Union Européenne, une construction dans la tourmente
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Union Européenne, une construction dans la tourmente
L'Union Européenne à travers l'actualité, les réflexions et les débats.
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La dette grecque est 'explosive' (FMI)

La dette grecque est 'explosive' (FMI) | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

Le FMI juge la dette grecque actuellement "intenable" et "explosive" sur le long terme et appelle la zone euro à proposer des mesures d'allègement "plus crédibles", selon un rapport confidentiel de l'institution obtenu vendredi par l'AFP. Ce sombre diagnostic compromet pour l'heure la participation financière du Fonds monétaire international au 3e plan d'aide accordé à la Grèce par les Européens en 2015, malgré l'insistance de l'Allemagne. "La dette grecque est totalement intenable. Même avec une application pleine et entière des réformes approuvées dans le cadre du programme (d'aide, ndlr), la dette publique et les besoins de financement vont devenir explosifs sur le long terme", écrit le FMI dans ce rapport qui doit être présenté à ses Etats membres début février. Sans mesures d'allègement, la dette grecque devrait ainsi atteindre 275% du produit intérieur brut du pays, indique le rapport. Selon ses règles internes, le FMI, qui a participé aux deux précédents plans d'aide à la Grèce en 2010 et 2012, ne peut accorder de prêts à un pays que s'il juge sa dette soutenable avec un fort degré de probabilité. Ce rapport risque donc de faire des remous en Europe où plusieurs pays, dont l'Allemagne, ont fait de la participation financière du FMI une condition sine qua non du renflouement de la Grèce.…

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Les Inrocks - Au Pirée, les migrants épuisés rêvent de l'Europe

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Par milliers, les réfugiés syriens, irakiens et afghans débarquent au Pirée, venant de l’île de Lesbos, porte d'entrée en Europe. Mais le port d'Athènes n'est pour eux qu'une étape dans leur périple vers le Nord.

 

Le port du Pirée, d’ordinaire très animé, est particulièrement tranquille. Ce mardi, aux alentours de 20 heures, le quai E1 s’est vidé. Plus personne n’attend de bateaux chargés de touristes. Aucun départ pour les îles grecques n’est attendu. Pourtant, deux longues files de taxis se dessinent. Les chauffeurs sont venus guetter le navire Tera Jet.

A son bord, plus de 1 800 réfugiés, majoritairement des Syriens, des Irakiens et des Afghans. Affrété par le gouvernement grec, cette embarcation arrive tout droit de Lesbos. A l’aube, mercredi, un autre bateau, ayant fait le même trajet, avec 2 500 personnes a également jeté l’ancre. L’île, située à une dizaine de kilomètres des côtes turques au nord de la mer Egée, fait face à une arrivée importante de migrants et de réfugiés. 33 000 depuis le 1er août. Un flux massif et continu également enregistré sur plusieurs îles du Dodécanèse (Kos et Chios, entres autres).

 

 

Le manque criant de structures d’accueil rend la situation explosive. Sur place, les autorités sont débordées. Depuis le début du mois d’août, des ferries dépêchés par Athènes font la liaison plusieurs fois par semaines entre les îles et le Pirée.

 

 

Yiorgos, chauffeur de taxi originaire de Trikala (nord de la Grèce), ne rate aucun de ces débarquements. “C’est plus de travail pour nous”.  A force, l’homme de 54 ans dit s’être “habitué”. Les premières fois, lorsqu’il a vu ce monde arriver sur le port, il a “eu mal”.

“Ils ont l’air malheureux. Ils fuient la guerre et laissent tout derrière eux pour rejoindre l’Europe. J’espère qu’ils auront la possibilité de quitter la Grèce au plus vite. Pour nous comme pour eux, rien de bon ne les attend ici.”

 

L’itinéraire est connu. “Nous voulons arriver en Allemagne au plus vite. Les trois jours passés à Mytilène étaient horribles (la capitale de Lesbos ndlr). Là-bas, il y a énormément de monde mais aucune gestion. Beaucoup de migrants dorment par terre, dans la rue, sur le port. Nous, nous avons dû dormir sous des tentes, sans pouvoir prendre de douche, sans manger à notre faim. Je me sens sale et épuisé”, lâche t-il d’un ton las. Un de ses amis l’interrompt et le presse. Il a entendu qu’il était encore possible de prendre un train pour Thessalonique. Il faut partir. Amar disparaît dans la foule.

Un peu plus loin, un groupe de onze hommes attend, patiemment, un bus moins bondé. Ces amis d’enfance – âgés de 22 à 29 ans – sont tous originaires d’Amouda, ville du Kurdistan syrien. Malgré la fatigue, ils semblent heureux et sereins. A les entendre, l’arrivée à Athènes sonne comme une délivrance. Pour eux aussi, Mytilène fut une mauvaise expérience. La pire depuis leur départ il y a un mois...

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Les Inrocks - Reportage à Athènes chez les déçus de Syriza

Les Inrocks - Reportage à Athènes chez les déçus de Syriza | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Le 20 août, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé la démission de son gouvernement laissant place à des élections législatives anticipées prévues fin septembre. Cette déclaration semble avoir pris au dépourvu les partisans de Syriza, qui ne savent plus vers qui se tourner.

 

En cette période estivale, les rues d’Athènes sont désertes. De nombreux magasins sont fermés. Les Grecs sont encore en vacances pour la plupart sur le continent ou les îles voisines. C’est dans ce climat que le Premier ministre, Alexis Tsipras, a annoncé jeudi 20 août la démission de son gouvernement et la tenue d’élections législatives fin septembre. Une décision attendue.

