise des contribuables vers les déposants. Elle n'aura que ses yeux pour pleurer lorsque la BCE aura épuisé sa capacité de financement des banques, et que les déposants auront fui la zone euro. Si des mouvements substantiels de dépôts vers les pays réputés solides devaient être constatés, les banques espagnoles et italiennes en particulier se trouveraient en mauvaise posture, et ces mouvements à eux seuls seraient de nature à provoquer une crise de la liquidité et son corollaire, une crise de crédit. Elles devraient en effet massivement se désinvestir d'obligations souveraines italiennes et espagnoles....
Combien sont-ils exactement ? Nul ne peut le savoir. Et pour cause, les familles retrouvent au mieux des certificats de naissance falsifiés et parfois des petits cercueils vides à la place du nouveau-né que l’on croyait disparu. Combien sont-ils, donc, ces enfants qui ont été arrachés aux leurs, en Espagne, des années 40 jusqu’à la fin des années 80 ? On parle de dizaine de milliers, peut-être de centaines de milliers d’enfants volés. Aujourd’hui, adultes perdus. Le scandale a éclaté au grand jour dans les années 2000. A l’origine, sous Franco, ce trafic a une base idéologique. Il s’agit de sauvegarder « l’Hispanité » en retirant leurs enfants aux Républicaines. Les vols de bébés continuent, même après le retour de la démocratie, cette fois sous couvert de bonne morale catholique. On prend leurs enfants à des mères célibataires ou issues de milieux modestes, et on les vend à des familles qui ne peuvent pas en avoir. Aujourd’hui encore ces crimes restent impunis. Pire, la justice espagnole refuse obstinément de s’en saisir. « Les Enfants perdus de l'Espagne », c’est un Magazine de la rédaction de Marine de La Moissonnière et Annie Brault. Durée de l'émission: 44 minutes
Dans sa revue de presse internationale, Marine de la Moissonière propose un éclairage sur la grève des personnels médicaux de la Communauté de Madrid. 6 hôpitaux et de 27 cliniques vont être privatisés. L'année prochaine, 1,5 millions de Madrilènes devront se soigner dans le privé. "Je m'appelle Belén Padilla. Je travaille à l'hôpital Gregorio Marañón. Je vous apporte ma démission." Cette scène s'est passée hier matin, au Collège des médecins de Madrid. C'est El País qui la raconte. Comme 150 médecins, Belén Padilla a décidé de ne plus faire partie d'aucune commission, ni d'aucun comité technique. Des comités auxquels elle appartenait pourtant depuis 20 ans. Pourquoi démissionner alors ? Pour protester contre la privatisation de 6 hôpitaux et de 27 cliniques, dans la Communauté de Madrid. Un décision approuvée hier, par le Parlement madrilène, et qui devrait officiellement permettre de faire 200 millions d'euros d'économies, rapporte El País qui fait les comptes. Ce sont environ 1,5 million de personnes qui seront soignées par le privé à partir de l'an prochain.
Les deux mois de bataille depuis l'annonce du projet n'y auront rien fait. Deux mois que relate le quotidien espagnol. Deux mois marqués par d'innombrables manifestations - les fameuses "marches blanches" - par des pétitions, des grèves générales, des réunions inutiles avec le gouvernement régional. Deux mois marqués aussi par la démission des équipes dirigeantes dans les hôpitaux et les cliniques concernés, et par la fermeture de l'hôpital La Princesa de Madrid qui refuse de devenir un centre spécialisé pour personnes âgées. Cette semaine, médecins et infirmières entrent dans leur 2e mois de grève. 40 000 consultations ont été annulées depuis le début du mouvement, 6 000 opérations reportées, détaille El País. Il n'y a bien que les urgences et le service d'oncologie qui fonctionnent sans problèmes. Mais la mobilisation des blouses blanches n'a pas fait fléchir les politiques.
"Y ahora qué ?". "Et maintenant ?", s'interroge José Luis de La Serna, dans El Mundo, qui s'inquiète pour l'avenir de la santé espagnole. Qui va reprendre les hôpitaux, se demande-t-il, alors que la situation aujourd'hui est "surréaliste". Cela fait au moins 20 ans que l'on sait qu'un système de santé 100% public n'est pas viable, écrit José Luis de La Serna. Mais le changement aurait dû se faire progressivement..... Durée du reportage: 5 minutes.
