Union Européenne, une construction dans la tourmente
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Mort annoncée d'Erasmus : pourquoi ce programme est essentiel pour l'Europe

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J'ai beaucoup changé grâce à cette année Erasmus.

 

Erasmus sera bientôt en cessation de paiement, d'après le député européen Alain Lamassoure. Les coupes budgétaires imposées par de nombreux pays européens ont en effet asphyxié le programme. Faut-il accepter cette perte au nom de la rigueur ? Surtout pas pour notre contributrice, qui nous parle de son expérience Erasmus.

Par Beatrice Masiani, ex étudiante Erasmus.

 

ERASMUS. Pour moi, l'échange Erasmus, c’est un programme fondamental pour consolider l’Union européenne… et c’est aussi ma plus belle expérience. Italienne, j’ai fait un échange Erasmus à Paris, lors de ma quatrième année d’architecture. Cette année m'a beaucoup apporté :

1. Du point de vue de l’autonomie. C’était la première fois que je vivais toute seule, loin de mes parents. En Italie, ce n’est pas comme en France, on reste chez ses parents jusqu’à ce qu’on travaille dans une autre ville ou qu’on se marie… Ce n’est pas évident de partir pendant ses études, surtout quand on habite à Rome, ce qui était mon cas.

2. Du point de vue scolaire. La France et l’Italie ont des approches très différentes de l’enseignement de l’architecture. L’architecture française s’inspire des beaux-arts, l'italienne de l’ingénierie. De plus, l’université française est beaucoup plus basée sur la pratique que l'italienne. Voir deux méthodes différentes, cela permet d’ouvrir sa réflexion.

3. Du point de vue personnel. Mon année Erasmus m’a permis d’apprendre le français. Je ne parlais quasiment pas en arrivant, et dès le mois de janvier j’arrivais à me débrouiller. Évidemment, c’était difficile de s’exprimer au début. Mais cela fait partie de l’aventure....

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L'Allemagne minée par les inégalités

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L'Allemagne se porte mieux que la plupart des pays européens. Mais si le pays va bien, ce n'est pas le cas de tous les Allemands, analyse Frédéric Lemaître, correspondant du "Monde" à Berlin.

 

A un an des prochaines élections, à l'automne 2013, les questions sociales occupent à nouveau le devant de la scène allemande. Samedi 29 septembre, environ 40 000 personnes ont manifesté dans tout le pays pour réclamer une augmentation des impôts payés par les plus riches. Lundi 1er octobre, à peine nommé candidat du SPD à la chancellerie contre Angela Merkel, Peer Steinbrück a attaqué celle-ci sur deux thèmes principaux : les bas salaires et le minimum vieillesse.

Ce tir groupé n'est pas une coïncidence. L'Allemagne se porte mieux que la plupart des pays européens, le chômage, y compris chez les jeunes, est très bas (6,8 % de la population active), les caisses d'assurance-maladie sont excédentaires et le budget 2013 n'est pas loin de l'équilibre. De quoi faire des envieux. Mais si l'Allemagne va bien, ce n'est pas le cas de tous les Allemands.

Dix ans après les réformes menées par le chancelier Gerhard Schröder, le pays est redevenu ultra-compétitif. Mais à quel prix ? Le débat divise, notamment la gauche qui, pourtant, a porté ses réformes sur les fonts baptismaux. En 2010, 20 % des Allemands travaillant dans une entreprise de plus de dix salariés percevaient un bas salaire, soit, en brut, moins de 10,36 euros de l'heure. Un pourcentage en hausse ces dernières années. Dans certains secteurs – chauffeurs de taxi, salons de coiffure, nettoyage industriel et restauration –, ces bas salaires concernent plus de 75 % des salariés. Un quart des Allemands – souvent les mêmes – occupent un emploi dit atypique, c'est-à-dire qui n'est pas un contrat à durée indéterminée à plein temps.

D'où le débat sur le salaire minimum. Quelque 6,8 millions de personnes gagneraient moins de 8,50 euros de l'heure, seuil qui, selon les syndicats et le SPD, devrait constituer le salaire minimum dans le pays alors que le gouvernement refuse de légiférer sur le sujet et mise sur la bonne volonté des partenaires sociaux. Ces "salariés pauvres" ne sont d'ailleurs pas les seuls pauvres du pays. L'Allemagne compte six millions de personnes touchant une allocation (Hartz IV) équivalente au RSA....

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