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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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Élections européennes 2014 | Courrier international

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Quelle Europe se rend aux urnes entre le 22 et le 25 mai ? Celle de la crise de l’euro et des plans de sauvetage ? De la défiance envers "Bruxelles" ? Celle des jeunes des pays du Sud qui fuient le chômage ? Ou celle du plus grand marché au monde et dont la qualité de vie attire des milliers de personnes au risque de leur vie ?

A cent jours des élections européennes, nous proposons un tour de l’UE, de ses grandes questions et de ses habitants. Un dossier réalisé à partir des archives de Presseurop, le site européen en dix langues que Courrier international a opéré de 2009 à 2013.

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Slovaquie : La démocratie à l'épreuve d'un petit Führer

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L’élection du néo-nazi Marian Kotleba comme gouverneur d’une région, le week-end dernier, est le dernier exemple de la montée de l’extrême droite en Europe.

L’élite politique et la société slovaques, qui ont favorisé le succès de cet outsider seront-il à la hauteur de la situation ?

Par Martin Ehl

 

 

Lors de la récente fête nationale [le 11 novembre], des ultranationalistes polonais ont brûlé la sculpture arc en ciel installée sur une place du centre-ville de Varsovie et ont incendié une guérite devant l'ambassade de Russie. C'en est devenu une affaire internationale. Leur alter ego slovaque Marian Kotleba est allé un pas plus loin. En remportant les élections régionales, le week-end dernier, il a été élu gouverneur de la région de Banska Bystrica. Un choc pour les Slovaques.

 

Cet homme, qui fait l'apologie de l'Etat fasciste slovaque et se félicite de l'expulsion des Juifs, se laisse appeler "Vodca", souhaite envoyer des milices contre les Roms et dont le programme de son Parti populaire Notre Slovaquie peut se résumer par "improvisation populiste nourrie d'éléments néonazis", s'est emparé d'une des huit régions de la Slovaquie.

Après l'entrée du Jobbik au Parlement hongrois en 2010, il n'est plus étonnant de voir qu'en Europe centrale la frustration et la déception face à l'évolution politique et économique du pays font le lit d'un politicien extrémiste et de son parti. Les accusations mutuelles que s’échangent les responsables politiques slovaques de gauche et de droite, sous la forme d'un "c'est toi le responsable de cette situation, pas moi", révèlent leur cécité face au changement de mentalités à l'oeuvre au sein de leur société.

 

La présence de Kotleba au second tour a mobilisé davantage d'électeurs que dans les quatre autres régions où on votait samedi 23 novembre. Les voix en sa faveur ne sont pas venues d’un seul groupe social.

Cette victoire le portera naturellement vers à l’élection présidentielle l’année prochaine et d'autres élections locales. Certes, ses chances de succès au premier scrutin sont nulles, mais il lui permettra de préparer le terrain en vue des élections législatives de 2016. Et s'il est vrai qu'il sera isolé en tant que gouverneur de région, il lui sera ainsi plus facile de se poser en victime du système et de gagner des points, estime le sociologue Martin Bútora.....

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UE-Etats-Unis : La vraie crise de confiance transatlantique

UE-Etats-Unis : La vraie crise de confiance transatlantique | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Vu d'Europe, le scandale des écoutes de la NSA sape la crédibilité et le prestige des Américains. Mais de l'autre côté de l'Atlantique, c'est l'incapacité chronique des Européens de mettre un terme à la crise qui inquiète le plus les décideurs.

 

Il ne fait guère de doute que l'indignation des Européens contre les écoutes américaines embarrasse Washington. Mais à New York, où la frontière entre le pragmatisme et le cynisme est extrêmement ténue, l’écho de la crise diplomatique s’est aussitôt fracassé sur les murs de Wall Street : chez les opérateurs de marché et les banquiers d’investissements, dont beaucoup sont passés par West Point ou ont servi dans les Marines et dans les services de renseignements avant d’entrer dans la finance, la nouvelle polémique au cœur de laquelle se trouvent les Etats-Unis est non seulement jugée “inutile” (il n’existe pas sur cette planète de gouvernement qui ne cherche pas à espionner les faits et gestes de son voisin), mais également considérée comme “une énième tentative de masquer les vrais problèmes de l’Europe”.

“De qui ont-ils peur, en Allemagne ?", s’interrogeait hier un trader d’une grande société de courtage internationale. “Auraient-ils peur qu’après avoir écouté les prédictions téléphoniques d’Angela Merkel sur l’avenir de l’euro, le Trésor américain nous ordonne de vendre vos obligations séance tenante ?”. Evidemment, c’est une boutade. Pour autant, ce cynisme dissimule une réalité objective qui – de notre point de vue – mériterait la même attention que l’on accorde à cette affaire d’espionnage : les grands gestionnaires de portefeuille de la finance américaine, les spéculateurs, mais aussi les économistes et les analystes de Wall Street, voient s’enraciner en eux la conviction que l’Europe se remet à avancer en ordre dispersé, que la zone euro a perdu l’élan qui la faisait avancer vers l’union politique et que le vent des réformes structurelles, qui avait permis aux pays périphériques de se lancer dans un programme de modernisation économique et institutionnelle, est en train de retomber aujourd’hui, faute d’intérêt.

 

Or, l’équation est connue : qui dit problèmes de gouvernance, dit gain potentiel élevé. L’ennui, c’est que ce sont toujours les plus faibles qui en font les frais. Dans ce contexte, un des problèmes majeurs est que cette partie de poker qui se joue aux dépens des gouvernements et des épargnants européens n’a ni jury pour fixer les règles, ni arbitre pour les faire appliquer. Aujourd’hui, le marché européen, contrairement au marché américain, a des airs de no man’s land dans lequel règne seule la loi du plus fort. Prenons la taxe Tobin sur les transactions financières : seuls 11 pays de la zone euro ont décidé de l’adopter créant ainsi les conditions d’un énième déséquilibre concurrentiel sur un marché financier qui est pourtant commun sur le papier.

Mais on pourrait aussi parler de l’euro : si, d’un côté, la finance américaine soutient que la monnaie européenne risque une nouvelle fois de boire le bouillon d’ici l’été prochain, de l’autre, la manœuvre orchestrée par la Fed et du Trésor américain en faveur d’un dollar faible permet aux cambistes de spéculer avec de bonnes chances de gain sur l’euro fort, artificiellement maintenu à un cours élevé au vu de la santé de l’économie européenne et des analyses qui diagnostiquent à l’Europe une crise profonde. Si un système est sur le point de sauter, la monnaie (ou la dette) chute : en l’occurrence, l’ordre naturel des choses est inversé. Le cours des bonds du Trésor américain est le reflet de cette situation : plus il était question, ces dernières semaines, d’un défaut des Etats-Unis, et plus les titres d’Etat américains montaient, comme si le risque de défaillance ne les concernait pas, ou presque....

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Crise de la dette : La troïka au bord de l'implosion

Crise de la dette : La troïka au bord de l'implosion | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les désaccords entre la Commission européenne et le FMI sur la manière d’en finir avec la crise de la dette en Europe ne cessent de s’amplifier. Au point qu’à Bruxelles, on commence à envisger doucement son démantèlement.

Par Ludovic Lamant de Mediapart

 

 

Les “hommes en noir” de la Troïka sont en instance de divorce. Trois ans après sa création, hors de tout cadre juridique prévu par les traités européens, cet organe à trois têtes, censé piloter les programmes de réforme des pays menacés de faillite au sein de la zone euro, est parcouru de vives tensions. A tel point qu'à Bruxelles, le débat sur l'après-Troïka est lancé.

