Union Européenne, une construction dans la tourmente
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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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Refonder l’Europe, une urgence

Refonder l’Europe, une urgence | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Alors que les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de l’Union européenne se réunissaient à Berlin ce samedi 25 juin, des voix s’élèvent pour appeler à relancer le projet européen en tenant compte des erreurs passées.


Après le choc du Brexit, la diplomatie reprend très vite ses droits. Ce samedi 25 juin, les ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs, en 1951, de ce qui s’appelait alors la Communauté européenne du charbon et de l’acier, se sont rencontrés à Berlin pour évoquer les conséquences du Brexit, acté par référendum au Royaume-Uni le 23 juin. Aux côtés de l’Allemagne et de la France se tenaient donc les ministres italien, néerlandais, belge et luxembourgeois : les six Etats fondateurs de l’Union européenne ont réclamé que le Royaume-Uni engage “le plus vite possible” la procédure de divorce avec l’Union européenne, Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie française, insistant sur “l’urgence” à désigner un nouveau Premier ministre britannique. Mais d’ores et déjà, le message adressé par les électeurs britanniques à l’Union européenne a été entendu dans la société, et le séisme provoqué par la sortie prochaine de l’UE du Royaume-Uni soulève de fortes attentes et le nouvel espoir d’un projet européen plus solide....

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Les Allemands sont-ils désormais «un peuple»? | Slate.fr

Les Allemands sont-ils désormais «un peuple»? | Slate.fr | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Une étude liste les différences entre les Allemands de l'Ouest et ceux de l'Est vingt-cinq ans après la Réunification.

 

Les Allemands de l'Ouest continuent d'être les plus riches. Et les Allemands les plus fortunés habitent d'ailleurs en majorité dans les anciens Länder: seuls 6 des 500 citoyens allemands les plus riches vivent à l'Est. Et seuls 14 d'entre eux vivent à Berlin, et pour la plupart dans les quartiers de l'ouest de la ville. De la même façon, les voitures allemandes les plus chères, à l'instar des modèles de la marque BMW, sillonnent avant tout les routes des anciens Länder.

Les Länder de l'Est ont perdu plus de 2 millions d'habitants entre 1991 et 2013, tandis que ceux de l'Ouest en gagnaient 2,5 millions sur la même période. La raison principale est la chute brutale du taux de natalité chez les Allemandes de l'Est durant les premières années de la Réunification: il est passé de 1,5% en 1989 à 0,7% enfant par femme en 1992, et ce, notamment à cause de l'angoisse des foyers est-allemands concernant l'avenir. Depuis 1994, l'augmentation des naissances à l'Est a repris son cours, dépassant même en 2006 le taux de natalité des Länder de l'Ouest....

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Chute du mur, Il y a 25 ans, une femme à Berlin - France Inter

Chute du mur, Il y a 25 ans, une femme à Berlin - France Inter | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Marie-Laure Chevalier est professeur d'allemand dans un lycée et elle entretient avec Berlin une histoire toute particulière. C'est une ville où elle est venue pour la première fois, il y a 25 ans...

 

Sa toute première visite ici l'a marquée à jamais, c'était un voyage scolaire quand elle enseignait dans un lycée de Nantes.

Quelques jours avant la chute

Quelques jours avant la chute du mur, elle avait emmené ses élèves visiter la RDA. Elle ignorait que l'histoire était déjà en marche.

Alors que l'on fête le 25è anniversaire de la chute du mur ce week-end en Allemagne, l'enseignante s'est rendue sur place une fois encore.

Vincent DUBOIS's insight:

Durée du témoignage: 56 minutes

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MONDE LUSOPHONE • Les prisons de Salazar au patrimoine de l'humanité ?

MONDE LUSOPHONE • Les prisons de Salazar au patrimoine de l'humanité ? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Des historiens réclament le classement au Patrimoine mondial de l'humanité des camps de concentration de la dictature portugaise dans ses anciennes colonies africaines. Un événement rare dans la construction des mémoires postcoloniales.

 

Les camps de concentration installés par la dictature de l'Estado Novo [régime autoritaire ayant sévi de 1933 à 1974 au Portugal et dans son empire colonial] dans les pays d'Afrique lusophone doivent être classés au patrimoine national et présentés sur la liste indicative du Patrimoine mondial de l'humanité : telle est en tout cas la proposition faite par la conférence internationale Rota dos Presídios no Mundo Lusófono ["Route des pénitenciers du monde lusophone"], qui réunissait à Tarrafal, au Cap-Vert, des chercheurs portugais, capverdiens, angolais, mozambicains et bissau-guinéens.

Les participants ont également plaidé pour une étude approfondie des prisons politiques installées dans les différents pays, et proposé la mise en place d'un cabinet commun qui accompagne la création de musées sur ces camps de concentration de la sphère lusophone.

 


Un projet de musée de la résistance sur le site du camp de Tarrafal avait déjà été lancé lors d'un colloque organisé sur place en mai 2009, pour commémorer l'ouverture de cette prison le 1er mai 1974, et la libération de tous les détenus politiques qui s'y trouvaient.

Si cet événement, auquel participaient d'anciens prisonniers de Tarafal, avait en 2009 une tonalité plus politique, ce sont aujourd'hui des enjeux historiographiques qui ont pris le dessus, en témoigne par exemple la discussion autour d'un sujet délicat : la réutilisation du camp de l'île de Santiago comme prison après l'indépendance du Cap-Vert. De fait, après la "révolution des œillets" et la libération des détenus politiques de la dictature salazariste, le régime du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc) avait rouvert l'établissement, avant qu'une loi de juillet 1975 n'interdise définitivement l'exploitation pénitentiaire de Tarrafal....

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Croatie : Une seconde chance pour Vukovar

Croatie : Une seconde chance pour Vukovar | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
En 1991, l’Europe n’a pas réussi à protéger les habitants de cette ville martyre des guerres en ex-Yougoslavie. Peut-elle aujourd’hui les aider à se débarrasser de leurs vieux démons ?

