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Bugarach
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Bugarach: deux personnes interpellées avec des machettes et des masques à gaz

Bugarach: deux personnes interpellées avec des machettes et des masques à gaz | Bugarach | Scoop.it

Deux personnes ont été interpellées vendredi avec des machettes et des masques à gaz dans leur voiture alors qu'elles tentaient de passer les barrages filtrants mis en place autour du village de Bugarach, considéré par certains comme un refuge contre la fin du monde.

Le préfet Eric Freysselinard s'est employé à minimiser les interpellations en émettant l'hypothèse devant quelques journalistes sur place que les deux personnes aient voulu tester le dispositif de sécurité et en parlant d'incident "tout à fait isolé" et "tout à fait marginal". Ces deux personnes, sur lesquelles le préfet n'a pas fourni plus de détails, étaient entendues par les gendarmes pour savoir quelles étaient leurs intentions.

"On pense que ce sont des gens qui ont voulu un peu tester le dispositif et jouer avec les forces de l'ordre", a dit le préfet. Depuis jeudi, les gendarmes ont en outre interpellé un homme avec une arme à impulsion électrique (un "taser") qu'il disait avoir pris pour sa protection personnelle, et un autre en possession d'une batte de base-ball. Ils ont également interpellé quelqu'un qui avait un peu de cannabis sur lui, a dit le préfet. Mais il a relativisé ces interpellations en les rapportant à l'importance du dispositif en place.

150 gendarmes et pompiers ont été mobilisés pour parer un éventuel afflux d'illuminés et de curieux, ou les débordements que pourrait inspirer la prétendue fin du monde.

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L'origine du Buzz

L'origine du Buzz | Bugarach | Scoop.it
Jacques Le Bris's insight:

Avant cet article de L'Indépendant daté du 30 novembre 2010, à peu près personne ne connaissait le nom de Bugarach, ce village du bout du Monde.

 

Encore moins les Mayas !

 

2 ans plus tard, qui n'a pas entendu parler de Bugarach ?

 

Merci Monsieur Le Maire ! Le Buzzmeister.

 

 

Cette histoire me fait penser à Till Eulenspiegel qui avait apprivoisé les rats. Monsieur Delord a apprivoisé les journalistes du monde entier !

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Une nuit dans les rues désertes de Bugarach

Une nuit dans les rues désertes de Bugarach | Bugarach | Scoop.it
Les quelque 200 villageois commencent à en avoir assez des centaines de journalistes, gendarmes et badauds qui attendent dans la commune une bien improbable fin du monde.

 

Toute la nuit, Bugarach a été sous bonne garde. À quelques heures de la soi-disant fin du monde, qui épargnera le village le 21 décembre, les axes principaux menant à cette commune de 200 habitants sont comme prévu surveillés. Des équipes de quatre à cinq gendarmes arrêtent les véhicules demandant aux passagers les laissez-passer ou les cartes de presse pour les nombreux journalistes. «On est là jusqu'à une heure du matin et ensuite, une autre équipe prend la relève», raconte l'un d'eux.

Une fois dans Bugarach, le calme règne. Après le ballet incessant des journalistes tout au long de la journée et la présence appuyée de la gendarmerie, le village a retrouvé son calme habituel. Les rues sont désertes. Devant la mairie, et dans un esprit bon enfant, certains proposent la vente de T-shirts souvenir, puis chacun rentre calmement chez soi.

Au cœur de la nuit, seuls quelques habitants se risquent encore à aller dehors dans cette petite commune, balayée par un vent froid. Parmi eux, Théo ballade son chien. Après des études à Paris, cet enfant du village est revenu au pays. «Les gens en ont assez de tout ce remue-ménage, confesse-t-il. Ils veulent la paix. J'essaie de calmer le jeu car, finalement, Bugarach ne sera sous le feu des projecteurs que durant une semaine . Après, il n'y aura plus rien.»

Sur la place du village, surgissant de nulle part, un routard recherche un toit et un plat chaud. «J'ai entendu parler de la fin du monde. Alors me voilà. Il faut bien connaître ça au moins une fois dans sa vie», déclare-t-il en mal de frissons.

Plus haut à la ferme de Janou, on se frotte déjà les mains. Le seul restaurant ouvert à cette saison multiplie les commandes. C'est le point de ralliement des journalistes. Quant aux badauds, ils sont installés dans des camping-cars. S'il ne se passe rien comme la veille, certains se décideront à quitter les lieux dès ce jeudi. D'autres, resteront quoiqu'il en soit jusqu'au 21. «Sait-on jamais!», dit l'un d'eux: «Rester une journée de plus, même s'il n'y a rien à voir, ce n'est pas le bout du monde!».