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Syriza a en effet perdu sa majorité parlementaire après la défection de 43 de ses députés qui ont refusé, le 14 août, de voter en faveur de nouvelles réformes nécessaires au déblocage d’une aide de 86 milliards d’euros. Affaibli, Alexis Tsipras a décidé de remettre son avenir entre les mains du peuple grec. Lors d’une allocution télévisée sur la chaîne nationale ERT, il a demandé à ses concitoyens de décider s’ils estimaient “l’accord valable pour surmonter l’impasse et relancer l’économie”, les invitant à voter pour le gouvernement le mieux à même “de mener les réformes nécessaires”.

 

La vie tourne au ralenti à Aigaléo. Dans ce quartier ouest de la banlieue athénienne, Syriza a récolté 43,10% des suffrages lors des élections législatives de janvier. L’un de ses meilleurs scores.  Assis à la terrasse d’un café, Kostas votera de nouveau “sans hésiter” pour le parti d’extrême gauche. Depuis le début, cet ancien ouvrier du bâtiment, aujourd’hui au chômage à 56 ans, est un soutien solide d’Alexis Tsipras. “Contrairement à nos gouvernements précédents, en grande partie responsables de la crise que nous traversons, Tsipras a vraiment essayé de se battre pour nous. Il a voulu rompre avec une politique d’austérité que nous subissons depuis cinq ans. Notre pays se trouve dans une situation très critique et malheureusement il n’a pas eu d’autres choix que d’accepter un troisième plan d’aide.”...

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Les Inrocks - Grèce: une page d'histoire

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La victoire de la petite Grèce rouge, ruinée et seule au monde, contre l’Europe tout entière.

 

Personne ne sait ce qui va se passer maintenant, c’est entendu, mais tout le monde sait qu’il s’est passé quelque chose de véritablement historique le 5 juillet 2015 : un très vieux peuple de la très vieille Europe a répondu “non” à l’austérité que des instances fort peu démocratiques et fort peu communautaires prétendaient lui imposer ad vitam æternam, au mépris de sa souveraineté démocratique la plus élémentaire, et au mépris des résultats désastreux de la dite austérité.

Pronostiqué “serré”, voire “suicidaire”, ce référendum restera comme une immense victoire politique de Syriza, un coup de maître d’Aléxis Tsípras, remporté haut la main contre des adversaires puissants et déterminés qui n’ont cessé de tempêter, menacer et promettre les pires représailles. Mais rien n’y a fait. Le “non” est arrivé en tête dans toutes les régions de Grèce, sans exception. Dans le New York Times, le prix Nobel d’économie américain Paul Krugman salue la détermination grecque face à une campagne sans précédent d’intimidation et de chantage, orchestrée par tous les dirigeants européens et relayée par l’immense majorité des médias.

 

Mais rien n’y a fait. En faisant campagne pour le “oui”, avec une absence de vergogne qui ne laisse pas d’étonner, Lagarde, Merkel, Juncker et Schulz ont écrit une page particulièrement honteuse de l’histoire de l’Europe. Ils ont tombé les masques. Comment résister à de telles injonctions quand les banques sont fermées et que vos poches sont vides ?

Pour arracher le “oui” et mettre fin à “l’expérience Syriza”, les créanciers n’ont pas hésité à asphyxier financièrement un pays tout entier. Mais rien n’y a fait. C’est une histoire de fous, quand on y songe, un triomphe politique d’une portée considérable : la victoire de la petite Grèce rouge, ruinée et seule au monde, contre l’Europe tout entière. Il faut se frotter les yeux pour y croire… Angela elle-même, si inflexible, si certaine de son bon droit, doit être un peu sonnée. “J’ai tout à fait conscience que le mandat que vous m’avez confié n’est pas celui d’une rupture avec l’Europe, mais un mandat pour renforcer notre position aux négociations afin de rechercher une solution viable”, s’est empressé de déclarer Tsípras, sitôt connu le triomphe du “non”....

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GRÈCE. Faillite, sortie de l'euro, négociation : 3 scénarios après le "non" au référendum

GRÈCE. Faillite, sortie de l'euro, négociation : 3 scénarios après le "non" au référendum | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
LE PLUS. Alexis Tsipras a réussi son pari. Invités à se prononcer sur les propositions de leurs créanciers européens, les Grecs les ont rejetées, en votant "non" à 61,3% lors du référendum organisé le dimanche 5 juillet. Et maintenant, quels sont les scénarios économiques possibles ? Éclairage de Xavier Timbeau, directeur de l’Obervatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

 

1. La négociation d'un accord plus "souple"

 

Le premier scénario possible est celui qui est souhaité par le gouvernement grec. La victoire du "non" renforce la légitimité d’Alexis Tsipras et donc sa position pour renégocier un meilleur accord avec les créanciers européens. Cette négociation aboutit alors à un nouveau plan d’aides, mais cette fois plus souple et moins lourd à supporter pour l’État et la population....

 

 

2. La sortie progressive de la zone euro

 

Le second scénario qui peut se dessiner, c’est celui d’une sortie progressive de la Grèce de la zone euro.

 

Les banques grecques ferment, la Banque centrale européenne (BCE) décide de couper l’assistance à ce pays, ce qui conduirait à un défaut de l’État grec. Les autres pays européens, eux, chercheront alors à s’isoler du "problème grec". Juridiquement, les pays européens ne peuvent décider de la sortie de la zone euro de la Grèce, cette décision n’appartient qu’au pays concerné....

 

3. Mettre l'État grec en faillite 

 

Reste un dernier scénario, plus atypique, plus original. L'idée est de maintenir la Grèce dans la zone euro mais aussi de conclure un accord entre les deux parties, le gouvernement grec et ses créanciers européens, pour mettre l’État grec en faillite. Il s'agit de maintenir un euro fonctionnel en Grèce tout en le séparant d'un État défaillant....