 

Léo a attendu 17 longues années avant de revenir dans cette ville détruite par la guerre. Pour échapper aux combats, il s’était enfui à Split, où il était plus facile de vivre. “Je suis né ici”, dit-il en haussant les épaules. “Je reconnais les gens dans la rue, mais ils ont changé. Nous sommes devenus entre nous des étrangers”, constate Leo en racontant qu’il avait espéré revenir après la guerre dans des rues où le matin les voisins se saluent chaleureusement et échangent quelques mots.

Au lieu de ça, il est tombé sur un mur de silence et de méfiance. Durant la guerre en ex-Yougoslavie, Vukovar a subi un terrible siège pendant des mois. Une expérience que l’on ressent encore aujourd’hui dans les rues de la ville. Il règne toujours ici une tension entre les habitants croates et serbes. Et pour Leo, les changements dans la ville sont seulement esthétiques. Parce que si l’amitié est peut-être la meilleure chose au monde, l’imposer d’en haut n’est pas si simple que ça.

 

Lorsque le 1er juillet, l’Union européenne a accueilli la Croatie en tant que nouveau membre, c’est dans le plus grand silence que cette réalité a gagné Vukovar. Il n’y avait personne dans les rues pour agiter des drapeaux et dès la fin du concert, la fête était terminée. L’Europe et Vukovar se sont déjà rencontrées une fois. Il y a 21 ans, pendant la guerre, les habitants de cette ville située à la frontière avec la Serbie ont espéré en vain que les Européens leur portent assistance. Mais l’UE naissante ne fut pas assez forte pour affronter les démons des Balkans. La ville a été presque totalement détruite lors de son siège par les Serbes. Avec le retour du drapeau aux étoiles jaunes sur les lieux du crime, le compte à rebours s’est enclenché pour un deuxième essai.

Au premier abord, Vukovar est une petite ville tout à fait ordinaire d’à peine 30 000 habitants. Le passé n’apparaît aux promeneurs que par intermittence. A travers un immeuble totalement détruit planté au beau milieu d’une place. Ou en découvrant, entre les nouvelles constructions, la tour du château d’eau dévastée par les tirs de grenades, conservée comme un monument mémorial...

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«L’Europe est le seul endroit au monde où l’identité n’est pas un culte mais une question»

«L’Europe est le seul endroit au monde où l’identité n’est pas un culte mais une question» | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Julia Kristeva. Psychanalyste et écrivaine

Extraits:

"L’Europe est le seul endroit au monde où l’identité n’est pas un culte mais une question, non seulement grâce à la pluralité des langues et des cultures, mais aussi à la spécificité de notre héritage grec, juif et chrétien. La culture est le grand atout de l’Europe, pourtant elle ne figure pas dans le traité de Rome : est-elle à ce point une évidence, ou bien l’Europe, sortant en lambeaux de la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle eu honte de ses plaies ? Depuis, on multiplie les «programmes» pour le «patrimoine culturel». Mais existe-t-il une culture européenne ? Laquelle ? Après avoir succombé aux dogmes identitaires jusqu’aux crimes, et peut-être aussi parce qu’il a succombé et en a fait l’analyse mieux que tant d’autres, un «nous» européen est en train d’émerger, pour lequel l’identité est une inquiétude questionnante : à contre-courant des certitudes identitaires qui préparent toujours et encore de nouvelles guerres.

Mais les politiques, soumis à l’économie et à la finance, ont perdu de vue la question de la civilisation. Ils ont peur de parler d’Europe dans les campagnes électorales. Les intellectuels, dont certains sont encore prompts à s’engager, se font rares sur le chantier culturel européen. Ils portent une grande responsabilité dans la crise européenne actuelle. En revanche, je soutiens que les peuples européens, les Grecs, les Polonais, et même les Français, bien que tous choqués par la crise qu’ils identifient avec l’Europe, se sentent fiers d’appartenir à sa culture prestigieuse. Un trésor flou et peu rentable qu’ils ne sauraient définir mais qui les définit et fascine aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières. Un désir d’Europe existe en dehors de notre continent, je le constate en Amérique latine, en Chine…

 

       Mais peut-on concrètement construire une identité européenne ?

      J’admire mes étudiants européens, une nouvelle espèce d’individus kaléidoscopiques. Par exemple, un jeune Norvégien, en cycle Erasmus, parle anglais couramment, apprend le chinois et prend des cours en français sur le génie féminin. Le multilinguisme n’est plus seulement une utopie, c’est une réalité. Il pourrait être un trait significatif de l’identité européenne en train de se construire.

L’Europe reprend la définition française de la diversité culturelle à l’occasion de la discussion qu’elle mène avec les Etats-Unis sur l’audiovisuel : la culture n’est pas une marchandise comme les autres, et chacun doit pouvoir se reconnaître dans l’exception française.

Dans cet esprit, la traduction des patrimoines nationaux est indispensable, et l’Europe en donne l’exemple, en parlant 25 langues au moins à chaque séance plénière. Le multilinguisme passe par la traduction. Cela représente un coût supplémentaire et beaucoup préfèrent en faire l’économie.

Mais ce souci de singularité est aussi un fleuron de la culture européenne, depuis Duns Scot au XIIIe siècle, qui pensait que la vérité ne réside pas dans les idées abstraites ni dans la matière opaque, mais dans cet homme-ci, dans cette femme-là. Je traduis : le respect de la singularité est l’aboutissement des droits de l’homme. Et le génie de chacun, de chacune, éclate dans sa singularité partagée avec celles des autres. D’où ma conception du féminisme : que le mouvement des femmes n’aboutisse pas à une massification, comme ce fut le cas des autres mouvements émancipateurs qui ont échoué dans la banalisation ou la terreur (tous les bourgeois, tous les prolétaires, tous les tiers-mondistes…), mais favorisent… le génie féminin. Suis-je féministe ? Certainement, version «scotiste»..."

 

 

 

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République tchèque : Chez les derniers Allemands des Sudètes

République tchèque  : Chez les derniers Allemands des Sudètes | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Malgré les expulsions qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, une forte communauté germanophone subsiste dans l’Ouest du pays.

Leur culture disparaît progressivement, mais ceux qui sont restés portent un regard conciliant sur leur “coexistence” avec les Tchèques.