Mise sur pied à l'occasion du “sauvetage” de la Grèce en mai 2010, l'impopulaire Troïka travaille aujourd'hui avec les gouvernements de trois autres États membres de la zone euro : le Portugal, l'Irlande et Chypre. C'est elle qui établit la liste des économies, réformes structurelles et autres privatisations qu'un pays doit s'engager à réaliser, s'il veut obtenir, en l'échange, un mégaprêt pour lui éviter le défaut. Le FMI fournit également des conseils aux Européens sur la réforme du secteur bancaire espagnol.

En trois ans, cette structure au fonctionnement opaque est devenue le symbole d'une gestion autoritaire de la crise, où des capitales de la zone euro se trouvent mises au pied du mur, contraintes pour éviter la faillite à réaliser des réformes rejetées par bon nombre de citoyens.

En toute logique, cette Troïka se dissoudra quand les plans d'aide (les bail-out) seront arrivés à terme. Par exemple à l'horizon 2016 pour Chypre, si l'on en croit les échéances officielles. Problème : sur le terrain, l'embellie semble encore fragile (Irlande), voire carrément inexistante (Grèce). D'autres mégaprêts pourraient donc être nécessaires et faire durer le supplice. Les Européens et le FMI devraient discuter, cette fin de semaine à Washington, d'une nouvelle enveloppe d'aide à la Grèce.

 

Si Bruxelles n'ose pas avancer franchement sur ce dossier, c'est avant tout parce que les États membres, l'Allemagne en tête, n'ont pas envie d'ouvrir la boîte de Pandore. Car remplacer la Troïka reviendrait sans doute à donner davantage de pouvoirs encore à la Commission européenne, pour la transformer un peu plus en un “fonds monétaire européen” – un scénario pas forcément plus populaire aux yeux de nombre de citoyens sur le continent…

Pourtant, la tension enfle de tous côtés. Principale explication : le malaise croissant du FMI, qui cherche à limiter la casse et ne pas perdre ce qui lui reste de légitimité dans la gestion de crise. Au printemps 2010, c'est Berlin surtout qui avait poussé pour que l'institution de Washington, alors dirigée par Dominique Strauss-Kahn, intervienne. C'est même l'une des conditions fixées par le parlement allemand, le Bundestag, pour valider chaque plan d'aide qui se présente : il faut que le FMI s'implique lui aussi.....

 

 

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Finlande-Norvège : Le passage de l'extrême Nord

Finlande-Norvège : Le passage de l'extrême Nord | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Poste-frontière le plus septentrional de l’UE, le village de Nuorgam est le lieu de passage de travailleurs finlandais et norvégiens allant travailler d’un pays à l’autre. Mais la région, en plein pays lapon, reste un peu oubliée du reste de la Finlande. Paru sur Hufvudstadsbladet

 

ous les jours, Jocke Pikkarainen quitte son domicile de Nuorgam [en Finlande] et fait 25 kilomètres vers le nord pour se rendre à son travail à Tana Bru [en Norvège]. Il y enfile sa tunique rouge et reçoit les patients des urgences de la commune. Jocke Pikkarainen est originaire de Kimito [dans le sud de la Finlande].

Après avoir été ambulancier, il a décidé en août de l’année dernière d’emménager avec sa compagne aussi loin que possible sans émigrer, pour travailler sur la rive nord du fleuve Tana, qui marque la frontière entre la Finlande et la Norvège. Tous deux travaillent au centre de soins, même si sa compagne est actuellement en congé maternité.

“Si on est venu, c’est à la fois pour le côté aventure et parce que le salaire brut y est quasiment le double de ce qu’on toucherait en Finlande pour le même travail”, reconnaît-il. Jocke Pikkarainen s’adresse à ses patients et à certains de ses collègues dans un norvégien rudimentaire, mais en finnois avec Anu Saari, la responsable du service.

Le centre de soins de Tana Bru est un lieu hautement cosmopolite : seule la moitié du personnel y est d’origine norvégienne.

Le service n’emploie pas moins de cinq Finlandais. Le centre de soins de Tana Bru est un lieu hautement cosmopolite : seule la moitié du personnel y est d’origine norvégienne. “Nous avons des employés des Philippines, de Russie, de Thaïlande, du Canada ou d’Estonie”, explique Anu Saari.

 

Les salaires du secteur de la santé norvégien attirent depuis longtemps les diplômés finlandais, et il ne se passe pas une semaine sans qu’Anu Saari ne reçoive de candidatures en provenance de la Finlande. “En Norvège, les jeunes ne veulent pas faire médecine. Les trois-huit effraient, et d’autres secteurs offrent des emplois bien mieux payés”, explique-t-elle.

La demande de l’étranger est si forte que les établissements médicaux norvégiens n’ont que l’embarras du choix. “La maîtrise de la langue est un critère déterminant. Il faut parler norvégien ou alors bien se débrouiller en suédois”, poursuit Anu Saari.

Pour Jocke Pikkarainen, l’acclimatation linguistique s’est déroulée sans accroc. Il n’a pas eu de mal non plus à troquer sa vie d’étudiant de Turku contre le quotidien de père de famille vivant sous le ciel tranquille de Nuorgam. Pourtant, que ce soit ici ou à Tana Bru, on ne risque pas de faire des folies.

L’unique restaurant du village est le plus souvent fermé. Et les six mois de ténèbres hivernales pourraient en dissuader plus d’un. Mais cela n’a pas l’air de perturber Jocke Pikkarainen. "En fait, l’atmosphère est assez agréable. La nature est incroyable, ici”, se réjouit-t-il même.

Le passage frontalier entre Nuorgam [en Finlande] et le village voisin de Polmak [en Norvège], est effectivement assez plaisant. Pour un endroit situé au point le plus au nord de l’UE, marquant également la frontière de la Finlande avec l’OTAN [dont la Norvège est membre], le coin est même plutôt accueillant, en fait.....

 

 

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Le Royaume-Uni et l'Europe : Les eurosceptiques pris entre deux Unions

Le Royaume-Uni et l'Europe : Les eurosceptiques pris entre deux Unions | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les politiciens eurosceptiques anglais appellent à un référendum sur l’UE au nom de l’intégrité du Royaume-Uni. Mais cette attitude les place en porte-à-faux avec l’opinion publique en Ecosse, où une image plus positive de l’UE pourrait bien nourrir un sentiment pro-indépendance.

Par Sunder Katwala

 

Une victoire du UKIP [Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni] aux européennes de 2014 serait susceptible de changer la donne du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en remettant en selle les tenants du "oui", confie l’universitaire et grand spécialiste de la question Charlie Jeffrey à l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IPPR), à l’occasion de la publication [le 8 juillet dernier] d’un nouveau rapport sur l’"anglicité".

Beaucoup d’Ecossais déclarent qu’ils seraient susceptibles de changer d’avis sur l’indépendance si la Grande-Bretagne semblait prendre le chemin d’une sortie de l’UE. Les sondages portent à croire que cette attitude pourrait éroder l’avance aujourd’hui solide des partisans de l’union [anglo-écossaise] et rendre incertaine l’issue du référendum.

Charlie Jeffrey fait observer qu’une victoire de l’UKIP aux élections de 2014 et l’accroissement subséquent des pressions politique et médiatique en faveur d’un référendum sur le maintien du pays dans l’UE donneraient le sentiment que l’affiliation du Royaume-Uni est en péril, à quelques mois seulement du référendum sur l’indépendance [de l’Ecosse], en septembre de la même année.

Charlie Jeffrey, qui dirige la faculté de sciences politiques de l’université d’Edimbourg, est l’un des co-auteurs du nouveau rapport de l’IPPR, L’Angleterre et ses deux unions, qui rend compte d’une divergence de vue croissante au sujet de l’UE au nord et au sud de la frontière [anglo-écossaise], avec d’un côté des électeurs anglais qui affichent un euroscepticisme croissant et prennent très au sérieux la possibilité d’une sortie de l’UE, et de l’autre des Ecossais qui sont une majorité à estimer que les avantages de l’appartenance à l’UE l’emportent sur les inconvénients....