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Les Inrocks - Ils sont fous, ces Grecs !

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En choisissant le référendum, Aléxis Tsípras donne une leçon de démocratie à l’Europe du libéralisme mal tempéré.

 

C’est tout de même exaspérant, ces gens qui se permettent de vous donner des leçons de démocratie ! Comme si c’était eux qui l’avaient inventée… En choisissant l’option référendum pour répondre au blocage des négociations avec les “institutions”, Aléxis Tsípras a d’ores et déjà réussi un coup de maître et donné une leçon de politique à ses interlocuteurs de Bruxelles ou Washington.

Ce référendum “ferme la porte à la poursuite des discussions”, s’étrangle le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, patron de l’Eurogroupe, qui ne peut même pas envisager que, muni d’un mandat démocratique, on fasse le choix de retourner devant les électeurs pour leur demander leur avis, quand le mandat en question ne peut plus qu’être renié ou travesti devant une fin de non-recevoir. Pour lui, l’organisation de ce scrutin envoie “un message négatif aux Grecs”.

Devant un tel aveu, aussi benoîtement formulé, Yánis Varoufákis n’a pas tort d’ironiser sur ces technocrates qui paraissent découvrir que l’idéal démocratique est un concept qui relève de l’émancipation des peuples et non de leur soumission à des puissances bien décidées à leur “tordre le bras”, pour reprendre la charmante expression en vogue à Bruxelles à propos de ces fichus Grecs.

Pris au dépourvu par l’initiative politique de Tsípras, qui a l’immense mérite de les révéler pour ce qu’ils sont, des idéologues maîtres chanteurs qui ne supportent pas que quiconque ose contester leurs dogmes néolibéraux, les membres de l’Eurogroupe geignent que l’accord était en vue, à portée de main, et que ces Grecs de Syriza sont des fous furieux qui s’apprêtent à rajouter du malheur à leur peuple....

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Réformes ou sortie de l’euro : comprendre le blocage sur la Grèce

Réformes ou sortie de l’euro : comprendre le blocage sur la Grèce | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Athènes et ses créanciers n’ont plus que quelques jours pour trouver un compromis qui éviterait à la Grèce un défaut de paiement et une sortie de l’euro.

 

Les tractations en cours entre les protagonistes de la crise grecque parviendront-elles à sortir enfin de l’impasse ? Après le nouvel échec des négociations avec les « institutions » (ex-Troïka), le 18 juin, Athènes est désormais dangereusement proche du défaut de paiement alors qu’elle est confrontée aux échéances de plusieurs remboursements. Le point sur la situation....
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Eva Joly en croisade contre l’évasion fiscale en Grèce

Eva Joly en croisade contre l’évasion fiscale en Grèce | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La députée européenne est venue à Athènes pour soutenir le travail des associations qui dénoncent les pratiques fiscales des entreprises grecques

 

« Je crois que M. Tsipras plus que tous ses prédécesseurs peut s’attaquer à la fraude fiscale. Ce n’est donc pas un hasard si nous sommes venus présenter à Athènes notre rapport sur les réseaux de l’évasion fiscale via les Pays-Bas, explique Mme Joly, car il y a une grande hypocrisie de l’Europe. Le ministre des finances hollandais, Jeroen Dijsselbloem, tape sur Tsipras en tant que président de l’Eurogroupe, alors qu’il est le chef d’un paradis fiscal en plein cœur de l’Europe ! ».

 

Vice-présidente de la commission spéciale sur les rescrits fiscaux, créée par le Parlement européen le 12 février 2014 afin d’enquêter sur les politiques fiscales de certains pays, Mme Joly est venue à Athènes soutenir le rapport de l’organisation non gouvernementale (ONG) hollandaise SOMO, qui dénonce les pratiques financières des Pays-Bas.

« Le régime de construction de holding des Pays-Bas est le plus populaire au monde avec un environnement fiscal très avantageux – 0 % de taxes ! – et une très grande flexibilité du droit fiscal », stipule ce rapport. « En Grèce, les plus grosses entreprises ont souvent recours à des montages compliqués pour éviter la taxation », explique Eva Joly.....

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La zone euro ouvre la voie au maintien d'Athènes sous perfusion jusqu'à l'été

La zone euro ouvre la voie au maintien d'Athènes sous perfusion jusqu'à l'été | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
L'Eurogroupe a donné ce mardi son feu vert au projet de réformes présenté par la Grèce.

 

Les ministres des Finances de la zone euro ont avalisé mardi le projet de réformes présenté par Athènes, ouvrant ainsi la voie à la prolongation jusqu’à l’été du programme de financement du pays, pour le sauver de l’asphyxie financière. Cet accord de principe de l’Eurogoupe a été annoncé sur Twitter par le vice-président de la Commission européenne en charge de l’Euro, Valdis Dombrovskis.

«Après une téléconférence de l’Eurogroupe» pour examiner la liste des réformes présentée par Athènes, «les procédures nationales pour l’extension du programme grec peuvent commencer», a écrit Valdis Dombrovskis, faisant notamment référence au feu vert nécessaire du Parlement allemand.

Les consultations des ministres ont duré à peine plus d’une heure, après un premier aval donné dans la matinée par les institutions créancières (UE, BCE et FMI), l’ex-troïka à la feuille de route soumise par Athènes. La rédaction de la liste grecque s’est faite en étroite concertation entre le nouveau gouvernement grec de gauche radicale et les créanciers du pays, donnant lieu à des «échanges constructifs» durant tout le week-end, selon Valdis Dombrovskis.