Par Tomáš Lindner

 

 

Il gèle à Abertamy. Une mince couche de glace recouvre les rues adjacentes et de la neige sale s’amoncelle sur la place de la ville. Au milieu, une scène de désolation attire le regard : un hôtel croulant, l’Uran, auquel il manque les fenêtres, et dont quelques briques se sont détachées. Deux hommes aux cheveux gris passent en se promenant devant le bâtiment. Ils sont la mémoire d’une Abertamy totalement différente. Comptant trois fois plus d’habitants qu’aujourd’hui, des dizaines de boulangers et de commerçants,  et riche de maisons soigneusement entretenues.

Gerhard Krakl, 73 ans, et Pavel Schreiber, 79 ans, ont grandi ici, et parlent toujours entre eux l’allemand d’Abertamy, le dialecte utilisé pendant des siècles par leurs ancêtres. Avec leur génération qui s’éteint, ce n’est pas seulement un dialecte local qui disparaît des rues d’Abertamy, c’est toute la culture des Allemands des monts Métallifères. Pendant 500 ans, ils ont modelé cette zone frontalière inhospitalière. Ils ont survécu à l’expulsion qu’a subie la majorité de leurs compatriotes sudètes. Mais aujourd’hui, les survivants de cette communauté sont en train de se fondre définitivement dans la population tchèque locale...

 

Sur une population de 3 millions de personnes, 150 000 Tchèques allemands environ ont pu échapper aux expulsions de l’après-guerre. La plupart étaient des travailleurs indispensables, sans lesquels les usines nationalisées situées à la frontière auraient fait faillite. Parmi eux, il y avait également des paysans, qui n’ont pas été expulsés car l’Allemagne, alors en ruine, n’était tout simplement plus en mesure d’accueillir davantage de déplacés...

 

 

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Hongrie : Budapest, champ de ruines culturel

Hongrie : Budapest, champ de ruines culturel | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Jadis créative et florissante, la scène culturelle hongroise est aujourd’hui régie par les valeurs nationales défendues par le gouvernement. Le cri d’alarme d’une journaliste hongroise qui a quitté son pays pour l’Allemagne.

 

Qui change de pays change son âme, dit-on en Hongrie. Or, au cours des deux ans et demi qui viennent de s’écouler, un demi-million de Hongrois se sont expatriés dans le monde entier, soit deux fois plus que lors de la vague de répression qui a suivi le soulèvement de 1956. C’est beaucoup pour un pays qui compte à peine dix millions d’habitants.

J’ai décidé à mon tour de ne plus tolérer la situation. Les raisons de ce choix ne manquent pas : l’argent, les perspectives d’avenir, et surtout le sentiment d’étouffer dans la Hongrie d’aujourd’hui.

Je fais partie de cette génération qui était assez jeune après 1990 pour le sentir : l’atmosphère des années de l’enfance et de l’école avait changé. Quand on a eu une fois dans sa vie la possibilité d’avoir une opinion et de l’exprimer librement, on ne veut plus s’en passer, même si la vie n’a jamais été rose ni facile en Hongrie.

Dans les années 2000, la scène alternative hongroise a connu une période d’effervescence. A Budapest, on trouvait un cinéma d’art et d’essai à chaque coin de rue, tous les mois ou presque, un nouveau film hongrois sortait dans les salles, une nouvelle vague de jeunes cinéastes travaillait d’arrache-pied. Le soir, on retrouvait ses amis dehors, sur la place Liszt-Ferenc, au niveau de la rue Andrássy, dans les cafés de la rue Nagymezö (le "Broadway" de Budapest où se concentrent les théâtres de la ville), ou dans les romkocsma [littéralement "bar en ruine", débit de boisson installé dans un immeuble voué à la démolition ou en attente de restauration] et l’on parlait de ce qu’on avait lu ou vu. La télévision diffusait des émissions culturelles et tous les camps politiques étaient représentés dans les débats.

On défendait quelque chose et l’on croyait en quelque chose : en soi, en son avenir. Vienne ou Berlin étaient peut-être plus soignées, plus riches, mais Budapest le serait un jour à son tour. Les choses avançaient plus lentement, les programmes d’urbanisme, la modernisation des infrastructures, tout prenait du retard. Cela avait du charme à l’époque, on allait dans la bonne direction, Budapest allait devenir une métropole bigarrée, vivante, prospère, tolérante, en un mot une métropole comme les autres....

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Lezajsk : un exemple du renouveau de la culture juive en Pologne?

Lezajsk : un exemple du renouveau de la culture juive en Pologne? | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

POLOGNE - Entre fascination, nostalgie et culpabilité, la Pologne nourrit une relation complexe avec sa communauté juive. Qui était la plus nombreuse au monde avant 1945, et qui compte aujourd'hui à peine 30 000 membres. Mais depuis la chute du régime communiste et avec elle, l'avènement de la démocratie, la vie culturelle et religieuse reprend. Lezajsk, une ville située au sud-est du pays est un bon laboratoire de ces récents bouleversements. C'est ici que se rencontrent, se confrontent et se côtoient une fois par an, la population locale, les touristes, les Polonais convertis au judaïsme et des milliers de juifs hassidiques qui viennent du monde entier pour prier sur la tombe de leur saint rabbin Elimelekh Weisblum.

 


Nous sommes à 350 kilomètres au sud-est de Varsovie, sur les contreforts des Carpates. Lezajsk est une petite ville de 15 000 habitants. Qui une fois par an se remplit d'hommes et de femmes tout de noir vêtus, venus en pèlerinage sur la tombe de leur saint hassidique. Un spectacle qui nous transporte dans un autre temps, avant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Un tiers de la population de Lezajsk était alors composé de juifs, pour la plupart hassidiques.

Un petit marché est installé en bas du cimetière, des salles de prières pour les hommes et les femmes où l'on sert de la nourriture et des boissons chaudes. Durant trois jours et trois nuits les autocars déversent les pèlerins qui restent à Lezajsk parfois uniquement quelques heures. Goldie Kornblut, originaire de Belgique, qui vient ici pour la troisième fois, est persuadée que c'est grâce à ses prières, que ses deux fils se sont mariés cette année....

