Le groupe de spiritueux Belvédère joue sa survie le 12 février | Le Vin en Grand, c'est Byzance ! www.byzancewines.com | Scoop.it

Belvédère mettra-t-il, le 12 février, un terme à la saga judiciaire qui défraye la chronique depuis tant années ? Les actionnaires du groupe de spiritueux, coté à la Bourse de Paris, en redressement judiciaire depuis le 20 mars 2012, sont convoqués en assemblée générale extraordinaire. Deux solutions sont sur la table. Soit ils acceptent le plan de restructuration négocié avec les créanciers pour solder une dette de 537 millions d'euros ; soit le tribunal de commerce de Dijon qui a placé l'entreprise et la plupart de ses filiales en redressement judiciaire, prononce sa liquidation. Le groupe réalise 900 millions d'euros de chiffre d'affaires et compte 3.300 salariés, dont 710 en France.

Un accord a été validé en septembre dernier avec les principaux créanciers, détenteurs d'obligations à taux révisable, dites « FRN », pour un montant de 441 millions d'euros. Un second a suivi dans la foulée avec les créanciers subordonnés qui possèdent pour 96 millions d'Obsar (obligations convertibles en action).

Ce plan de restructuration de la dette prévoit plusieurs scénarios. Si Belvédère parvient à céder certains actifs - vodka Sobieski, whisky William Peel, liqueur Marie Brizard… - pour un montant d'au moins 310 millions, les créanciers FRN solderont leur créance en empochant 55 % du capital. Si les cessions ne dépassent pas 275 millions, ils obtiendront 74 % des actions. Mais il semble peu probable que les marques de Belvédère, parmi lesquelles figurent également Pastis Berger et le whisky Glen Roger's, atteignent de tels montants.

« J'ai reçu à ce jour 13 offres, dont certaines émanent de grands groupes mondiaux de spiritueux, indique Frédéric Abitbol, l'administrateur judiciaire. Une seule, qui est à ce stade une lettre d'intention émanant d'un investisseur américain, non spécialiste du secteur et souhaitant acquérir le pôle vodka, permet d'approcher le seuil de 310 millions d'euros. Elle reste à préciser et à confirmer. »

C'est pourquoi, une autre proposition sera soumise à l'approbation des actionnaires. Les créanciers abandonneraient leur dette et recevraient en échange 87 % des actions, le solde, soit 13 %, restant détenu par les milliers de petits porteurs.

Petits actionnaires

Nicolas Miguet et son association d'actionnaires individuels ne l'entendent pas de cette oreille. « Je déciderai in fine car je représente une majorité des quelque 10.000 actionnaires de Belvédère », assure-t-il.

Le conseil boursier compte faire accepter l'idée d'un plan de continuation intégrant un remboursement de la dette sur sept à dix ans. « Cela pourra aller plus vite en cas de vente d'actifs, mais à un juste prix », plaide t-il. « Monsieur Miguet n'a soumis cette proposition, peu réaliste au regard de la situation financière, ni à Belvédère ni à l'administrateur judiciaire, pourtant seuls compétents pour présenter un plan », rétorque maître Abitbol.


Via Paul-Jean Ricolfi