Dans le vacarme des sifflets et des klaxons, plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi soir à Madrid pour la défense des retraites et contre la politique d'austérité menée par le gouvernement de droite, accusé de "voler" les plus faibles.
Revenant sur la promesse faite l'an dernier durant la campagne électorale sur ce sujet ultra-sensible, le gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé en novembre une revalorisation des retraites pour 2013 bien inférieure à l'inflation.
Dans les rues de Madrid, retraités et personnes âgées étaient nombreux lundi à crier leur colère, lors de cette nouvelle manifestation convoquée par les syndicats.
"Ils vont nous laisser en caleçons", lance un retraité de 90 ans prénommé Jacinto, qui refuse de donner son nom de famille mais raconte qu'il a, à 14 ans, combattu contre les forces franquistes durant la Guerre civile (1936-39).
"Ceux du PP vont nous prendre encore plus de choses, ils nous ont menti sur tout", ajoute-t-il, accusant le Parti Populaire de Mariano Rajoy.
Engagé dans une chasse au déficit public qui prévoit 150 milliards d'euros d'économies entre 2012 et 2014, le gouvernement a finalement décidé de limiter la revalorisation des retraites en dessous du rythme de l'inflation....
Des parlementaires belges, espagnols, et portugais étaient auditionnés mercredi 12 décembre par le rapporteur du projet de loi «ouvrant le mariage aux couples de même sexe».
Plusieurs pays européens ont institué avant la France le mariage entre personnes de même sexe. C’est le cas notamment de proches voisins comme la Belgique, l’Espagne et le Portugal. C’est pourquoi la commission des lois a souhaité auditionner des parlementaires, tous issus de majorités favorables à ces législations, afin de les interroger sur les conditions dans lesquelles elles ont été adoptées dans leurs pays. Leur témoignage a illustré les contextes politiques et culturels très différents dans lesquels ces débats ont eu lieu.
En Belgique, sortir d’une législation d’interdits Il s’agissait, selon le sénateur belge Philippe Mahoux, de sortir d’une législation faite d’interdits et qui « ne respectaient pas le principe d’égalité des citoyens devant la loi » ...
En Espagne, un processus de « reconquête des libertés » La loi, qui date de 2005, s’est inscrite, a expliqué la députée socialiste Carmen Monton, plus largement dans un processus de reconquête progressive des libertés consécutives à la fin de la dictature de Franco. ...
Au Portugal, une volonté de lutter contre l’homophobie La loi a directement été inspirée par celle du voisin espagnol et s’intègre dans un processus plus large de lutte contre les discriminations et en particulier de lutte contre l’homophobie...
Dans les trois cas Les parlementaires ont insisté sur le fait que ces législations n’avaient pas bouleversé leur société respective et que les oppositions se sont au fil du temps émoussées. Ces lois ont été, selon eux, un progrès en termes d’égalité des droits et un changement important pour les personnes homosexuelles. « L’égalité devant le mariage était nécessaire pour la “sortie de placard” », a insisté Miguel Vale de Almeida pour qui l’homophobie a également été « délégitimée ». « L’acceptation des différences est plus grande », a estimé de son côté Philippe Mahoux pour qui il y a eu toutefois dans son pays à la fois une « banalisation » des mariages homosexuels et « des oppositions homophobes très violentes » .
La classe moyenne a été durement touchée en 2012 par le chômage et l'austérité. La pauvreté concerne désormais des groupes sociaux préservés jusqu'ici. Etranglés par le chômage et la rigueur, des millions d’Européens ont basculé cette année dans la pauvreté qui frappe les classes moyennes, ébranle la cohésion sociale et atteint des groupes jusque-là préservés comme les femmes et les enfants."Le trou noir est de plus en plus grand", s’inquiète Mercedes Gonzalez, une Espagnole de 52 ans qui, avec moins de 800 euros par mois, se bat pour assurer le quotidien d’une famille au chômage à Fuenlabrada, en banlieue de Madrid. En juillet, elle touchait encore, comme son mari, une aide gouvernementale de 426 euros, aujourd’hui réduite à 360 euros. "Pendant ce temps, la nourriture et les factures augmentent avec la hausse de la TVA" depuis septembre, raconte-t-elle. "Les choses vont de mal en pis, nous sommes asphyxiés": la lassitude perce dans la voix de cette petite femme bourrée d’énergie, vendeuse au chômage dont le mari, charpentier, et deux des trois fils adultes sont eux aussi sans emploi. L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, affiche les ingrédients d’une crise sociale majeure: un quart des actifs au chômage, une politique d’austérité historique, des coupes implacables dans l’éducation et la santé, des milliers de familles surendettées jetées à la rue. Dans ce pays, où deux petits propriétaires menacés d’expulsion se sont suicidés récemment, comme en Grèce ou en Italie, deux autres pays du sud de l’Europe minés par la récession, la crise parfois vire à la tragédie...