 

Entre fascination et méfiance, les deux communautés se toisent, se côtoient mais ne se mélangent guère. Lezajsk est à l'image du reste de la Pologne. Une exception : les Polonais qui ont découvert récemment leurs racines juives. Un phénomène grandissant, une véritable mode dans certaines grandes villes. D'après différentes estimations ils seraient entre 100 et 150 000 dans ce cas. Et beaucoup se tournent vers le judaïsme pour mieux affirmer leur identité fraichement retrouvée.

Cette habitude de venir massivement sur la tombe du Tsadik Elimelekh est relativement récente. Les pèlerinages n'ont repris timidement que dans les années soixante-dix quand la Pologne commençait à ouvrir un peu ses frontières. Le véritable boom des visites des juifs hassidiques date des années quatre-vingt-dix, après la chute du régime communiste...

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Les Inrocks - Les Berlinois défendent leur mur menacé

Les Inrocks - Les Berlinois défendent leur mur menacé | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Ils étaient nombreux à manifester à Berlin pour dire non à un projet immobilier impliquant le démantèlement de la plus longue section du mur. Reportage.

 

Ce sont 6000 personnes qui se sont réunies aujourd’hui aux abords de l’East Side Gallery, plus longue section du mur de Berlin encore debout, pour s’opposer à un projet immobilier qui implique de démanteler une partie du vestige. Les travaux, commencés le 1er mars, ont été temporairement arrêtés quand quelques centaines de personnes ont constitué une chaîne humaine devant la parcelle de 22 mètres qui commençait à tomber. Deux jours plus tard, les manifestants ont rebouché le trou formé, et appelé les Berlinois à se mobiliser pour préserver leur Histoire aux côtés de nombreux hommes politiques et d’associations.”Je suis né à Berlin-Ouest, mon père est un réfugié de l’Est. J’avais 17 ans quand le mur est tombé, j’étais là”, raconte Marc Wohlrabe, un des organisateurs de la manifestation :

“J’ai un fils d’un an, je veux pouvoir lui parler de ces gens qui ont essayé de franchir le mur, des gens qui sont morts pour la liberté, et cette partie du mur est essentielle dans notre processus de souvenir”.

En 2006 déjà, la ville avait déplacé 40 mètres du mur pour faciliter l’accès à la nouvelle immense salle de concerts O2-World, dans le cadre du même projet urbain appelé “Mediaspree” qui fait fermer club sur club le long de la Spree. “Nous ne pouvons pas ignorer la situation légale aujourd’hui“, admet Stefan Evers, membre CDU du Parlement de Berlin dans les rangs des manifestants :

“Je suis nouveau au Parlement, et je ne comprends pas comment on a pu discuter de ce projet pendant des années, et le laisser avancer, sans se poser la question du mur. Nous avons organisé vendredi une future table ronde avec les acteurs du projet, et j’espère qu’on pourra trouver une solution : déplacer la construction, trouver un autre moyen d’accéder à ces appartements etc. C’est aujourd’hui dans l’intérêt des investisseurs de discuter, pour ne pas se retrouver face à une opposition radicale”....

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La France, l'Allemagne et la contradiction française / France Inter

La France, l'Allemagne et la contradiction française    / France Inter | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La spectaculaire réussite de ce traité de l’Elysée est que sa signature n’a pas seulement permis à l’Allemagne et la France de définitivement enterrer un passé de guerres communes dont le souvenir était encore si vif en 1963.

  Moins de vingt ans après la fin de l’occupation, les ennemis d’hier ont su nouer aussi un dialogue permanent qui, quelles que soient leurs très nombreuses divergences, n’a jamais été rompu, n’a jamais cessé de se développer et sans lequel l’unification européenne n’aurait jamais progressé à un tel rythme. La création du Parlement, la monnaie unique, le front commun – trop tardif et tout ce qu’on veut – mais le front commun opposé aux séismes du krach de Wall Street et de la crise des dettes publiques, c’est le couple franco-allemand comme l’avaient également été, en politique étrangère, l’opposition aux missiles soviétiques de moyenne portée et à l’aventure irakienne de Georges Bush.

C’est ce traité, ce sont la France et l’Allemagne qui ont substitué un processus d’unification continentale, toujours en cours, à des siècles de guerre qui avaient si longtemps ravagée l’Europe. La nouvelle donne qu’il a créée demeure indispensable à l’Union qui sans elle se déferait vite, mais les échecs de ce traité n’en sont pas moins patents.

La France et l’Allemagne ont, en un mot, échoué à préfigurer à deux ce que devrait être l’Europe. Leurs syndicats, leurs partis, leurs associations professionnelles et culturelles auraient du se faire l’avant-garde d’une unification politique et sociale de l’Europe. Leurs jeunes générations ne communiquent pas dans leur langue mais en anglais. Airbus, même Airbus, ne peut pas faire oublier qu’il n’y a pas de politique industrielle franco-allemande et que l’Europe n’en a donc pas. Quant au rapprochement des politiques étrangères et à l’harmonisation sociale et fiscale, nul besoin – hélas ! – de dire ce qu’il en est...

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Les enfants perdus de l'Espagne - Information - France Culture

Les enfants perdus de l'Espagne - Information - France Culture | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Combien sont-ils exactement ? Nul ne peut le savoir. Et pour cause, les familles retrouvent au mieux des certificats de naissance falsifiés et parfois des petits cercueils vides à la place du nouveau-né que l’on croyait disparu.

Combien sont-ils, donc, ces enfants qui ont été arrachés aux leurs, en Espagne, des années 40 jusqu’à la fin des années 80 ? On parle de dizaine de milliers, peut-être de centaines de milliers d’enfants volés. Aujourd’hui, adultes perdus. Le scandale a éclaté au grand jour dans les années 2000.

A l’origine, sous Franco, ce trafic a une base idéologique. Il s’agit de sauvegarder « l’Hispanité » en retirant leurs enfants aux Républicaines. Les vols de bébés continuent, même après le retour de la démocratie, cette fois sous couvert de bonne morale catholique. On prend leurs enfants à des mères célibataires ou issues de milieux modestes, et on les vend à des familles qui ne peuvent pas en avoir.