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Adhésion de la Croatie (1/6) : Aller de l'avant, même si ...

Adhésion de la Croatie (1/6) : Aller de l'avant, même si ... | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L’adhésion à l’Union européenne tant attendue, le 1er juillet, se fait plus inquiétante aujourd’hui que la crise frappe. Les politiques d’austérité prônées par Bruxelles refroidissent l’enthousiasme des Croates. Pourtant, un retour en arrière est impensable. Par Denis Romac, de Novi List.

 

Pourquoi les Croates ne se réjouissent-ils pas de leur entrée dans l'UE ? A quoi bon en avoir rêvé pendant plus de 20 ans, à l'époque ou le vieux monde s'effaçait au profit du nouveau, à quoi bon quand on constate que cette adhésion se construit aux dépens du peuple ?

Seulement 7% des Croates interrogés souhaitent assister à un feu d'artifices le 1er juillet prochain – date de l’entrée du pays dans l'UE – signe de l'indifférence avec laquelle nous attendons ce moment. Il est évident qu'un sujet aussi complexe mérite une réponse complexe, mais on peut expliquer cette réaction par le fait que l'Europe vit une crise sans précédent.

Pour tous ces pays comme la Croatie, longtemps gouvernés par des élites irresponsables, l'Europe représente un certain cadre institutionnel et politique qui, à plus ou moins long terme, assurera le bien-être et garantira l’Etat de droit.

 

Cependant, cette crise a bien montré que tout cela n'était qu'une grande illusion. L'Union européenne n'assure plus le bien-être d'un pays. L'Europe d'aujourd'hui est gouvernée par la politique d'austérité, même si les plus grands économistes signalent que les dettes ne sont pas la cause de la crise mais bien ses conséquences. Mais laissons ça de côté pour le moment et analysons le résultat de cette politique. La politique d'austérité a poussé plusieurs pays "mineurs" vers une catastrophe économique et sociale – ce qui était impensable il y a quelques années. Non seulement la politique européenne anti-crise ne fonctionne pas, le FMI l'admet maintenant, mais pour couronner le tout, cette politique de récession s'applique uniquement au peuple, afin de satisfaire les oligarchies financières et les banques.

Résultat : La Génération Perdue. En Espagne, presque 55 % des jeunes sont au chômage, en Grèce ils sont 58 % ! Le reste de l'Europe ne se porte pas mieux, un jeune sur quatre est sans emploi.

Il ne s'agit plus uniquement de politique, mais d'humanité. La Commission européenne impose sans relâche des mesures qui punissent toutes les couches de la population. Comment se fait-il qu'aujourd'hui, Angela Merkel s'oppose à la plus petite réduction de la dette grecque alors qu'en 1953 l'Europe avait effacé 60% de la dette allemande ? Comment se fait-il que l'Allemagne refuse à la Grèce ce qu'on lui a permis à elle ?...

 

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Exception culturelle : Et si l'Europe cédait à l'Amérique ?

Exception culturelle : Et si l'Europe cédait à l'Amérique ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L’"exception culturelle" est fondamentale pour assurer l'avenir du cinéma européen. Sans subventions, la production européenne cessera d'exister, s'inquiètent des réalisateurs du Vieux continent, alors que Bruxelles s'apprête à négocier sur la question avec Washington.       Par Paweł T. Felis

 

Annoncées depuis le début de l'année, les négociations entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur la création d'une zone de libre-échange suscitent l'enthousiasme, mais aussi des doutes. "Cet accord permettra de créer des emplois et de stimuler la croissance économique des deux côtés de l'Atlantique", a annoncé le président du Parlement européen Martin Schulz, soutenu par la majorité des ministres de l'économie de l'UE. La signature de l'accord est une quasi certitude : la culture européenne pourrait en être la première, et la plus grande, victime.

En 1998, la Commission européenne a harmonisé les règles grâce auxquelles les œuvres cinématographiques et audiovisuelles européennes bénéficient d'un traitement particulier, basé sur la règle de "l'exception culturelle". Autrement dit, chaque état membre peut soutenir sa production nationale de films et de la musique selon le principe que "la promotion de la culture est l'une des principales fonctions de la communauté européenne". Or selon les termes du futur accord de libre-échange, les films et la musique deviendraient une marchandise comme une autre. Quelles en seraient les conséquences ?

 

Premièrement, on risque de voir disparaître les institutions nationales qui accordent des subventions à la majorité des films européens (en Pologne, ce rôle revient à l'Institut Polonais de l'Art Cinématographique, ou PISF). La raison d'être de ces institutions est justement la mise en oeuvre de la protection culturelle. Le problème majeur n'est cependant pas l'absence de ces institutions mais de l'argent qu'elles récoltent sur le marché (en Pologne, les fonds proviennent notamment de la vente des places de cinéma et des chaînes de télévision). Sans ces fonds, les films de Smarzowski, Jakimowski, Krauze, ou Holland, mais aussi ceux de Haneke, des frères Dardenne et de Cristian Mungiu, n'auraient jamais vu le jour.

La menace pèse également sur le système des quotas européens, selon lesquels chaque station de télévision européenne a l'obligation de réserver au moins 50 % de sa programmation à la production européenne. Finalement, c'est tout le fonctionnement des médias publics qui est remis en question, comme l'est aussi celui de la redevance télévisuelle. Les petits cinémas investis dans la promotion de films européens et subventionnés par les institutions de l'Union, ne pourront plus prétendre aux aides, au même titre que les créateurs de musique polonaise. Conformément à la loi sur la radio et la télévision actuellement en vigueur, chaque station de radio doit consacrer au moins 33 % de sa programmation musicale à la musique polonaise. Selon les termes de l'accord de libre-échange, de telles réglementations n'auront plus lieu d'être....

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Elections en Bulgarie : Cherchez l'Europe

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Dans la campagne pour les législatives du 12 mai, l’Europe est la grande absente.

Sauf s’il s’agit d’appeler à la sortie de l’UE — comme le fait l’extrême-droite — ou de promettre que les fonds européens continueront bien d’abreuver les caisses du pays — comme le font les deux principaux partis. Extraits. Par Svetoslav Terziev

 

Pour la première fois, depuis que la Bulgarie est rentrée dans l'Union européenne (UE), en 2007, il n'est presque plus question de l'Europe dans l'espace public. Toute rengaine finit par lasser, mais ici la raison semble plus profonde : l'Europe est rentrée dans la longue liste des illusions perdues pendant la transition qui a suivi la chute du communisme en 1989.

Plus aucun parti ne s’affiche devant ses électeurs en brandissant l'idée européenne. Même les formations politiques qui portent le nom "d'européennes" l'ont oubliée. L'Europe a été réduite à une sorte de pin's que les hommes politiques bulgares arborent au revers de leur veste devant les étrangers. Lorsqu'ils en ressentent le besoin, ils accourent à Bruxelles pour se convaincre qu'ils existent encore,– malgré les preuves du contraire qu’ils constatent chez eux. Logiquement, ils n'y rencontrent que des représentants des partis frères qui affichent bruyamment leur soutien, surtout en période électorale.

 

L'exemple le plus éclatant du déclin du rêve européen est offert justement par le parti qui a été aux commandes du pays et qui s'apprête à effectuer un deuxième mandat, le GERB (Citoyens pour un développement européen de la Bulgarie). Lors de son show grandiose du 7 avril dernier à Sofia, ses militants ont distribué un dépliant en papier glacé, intitulé "La bonne direction pour la Bulgarie : quelques points du programme politique de GERB". Dès les premières lignes, on rappelle qu’il est un "parti de centre-droit, membre de la famille du Parti populaire européen (PPE)". Pour preuve, des membres éminents de la "famille" étaient conviés et installés au premier rang de l'événement, notamment le secrétaire général du PPE Antonio López (Espagne) et le président du groupe parlementaire du PPE à Strasbourg, le français Joseph Daul.