CATALOGNE - La coalition nationaliste du président de Catalogne Artur Mas conserve la majorité mais recule aux élections de dimanche 25 novembre. La gauche indépendantiste connaît une forte poussée, selon un sondage effectué à la sortie des bureaux de vote. C'est la première étape pour l'organisation d'un référendum sur l'indépendance de la communauté autonome.La CiU obtiendrait entre 54 et 57 sièges contre 62 aux élections de 2010, tandis que le parti historique de la gauche indépendantiste, ERC, gagnerait entre 20 et 23 sièges, contre 10 en 2010, selon un sondage diffusé par les télévisions catalane et espagnole. "Une fois de plus, CiU gagne les élections. Conséquence de ces premiers résultats, la prochaine législature aura comme objectif la consultation des Catalans sur l'autodétermination", a immédiatement commenté le chef de campagne de la coalition, Luis Corominas. Toutefois, si ces résultats se confirmaient, ils obligeraient la coalition nationaliste conservatrice d'Artur Mas à faire des alliances avec d'autres partis.....
On dit que la politique doit faire rêver pour intéresser les citoyens. De régionalisation nous avons un peu rêvé espérant qu’enfin la France se dirige vers un acte nouveau et fort en ce domaine, bien distinct d’une décentralisation assez proche des précédentes. Mais le réveil risque d’être difficile. Depuis quelques jours arrivent des messages négatifs. Le gouvernement semble se préparer à proposer une réforme « service minimum ». Le refus de choisir clairement la région comme la collectivité d’avenir est évident. Le président socialiste de l’Association des Régions de France s’en émeut et, au nom des présidents de régions, il dit dans une lettre au président de la République que les orientations annoncées ne correspondent pas à ce que le chef de l’Etat avait dit aux régions il y quelques semaines à peine. Parmi les messages négatifs, le Parti Occitan note par exemple le fait que les fonds européens seraient gérés à la fois par les préfets et par les régions. C’est une double gestion qui risque de créer de l’incohérence. Le refus de Marylise Lebranchu de se prononcer sur une collectivité propre au Pays-Basque montre aussi que l’on n’a pas trouvé encore le courage de s’opposer aux centralisateurs et recentralisateurs de tout poil. La ministre dit qu’elle n’a pas de « solution institutionnelle ». Mais ce qu’il faut c’est de la volonté politique, une solution politique....
Un an après la victoire du Parti populaire, le pays est englué dans sa deuxième récession en deux ans et frappé par un taux de chômage de plus de 25 %. Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, a admis lundi 19 novembre que son programme historique d'austérité visant à réduire le déficit public du pays faisait du mal "à beaucoup de gens" mais a défendu le bilan de sa première année au pouvoir. "C'est vrai que les mesures que nous prenons font du mal à beaucoup de gens", a-t-il reconnu lors d'une conférence de presse à Madrid, aux côtés de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff. "Mais elles sont absolument essentielles", a-t-il ajouté. Un an après la victoire de son Parti populaire (PP) aux élections législatives, qui avait promis de sortir l'Espagne de la crise, le pays est englué dans sa deuxième récession en deux ans et frappé par un taux de chômage de plus de 25 %. Engagé dans une course à la réduction du déficit public, qui a atteint 9,4 % du PIB en 2011, le gouvernement prévoit des économies de 150 milliards d'euros d'ici à 2014, entre coupes dans les dépenses et augmentation d'impôts. Une cure de rigueur qui alimente la grogne sociale. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi dans toute l'Espagne pour dénoncer les coupes budgétaires, lors de la deuxième grève générale convoquée par les syndicats depuis l'arrivée au pouvoir de Mariano Rajoy. "Nous savions que 2012 serait une mauvaise année", a reconnu ce dernier lundi. "L'année 2013 sera meilleure et en 2014, la croissance économique sera de retour", a-t-il ajouté...