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Journalistes et périmètre de sécurité autour de Bugarach

Journalistes et périmètre de sécurité autour de Bugarach | Bugarach | Scoop.it
Le village sensé échapper à la fin du monde le 21 décembre est interdit d'accès par les forces de l'ordre afin d'éviter l'afflux d'"illuminés " et de curieux . Il faut un laissez-passer pour accéder au village.

 

Déjà des journalistes hongrois, croates et belges sont arrivés à Bugarach. Au total 250 journalistes du monde sont accrédités et passeront la journée du 21 décembre dans la petite commune audoise.Depuis ce matin, les forces de l'ordre se mettent en place et installent un périmètre de sécurité.

Depuis plusieurs semaines l’engouement médiatique pour la prétendue fin du monde se focalise sur le Pic de Bugarach et les communes limitrophes laissant craindre pour la période autour de la date du 21 décembre 2012 une affluence que ce site montagneux ne pourrait contenir dans des conditions satisfaisantes.

Jacques Le Bris's insight:

Les centaines de Journalistes déjà sur place à #Bugarach, vont-ils apprendre à jouer à la belote pour passer le temps d'ici à l'Apocalypse ?

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Bugarach, le Golgotha des rêveurs ?

Bugarach, le Golgotha des rêveurs ? | Bugarach | Scoop.it
Pour quelques illuminés, le 21 décembre, c'est la date de la fin du monde. Sauf sur la montagne de Bugarach...

Le pic de Bugarach domine le village éponyme de sa masse grise et monolithique. On dirait qu’elle envahit le ciel telle une vague monstrueuse qui serait venue mourir-là, par hasard. Pour la contempler, il faut rejeter la tête en arrière, à la manière d’un mystique orant. Car le pic en impose : puissance tutélaire qui protège quelques demeures alignées à ses pieds, au milieu de nulle part, le long d’une route qui s’éternise à serpenter au cœur des Corbières balayées par un vent que d’imposants nuages, aux silhouettes chantournées, suivent avec lenteur.

Voyageurs extra-temporels

De temps en temps, débarqués d’on ne sait où, des promeneurs en bonnets de laine, pantalons bouffants et semelles rembourrées apparaissent dans la rue principale. Ils passent, comme tractés par un aimant. Les Bugarachois ne les regardent pas. Ou plus. Ils savent... Ces voyageurs extra-temporels randonnent vers la "montagne sacrée" - ainsi l’appellent-ils. Leur allure cool les rend quasiment extatiques : ils sont ici pour le sauvetage général du 21 décembre. Dans un documentaire de Nanouk Film (il sera projeté en 2013), on entend un "baba" lancer à la caméra : "Le 21 décembre sera la fin du cauchemar !". Phrase clé.

Guerre et chômage

En tant que telle, la fin du monde est une blague, on le sait. Pour un journaliste, le thème peut même paraître léger comparé aux licenciements économiques, aux guerres et aux catastrophes naturelles. Pourtant, le lien est là : celles et ceux qui croient au 21 décembre espèrent surtout en la fin d’un monde, précisément celui de la guerre et du chômage. Le hic, c’est que seuls les riches seront sauvés, du moins si l’on se réfère aux prix des stages : 600 € la semaine pour acquérir l’art et la manière de régénérer son métabolisme atomico-gravitationnel sous les voûtes infracosmiques d’une caverne du pic (on invente à peine).

Jésus en 2027

Justement, qu’on se rassure ! Jésus, dont le job est de sauver les pauvres, revient. Un internaute l’a prédit. Mais seulement pour 2027, date, selon lui, du "dernier soleil méso-américain". C’est ce qu’il a écrit au maire. Qui en a lu d’autres... Mais bon, tout cela n’est pas bien grave. Il n’empêche : drôle de village que Bugarach. Ce refuge d’hommes et de femmes tellement fatigués par le monde moderne qu’ils ont choisi de fantasmer leur vie, quitte à s’inventer une religion. Le 21 décembre, espérons que le pic ne devienne pas le Golgotha des rêveurs.
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Bugarach : la nouvelle marque du luxe à la mode, les tarifs

Bugarach : la nouvelle marque du luxe à la mode, les tarifs | Bugarach | Scoop.it

Bugarach et son pic, point culminant du massif des Corbières, sont l'un des endroits du globe où il faut être si l'on ne veut pas disparaître avec le reste de l'humanité le 21 décembre.