Aujourd’hui encore ces crimes restent impunis. Pire, la justice espagnole refuse obstinément de s’en saisir.

 

« Les Enfants perdus de l'Espagne », c’est un Magazine de la rédaction de Marine de La Moissonnière et Annie Brault.

 

Durée de l'émission: 44 minutes

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Le Royaume-Uni et l’Europe / France Inter

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Nous demandons d'être très largement remboursés de notre propre argent". Dès avant l'adhésion en 1973, la question de la contribution britannique au budget de la Communauté avait été posée par Londres.

 

Le virage qu'elle impose au pays dans les années 1980 concerne au premier chef la politique européenne. Elle veut convaincre l'opinion que l'adhésion à la Communauté a coïncidé avec le déclin de la puissance britannique et que son redressement passe par un bras de fer avec les autres européens.

Plus tard, quand Londres décidera de se tenir hors de l'euro, beaucoup soutiendront pareillement que le pays s'en porte mieux.

On voit bien l'utilité que les mêmes trouvent à s'affirmer eurosceptiques dans un pays à la fois inquiet de son déclassement, fier de sa conduite pendant la guerre et toujours prompt à moquer le continent. Les intérêts politiques ont vite fait de dresser des frontières. Sont-elles si profondément culturelles ou, plus prosaïquement, assez circonstancielles ?

 

Durée de l'émission: 29 minutes.

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Le Royaume-Uni, déchiré, vote sa sortie de l'UE

Le Royaume-Uni, déchiré, vote sa sortie de l'UE | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Le Royaume-Uni entame le reste de son histoire. Et cette histoire se construira hors de l’Union européenne.


Le Royaume-Uni entame le reste de son histoire. Et cette histoire se construira hors de l’Union européenne. Ce vendredi 24 juin, à 4h40 locales (5h40 à Paris), la BBC l’a annoncé : le camp du Leave, en faveur de quitter l’Union européenne, a remporté le référendum. Les Britanniques ont voté à 51,9% des voix pour sortir de l’Union européenne, contre 48,1% pour rester, selon les résultats définitifs publiés vendredi matin par la commission électorale. Quarante-et-un ans après un autre référendum, en 1975, au cours duquel le pays avait choisi de rejoindre la Communauté économique et européenne (CEE), le Royaume-Uni redevient juste une île.

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Le nouveau président roumain, une histoire allemande

Le nouveau président roumain, une histoire allemande | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Klaus Iohannis est issue de la minorité allemande, dont la présence en Transylvanie remonte au XIIe siècle.

 

Le candidat libéral Klaus Iohannis, 55 ans, issu de la minorité allemande, a remporté, dimanche 16 novembre, le scrutin présidentiel avec 55 % des voix. Il s’est imposé face au premier ministre socialiste Victor Ponta, pourtant favori des sondages. La victoire surprenante de Klaus Iohannis, élu pour un mandat de cinq ans, redonne sa fierté à la petite communauté....

 

A Sibiu, ville qui ne compte plus que 1 500 Allemands, c’est-à-dire 1 % de la population locale, les Roumains ont choisi d’élire comme maire, en 2000, Klaus Iohannis, professeur de physique. Dès son installation à la tête de la mairie, M. Iohannis a su attirer des investissements allemands qui ont changé le visage de l’ancien bourg que ses ancêtres avaient bâti.

Ces dernières années, de plus en plus d’Allemands reviennent en Transylvanie, rénovent leurs maisons et reprennent les affaires. Grâce à eux et à l’apport de capitaux, la Transylvanie renaît de ses cendres et est devenue une destination touristique à la mode.

Les Allemands peuvent-ils renouer avec leur conte de fées en Transylvanie ? « C’est la première fois qu’un citoyen appartenant à une minorité ethnique est désigné pour la course présidentielle, avait déclaré Klaus Iohannis à l’occasion de sa candidature. Cela prouve que la société roumaine est mûre. Nous ne pouvons pas demander le respect des autres si nous ne nous respectons pas nous-mêmes. Dans ma vision des choses, la Roumanie sera un pays occidental ».

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Le Royaume-Uni et l’Europe à reculons / France Inter

Le Royaume-Uni et l’Europe à reculons / France Inter | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
En 1975, les électeurs britanniques confirment par référendum l'entrée de leur pays dans la Communauté. Mais, dès cette époque, le taux d'adhésion à l'Europe était relativement faible et la question divisait les deux grands partis de gouvernement.
Vincent DUBOIS's insight:
Durée: 29 minutes
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A Oradour, Hollande et Gauck écrivent une nouvelle page de la réconciliation

A Oradour, Hollande et Gauck écrivent une nouvelle page de la réconciliation | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Dans ce village meurtri par la barbarie des SS, les deux présidents ont tenu des discours tranchants de sobriété et profonds d'intensité.

 

S'il fallait ne retenir qu'un seul moment, ce serait celui-ci. Il est 14 h 46 dans la petite église d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) quand François Hollande et Joachim Gauck s'avancent dans la nef sans toit de l'église où les SS de la division Das Reichenfermèrent puis exterminèrent près de 400 femmes et enfants (642 personnes au total) dans l'après-midi du 10 juin 1944.

Les deux présidents ont le pas lourd, le visage crispé de gravité. Ils s'arrêtent face à l'autel, du moins ce qu'il en reste ; Joachim Gauck attire l'attention de François Hollande sur une poussette rouillée étendue sur le sol ; les deux chefs d'Etat se rapprochent l'un de l'autre ; leurs mains se frôlent pudiquement, leurs doigts se croisent...

A leur côté, un homme prend alors la parole, il s'appelle Robert Hébras, a 88 ans, c'est l'un des derniers survivants du massacre, il n'avait pas 20 ans à l'époque, sa famille a péri ce jour-là. L'échange dure quelques minutes, Joachim Gauck passe le bras autour de l'épaule du vieil homme, François Hollande le soutient également, leurs trois costumes sombres forment alors comme un bloc, et c'est ce bloc qui sortira de l'église dans un silence étouffant.