 

Athènes a mis ainsi beaucoup d’eau dans son vin, en s’engageant notamment à renoncer à annuler les privatisations déja réalisées. Sur le relèvement du salaire minimum, autre promesse électorale emblématique de Syriza, la Grèce ne confirme ni le calendrier (2016), ni le montant (751 euros) envisagé jusqu’alors, et renvoie à une consultation avec les partenaires sociaux et les institutions européennes et internationales....

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GRÈCE • Athènes rompt avec la Troïka

GRÈCE • Athènes rompt avec la Troïka | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Syriza, le parti de gauche radicale qui a récemment gagné les élections en Grèce, semble tenir ses engagements de campagne. Yanis Varoufakis, le nouveau ministre des Finances, a déclaré que le pays mettrait fin à la coopération habituelle avec le FMI, la BCE et l'Union Européenne.

 

Depuis la victoire du parti de gauche radicale Syriza aux dernières élections législatives en Grèce, l'Europe vit au rythme des annonces sur la restructuration de la dette grecque. Élus sur un programme anti-austérité, les nouveaux hommes forts à Athènes savent qu'ils sont très attendus sur la scène internationale. 

Le 30 janvier dernier, la visite à Athènes de Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, a fourni le prétexte à quelques déclarations de principe du nouveau ministre grec des finances. Cité par le quotidien économique de référence Financial Times, Yanis Varoufakis a déclaré sans ambages que les grecs "ne négocierons pas avec un comité dont la constitution est pourrie depuis la base". Périphrase habile pour évoquer la fin de la coopération de l'État grec avec la Troika, triumvirat composé de la Banque centrale européenne (BCE), le Fond monétaire international (FMI) et l'Union européenne (UE), créé pour mener la sortie de crise dans le pays.

 

D'autre part, Yanis Varoufakis - qui a avancé sa venue en France à aujourd'hui - a également averti que "la Grèce n'acceptera pas une extension du programme de sauvetage de l'UE qui prendra fin en février" rejetant ainsi la possibilité d'une rallonge de sept milliards d'euros, rajoutant que "c'est cette position qui nous a permit de gagner la confiance du peuple grec" et de gagner les élections.

Jeroen Dijsselbloem, s'est voulu prudent, rappelant que "le problème des grecs n'a pas disparu dans la nuit qui a suivi les élections". Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires cité par le quotidien britannique, "nous devons tous nous sentir concerné par la situation économique en Grèce. Notre but commun est stimuler la croissance. Pour cela, nous avons besoin de pragmatisme et du respect des engagements par les deux partis".....

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A Athènes, la lutte des crasses

A Athènes, la lutte des crasses | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Cinq ans d’austérité ont aussi profondément affecté la vie démocratique grecque.

 

La Grèce est passée de la 68e place en 2008 à la 99e place en 2014 sur l’indice de la liberté d’expression. Au cours de la même période, la dette, elle, a continué à grimper pour atteindre 175% du PIB. C’est cet endettement irréductible qui monopolise les débats de l’actuelle campagne électorale en vue des élections législatives de dimanche, pour lesquelles Syriza («la coalition de la gauche radicale») est en tête des sondages.

Pourtant, crise économique et crise démocratique sont peut-être les deux faces d’une même pièce. Comme en témoignent les récentes dérives du travail législatif au Parlement. «C’est à partir de 2012 que le nouveau système a été mis en place», constate Sotiris Koukios, un journaliste indépendant, spécialiste du Parlement. Il dénonce la surabondance d’amendements qui n’ont rien à voir avec l’intitulé des lois : «C’est totalement illégal, la Constitution l’interdit. Mais c’est devenu la règle. Des mesures critiquables ou impopulaires passent ainsi au forceps sans aucune consultation. Car ces ajouts de dernière minute sont souvent illisibles et rédigés en centaines de paragraphes qui font référence à des centaines d’articles de lois, mentionnés par leur seul nom de code.»...

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VU D’ALLEMAGNE • Une nouvelle crise grecque, le cauchemar des Européens

VU D’ALLEMAGNE • Une nouvelle crise grecque, le cauchemar des Européens | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La Grèce se dirige vers de nouvelles législatives le 25 janvier. Le favori, Alexis Tsipras, de la coalition de la gauche radicale, fait sursauter la presse en Europe du Nord, notamment en Allemagne.

 

"Nouvelles législatives en Grèce", "Changement de cap en Grèce", "Une réaction en chaîne fatale nous menace", "La crise de l'euro est-elle de retour ?"… En Allemagne, les titres tendent à dramatiser après l'annonce de l'échec du troisième tour de l'élection présidentielle en Grèce, ce 29 décembre.

Dans le pays qui se vit comme le principal secouriste de la Grèce endettée depuis le début de la crise de l'euro en 2010, la perspective de nouvelles élections à Athènes "réveille de vieilles inquiétudes", note le Handelsblatt. "Ces élections pourraient apporter une nouvelle orientation politique lourde de conséquences – si la coalition de la gauche radicale (Syriza) accède au pouvoir", s'inquiète le quotidien économique.

Car celui qui part en meilleure position n'est pas Antonis Samaras, Premier ministre actuel et réformateur apprécié à Bruxelles, mais Alexis Tsipras, le chef de la gauche radicale, souligne aussi le quotidien conservateur Die Welt....

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Pourquoi la Grèce n'a jamais eu autant besoin de relâcher l'austérité

Pourquoi la Grèce n'a jamais eu autant besoin de relâcher l'austérité | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

GRÈCE - Athènes a de nouveau haussé le ton, jeudi, par la voix de son président Karolos Papoulias, interrogé par Arianna Huffington, présidente et fondatrice du Huffington Post qui était en Grèce pour le lancement de son édition locale. Le chef de l'Etat en fonction depuis 2005 s'en est pris à la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne, réunis sous la bannière de la "troïka".