Venus de toute l'Espagne, environ 5 000 policiers ont défilé samedi au centre de Madrid pour dénoncer les baisses de salaires et d'effectifs dans la police, comme dans l'éducation et la santé, trois jours après une grève générale en Espagne contre l'austérité. Après avoir violemment réprimés, mercredi soir à Madrid, les manifestants anti-austérité, les policiers ont défilé à leur tour dans le centre de Madrid pour dénoncer les baisses de salaires et d'effectifs imposés par le gouvernement. "Si ce pays fonctionne mal, c'est uniquement à cause des politiques", renchérit Juan Manuel Aguado Torres, un policier de 60 ans à Motril (Grenade), dans le sud du pays. "Ce sont nous, les fonctionnaires, qui payons toutes les conséquences de la crise", regrette aussi Antonio Perez, policier depuis 33 ans à Madrid. "Citoyens, nous vous demandons pardon pour ne pas arrêter les vrais responsables de cette crise: les banquiers et les politiques", proclamait une banderole dans le cortège des policiers qui ont marché jusqu'au ministère de l'Intérieur à l'appel du Sup, syndicat majoritaire du secteur. "Chaque année, entre 1 500 et 2 000 policiers partent à la retraite et 125 sont recrutés, ce qui signifie que dans trois ou quatre ans, il y aura plus d'insécurité et plus de délits en Espagne", a mis en garde Jose Maria Sanchez Fornet, lors d'un discours devant le ministère. "Avec les jours libres qu'ils nous prennent, plus la suppression du mois supplémentaire, plus les coupes dans les salaires, nous avons perdu 300 euros par mois", affirme Anxos Lores Tomé, une policière de 36 ans venue de Ferrol en Galice (nord). Entrée dans la police il y a 10 ans avec 1 500 euros par mois, elle affirme gagner aujourd'hui 1 450 euros. Mais au-delà de la police, "nous sommes inquiets pour la situation du pays en général. Les politiques ne créent pas d'emplois, et avec les coupes, il ne créent pas de consommation, au contraire", dit-elle....
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Cinq ans de crise, six millions de chômeurs, et des milliers d'expulsés de leur logement : malgré un lourd bilan social, les Espagnols subissent leur sort sans se révolter contre le gouvernement ou contre l'UE. Parce qu'ils craignent de perdre le peu qu'il leur reste, avance un sociologue. Par Ignacio Sánchez-Cuenca Nous sommes aujourd'hui dans la cinquième année de crise. Le chômage augmente, tout comme la pauvreté et l'exclusion sociale ; des cas de malnutrition infantile commencent à apparaître ; des dizaines de milliers de familles ont été expulsées de leur domicile. Et les salaires continuent de baisser, ce qui n'est en revanche pas le cas du prix des biens et des services. La population a, par ailleurs, compris qu'il ne s'agit pas d'une situation temporaire, et qu'elle peut perdurer encore de longues années. Dans ces conditions, comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'explosion sociale ? Pourquoi le système ne vole-t-il pas en éclats ? Jusqu'où peut aller la tolérance de la société espagnole sans qu'un soulèvement n'éclate ? Difficile, en effet, d'imaginer conjonction de conditions plus favorables à une explosion. Primo, les effets de la crise sont terribles. Comment une population comptant six millions de chômeurs parvient-elle à survivre ? Le pire étant que le chômage va continuer d'augmenter, puisque la demande intérieure est atone. Les économies et les aides qui, jusqu'à présent, permettaient à beaucoup de s'en tirer tant que bien que mal, arrivent aujourd'hui à épuisement. Ceux qui travaillent le font souvent dans l'économie souterraine, et en échange d'un salaire de survie. Secundo, les politiques barbares d'austérité que mènent l'Espagne et l'Union européenne ne font que démolir le pays et repousser un peu plus l'heure de la reprise. Au lieu de faire en sorte que la consommation et les investissements publics viennent pallier la chute de la consommation des ménages, le gouvernement coupe dans tous les postes de dépenses de l'Etat. Ainsi, non seulement la crise s'aggrave, mais la couverture sociale offerte à la population touchée par le chômage et la pauvreté diminue. Cela peut paraître brutal, mais l'UE et le gouvernement espagnol ont estimé que la sortie de crise passait par l'appauvrissement général de la majorité des Espagnols – car c'est cela, et rien d'autre, que veulent dire les mots “dévaluation interne” [dévaluation, non de la monnaie, mais des salaires et des prix dans un seul pays de la zone euro]. Tertio, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à penser que la répartition des sacrifices est d'une injustice flagrante. Le cas le plus sanglant, mais loin d'être isolé, est celui des expulsions. L'Etat débourse des aides généreuses et s'endette dangereusement pour assainir les banques, mais il n'offre aucune solution à la situation de tous ceux que la crise a étouffés sous les hypothèques. L'insensibilité des pouvoirs publics et des deux grands partis face à cette détresse a contribué à aiguiser l'indignation d'une bonne partie de la société....