Viendront ensuite la visite de ce squelette figé dans la douleur qu'est resté Oradour depuis juin 1944, le dépôt de gerbes au cimetière, la sonnerie aux morts, la signature des livres d'or – où François Hollande apposera par mégarde la date du 3 septembre –, une nouvelle accolade entre les deux présidents, la visite du Centre de la mémoire, inauguré par Jacques Chirac le 16 juillet 1999, les discours, enfin, tranchant de sobriété chez François Hollande, profond d'intensité chez Joachim Gauck.


"Vous êtes la dignité de l'Allemagne d'aujourd'hui, capable de regarder en face la barbarie nazie d'hier, a lancé le président français à son homologue allemand. Aujourd'hui, votre visite confirme que l'amitié entre nos deux pays est un défi à l'histoire et un exemple pour le monde entier. Et sa force s'illustre en cet instant même à Oradour-sur-Glane...

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Les Pays-Bas restent hantés par la mémoire de l’esclavage - Les Inrocks

Les Pays-Bas restent hantés par la mémoire de l’esclavage - Les Inrocks | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Comme tous les ans depuis 2000, au 1er juillet, les Pays–Bas commémorent l’abolition de l’esclavage perpétré dans leurs anciennes colonies du Surinam et des Antilles néerlandaises.

 

Dans une ambiance festive, une parade rythmée par les chants des marcheurs, vêtus pour la plupart des costumes traditionnels, célèbre le “Keti Koti” (“chaînes brisées” en surinamien). Mais en 2013, 150 ans après la fin des traites négrières, la cérémonie est teintée d’une atmosphère particulière. Si les habituels discours prononcés à l’issue de la marche n’ont toujours pas exprimé les excuses que beaucoup attendent, la présence du couple royal, bien que silencieuse, marquait un nouveau pas vers la reconnaissance de cette histoire restée longtemps taboue.

Au delà du folklore ou du discours officiel, les sentiments des Néerlandais à l’égard de cette célébration restent plus que mitigés. Ainsi de nombreux participants aux festivités arboraient un badge “1863″. Parmi eux l’entrepreneure Jennifer Tosch :

“1863, c’est l’abolition légale mais cela n’a pas mis fin à l’esclavage. Le gouvernement de l’époque a imposé par la violence une ‘période d’apprentissage’ de dix ans prétextant que les esclaves n’étaient pas prêts pour la liberté”.

Celle qui se définit comme Surinamienne-Américaine se souvient: “Je suis venue il y a un an pour faire des recherches sur ma famille qui a vécu ici avant de migrer vers les Etats-Unis”. Déçue par l’absence de reconnaissance de la mémoire des Noirs, la dynamique californienne crée alors le Black Heritage Amsterdam Tour, une visite guidée alternative axée sur la contribution des Noirs – dont la présence remonte au XVIe siècle – au patrimoine de la ville : “Aux Etats-Unis, le même sujet est bien plus débattu ; ici, le passé des descendants d’esclaves reste une histoire cachée.”...

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Adhésion de la Croatie (1/6) : Aller de l'avant, même si ...

Adhésion de la Croatie (1/6) : Aller de l'avant, même si ... | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L’adhésion à l’Union européenne tant attendue, le 1er juillet, se fait plus inquiétante aujourd’hui que la crise frappe. Les politiques d’austérité prônées par Bruxelles refroidissent l’enthousiasme des Croates. Pourtant, un retour en arrière est impensable. Par Denis Romac, de Novi List.

 

Pourquoi les Croates ne se réjouissent-ils pas de leur entrée dans l'UE ? A quoi bon en avoir rêvé pendant plus de 20 ans, à l'époque ou le vieux monde s'effaçait au profit du nouveau, à quoi bon quand on constate que cette adhésion se construit aux dépens du peuple ?

Seulement 7% des Croates interrogés souhaitent assister à un feu d'artifices le 1er juillet prochain – date de l’entrée du pays dans l'UE – signe de l'indifférence avec laquelle nous attendons ce moment. Il est évident qu'un sujet aussi complexe mérite une réponse complexe, mais on peut expliquer cette réaction par le fait que l'Europe vit une crise sans précédent.

Pour tous ces pays comme la Croatie, longtemps gouvernés par des élites irresponsables, l'Europe représente un certain cadre institutionnel et politique qui, à plus ou moins long terme, assurera le bien-être et garantira l’Etat de droit.

 

Cependant, cette crise a bien montré que tout cela n'était qu'une grande illusion. L'Union européenne n'assure plus le bien-être d'un pays. L'Europe d'aujourd'hui est gouvernée par la politique d'austérité, même si les plus grands économistes signalent que les dettes ne sont pas la cause de la crise mais bien ses conséquences. Mais laissons ça de côté pour le moment et analysons le résultat de cette politique. La politique d'austérité a poussé plusieurs pays "mineurs" vers une catastrophe économique et sociale – ce qui était impensable il y a quelques années. Non seulement la politique européenne anti-crise ne fonctionne pas, le FMI l'admet maintenant, mais pour couronner le tout, cette politique de récession s'applique uniquement au peuple, afin de satisfaire les oligarchies financières et les banques.

Résultat : La Génération Perdue. En Espagne, presque 55 % des jeunes sont au chômage, en Grèce ils sont 58 % ! Le reste de l'Europe ne se porte pas mieux, un jeune sur quatre est sans emploi.

Il ne s'agit plus uniquement de politique, mais d'humanité. La Commission européenne impose sans relâche des mesures qui punissent toutes les couches de la population. Comment se fait-il qu'aujourd'hui, Angela Merkel s'oppose à la plus petite réduction de la dette grecque alors qu'en 1953 l'Europe avait effacé 60% de la dette allemande ? Comment se fait-il que l'Allemagne refuse à la Grèce ce qu'on lui a permis à elle ?...

 

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«La crise que nous subissons a ses racines dans le thatchérisme»

L'économiste Denis Clerc, fondateur de la revue «Alternatives économiques», revient pour Libération sur les années Thatcher.

 

«There is no alternative» aimait à répéter Margaret Thatcher. Au début  des années 80, la dame de fer impose son ordre libéral au Royaume-Uni. A la même époque, Denis Clerc fonde la revue «Alternatives économiques». Deux visions de l'économie que tout oppose. Pour Libération, Denis Clerc revient sur 11 ans d'économie selon Thatcher. 