Ils ne se doutaient sans doute pas que leur présence était censée légitimer la mercantilisation de l’idée européenne véhiculée par la droite bulgare. S'ils lisaient le bulgare, ils auraient pu néanmoins constater que le sujet européen n'est abordé que sous l’angle des "fonds européens". Pour qu'il n’y ait plus aucun doute sur le fait que l'Europe est réduite à une vache à lait, l'ex-Premier ministre Boïko Borissov s'est adressé directement à eux lors de son discours. "Grâce à nos invités du premier rang, nous garantissons que dans les prochaines années quelque 32 milliards de lévas (la moitié en euro) seront injectés dans l'économie bulgare. Lorsque nous parlons de GERB, nous devons toujours avoir à l'esprit que nous sommes un parti qui fait rentrer de l'argent en Bulgarie"...

 

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Grèce : Trois ans d'échec collectif

Grèce : Trois ans d'échec collectif | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le 23 avril 2010, le Premier ministre de l’époque, Georges Papandréou, lançait un appel à l’aide financière internationale pour éviter l’effondrement de son pays. Les trois années qui ont suivi ont été une suite d’erreurs commises à la fois par la troïka et l’Etat grec, observent plusieurs études.
 Par Nick Malkoutzis

Il y a trois ans, le Premier ministre Georges Papandréou s’exprimait depuis le port de Kasteloritzo avec, en toile de fond, les reflets argentés de la mer Egée et des enfants piaillant de joie. La période qui a suivi ne fut en rien un jeu d’enfant baigné de lumière pour la Grèce. L’appel qu’a lancé ce jour-là Papandréou à la zone euro et au Fonds monétaire international (FMI) a été le point de départ de pratiquement tous les événements survenus en Grèce depuis trois ans. Et nul ne sait sur quoi cela débouchera.

Même si la troïka de prêteurs, qui a injecté près de 200 milliards d’euros en Grèce au cours des 36 derniers mois, est composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du FMI, la plupart des Grecs se sont focalisés sur le rôle de l’organisation de Washington. Pour beaucoup, la date du 23 avril restera le jour où "Papandréou a vendu la Grèce au FMI". Le Fonds n’a fourni qu’une fraction des prêts consentis à ce jour, et pourtant, ce sont souvent ses initiatives qui sont observées à la loupe.

De plus en plus de gens ont compris que certains partenaires de la Grèce au sein de la zone euro et de la BCE étaient derrière les exigences les plus fermes de la troïka, mais le FMI n’en reste pas moins la cible de prédilection des critiques.

 

Le problème tient au fait que ces attaques souvent inconsidérées, qui associent le FMI au cheval de Troie du néolibéralisme, empêchent toute analyse raisonnée du rôle de chacun des trois éléments de la troïka. Dans ce brouillard, il est devenu difficile de discerner ce que l’on a vraiment à reprocher au FMI. A cet égard, un éditorial de Mohamed El-Erian, directeur du fonds d’investissement PIMCO, paru sur le site de CNN sous le titre "Le FMI doit surmonter sa personnalité bipolaire", arrivait à point nommé et apportait un éclairage tout à fait précieux...

 

 

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République tchèque : Chez les derniers Allemands des Sudètes

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Malgré les expulsions qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, une forte communauté germanophone subsiste dans l’Ouest du pays.

Leur culture disparaît progressivement, mais ceux qui sont restés portent un regard conciliant sur leur “coexistence” avec les Tchèques.

Par Tomáš Lindner

 

 

Il gèle à Abertamy. Une mince couche de glace recouvre les rues adjacentes et de la neige sale s’amoncelle sur la place de la ville. Au milieu, une scène de désolation attire le regard : un hôtel croulant, l’Uran, auquel il manque les fenêtres, et dont quelques briques se sont détachées. Deux hommes aux cheveux gris passent en se promenant devant le bâtiment. Ils sont la mémoire d’une Abertamy totalement différente. Comptant trois fois plus d’habitants qu’aujourd’hui, des dizaines de boulangers et de commerçants,  et riche de maisons soigneusement entretenues.

Gerhard Krakl, 73 ans, et Pavel Schreiber, 79 ans, ont grandi ici, et parlent toujours entre eux l’allemand d’Abertamy, le dialecte utilisé pendant des siècles par leurs ancêtres. Avec leur génération qui s’éteint, ce n’est pas seulement un dialecte local qui disparaît des rues d’Abertamy, c’est toute la culture des Allemands des monts Métallifères. Pendant 500 ans, ils ont modelé cette zone frontalière inhospitalière. Ils ont survécu à l’expulsion qu’a subie la majorité de leurs compatriotes sudètes. Mais aujourd’hui, les survivants de cette communauté sont en train de se fondre définitivement dans la population tchèque locale...

 

Sur une population de 3 millions de personnes, 150 000 Tchèques allemands environ ont pu échapper aux expulsions de l’après-guerre. La plupart étaient des travailleurs indispensables, sans lesquels les usines nationalisées situées à la frontière auraient fait faillite. Parmi eux, il y avait également des paysans, qui n’ont pas été expulsés car l’Allemagne, alors en ruine, n’était tout simplement plus en mesure d’accueillir davantage de déplacés...

 

 

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Union européenne : Une citoyenneté de papier

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Les traités européens garantissent les droits des citoyens-consommateurs. Mais dans la pratique, les manquements à ces principes sont légion, en particulier vis-à-vis des ressortissants d’un autre Etat membre.

 

Depuis quelque temps, presque toutes les chaînes de télévision roumaines diffusent des spots sur le thème "Je suis citoyen européen et j'ai des droits".

Le citoyen y est mis en scène dans des situations concrètes du quotidien : il a acheté un ordinateur portable qui ne fonctionne pas, il veut rendre un produit acheté en ligne ou sa chambre d'hôtel n'est pas climatisée.

Devant le refus des "prestataires de services", il assène d’un ton résolu et assuré : "Savez-vous qui je suis ? Je suis citoyen européen et j'ai des droits". Certes, la campagne est utile. Le citoyen roumain-européen apprend que l'UE lui a apporté quelques droits : il peut rendre un produit qui ne lui convient pas ou réclamer des dédommagements.

Mais cette campagne est bâtie selon le style quelque peu ennuyeux et insistant de la Commission européenne et de ses fonctionnaires : depuis des années, il tombe sur l'Europe sous la forme de brochures et autres spots publicitaires destinés au "citoyen européen".

Or le citoyen européen, bien qu'il puisse ainsi connaître ses droits si son ordinateur portable tombe en panne ou s’il tombe lui-même sur de la viande de cheval dans un paquet de lasagnes, semble bien abattu ces derniers temps. Car certains de ses droits, dont certains comptent parmi les "piliers de la construction européenne" (comme celui de travailler et de s'installer n'importe où dans l'UE), ne lui sont pas accordés. L'époque où l'on parlait d'une "Europe des citoyens" s'est envolée, mais toute cette rhétorique délibérément confiante et fleurant bon le slogan est restée au stade du "matériel informatif" élaboré par la Commission.

 

La crise économique n'est pas la seule coupable, même si l'austérité court toujours sur notre continent vieillissant. Par exemple, par décision européenne, des citoyens européens chypriotes ont vu leurs comptes pillés. Mais cela est motivé par le sauvetage de l'euro, qui est notre monnaie à nous tous, donc il faut se montrer solidaire ! Cette solidarité dans le désordre et décidée en haut ne peut cependant pas fonctionner tant que, un peu partout dans l'Union, fleurissent les isolationnismes et que le motif biblique du "bouc émissaire" revient à la mode.

 

L'idée que les institutions européennes n'ont pas de légitimité démocratique et que par conséquent les citoyens ne sont pas représentés a été récupérée dans bon nombre de pays par les partis populistes : la faute des "autres" est un artifice simple et qui rapporte des voix. Les Britanniques, dont l'euroscepticisme a toujours été source d'un amusement garanti, sont retombés depuis un certain temps dans l'obsession triste de l'invasion roumano-bulgare....