Karolos Papoulias a évoqué des recommandations difficiles à remplir, alors que des discussions doivent reprendre avec le gouvernement grec. Le président de la République hellène assure également que les membres de la troïka démontrent régulièrement un "esprit moyen", ajoutant qu'ils agissent comme "s'ils parlaient à des cailloux et non à des gens".

Bien que l'économie de la Grèce semble se relever (croissance de 2,5% en 2015), le climat des négociations s'est détérioré ces derniers jours. Imaginez un blessé de longue date qui devrait réapprendre à marcher seul... Des inspecteurs de l'UE et du FMI étaient attendus à Athènes, mais il ne reste que trois semaines pour tenter de conclure un accord avant la date butoir du 8 décembre fixée par le gouvernement d'Antonis Samaras.

Le constat est simple: le deuxième plan d’aide à la Grèce arrive à échéance à la fin de décembre, il faut donc mettre en place les modalités de sortie. La majorité des pays de l’UE est favorable à la mise en place d’un "programme de précaution" sous la forme d’une ligne de crédits prise sur le fonds de soutien de la zone euro (MES). Une sorte de béquille pour accompagner Athènes dans les prochains mois....

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Les Inrocks - "L'inculpation morale des Grecs par les institutions européennes est inacceptable"

Les Inrocks - "L'inculpation morale des Grecs par les institutions européennes est inacceptable" | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it

L'économiste hétérodoxe américain James K. Galbraith, conseiller de Yánis Varoufákis et auteur du "plan B" qui envisageait les conditions de sortie de la Grèce de la zone euro, raconte dans son dernier livre les dessous des longs mois de négociations et de pressions internationales qui ont mené la Grèce au bord du gouffre. Entretien.


Dans la famille Galbraith, l’attachement et l’engagement vis-à-vis de la Grèce est filial. Du temps de la dictature, l’économiste Galbraith père, ami d’Andréas Papandréou, lui aurait évité d’être exécuté par les colonels en intervenant directement auprès du Président Lyndon Johnson en 1967. C’est une des nombreuses anecdotes racontées par l’économiste Galbraith fils dans son livre, Crise grecque, tragédie européenne (éd. Seuil). Un beau jour de février de 2015, James K. Galbraith foula le sol grec pour rejoindre son ami Yánis Varoufákis, alors ministre des finances, qui l’avait prié de l’aider à affronter la Troïka dans ses négociations pour le sauvetage de la Grèce. L’économiste hétérodoxe américain, témoin de premier plan, raconte de l’intérieur et au plus près de l’action les dessous des difficiles mois de négociations entre la Grèce et ses créanciers....

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Migrants, la stratégie des Etats

Migrants, la stratégie des Etats | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
De l'Italie à la Roumanie, les pays du sud-est de l'Europe gèrent l'afflux, chacun à leur manière.

 

Italie : La péninsule sous pression

Environ 5 300 migrants, principalement en provenance d’Afrique subsaharienne, ont été secourus la semaine dernière en Méditerranée près de la côte libyenne, a annoncé mardi l’agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l’espace Schengen. Ce sont déjà quelque 95 000 migrants qui ont été secourus en Méditerranée centrale et emmenés dans les centres d’accueil de la péninsule. Critiquées par Berlin et Paris pour n’avoir pas encore mis en place les centres d’enregistrement de première entrée (afin de différencier les demandeurs d’asile des autres migrants), les autorités italiennes ont répondu par la voix du ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, clamant que «l’Italie fait ce qu’elle doit faire […] et même beaucoup plus, en sauvant des dizaines de milliers de vies humaines et en accueillant les réfugiés». «Nous sommes un modèle positif au niveau international», a-t-il assuré.

Grèce : La porte d’entrée démunie

C’est devenu, en 2015, le premier pays d’entrée pour les migrants : 160 000 depuis début janvier, sur les 293 000 arrivées en Europe par la Méditerranée, où ont péri 2 450 personnes. Avec des situations catastrophiques dans certaines îles comme Lesbos ou Kos, que ni le gouvernement ni Frontex (l’agence européenne de surveillance des frontières) n’ont les moyens de gérer....

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Alexis Tsipras remet son mandat en jeu

Alexis Tsipras remet son mandat en jeu | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Lâché par l’aile gauche de Syriza, le Premier ministre grec a annoncé qu’il démissionnait ouvrant la voie à des élections anticipées fin septembre.

 

La décision était plus ou moins attendue – même si la presse évoquait plutôt il y a quelques jours  le dépôt d’une motion de confiance : dans la nuit du 13 au 14 août en effet, les “frondeurs” de Syriza avaient refusé d’approuver le plan d’aide européen à la Grèce qui suppose de drastiques mesures d’austérité – : une trentaine avaient voté contre et 11 s’étaient abstenus. Or c’est précisément contre ces plans d’austérité imposés au pays qu’Alexis Tsipras s’était fait élire en janvier. Apppelés à se prononcer sur le dernier plan par référendum les Grecs avaient voté non à 61,3% des voix, le 5 juillet dernier.

 

Alexis Tsipras a donné le coup d’envoi d’un nouveau drame politique en Grèce, estime de son côté the Guardian, en annonçant qu’il démissionnait sept mois seulement après son arrivée au pouvoir. Après une élection générale, un référendum, les Grecs vont devoir retourner aux urnes.” Pour le quotidien britannique, si le Premier ministre grec réussit son pari, il sera réélu avec un mandat clair sur les réformes à entreprendre. “Tsipras est en train de se réinventer comme modéré. Il doit se débarrasser de l’aile gauche de son parti qui refuse le deal des créanciers de la Grèce.”