Une fille du roi est mise en examen ; l'abdication de Juan Carlos au profit du prince Felipe est ouvertement évoquée. La justice est la même pour tous", avait déclaré le roi d'Espagne, Juan Carlos, lors des vœux officiels de Noël 2011, quelques jours avant la mise en examen de son gendre Iñaki Urdangarin pour un détournement présumé de fonds publics. Le juge José Castro, qui instruit l'affaire depuis 2010, l'a finalement pris au mot, mercredi 3 avril, et a appelé à témoigner sa fille cadette, l'infante Cristina, duchesse de Palma de Majorque et épouse d'Iñaki Urdangarin. Pour la première fois, un membre direct de la famille royale espagnole devra donc répondre devant la justice, le 27 avril. L'étau se resserre autour de la monarchie, qui se trouve depuis des mois au centre de plusieurs scandales et polémiques. Les révélations au compte-gouttes distillées dans la presse au fur et à mesure qu'avance l'enquête judiciaire sur l'affaire "Noos", du nom de la fondation sans but lucratif présidée par Iñaki Urdangarin entre 2004 et 2006 et dont l'infante était membre du conseil d'administration, menacent la plus haute institution de l'Etat. Les dizaines d'e-mails remis au juge par l'ancien associé du gendre du roi témoigneraient de l'utilisation présumée par Iñaki Urdangarin du prestige et des contacts de son épouse et de son beau-père pour faire des affaires....
Le dernier rapport de Cáritas Espagne (le Secours catholique), “Inégalités et droits sociaux”, rendu public le 20 mars 2013, est alarmant. “C’est une photographie très sombre de la crise actuelle”, commente le quotidien El País. En effet, 6,4 % des Espagnols vivent désormais dans une situation d’extrême pauvreté – moins de 305 euros par mois de revenus.
Le Mouvement 5 Etoiles du comique blogueur a été la révélation des élections de fin février. Son programme anti-establisment et ses méthodes de “démocratie numérique” sont partagées par de nombreuses formations en Europe, qui pourraient faire front commun lors des élections européennes de 2014. Par Ferruccio Sansa | Emiliano Liuzzi Beppe Grillo a un objectif : l’Europe. Alors que la politique italienne peine à se remettre du tsunami qui vient de la secouer, chez lui, à Gênes, le leader du Mouvement 5 Étoiles vole déjà par la pensée au-delà des frontières. Son objectif déclaré est désormais d’exporter son expérience vers d’autres pays européens où la crise politique et économique est semblable à celle que traverse l’Italie. “Nous ne pouvons pas penser que nous avons fait tout ça pour nous arrêter ici, à Rome. On doit aller plus loin et notre objectif, c’est Strasbourg en 2014, le Parlement européen. Parce qu’il y a une nécessité similaire à celle de l’Italie et parce que si nous prenons pied en Europe, ce sera un changement déterminant pour toute notre époque”, a-t-il déclaré à ses partisans. Velléitaire ou visionnaire ? Ces dernières semaines, l’objectif est devenu nettement plus concret depuis que les discussions sur le réseau social Meetup se sont étendues au-delà des frontières et des langues. Une “révolution”, disent les participants, “une espèce de Mai ’68 qui aurait la Toile pour vecteur”. “Nous venons tout juste de commencer”, expliquent Grillo et les siens à ceux qui les écoutent ces jours-ci, et qui ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire : le Mouvement 5 étoiles (M5E) a des contacts surtout dans les pays de l’Est — en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. Mais ses regards se tournent particulièrement vers la Grèce, l’Espagne, le Portugal : “C’est en ce sens que je répète que nous venons à peine de commencer”... En Europe, la presse reste divisée au sujet de Grillo. Manuel Castells, de La Vanguardia écrit que “le caractère expérimental de ce projet qui s’en prend à la politique traditionnelle est bien clair. Il a été soutenu par des millions de personnes et par une grande partie des jeunes qui s’identifient avec le désir de sortir de l’impasse des manipulations et de l’opacité engendrées par la délégation des pouvoirs. Or ce sentiment de distance croissante entre les société civiles et les institutions politiques se répand aussi en Espagne”. L’Espagne, justement. Un des points de départ de ce que pourrait être la propagation des idées du M5E en Europe. Le 15 octobre 2011, les rues et les places s’étaient remplies de jeunes qui réclamaient un monde nouveau. C’étaient les Indignados espagnols, les Indignés français ou les Occupy Wall Strett américains. Ils étaient des milliers. En Italie, il y eut quelques magasins pillés, la police matraqua ici et là, et puis plus rien....