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Italie : Beppe Grillo se prépare à envahir l'Europe

Italie : Beppe Grillo se prépare à envahir l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le Mouvement 5 Etoiles du comique blogueur a été la révélation des élections de fin février.

Son programme anti-establisment et ses méthodes de “démocratie numérique” sont partagées par de nombreuses formations en Europe, qui pourraient faire front commun lors des élections européennes de 2014. Par Ferruccio Sansa | Emiliano Liuzzi

 

Beppe Grillo a un objectif : l’Europe. Alors que la politique italienne peine à se remettre du tsunami qui vient de la secouer, chez lui, à Gênes, le leader du Mouvement 5 Étoiles vole déjà par la pensée au-delà des frontières. Son objectif déclaré est désormais d’exporter son expérience vers d’autres pays européens où la crise politique et économique est semblable à celle que traverse l’Italie. “Nous ne pouvons pas penser que nous avons fait tout ça pour nous arrêter ici, à Rome. On doit aller plus loin et notre objectif, c’est Strasbourg en 2014, le Parlement européen. Parce qu’il y a une nécessité similaire à celle de l’Italie et parce que si nous prenons pied en Europe, ce sera un changement déterminant pour toute notre époque”, a-t-il déclaré à ses partisans.

Velléitaire ou visionnaire ? Ces dernières semaines, l’objectif est devenu nettement plus concret depuis que les discussions sur le réseau social Meetup se sont étendues au-delà des frontières et des langues. Une “révolution”, disent les participants, “une espèce de Mai ’68 qui aurait la Toile pour vecteur”. “Nous venons tout juste de commencer”, expliquent Grillo et les siens à ceux qui les écoutent ces jours-ci, et qui ne sont pas aussi nombreux qu’on pourrait le croire : le Mouvement 5 étoiles (M5E) a des contacts surtout dans les pays de l’Est — en Slovaquie, Roumanie et Bulgarie. Mais ses regards se tournent particulièrement vers la Grèce, l’Espagne, le Portugal : “C’est en ce sens que je répète que nous venons à peine de commencer”...

 

En Europe, la presse reste divisée au sujet de Grillo. Manuel Castells, de La Vanguardia écrit que “le caractère expérimental de ce projet qui s’en prend à la politique traditionnelle est bien clair. Il a été soutenu par des millions de personnes et par une grande partie des jeunes qui s’identifient avec le désir de sortir de l’impasse des manipulations et de l’opacité engendrées par la délégation des pouvoirs. Or ce sentiment de distance croissante entre les société civiles et les institutions politiques se répand  aussi en Espagne”.

L’Espagne, justement. Un des points de départ de ce que pourrait être la propagation des idées du M5E en Europe. Le 15 octobre 2011, les rues et les places s’étaient remplies de jeunes qui réclamaient un monde nouveau. C’étaient les Indignados espagnols, les Indignés français ou les Occupy Wall Strett américains. Ils étaient des milliers. En Italie, il y eut quelques magasins pillés, la police matraqua ici et là, et puis plus rien....

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MÉDIAS • Presseurop : au revoir

MÉDIAS • Presseurop : au revoir | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le site Presseurop, partenaire de Courrier international, s'arrête ce 20 décembre. La fin d'une belle aventure européenne en 10 langues ?

 

 

“Traduire en dix langues et confronter ce que la presse européenne et mondiale écrit de plus neuf et original sur l’Europe. Non pas l’Europe institutionnelle, déjà bien relayée, mais l’Europe telle que la vivent les femmes et les hommes” : cette profession de foi était la notre le 26 mai 2009, le jour où Presseurop est né. Quatre ans et demi plus tard, “ce rêve de journalistes et de citoyens” est accompli, mais il doit s’arrêter, faute de financement.

Pendant ce temps, l’Europe a changé de visage. En 2009, la question était de savoir si José Manuel Barroso serait reconduit à la tête de la Commission européenne, et si les Irlandais approuveraient le traité de Lisbonne lors d’un deuxième référendum. Quelques mois plus tard éclatait la crise grecque et son cortège de dangers pour l’ensemble de la zone euro. De l’Irlande au Portugal, du fonds de stabilisation européen à l’union bancaire, de “Merkozy” au millions de jeunes chômeurs en quête d’avenir, Presseurop s’est adapté à la nouvelle réalité de l’UE, suivant le quotidien des Européens et analysant les enjeux.

Ce travail, nous l’avons fait grâce à une équipe de journalistes, correspondants et traducteurs — plus de 100 personnes au fil des ans qu’il faut ici chaleureusement remercier — qui a su mettre en commun ses différences de langues, de culture ou de vision du monde. A l’heure où l’UE se divisait entre Nord et Sud, zone euro et non zone euro, élites européennes et citoyens, Presseurop s’est avéré un laboratoire vivant de ce que peut être l’espace public européen.

Nulle part ailleurs pouvait-on lire des éditoriaux grecs, les titres de la presse hongroise ou des reportages trouvés dans les journaux baltes, roumains ou allemands. Nulle part ailleurs pouvait-on comparer les analyses des journalistes les plus influents d’Europe. Nulle part ailleurs, surtout, pouvait-on lire et écrire des commentaires dans toutes les langues, traduits automatiquement.....

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Tribune : Le racisme fait son nid en Europe

Tribune : Le racisme fait son nid en Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Qu’il s’agisse des railleries à l’encontre d’une ministre française ou d’une collègue italienne, des cris de singe adressés aux footballeurs, de l’islamophobie ou des discriminations envers les Roms, les attitudes racistes s’affichent de plus en plus ouvertement. Il ne faut pourtant rien céder et faire preuve de pédagogie, estime l’écrivain Tahar Ben Jelloun.
  

Le racisme est le propre de l’homme. C’est ainsi, il vaut mieux le savoir et faire en sorte qu’il ne progresse pas et qu’il soit combattu par la loi. Mais cela ne suffit pas. Il faut éduquer, démonter ses mécanismes, démontrer l’absurdité de ses bases et rester vigilant.

La société française est perçue ces derniers temps comme lieu d’un racisme virulent, mais au fond elle n’est pas plus raciste qu’une autre. Le rejet de l’étranger, du différent, de celui qui est considéré comme une menace pour la sécurité est un réflexe universel et n’épargne aucune société. Le racisme peut dans certains cas se focaliser sur une communauté, mais cela ne veut pas dire qu’il ménage les autres. Autrement dit il n’y a pas de discrimination dans l’exercice de la haine. Tout le monde y passe.

Nous assistons aujourd’hui en Europe à des dérives qui sont graves, car le racisme commence par le verbe et pourrait se poursuivre par les fours crématoires. Traiter [la ministre de la Justice française] Christiane Taubira de guenon [lors d’une manifestation contre le mariage homosexuel, fin octobre] n’est qu’un début. Si on laisse faire, de l’insulte on passera facilement au châtiment corporel, à la torture (le cas du jeune Ilan Halimi) et au meurtre. C’est pour cela qu’il faut rappeler qu’il n’existe pas de racisme light et décaféiné.

Elle a eu raison Mme Taubira de regretter qu’aucune voix des dirigeants politiques ne se soit élevée contre le racisme dont elle a été victime. Une autre ministre a subi le même traitement cette fois-ci en Italie. Il s’agit du ministre de l’intégration Cecile Kyenge, originaire du Congo (Kinshasa) qui a été traitée de tous les noms par certains élus de la Ligue du Nord connus pour leur attachement au racisme. Des joueurs de football à la peau noire ont eux aussi été la cible d’un racisme bien enraciné. Quand un chef de gouvernement se permet de faire rire son auditoire à propos de “l’aspect bronzé d’Obama”, on ouvre par la même occasion les vannes et on donne un signal à ceux qui n’osaient pas exprimer leur racisme de se laisser aller et de cultiver leurs idées nauséabondes....