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“Le peuple grec connaîtra le goût de l’Armageddon”

“Le peuple grec connaîtra le goût de l’Armageddon” | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Les Grecs ont répondu non au référendum sur le plan d’accord d’aide proposé par la troïka. Un non qui marque une incontestable victoire pour Alexis Tsipras mais rend l’avenir du pays et de l’UE incertain, s’alarme la presse européenne.

 

Chaos, victoire, espoir, crise, tournant. Au-delà des orientations partisanes, les grands titres de la presse européenne estiment dans leur ensemble que le non des Grecs au référendum est un événement historique pour l’Europe. “Les Grecs défient l’Europe”, titre The Guardian résumant bien le ton des quotidiens le lundi 6 juillet.

Quelles que soient les conséquences à venir de ce non, la presse européenne salue la victoire du Premier ministre grec. “Eureka”, titre le quotidien de gauche Il Manifesto. “Le leader [de la petite Grèce] a remporté son pari en donnant une splendide leçon de démocratie à l’Europe entière. (…) A partir d’aujourd’hui, il y a en première ligne un peuple entier, conscient et déterminé à faire entendre sa voix dans tout le Vieux Continent”, s’enthousiasme le quotidien pro-Tsipras.
 
Au-delà du soutien sans faille accordé à Syriza, la coalition de la gauche radicale, le Guardian voit dans cet “oxi” massif, un non à la fâcheuse habitude de la classe politique européenne d’imposer sa volonté : “Désormais, les dirigeants européens sont obligés de montrer un peu d’humilité et d’écouter le peuple grec.”....

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La Grèce n'a pas payé le FMI

La Grèce n'a pas payé le FMI | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La date butoire pour le paiement de la dette de 1,6 milliards d’euros de la Grèce au Fonds monétaire international a expiré hier soir. C’est le plus important défaut de paiement de l’histoire du FMI.

 

“La Grèce est devenu le premier pays développé à faire un défaut de paiement vis-à-vis du FMI”, note The Wall Street Journal, alors qu’Athènes a laissé passer la date limite du 30 juin sans honorer le remboursement de 1,6 milliards. Les tractations se sont multipliées ces derniers jours pour essayer d’éviter ce défaut de paiement, en vain. De plus, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, va soumettre à un référendum le 5 juillet le plan d’aide en cours de négociation avec ses partenaires européens et ses créanciers. Le quotidien américain précise que la Grèce a déposé une demande de délai au FMI hier 30 juin. Athènes doit rembourser 5,4 milliards d’euros à l’organisation mondiale cette année, sur une dette totale qui atteint les 21 milliards d’euros.

“C’est un échec historique de la zone euro”, estime pour sa part le quotidien britannique The Guardian. “La Grèce s’est retrouvée seule insolvable et presque en faillite après cinq ans et 240 millards d’euros de plan de sauvetage européen. C’est le premier pays européen à faire défaut à ses créanciers. Cela représente un coup historique pour une Europe engagée de manière irréversible dans sa monnaie unique depuis seize ans”, ajoute le journal.

“La Grèce est au bord de l’abîme”, affirme de son côté le quotidien conservateur espagnol ABC. “Le sort en est jeté. Athènes se réveille ce matin en terrain totalement inconnu. Les demandes de dernière minute formulées par le chef du gouvernement grec hier ont été considérées comme ‘impossibles’ par les dirigeants de la zone euro. Sans aucun doute, les ministres des Finances de la zone vont se réunir à nouveau aujourd’hui, un peu comme si de rien n’était, comme si la barrière symbolique qui a été franchi hier à minuit ne changeait pas complètement les choses.”...

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Les banques grecques fermées jusqu’au 6 juillet

Les banques grecques fermées jusqu’au 6 juillet | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Pour « protéger le système financier grec et l'économie grecque », le gouvernement a annoncé que les retraits aux guichets automatiques seront limités à 60 euros par jour.

 

La décision de fermer les banques et d'instaurer un contrôle des capitaux n’est pas une surprise. Depuis 2010, plus de 80 milliards d’euros ont quitté le pays, et le mouvement s’est encore accéléré après l’annonce d’un référendum vendredi par Alexis Tspiras, appelant les Grecs à se prononcer pour ou contre la poursuite du plan d’aide européen et des réformes....

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Crise grecque : pourquoi les négociations ont échoué

Crise grecque : pourquoi les négociations ont échoué | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La “réunion de la dernière chance”, jeudi 18 juin au Luxembourg, s’est achevée dans l’impasse. Un sommet européen est convoqué d’urgence le 22 juin. A Athènes, la tension augmente.

 

“La Grèce risque de faire face à une crise bancaire de grande ampleur après l’échec de la réunion des ministres des Finances de la zone euro jeudi 18 juin”, alerte The Guardian. Le quotidien britannique ajoute que la réunion, qui devait trouver une solution pour le paiement de la dette grecque à ses créanciers, s’est terminée “dans les récriminations et l’acrimonie”.

Pendant ce temps, en Grèce, plus de 2 milliards d’euros cette semaine ont été retirés des banques par les particuliers. Les banques grecques n’auront peut-être pas les fonds suffisants pour ouvrir lundi prochain. Pour la seule journée d’hier, “Un milliard d’euros a été retiré des banques”, précise le quotidien grec Ta Nea....