Le Prix Nobel d'économie américain ne voit "aucun signe de sortie" de la dépression pour la Grèce et l'Espagne. L'Europe constitue le principal risque pour l'économie mondiale en 2013, estime le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz dans une tribune publiée dans le quotidien Handelsblatt, mercredi 2 janvier. "Le vrai risque pour l'économie mondiale se trouve en Europe", a estimé M. Stiglitz, qui pointe notamment les difficultés économiques en Espagne et en Grèce. Ces pays "se trouvent dans une dépression dont on ne voit aucun signe de sortie". Pour sortir de la crise qui agite la zone euro depuis plusieurs mois, l'économiste américain rejette l'idée du pacte budgétaire, qui "n'est pas une solution", tandis que les rachats d'obligations d'Etat par la Banque centrale européenne (BCE) ne peuvent être qu'un "palliatif temporaire", selon lui. "Si la BCE fait de la poursuite des politiques d'austérité une condition à ses financements, cela aura pour seule conséquence d'aggraver l'état du malade." Jusqu'à présent, les responsables politiques européens ne sont pas parvenus à mettre en œuvre un vrai pacte de croissance pour les pays de la périphérie de la zone euro, poursuit Joseph Stiglitz. Pour 2013, l'économiste n'exclut pas de nouvelles turbulences dans la zone euro.
Dans un climat social très lourd, plombé par le chômage et la pauvreté, ce budget vise à redresser les comptes publics du pays plongé dans la crise depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. Cette politique de la rigueur à outrance est de plus en plus contestée par les économistes, perçue comme un frein à la reprise et dénoncée pour ses retombées sociales à long terme. Déjà, toutes les organisations humanitaires s'alarment : 12,7 millions de personnes sont en danger de pauvreté dans ce pays de 47 millions d'habitants, selon une récente étude européenne. Un chiffre qui pourrait grimper à 18 millions, presque 40 % de la population, dans dix ans, affirme un rapport de plusieurs ONG, dont Oxfam, "si les politiques d'austérité et les coupes sociales ne sont pas corrigées". "2012 a été l'année la plus difficile qu'il nous ait été donné de vivre", a admis cette semaine le chef du gouvernement de droite, Mariano Rajoy, qui, un an après son arrivée au pouvoir, ne parvient toujours pas à tirer les bénéfices de cette austérité draconienne. "2013 sera une année difficile, mais sera l'année de la stabilisation de notre économie", a-t-il promis. L'année à venir s'annonce pourtant tout aussi sombre, alors que la sortie de la récession dans laquelle est plongée l'Espagne depuis un an ne se profile toujours pas : le gouvernement attend un recul du PIB de 0,5 % en 2013, après 1,5 % cette année. Mais l'OCDE prédit déjà une contraction de l'économie de 1,4 % en 2013...
A Madrid, l'avocate Rosa García Carreres a les intérêts de ses clients à cœur. A ceux d’entre eux qui songeraient divorcer, elle donne ce conseil :
« [Accélérez la procédure] si vous voulez économiser les 300 euros de taxe minimum que vous coûtera le retour au célibat à partir de maintenant. »
En Espagne, l’accès à la justice devient « payant » pour certaines procédures. Le 22 novembre, sous l’impulsion du ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, le Sénat a voté une loi qui augmente les tarifs des « taxes judiciaires » et les applique aux simples citoyens (voir encadré).
Une procédure de divorce rapide, à l’amiable, coûte ainsi 150 euros. Et un recours en cassation peut se chiffrer à 1 200 euros.