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République tchèque : L'envol des objets politiques non identifiés

République tchèque : L'envol des objets politiques non identifiés | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les sociaux-démocrates sont les grands favoris des élections législatives anticipées des 25 et 26 octobre.

Mais pour gouverner, ils auront besoin des nouveaux partis politiques, dont le caractère imprévisible pourrait affecter la position du pays dans l’UE et l’OTAN. Par Daniel Anýž

 

 

Ces élections semblent se dérouler sans véritable enjeu. Les résultats risquent pourtant de présenter d’innombrables défis, en rapport notamment avec le caractère imprévisible de la politique étrangère tchèque.

Selon les sondages, les sociaux-démocrates (ČSSD) n’auront pas d’autre choix que de conclure des alliances, soit avec des partis dont les idées de ce que devrait être la politique étrangère tchèque remettent en question l’ancrage du pays au sein de l’espace transatlantique, soit avec des partis qui instrumentalisent à des fins populistes la politique étrangère.

Dans le premier lot, on peut ranger le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), qui exige la sortie de la République tchèque de l’OTAN. Dans le second, ANO [“Oui” en tchèque, le mouvement politique du milliardaire d’origine tchéco-slovaque Andrej Babiš], l’Aube de la démocratie directe [le mouvement populiste du tchéco-japonais Tomio Okamura], voire le SPOZ [Parti des droits civiques-Les Zemaniens, du président Miloš Zeman], qui en matière de politique étrangère entendent prendre leurs décisions sans orientation idéologique claire, flairant plutôt les états d’âme de l’opinion publique ou en fonction de leur propre humeur du moment.

 

La politique étrangère est aux abonnés absents du programme de l’Aube. ANO s’est fendu d’un joli chapitre sur le sujet et, prendront soin d’ajouter certains, compte dans ses rangs Pavel Telička, commissaire européen [de mai à octobre 2004] et négociateur en chef de l’adhésion de la République tchèque à l’UE. Mais si le businessman expérimenté Babiš est un maître en affaires, il exige que les produits qu’il acquiert soient fonctionnels, autrement dit dociles. Et cela vaut également pour Telička. Une Pologne qui déplaît [Babiš est un critique de la qualité des aliments provenants de Pologne] peut se traduire par une tentative hargneuse d’aller à la confrontation avec Varsovie sur une scène plus large, par exemple européenne...

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Partenariat oriental : Pourquoi l'Ukraine fait le choix de l'Europe

Partenariat oriental : Pourquoi l'Ukraine fait le choix de l'Europe | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

A sept semaines du sommet de Vilnius, Kiev multiplie les signes de bonne volonté pour signer un accord d’association avec l’UE. Ironie de l’histoire, c’est le président Ianoukovitch, souvent présenté comme pro-russe, qui est l’artisan de cette politique. Par Laurynas Kasčiūnas

 

 

Face à la pression politique et économique russe, le pouvoir ukrainien a pris la ferme direction d’un rapprochement stratégique avec l’UE. Le gouvernement a confirmé à l’unanimité l’accord d’association et de libre-échange négocié avec l’UE. Début septembre, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch s’est adressé aux parlementaires pour l’adoption des textes de lois nécessaires à la signature et la ratification de l’accord d’association avec l’UE. La Rada suprême s’est immédiatement mise à l’œuvre.

 

Il y a 10 ans, pendant la Révolution orange, qui aurait pu penser que Ianoukovitch et son principal soutien financier, l’homme le plus riche d’Ukraine, Rinat Achmetov, allaient devenir "la force motrice" vers l’UE ? A peine quelques-uns. Sans aucun doute, le motif poussant ces personnages à endosser ce rôle n’est certainement ni le choix des valeurs de la civilisation européenne, encore moins un signe de patriotisme ukrainien, mais bien plus des intérêts pragmatiques combiné à un savant équilibre des coûts et des profits....

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Croatie : Une seconde chance pour Vukovar

Croatie : Une seconde chance pour Vukovar | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
En 1991, l’Europe n’a pas réussi à protéger les habitants de cette ville martyre des guerres en ex-Yougoslavie. Peut-elle aujourd’hui les aider à se débarrasser de leurs vieux démons ?

 

Léo a attendu 17 longues années avant de revenir dans cette ville détruite par la guerre. Pour échapper aux combats, il s’était enfui à Split, où il était plus facile de vivre. “Je suis né ici”, dit-il en haussant les épaules. “Je reconnais les gens dans la rue, mais ils ont changé. Nous sommes devenus entre nous des étrangers”, constate Leo en racontant qu’il avait espéré revenir après la guerre dans des rues où le matin les voisins se saluent chaleureusement et échangent quelques mots.

Au lieu de ça, il est tombé sur un mur de silence et de méfiance. Durant la guerre en ex-Yougoslavie, Vukovar a subi un terrible siège pendant des mois. Une expérience que l’on ressent encore aujourd’hui dans les rues de la ville. Il règne toujours ici une tension entre les habitants croates et serbes. Et pour Leo, les changements dans la ville sont seulement esthétiques. Parce que si l’amitié est peut-être la meilleure chose au monde, l’imposer d’en haut n’est pas si simple que ça.

 

Lorsque le 1er juillet, l’Union européenne a accueilli la Croatie en tant que nouveau membre, c’est dans le plus grand silence que cette réalité a gagné Vukovar. Il n’y avait personne dans les rues pour agiter des drapeaux et dès la fin du concert, la fête était terminée. L’Europe et Vukovar se sont déjà rencontrées une fois. Il y a 21 ans, pendant la guerre, les habitants de cette ville située à la frontière avec la Serbie ont espéré en vain que les Européens leur portent assistance. Mais l’UE naissante ne fut pas assez forte pour affronter les démons des Balkans. La ville a été presque totalement détruite lors de son siège par les Serbes. Avec le retour du drapeau aux étoiles jaunes sur les lieux du crime, le compte à rebours s’est enclenché pour un deuxième essai.

Au premier abord, Vukovar est une petite ville tout à fait ordinaire d’à peine 30 000 habitants. Le passé n’apparaît aux promeneurs que par intermittence. A travers un immeuble totalement détruit planté au beau milieu d’une place. Ou en découvrant, entre les nouvelles constructions, la tour du château d’eau dévastée par les tirs de grenades, conservée comme un monument mémorial...

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Crise de la zone euro : La confrontation finale approche

Crise de la zone euro : La confrontation finale approche | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Pour la première fois depuis quatre ans, les dirigeants européens entament la saison estivale sans la crainte de trouver la zone euro en ruine à leur retour.

Mais, dans les mois à venir, de nouvelles réalités politiques, sociales et financières mettront une fois de plus à l’épreuve les compétences de l’UE en matière de gestion de crise.Par Tony Barber

 

 

A un mois de leurs traditionnelles vacances d’août, les dirigeants européens aimeraient sans doute, pour la première fois depuis quatre ans, profiter du soleil sans avoir à redouter un cataclysme imminent dans la zone euro. Les événements survenus la semaine dernière donnent quelques raisons d’être optimistes.

Après la crise qui a éclaté au Portugal la semaine dernière, avec la démission du ministre des Finances, il n’aura fallu que sept jours aux dirigeants du pays pour reprendre la maîtrise de la situation et calmer les marchés financiers. En Grèce – un pays qui, comme le Portugal, vit sous perfusion de l’aide internationale – les prêteurs trouvent le moyen de maintenir ouvert le robinet des aides d’urgence à destination d’Athènes en échange de réformes (certes encore inachevées).