Quel bilan tirez-vous des années Thatcher ?

Je dirais que ça a été une réussite économique, mais une catastrophe sociale. Et cela va de pair finalement. Sous Thatcher, les riches sont devenus plus riches, les pauvres plus pauvres. Quand elle est arrivée, le taux de pauvreté atteignait 15 % au Royaume-Uni. Quand elle a quitté le pouvoir, il était de 20 %. C’est aussi la seule dirigeante au monde à avoir supprimé le salaire minimum. Mais en même temps, elle a réussi à sortir la pays de la profonde crise économique dans laquelle il était plongé.

Au prix d’une politique très dure, notamment vis-à-vis des syndicats.

Elle a brisé la toute-puissance des syndicats britanniques, en venant à bout de la grève des mineurs en particulier en 1984-1985. C’était sans doute nécessaire. En mettant toute les nuances possibles, il faut bien dire que les syndicats étaient devenus une force conservatrice plus que dynamique. Ils se reposaient sur un passé impérial que le Royaume-Uni ne pouvait plus assumer.

Margaret Thatcher a voulu rétablir les mécanismes du marché, réduire l’Etat social pour favoriser l’économie. Je le répète, cela a été une réussite. Mais aussi un véritable drame social. On oublie souvent de dire que dans les années 80, les Anglais venaient se faire soigner en France, tant le système de santé britannique était à bout de souffle. On peut dire que 30 à 50 % de la population du Royaume-uni a payé la note du thatchérisme....

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FOOTBALL • Roumanie-Hongrie, chronique d’une rivalité sans fin

FOOTBALL • Roumanie-Hongrie, chronique d’une rivalité sans fin | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

La Hongrie et la Roumanie s'affrontent ce vendredi soir en match de qualification du Mondial 2014. Ce match, programmé à Budapest, est classé à haut risque et se jouera – c'est une première – à huis clos. Qmagazine revient sur le contentieux historique entre les deux pays....

 

Rappelons d’abord qu'environ 1,26 million de Sicules [population de langue magyare habitant les districts de Covasna, Harghita et Mures, au centre du pays] vivent sur le territoire roumain (sur 21 millions de personnes). Puis, que le conflit entre les deux pays remonte à leur lutte commune contre l’Empire ottoman. Après le départ des Ottomans, la Transylvanie devint une partie de l’Empire austro-hongrois, tandis que la Roumanie indépendante fut formée par les principautés de Valachie et de Moldavie.

Le contentieux augmenta vers la fin du XIXe siècle, à cause du traitement répressif auquel fut soumise la population roumaine restée en Transylvanie. Suivirent l’union de la Roumanie avec la Transylvanie [après la Première Guerre mondiale], la perte de la Transylvanie du Nord, à la suite du diktat de Vienne [1940], la restitution du territoire sept ans plus tard après le traité de paix de Paris, et enfin, presque quatre décennies de tranquillité pendant le règne des Soviétiques. L’idée de l’autonomie de la Transylvanie revint en force dans les années 1980, avant que la révolution de 1989, qui a causé la chute du communisme et la mort des époux Ceausescu, ne mette en sourdine quelque temps le conflit roumano-hongrois.

Quelques mois plus tard, en mars 1990, à Târgu Mures, des heurts entre les populations roumaine et hongroise causèrent le décès de cinq personnes. Le changement viendra seulement en 1996, quand le parti des Hongrois de Roumanie, l’Union démocrate magyare de Roumanie, entra dans la coalition gouvernementale. Ce geste fut suivi de réformes répondant aux doléances de cette population majoritaire dans les départements surnommés Harcov [Harghita et Covasna, plus Mures]. Néanmoins, l’aspiration des Hongrois à l'autonomie reste un problème historique qui génère systématiquement des tensions entre les deux gouvernements, de Bucarest et Budapest...

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DÉBAT : Nous, le peuple européen disparu

DÉBAT : Nous, le peuple européen disparu | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Aller vers “plus d’Europe” pourrait aider le continent à sortir de la crise. Mais encore faudrait-il créer les Européens.

 

Pour retrouver ce sens d’une destinée commune, que nous avons perdu le siècle dernier, il convient de miser sur l’Education, les échanges culturels et les initiatives politiques, explique un journaliste français.

Par Olivier Guez, du New York Times.  

Ainsi la Grèce ne s’est pas effondrée et l’Europe a commencé à souffler. Mais pas pour longtemps. Les électeurs rebelles d’Italie, qui ont opté pour un milliardaire extravagant et un clown, nous ont rappelé la semaine dernière combien la crise que traversait le continent était profonde.

Pendant ce temps, la France fait cavalier seul au Mali, ou presque, et la Grande-Bretagne parle ouvertement de quitter le navire Europe. Ce n’est pas seulement la monnaie de l’Europe qui est en crise, c’est son âme.

Si tant est qu’elle ait jamais existé, la vision embryonnaire d’une Europe unie se désagrège du fait de l’absence de soutien de ses peuples. Chacun nourrit ses propres ressentiments ou ses propres soupçons à l’égard de ses partenaires. Mais tous souffrent du même manque : très peu de leurs citoyens se considèrent d’abord et avant tout comme des Européens.

 

Comment est-ce possible ? L’histoire européenne de ces cinquante dernières années est généralement décrite comme une progression pas à pas vers un avenir commun. Mais peut-être, pour comprendre où nous en sommes arrivés aujourd’hui, faudrait-il faire commencer cette histoire plus tôt – non pas avec le rapprochement franco-allemand dans les années 1960 -, mais avec le modèle d’Europe qui prévalait pendant la décennie précédant le cataclysme de 1914.

A bien des égards, l’Europe de 1913 était plus cosmopolite et plus européenne que l’Europe d’aujourd’hui. Les idées et les nationalités se brassaient et convergeaient les unes vers les autres dans un creuset de créativité....