Mais le système de collecte « n’est pas encore prêt » : les taxes ne peuvent donc pas être payées. Et en attendant, la précédente loi ne s’applique plus, la nouvelle étant déjà publiée au Boletín Oficial del Estado [PDF], l’équivalent du Journal officiel. Une petite bourde administrative, qui devrait être réparée la semaine prochaine.
Résultat : depuis trois semaines, l’accès à la justice est gratuit pour tout le monde. L’avocate madrilène presse donc ses clients de profiter de ce vide juridique inattendu. « Allez directement à la case “ soltero ” et ne payez pas de taxe », en somme.
Entre 800 et 1 000 procédures de divorce sont déposées chaque jour au bureau d’enregistrement et de répartition des affaires civiles de Madrid, écrit El País.
« Après l’adoption d’une loi qui rendra l’accès à la justice plus cher que jamais, celui-ci n’a jamais été aussi bon marché. » ...
Le ralliement de Paris à la démarche de Mahmoud Abbas – qui demande l'élévation du statut de la Palestine d'entité observatrice à Etat observateur non membre des Nations unies –, semble avoir incité l'Espagne à opter pour le "oui". "L'Espagne votera demain "oui" en cohérence avec notre histoire et parce que nous croyons que c'est la solution la plus adéquate pour nous rapprocher de la paix", a déclaré le ministre des affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo. Le Parti populaire (PP, droite) du premier ministre Mariano Rajoy paraissait très divisé sur la question. Mais l'initiative française semble avoir agi comme un levier, incitant Madrid à sauter le pas. Les regards sont désormais tournés vers le Royaume-Uni, qui n'a toujours pas rendu publique sa position. Le gouvernement de David Cameron a fait savoir qu'il était disposé à appuyer l'initiative de M. Abbas à trois conditions : que celui-ci s'engage à reprendre les négociations avec Israël sans conditions, qu'il s'engage à ne pas demander un statut d'Etat membre à part entière auprès du Conseil de sécurité de l'ONU et qu'il renonce à saisir la Cour pénale internationale (CPI), comme l'y autorise le statut d'Etat observateur. Des exigences repoussées par la direction palestinienne, même si son représentant à l'ONU, Riyad Mansour, a fait savoir que les Palestiniens ne se précipiteraient pas, au lendemain du vote, pour rejoindre les agences de l'ONU et la CPI. Londres doit néanmoins composer avec une opinion publique largement acquise à la cause palestinienne. Selon un récent sondage, 59 % des Britanniques soutiennent les aspirations palestiniennes à l'ONU...
Les sommets européens ne sont jamais de tout repos. Celui qui démarre ce soir à Bruxelles ne dérogera pas à la règle. Car on va parler gros sous entre les 27. Il s’agit de s’entendre sur le niveau du budget communautaire pour la période 2014-2020, et de fixer la répartition des recettes. Acrobatie d’autant plus risquée que le Royaume Uni a choisi de replonger au temps joyeux du thatchérisme, rappelant à ses partenaires que son argent s’appelle « reviens » : I want my money back, et les menaçant même de faire sécession. Faire sécession : voilà une perspective qui intéresse aussi un certain nombre de riches régions européennes : un désir exacerbé en ces temps de crise économique. Les mieux dotés ont du mal à supporter le fardeau de la solidarité en faveur des plus pauvres. Ainsi la Catalogne, où auront lieu dimanche des élections anticipées, quelques semaines après la manifestation qui a vu défiler dans les rues de Barcelone près d’1/5 de la population de la région, en faveur de l’indépendance. Ainsi la Flandre, où les nationalistes ont remporté mi-octobre les élections municipales, et notamment Anvers, la 2e ville du pays. Ainsi l’Ecosse, qui se prépare à un référendum d’auto-détermination : ce sera en 2014. Bien entendu, ces velléités indépendantistes ne s’expliquent pas seulement par la conjoncture économique. Le terreau culturel et historique est favorable à leur réémergence. L’Ecosse, la Flandre, la Catalogne, sont des nations qui ont toutes eu des relations compliquées avec l’Etat central. Peut-on en dire autant des rapports que ces régions entretiennent avec l’Union Européenne ? Et que se passerait-il justement si elles devenaient indépendantes : devraient-elles sortir aussi de l’Europe ? Durée de l'émission: 39 minutes