Plus globalement, l’entrée de la Croatie dans l’UE, la décision d’entamer des pourparlers d’adhésion avec la Serbie et l’acceptation de la requête de la Lettonie d’intégrer la zone euro illustrent l’attrait que continue d’exercer l’unité européenne. Enfin, les derniers indices des directeurs d’achat, qui donnent une idée des perspectives du secteur privé, n’avaient pas été aussi favorables depuis mars 2012. L’Europe devrait sortir de l’ornière de la récession dans le courant du second semestre de cette année.

Aussi encourageants soient-ils, ces signes n’apportent aucune preuve tangible d’un quelconque affaiblissement de la crise, laquelle entre simplement dans une nouvelle phase. Les douze mois à venir apporteront leur lot de défis sur la scène politique, sociale et sur les marchés financiers qui, une fois de plus, mettront à l’épreuve les compétences de l’UE en matière de gestion de crise...

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Europe centrale : La corruption a la peau dure

Europe centrale : La corruption a la peau dure | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Près de dix ans après leur adhésion à l’UE, certaines pratiques douteuses perdurent dans plusieurs pays de l’ancien bloc communiste.

 

Les pressions de Bruxelles ne semblant pas être efficaces, le changement devra venir des Etats concernés, estime un correspondant basé à Varsovie. Par Jan Hunin

 

 

Petr Nečas, Premier ministre tchèque, a fini par démissionner. Il a présenté sa démission lundi après-midi [le 17 juin], cinq jours après la révélation du plus gros scandale de corruption dans l’histoire récente du pays.

Manifestement, Petr Nečas aurait préféré que les choses se passent différemment. Ces derniers jours, il avait fait comprendre qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il resterait en poste, quoi qu’il en soit.

Pourtant, il devrait s’estimer heureux. Il y a quelques semaines, un de ses anciens homologues, le Premier ministre slovène Janez Janša, a été condamné par un tribunal de Ljubljana à deux ans de prison. Il est soupçonné d’avoir accepté un pot-de-vin pour l’acquisition de véhicules blindés finlandais. Les similitudes sont frappantes entre cette affaire et le scandale de corruption en République tchèque. Dans ce cas également, des commandes de l’armée ont rapporté un pactole.

Des initiatives anti-corruption, enfin

Non loin de là, la situation n’est pas meilleure. En Croatie, un pays qui dans deux semaines deviendra membre de l’Union européenne, l’ancien Premier ministre, Ivo Sanader, est en prison en attendant d’être jugé. Il risque plus de dix ans de prison.

Les problèmes auxquels sont confrontés ces anciens Premiers ministres sont à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une bonne nouvelle, parce que près de dix ans après l’élargissement de l’Union européenne à l’Est, des initiatives sont enfin prises pour lutter contre la corruption. Car la République tchèque, la Slovénie et la Croatie ne sont pas des exceptions.

Dans d’autres pays de l’ancien bloc de l’Est, la justice s’est enfin mise en marche, lentement, mais sûrement, contre le crime organisé. Même les pays qui ont très mauvaise réputation, comme la Roumanie et la Bulgarie, ont pris des initiatives qui étaient inconcevables il y a encore quelques années. Au fil des derniers mois, pas moins de trois ministres ont été mis en examen.

La mauvaise nouvelle, c’est que ces problèmes témoignent de la lenteur avec laquelle on vient à bout des vieilles habitudes. Les nouveaux États membres ont certes adapté leur législation aux souhaits de Bruxelles, mais souvent, ils ne l’appliquent pas. Ce comportement est un héritage du communisme. La corruption était alors une composante naturelle de la vie sociale....

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Crise de la dette : On a sacrifié la Grèce pour sauver l'euro

Crise de la dette : On a sacrifié la Grèce pour sauver l'euro | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Selon le FMI, le plan de sauvetage de la Grèce a surtout permis à ses créditeurs de se décharger de leur responsabilité et se prémunir des risques de contagion. Les Grecs devraient se révolter et rediscuter des conditions du prêt, estime To Vima.

 

C’était donc ça : le plan d’aide était faussé depuis le début. Un plan qui a conduit à des conséquences dévastatrices. Un plan qui était censé “sauver” la Grèce, mais c’est plus exactement de l’euro qu’il s’agissait, et cela, à travers la mise à mort de la Grèce ! Et qui dit ça ? Eh bien, un des trois membres de la Troïka (BCE, UE, FMI) : le Fonds monétaire international. Et il critique autant ses partenaires que lui-même, mais aussi le gouvernement grec. Tous ensemble se sont dirigés vers une catastrophe qui n’avait pas d’autre motif que de faire gagner du temps aux autres [pays de la zone euro].

Le document du FMI qui a été publié le 5 juin est une gifle pour la politique de “sauvetage’’, mais surtout pour l’“Europe” — c’est à dire l’Allemagne — et également pour le gouvernement grec de l’époque, mené par [le socialiste George] Papandréou, qui avait signé le premier mémorandum.

Non seulement [les créditeurs] détruisent, mais ils donnent l’impression de vouloir utiliser la crise grecque pour protéger et, finalement, réorganiser la zone euro, au détriment de la Grèce.


Les documents sont exaspérants : le FMI avoue le crime, mais n’admet pas ses responsabilités. Il révèle de la manière la plus officielle le motif sans expliquer comment cette tragédie que traverse le pays — due non pas à la dette mais au plan de sauvetage — pourrait être affrontée une fois que les erreurs ont été reconnues. C’est d’un cynisme débordant…

Et naturellement, tout ceci expose irréparablement la classe politique grecque, qui soutenait le plan d’aide et qui le présentait comme le seul moyen de recours du pays. Et qui forçait vaille que vaille la Grèce à se plier à cette recette de mort avec pour alibi son sauvetage. Un sauvetage qui, comme l’a avoué le FMI, s’est révélé une catastrophe.

La classe politique ne s’est pas battue pour les intérêts du pays, mais au contraire, elle a préféré la voie facile et ne s’est souciée que du maintien de son pouvoir...

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Société : Pourquoi les Espagnols ne se révoltent pas

Société : Pourquoi les Espagnols ne se révoltent pas | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Cinq ans de crise, six millions de chômeurs, et des milliers d'expulsés de leur logement : malgré un lourd bilan social, les Espagnols subissent leur sort sans se révolter contre le gouvernement ou contre l'UE.

Parce qu'ils craignent de perdre le peu qu'il leur reste, avance un sociologue. Par Ignacio Sánchez-Cuenca

 

 

Nous sommes aujourd'hui dans la cinquième année de crise. Le chômage augmente, tout comme la pauvreté et l'exclusion sociale ; des cas de malnutrition infantile commencent à apparaître ; des dizaines de milliers de familles ont été expulsées de leur domicile. Et les salaires continuent de baisser, ce qui n'est en revanche pas le cas du prix des biens et des services.

La population a, par ailleurs, compris qu'il ne s'agit pas d'une situation temporaire, et qu'elle peut perdurer encore de longues années. Dans ces conditions, comment se fait-il qu'il n'y ait pas d'explosion sociale ? Pourquoi le système ne vole-t-il pas en éclats ? Jusqu'où peut aller la tolérance de la société espagnole sans qu'un soulèvement n'éclate ?

 

Difficile, en effet, d'imaginer conjonction de conditions plus favorables à une explosion. Primo, les effets de la crise sont terribles. Comment une population comptant six millions de chômeurs parvient-elle à survivre ? Le pire étant que le chômage va continuer d'augmenter, puisque la demande intérieure est atone. Les économies et les aides qui, jusqu'à présent, permettaient à beaucoup de s'en tirer tant que bien que mal, arrivent aujourd'hui à épuisement. Ceux qui travaillent le font souvent dans l'économie souterraine, et en échange d'un salaire de survie.

Secundo, les politiques barbares d'austérité que mènent l'Espagne et l'Union européenne ne font que démolir le pays et repousser un peu plus l'heure de la reprise. Au lieu de faire en sorte que la consommation et les investissements publics viennent pallier la chute de la consommation des ménages, le gouvernement coupe dans tous les postes de dépenses de l'Etat.