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Les Inrocks - Siryza fait renaître l'espoir : Pour le meilleur et pour le Pirée

Les Inrocks - Siryza fait renaître l'espoir : Pour le meilleur et pour le Pirée | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Trois semaines après les élections législatives, le gouvernement de gauche radicale bénéficie d’un soutien quasi unanime. Reportage dans la capitale grecque où le Premier ministre, Aléxis Tsípras, est présenté comme le héros qui saura triompher de la rigueur européenne.

 

“Pour la première fois depuis sept ans, j’ai souri, avec honnêteté.” Nikos, 59 ans, a le teint hâlé, le cheveu blanchi par l’écume des jours et l’oeil rieur. Il est planté là, seul sur une gigantesque zone de construction navale, à l’extrémité nord du Pirée. Sur cette parcelle du port attenante à la petite cité ouvrière de Perama, les chantiers ont presque tous fermé. Restent quelques chiens errants, des paquebots rouillés, des grues immobilisées et des baraquements à l’abandon. Pour repérer Nikos, il faut suivre les effluves d’une fumée âcre. Un immigré qu’il emploie fait brûler des câbles électriques. Ancien patron d’une imposante entreprise portuaire de recyclage, Nikos n’a pas pu quitter les lieux. “Etre physiquement sur le port, ça me maintient en vie.” Après avoir déposé le bilan et licencié ses soixante employés, Nikos a loué une petite parcelle du port, pour tenter de continuer une activité, aussi restreinte soit-elle.

Câbles, pneus, roues, fauteuils de bureau, il recycle, stocke ou brûle… à ciel ouvert. Comme beaucoup d’habitants de Perama, il est endetté jusqu’au cou. “Asphyxié” : le terme revient en boucle. “Il y a encore quelques années, j’avais un train de vie luxueux. Motos, maisons, bateaux… j’amassais. Fils d’ouvrier, je m’étais battu pour construire un capital, je voulais que mes enfants vivent mieux. Presque du jour au lendemain, je me suis retrouvé pris à la gorge, sans liquidités. J’ai tenu six mois avant de me décider à licencier. Puis j’ai cédé. Les banques nous couraient après.”


La fierté d’être grec

Ancien membre actif du Pasok (parti social-démocrate grec, équivalent du PS français), Nikos s’est rapproché d’Aube dorée (extrême droite). Aux législatives de 2012, il accorde sa voix à ce parti néonazi, une manière à lui de hurler contre la décision gouvernementale d’entamer la privatisation du Pirée en revendant une partie des terminaux à l’armateur chinois Cosco. Cette privatisation, Aléxis Tsípras a promis de la bloquer. Nikos rejoint alors la gauche radicale en votant Syriza le 25 janvier. Aujourd’hui, il est fermement décidé à soutenir le nouveau gouvernement : “Tant qu’ils nous montrent qu’ils luttent pour mener à bien leurs projets, je serai avec eux. Même s’ils échouent. Dans ce pays, c’est la première fois qu’on voit des politiques s’investir pour nous. Tsípras est un gars bien, un jeune qui a des ambitions réelles. Il me rend ma fierté d’être grec.” Nikos a le sentiment d’être le rescapé d’une guerre pernicieuse, “parce qu’économique et silencieuse. La guerre la plus dévastatrice qui soit. Quand tu es au front, en principe, tu entends le bruit des obus, tu es prévenu, tu peux tenter de te protéger”.

Face au port, dans un café de Perama, Stefanos et Christos avouent s’être pris les obus en pleine face. Agés de 54 et 56 ans, les deux frères se retrouvent là, chaque jour, après avoir tenté de grappiller quelques heures de travail au port. “Entre 2010 et 2014, nous avons travaillé un an et demi. Dix jours par mois, en tout et pour tout.” Yeux cernés, veste élimée, cigarette allumée, ils ont le regard doux et la main tremblante. “Des années à travailler pour l’élégance des formes, des lignes, des courbes. C’est ça, la soudure. Nous avions du succès. Nous étions très bons à nous deux. En réalité, tous dans ce port, nous faisions du beau boulot, propre, et mondialement compétitif, expliquent-ils. Revenir chaque jour au port, c’est la dernière chose qui nous permet de tenir debout. Quand tu ne peux plus faire vivre ta famille, tu perds ta dignité. Alors que les Grecs sont des personnes fières. Ces bâtards ont étouffé notre fierté.”

Le plus humiliant : ne pas pouvoir aider leurs fils, être contraints de renoncer à financer les études des cadets. Le plus scandaleux : “Que des mômes tombent à terre d’épuisement à l’école, évanouis parce qu’ils n’ont pas assez à manger. Sur l’île de Salamina, juste en face.”....

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Mario Draghi et les Grecs, c'est César contre les Hellènes

Mario Draghi et les Grecs, c'est César contre les Hellènes | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
En fermant ses guichets aux banques grecques, la BCE a pris une décision rude, vue d'Athènes, mais pleinement justifiée. Mario Draghi trace la voie la plus saine de sortie de la crise: à chacun son rôle, son travail et ses efforts.

 

La puissance des Grecs a toujours été de savoir transformer leurs querelles internes en tragédies de portée universelle. Nous y revoilà. La Grèce est le pays des éternels querelleurs qui n'en finissent jamais de vouloir ruser avec les règles humaines à l'aide de leurs dieux.

En 2010, il a fallu mettre en place un programme exceptionnel pour sauver Athènes; en 2015, il le faut encore.

A nouveau, les Grecs accusent les autres, l'Allemagne, Bruxelles et Francfort, de leurs inhumains malheurs. Mais les Grecs ont l'habileté, un rôle confirmé dans l'Histoire, de transfigurer leurs petites histoires en un drame général, aujourd'hui sur la question tragique de l'austérité et des dettes.