 

C’est pour cette raison que l’Europe doit trouver une idée neuve, une nouvelle vision, un ciment pour l’avenir. Les nobles principes auxquels nous sommes habitués ne suffiront pas. Les droits de l’homme, le pluralisme, la liberté de pensée, la démocratie sociale de marché – apparaissent tous dans les constitutions nationales ; les citoyens n’ont pas besoin de l’Union européenne pour en bénéficier. Comment, dans ces conditions, développer des liens affectifs avec l’Europe ?

La réponse réside peut-être dans la conception d’une Europe plus charnelle, une Europe qui a des couleurs, des odeurs, un folklore, une force poétique. Et de la diversité. Cet objectif ne s’articule pas sur des principes connus – une langue, une histoire ou des lignées communes – mais sur l’exact opposé : une entente culturelle et un cadre de référence qui dépassent les frontières et sont fondamentalement européens. Au sujet de l’Europe, Milan Kundera parle d’un "maximum de diversité dans un minimum d’espace" – une affirmation peut-être aussi forte que "liberté, égalité, fraternité", ou "tous les hommes sont égaux".

Ce type d’idéal fondateur est la condition sine qua non de l’unité politique du continent.....

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Berlusconi fait encore du pied aux fascistes

Berlusconi fait encore du pied aux fascistes | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L’ancien Premier ministre d’Italie a de nouveau dragué les fascistes, à l’occasion de son retour en politique. "Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines" a-t-il affirmé avec aplomb.

En outre, il a assuré que l'Italie "n'a pas les mêmes responsabilités que l'Allemagne". La sortie est d’autant plus remarquée que l'ex-chef du gouvernement italien s'exprimait à l'occasion de la journée de la mémoire de l'holocauste…  Berlusconi a d’autant plus atterré l’Europe que la chancelière Angela Merkel avait déclaré auparavant que l'Allemagne avait "une responsabilité permanente pour les crimes du national-socialisme".
Le parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL) est en pleine campagne pour reconquérir le pouvoir aux élections législatives des 24 et 25 février, pour lesquelles le Parti démocratique (social libéral) est donné favori. Il tente une opération séduction sans complexe de l’extrême droite pour espérer remonter dans les sondages.

Et ce n’est pas son coup d’essai. "Mussolini n'a jamais tué personne. Mussolini envoyait les gens en vacances aux confins du pays" avait-il lancé en 2003, provoquant un premier et lourd tollé. Il avait enfoncé le clou cette même année lors d’un meeting, alors qu’il était déjà embêté par la justice. Berlusconi était alors monté sur scène et avait attaque les juges, accusés d'avoir "transformé l'Italie en régime policier" avec la complicité des "communistes". "Le fascisme a été moins odieux que cette bureaucratie en toge qui recourt à la violence politique au nom de la justice."

Le président de l'Union des communautés juives italiennes, Renzo Gattegna, a rappelé ce dimanche que les lois raciales en Italie, qui notamment excluaient les juifs de l'armée et de l'enseignement et limitaient leur droit de propriété, datent de 1938, bien avant la guerre. "Les persécutions et les lois racistes antisémites italiennes sont nées bien avant la guerre et ont été appliquées en toute autonomie sous la responsabilité pleine et entière du régime fasciste, par la suite allié et complice volontaire et conscient de l'Allemagne nazie", a-t-il expliqué...

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Les grandes failles du traité de l'Elysée

Les grandes failles du traité de l'Elysée | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les cérémonies fastueuses prévues pour célébrer un demi-siècle de coopération entre la France et l'Allemagne ne doivent pas tromper : les mesures contenues dans ce traité historique sont, en majorité, restées lettre morte.

 

Dix ans après avoir été réunis à Versailles, les députés français et allemands se retrouveront le 22 janvier au Bundestag pour célébrer en grande pompe le 50e anniversaire du traité de l'Elysée. Cette rencontre spectaculaire sera précédée d'un conseil des ministres commun à la chancellerie, autour d'Angela Merkel et de François Hollande. Les deux chefs d'Etat publieront à cette occasion une "déclaration du cinquantenaire" qui devrait réaffirmer la volonté des deux pays de poursuivre cette collaboration à nulle autre pareille mais devrait comporter peu d'engagements concrets. Face à des socialistes français plein d'allant, les Allemands sont restés sur la réserve. Non sans raison.

Il serait aujourd'hui cruel de dresser un bilan de la longue déclaration - pas moins de 43 paragraphes - publiée il y a dix ans par Jacques Chirac et Gerhard Schröder. Angela Merkel n'attache d'ailleurs pas forcément moins d'importance à cet anniversaire que François Hollande. Symboliquement, la première y a fait référence dans ses voeux le 31 décembre. Pas le second.

On ignore ce que Charles de Gaulle et Konrad Adenauer auraient pensé de cette postérité. On sait que, pour de Gaulle, les traités étaient comme des roses ou des jeunes filles - "Ça dure ce que ça dure". Néanmoins, il aurait comparé celui-ci à une roseraie qui saurait fleurir tant qu'on en prendrait soin. Or, le moins que l'on puisse dire est que les jardiniers ont mis du temps à entretenir la roseraie. En 1965, de Gaulle qualifie même le traité de "cordiale virtualité".

La France et l'Allemagne n'avaient pas la même vision de l'Europe. Avant de ratifier le traité, les députés allemands ont d'ailleurs exigé de le faire précéder d'un "préambule castrateur", selon l'expression d'Hélène Miard-Delacroix, auteure du livre Le Défi européen. De 1963 à nos jours (Presses universitaires du Septentrion, 2011). Alors que de Gaulle veut une Europe qui s'émancipe des Etats-Unis et que lui-même s'oppose à l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'Europe communautaire, le préambule indique que les objectifs de la République fédérale d'Allemagne restent inchangés, notamment "une association étroite entre l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique" et l'unification européenne "en y associant la Grande-Bretagne". Difficile de prendre davantage ses distances avec la politique gaulliste....

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Chypre, île carrefour entre Byzance et l'Occident

Chypre, île carrefour entre Byzance et l'Occident | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L'exposition du musée du Louvre, à Paris, raconte, jusqu'au 28 janvier, au travers de 150 objets, icônes, fresques, manuscrits, les douze siècles d'histoire, du IVe au XVIe, de cette île située au large du Liban.
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