Ainsi, non seulement la crise s'aggrave, mais la couverture sociale offerte à la population touchée par le chômage et la pauvreté diminue. Cela peut paraître brutal, mais l'UE et le gouvernement espagnol ont estimé que la sortie de crise passait par l'appauvrissement général de la majorité des Espagnols – car c'est cela, et rien d'autre, que veulent dire les mots “dévaluation interne” [dévaluation, non de la monnaie, mais des salaires et des prix dans un seul pays de la zone euro].

Tertio, les Espagnols sont de plus en plus nombreux à penser que la répartition des sacrifices est d'une injustice flagrante. Le cas le plus sanglant, mais loin d'être isolé, est celui des expulsions. L'Etat débourse des aides généreuses et s'endette dangereusement pour assainir les banques, mais il n'offre aucune solution à la situation de tous ceux que la crise a étouffés sous les hypothèques. L'insensibilité des pouvoirs publics et des deux grands partis face à cette détresse a contribué à aiguiser l'indignation d'une bonne partie de la société....

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Grèce : Ne laissons pas revenir la barbarie !

Grèce : Ne laissons pas revenir la barbarie ! | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les attaques perpétrées le 17 avril contre des saisonniers sans-papiers rappellent les luttes paysannes du siècle dernier. Elles ternissent un peu plus l’image d’un pays déjà pointé du doigt pour les violences xénophobes.

Par Nikos Konstandaras, d'I Kathimerini.

 

L'annonce des violences perpétrées par les contremaîtres d'un champ de fraises de Manolada, dans l'ouest du Péloponnèse, qui ont tiré sur des travailleurs immigrés et les images des victimes gisant à terre, ont eu l'effet d'un coup de poignard. On se serait cru à une autre époque, dans un autre lieu. Ces images ont confirmé qu'à bien des égards, la Grèce est entrée dans une phase de régression et renoue avec certains vieux réflexes.

L'exploitation de travailleurs misérables par des propriétaires terriens a toujours fait partie de l'aventure humaine, de même que les sacrifices héroïques consentis par les opprimés pour améliorer leur sort. Les paysans et les ouvriers grecs ont joué un rôle fondamental dans certains combats du siècle passé et il est aujourd'hui tragique de voir les Grecs bafouer les droits de travailleurs étrangers, salir l'image de leur pays et brader les acquis de luttes passées.

 

Ce n'est pas la première fois que ce genre de violence se produit à Manolada, ou en Grèce d'ailleurs. Depuis 2006, nous savons que les travailleurs agricoles de Manolada – pour la plupart des Bangladais – travaillent dans des conditions inhumaines pour un salaire de misère, sans droit et sans protection. On n'ignorait pas non plus que les employeurs n'hésitaient pas à encourager leurs contremaîtres à recourir à la violence. Ces comportements sont monnaie courante dans de nombreuses exploitations et concernent aussi bien les saisonniers sans papiers que ceux qui travaillent là depuis des années. Nous savions que l'injustice et l'exploitation étaient la règle...

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Société : Le jour où la classe moyenne se soulèvera

Société : Le jour où la classe moyenne se soulèvera | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Nos dirigeants ne réalisent pas qu'ils sont assis sur un baril de poudre, prévient le philosophe polonais Marcin Król

 

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les pauvres et les malheureux qui font les révolutions en Occident, mais bel et bien les classes moyennes. Ce fut le cas de toutes les révolutions, à commencer par la Révolution française, à l’exception près de la révolution d'Octobre, qui a été un coup d'Etat perpétré dans une situation de désordre politique extrême.

Quand la classe moyenne décide-t-elle de déclencher la révolution ? Premièrement, il ne s'agit pas de la classe moyenne dans son ensemble, ni même d'un groupe organisé, encore moins d'une communauté mais plutôt de leaders de la classe moyenne, ceux qui aujourd'hui gagnent les élections en Europe et que l’on traite d’irresponsables (car n'appartenant pas à la gériatrique classe politique traditionnelle), mais qui tout à coup se révèlent non seulement très populaires, mais aussi étonnamment efficaces.

 

Dans le cas classique de la Révolution française, le rôle d'avant-garde révolutionnaire a été joué par des avocats, des entrepreneurs, des employés de l'administration publique de l'époque et par une partie des officiers de l'armée. Le facteur économique était important, mais pas primordial.

Les éléments déclencheurs du mouvement révolutionnaire sont avant tout l'absence d’ouverture dans la vie publique et l'impossibilité de la promotion sociale. Lorsque l'aristocratie a tenté de limiter à tout prix l'influence des avocats et des hommes d'affaires, elle a incité à la révolution. Dans toute l'Europe, à l'exception de la sage Angleterre, la nouvelle classe moyenne, avec ses citoyens de deuxième catégorie, n'était pas en mesure de décider de son propre sort.

 

Qu'en est-il de la discrimination aujourd'hui ? Elle est différente et semblable à la fois. Certes, l'aristocratie ne monopolise plus la prise de décisions, mais les banquiers, les spéculateurs boursiers et les managers qui gagnent des centaines de millions d'euros, écartent habilement du processus décisionnel la classe moyenne, qui en subit de sévères conséquences. Chypre en est le dernier, et très significatif, exemple...

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Hongrie : Budapest, champ de ruines culturel

Hongrie : Budapest, champ de ruines culturel | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Jadis créative et florissante, la scène culturelle hongroise est aujourd’hui régie par les valeurs nationales défendues par le gouvernement. Le cri d’alarme d’une journaliste hongroise qui a quitté son pays pour l’Allemagne.

 

Qui change de pays change son âme, dit-on en Hongrie. Or, au cours des deux ans et demi qui viennent de s’écouler, un demi-million de Hongrois se sont expatriés dans le monde entier, soit deux fois plus que lors de la vague de répression qui a suivi le soulèvement de 1956. C’est beaucoup pour un pays qui compte à peine dix millions d’habitants.

J’ai décidé à mon tour de ne plus tolérer la situation. Les raisons de ce choix ne manquent pas : l’argent, les perspectives d’avenir, et surtout le sentiment d’étouffer dans la Hongrie d’aujourd’hui.

Je fais partie de cette génération qui était assez jeune après 1990 pour le sentir : l’atmosphère des années de l’enfance et de l’école avait changé. Quand on a eu une fois dans sa vie la possibilité d’avoir une opinion et de l’exprimer librement, on ne veut plus s’en passer, même si la vie n’a jamais été rose ni facile en Hongrie.

Dans les années 2000, la scène alternative hongroise a connu une période d’effervescence. A Budapest, on trouvait un cinéma d’art et d’essai à chaque coin de rue, tous les mois ou presque, un nouveau film hongrois sortait dans les salles, une nouvelle vague de jeunes cinéastes travaillait d’arrache-pied. Le soir, on retrouvait ses amis dehors, sur la place Liszt-Ferenc, au niveau de la rue Andrássy, dans les cafés de la rue Nagymezö (le "Broadway" de Budapest où se concentrent les théâtres de la ville), ou dans les romkocsma [littéralement "bar en ruine", débit de boisson installé dans un immeuble voué à la démolition ou en attente de restauration] et l’on parlait de ce qu’on avait lu ou vu. La télévision diffusait des émissions culturelles et tous les camps politiques étaient représentés dans les débats.

On défendait quelque chose et l’on croyait en quelque chose : en soi, en son avenir. Vienne ou Berlin étaient peut-être plus soignées, plus riches, mais Budapest le serait un jour à son tour. Les choses avançaient plus lentement, les programmes d’urbanisme, la modernisation des infrastructures, tout prenait du retard. Cela avait du charme à l’époque, on allait dans la bonne direction, Budapest allait devenir une métropole bigarrée, vivante, prospère, tolérante, en un mot une métropole comme les autres....

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