Ils ont raison et font mouche: l'Europe continue de mal répondre à ces questions. Le dieu Obama est venu du ciel leur donner un argument de fond et de taille: rien n'est possible sans la croissance, ce devrait être la priorité absolue en zone euro. La querelle idéologique, tapie au fond des esprits, est ressortie aussitôt et s'est enflammée: pour l'orthodoxie ou l'hétérodoxie? Pour l'offre ou la demande? La droite ou la gauche? Le Nord ou le Sud? Ricardo ou Keynes?...

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Victoire historique de la gauche radicale en Grèce

Victoire historique de la gauche radicale en Grèce | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Syriza obtient 36,5 % des voix, selon les projections du ministère de l'intérieur, soit 150 sièges. Sa victoire aux élections législatives est assurée, mais pas sa majorité absolue au Parlement.

 

La victoire de Syriza en Grèce est assurée, seule la question de la majorité absolue au Parlement est encore en jeu. Selon les projections du ministère de l'intérieur, le parti de gauche radicale obtient 36,5 % des voix à l'issue des élections législatives du dimanche 25 janvier.

« Le peuple grec a écrit l'Histoire » et « laisse l'austérité derrière lui », s'est félicité Alexis Tsipras, le dirigeant de Syriza, devant des milliers de personnes rassemblées sur l'esplanade de l'Université d'Athènes.« Le verdict du peuple grec signifie la fin de la troïka ».

Les projections en siège donnent au parti d’Alexis Tsipras, qui deviendra le plus jeune premier ministre grec en plus d'un siècle, 150 sièges au Parlement, à un siège de la majorité absolue. « Il y a un énorme suspense sur la majorité absolue », a dit Michalis Kariotoglou, un responsable de Singular Logic, qui traite les résultats pour le compte du ministère de l'intérieur. « Il se peut qu'il faille attendre le décompte de la totalité des voix. »....

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Syriza, une chance pour Hollande

Syriza, une chance pour Hollande | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
Evidemment, les soutiens français les plus évidents de la gauche radicale grecque sont plutôt Cécile Duflot, Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon. Mais, si le parti d'Alexis Tsipras accède au pouvoir, Hollande pourrait se retrouver dans la position qu’il adore: celle du médiateur et du conciliateur entre deux orientations extrêmes, celui qui fait la synthèse.

 

Dans le jeu de François Hollande, une nouvelle carte peut apparaître au soir du dimanche 25 janvier.

Syriza, le parti de la gauche radicale grecque, est bien placé pour remporter les élections anticipées, aux dépens de la Nouvelle démocratie (ND-centre droit) et du Pasok (socialiste). Ces deux partis historiques qui se sont succédé au pouvoir depuis la chute des colonels en 1974, gouvernaient ensemble depuis 2012. Si la Nouvelle démocratie du Premier ministre sortant Antonis Samaras peut espérer faire presque jeu égal avec Syriza, le Pasok s’est effondré. Les deux partis paient en tous cas leur adhésion à la cure d’austérité imposée par la fameuse «troïka» (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fond monétaire international) pour tenter de rétablir la situation économique d’un pays au bord de la faillite.

Le chef de Syriza, Alexis Tsipras, a fait campagne contre le «memorandum» de la troïka: baisse des salaires et des pensions, privatisations, réforme de l’Etat et des services publics. Il a promis, s’il arrive au pouvoir, de renégocier la dette grecque, qui atteint 175% du PIB et qui continue d’augmenter malgré les coupes claires dans les dépenses publiques. Il ne prône ni la sortie de la Grèce de l’Union européenne ni l’abandon de l’euro, mais il se propose de «réorienter» la politique européenne, au moins vis-à-vis de son pays.

Pour François Hollande, c’est une bonne nouvelle. Après tout, c’est le but qu’il s’était fixé en arrivant à l’Elysée en 2012. Certes sur un mode plus modéré. Et c’est là qu’il a –en partie– échoué. Pour créer un rapport favorable à une réorientation de la politique européenne dans un sens moins rigoureux que souhaité par l’Allemagne, il comptait sur le soutien de l’Italie gouvernée par le centre-gauche et même de l’Espagne des conservateurs. L’axe des pays du sud n’a pas fonctionné....

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GRÈCE • Le "chaos" à Athènes fait trembler la City

GRÈCE • Le "chaos" à Athènes fait trembler la City | Union Européenne, une construction dans la tourmente | Scoop.it
La décision du Premier ministre Antonis Samaras d'avancer l'élection présidentielle a provoqué la pire chute de la Bourse d'Athènes depuis le krach mondial de 1987.

 

Ce devrait être un scrutin sans enjeu majeur, le président n'ayant en Grèce qu'un rôle symbolique. Mais l’annonce du Premier ministre grec, Antonis Samaras, le lundi 8 décembre, de l'organisation d'une élection présidentielle anticipée “ressuscite les craintes pour la zone euro”, titre en une le Financial Times. Selon le quotidien de la City de Londres, l’instabilité politique en Grèce “a déclenché la plus forte baisse à la Bourse d'Athènes depuis les années 1980 et a eu des répercussions sur les marchés mondiaux.”

Le premier tour de l'élection, au suffrage indirect, aura lieu au Parlement le mercredi 17 décembre. Samaras, chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie, qui ne dispose que d’une majorité de 155 sièges sur 300, aura du mal à obtenir les 200 voix requises pour que son candidat, l’ancien commissaire européen Stavros Dimas, accède au deuxième et au troisième tour, précise le journal. Traditionnellement, l’élection du président grec n’est pas un événement de premier plan. Mais, dans le difficile contexte actuel, l'enjeu est important, puisque le pari de Samaras fait craindre l'instabilité politique....

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