Les élections régionales du 25 novembre devraient donner une majorité aux nationalistes catalans. Cependant, le référendum sur l'indépendance qu'ils promettent devra recevoir l'approbation de Madrid et le soutien des Catalans. Par Josep Oliver Alonso, de El Periodico de Catalunya. Le 25 novembre approche à grands pas. Quelle que soit l’issue du scrutin, cette date ne marquera pas la fin du débat sur l’avenir de notre région, ni la sortie du brouillard dans lequel se trouve la Catalogne. Les élections marqueront plutôt le début d’une longue période de redéfinition de nos relations économiques et politiques avec l’Espagne. En dépit de ce que beaucoup pensent actuellement, convaincus que tout pourra se faire rapidement, c’est un processus de longue haleine qui nous attend. L’une des principales surprises de ces derniers mois en Catalogne tient à la rapidité avec laquelle une partie non négligeable du pays a cessé de juger l’union économique bénéfique, quoique difficile, et la rejette désormais radicalement. A croire que les miracles existent. Mais en économie comme ailleurs, il n’y a ni voie royale ni raccourci. Tout processus, s’il est sérieux et s'il se veut véritablement fondateur comme celui qui nous concerne, est forcément long et douloureux, marqué par des avancées et des reculs et, surtout, une issue incertaine. Le coeur du débat Le jour J approche mais aussi, et surtout, le jour J+1, qui est au fond le véritable enjeu de ces élections. Si l’on en croit les sondages, le spectre politique – hormis un fort recul possible pour le Parti socialiste catalan (PSC) – ne devrait pas connaître de grands bouleversements : le Parlement devrait être composé à une grande majorité de députés issus de partis favorables au référendum sur l’autodétermination (CiU, ERC et ICV), d’une importante minorité qui s’y oppose (PP et Ciutadans), avec entre les deux, le Parti socialiste catalan favorable au référendum à condition qu’il s’inscrive dans un cadre légal. Soit une écrasante majorité de parlementaires favorables à l’organisation d’une consultation. De ce fait, dès le lendemain de l’élection, ce sujet crucial sera immédiatement mis sur la table. Et c’est sur ce sujet que va se jouer la bataille des prochaines années...
L’Espagne appelle à l’aide le continent latino-américain... Une épaisse fumée noire s’élève vers le ciel. La route qui part de l’aéroport de Jerez de la Frontera pour emmener les dix-neuf chefs d’Etat assister vendredi 16 et samedi 17 novembre au XXIIe sommet ibéroaméricain, dans la ville andalouse de Cadix, passe devant les chantiers navals, qui se meurent avec la crise. Pour attirer leur attention, les chômeurs du secteur y brûlent des pneus et déploient des banderoles exigeant « du travail pour la baie ». Sans doute pensent-ils à leurs compatriotes de Galice, dans le nord du pays, qui ont appris cet été que la compagnie pétrolière mexicaine Pemex fera construire chez eux deux hôtels flottants pour ses plateformes offshore. Un projet qui donnera du travail durant 30 mois à 3000 personnes dans des chantiers navals qui n'avaient pas signé de nouveaux contrats depuis 5 ans et ont perdu 7000 emplois en deux ans. Ils ne sont pas les seuls à appeler de leurs vœux les investissements des « multilatinas », ces grandes entreprises d’Amérique latine parties à la conquête du monde. La belle Cadix, d’où sortirent durant des siècles les bateaux en route pour « les Amériques », aspire à redevenir la porte d'entrée du « Nouveau continent » en Europe. C’est tout l’enjeu du sommet qui s’y tenait ce week-end et avait pour mot d'ordre celui de la "relation rénovée". « Nous avons besoin de plus d'Ibero-Amérique, » a plaidé le roi Juan Carlos lors de la cérémonie d’inauguration de cette rencontre internationale qui réunit chaque année les chefs d'Etat d'Amérique latine, d'Espagne et du Portugal. « Auparavant, l’Amérique latine était une opportunité pour l'Europe. Aujourd'hui l'Europe doit être une opportunité pour l’Amérique latine, » avait défendu plus tôt le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, devant un parterre de chefs d’Etat, dont la présidente du Brésil, Dilma Roussef, ceux du Chili, de la Bolivie, du Mexique, de la Colombie ou de l’Equateur. Ne manquaient à l’appel que ceux de Cuba, d’Argentine, du Venezuela, du Nicaragua du Guatemala, du Paraguay et de l’Uruguay...
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