Indignées, les autorités audoises ont prévenu qu'elles feraient tout ce qu'elles pourront pour combattre l'exploitation commerciale de la fin du monde et la floraison des locations à prix d'or au pied du pic de Bugarach, prétendu refuge contre l'apocalypse annoncée pour le 21 décembre.

"A titre personnel, je trouve vraiment indigne d'abuser de la naïveté des gens et de se précipiter dans des commerces qui défient le sens commun", a déclaré ce jeudi le préfet de l'Aude, Eric Freysselinard, qui a saisi la justice pour examiner la qualification pénale de ces infractions éventuelles.

"Je trouve inadmissible et révoltant de jouer avec la candeur de certaines personnes en les touchant en plus au portefeuille", a-t-il ajouté.

En début de semaine un particulier se vantait d'avoir trouvé preneur pour quatre chambres à Bugarach au prix de 1.500 euros par jour, grâce à une annonce publiée sur un site populaire de vente entre particuliers.
L'annonce a disparu depuis, mais d'autres proposent toujours des terrains où planter sa tente à 450 euros par jour, ou une maison "fin du monde" entre 1.500 et 2.000 euros la semaine, des tarifs dont la région était peu coutumière jusqu'à sa récente notoriété internationale.
Un particulier propose même "une chambre aux alentours de Bugarach", en l'occurrence Esperaza à 500 euros la nuit du 21 au 22 décembre.

Bugarach et son pic, point culminant du massif des Corbières, sont l'un des endroits du globe où il faut être si l'on ne veut pas disparaître avec le reste de l'humanité le 21 décembre. C'est en tout cas ce que prophétisent les tenants du cataclysme, dont les théories, inspirées du calendrier maya ou par l'hypothèse d'une inversion des pôles, abondent sur internet.

Il y a quelques mois déjà, Jean-Pierre Delord, le maire du petit village de 200 âmes niché au pied du pic, avait déposé plainte lorsque des "pierres de Bugarach" avaient été mises en vente sur la toile. Cette plainte fait l'objet d'une enquête préliminaire des gendarmes sous l'autorité du parquet de Narbonne, d'après une source judiciaire.

Un porte-bonheur

Mais des annonces similaires, émanant semble-t-il d'autres régions de France, sont apparues depuis. L'une vante les mérites d'une "pyramide naturelle de Bugarach" car "tout commence le 3 décembre 2012", une autre propose pour 170 euros un "exemplaire unique" de porte-bonheur.
On trouve aussi des annonces d'apparence plus potache, comme celle pour une "bouteille d'eau de source provenant du mont Bugarach" à 15 euros. Cette eau traiterait "grippe, hémorroïdes ou retour de l'être aimé"...

Impossible de dire si les Français se laissent prendre comme aux Etats-Unis, où s'est développée une industrie de l'apocalypse en direction des "preppers" (ceux qui se préparent) friands de bunkers et de kits de survie, disent les autorités.
Pour les gendarmes de l'Aude, qui "suivent les choses de près et vérifient toutes les informations", la "situation est calme". Il n'y a en tout cas "pas d'épidémie de locations à des prix exorbitants", a indiqué un officier.

Cela n'empêche pas le téléphone de sonner sans discontinuer à la mairie de Bugarach, où certains habitants tentent de profiter de l'affluence prévisible pour monnayer chambres ou services.
Jean-Pierre Delord est un peu las des questions de la presse internationale, mais il compte bien que son village bénéficiera des retombées touristiques de sa nouvelle célébrité au-delà du 21 décembre. Il ne regrette toujours pas d'avoir tiré la sonnette d'alarme. Grâce à cela, "le préfet a pris les choses en main", a-t-il souligné.

En effet, les accès au pic et à ses galeries souterraines seront interdits entre le 19 et le 23 décembre, de même que le survol de la montagne. Les routes menant au village seront filtrées et, en cas de fort afflux, elles seront totalement bloquées.
Une centaine de gendarmes et de pompiers seront mobilisés, et des renforts pourront être réquisitionnés au besoin.
Pour l'instant, les autorités n'ont pas d'indication particulière que les illuminés, ou même les curieux, vont affluer.
Ce sont plutôt les journalistes qui se manifestent en nombre pour cette fin du monde, la 183e annoncée depuis la chute de l'Empire romain il y a quelque 1.600 ans.

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Sécurité maximale le 21 décembre à Bugarach

Sécurité maximale le 21 décembre à Bugarach | Bugarach | Scoop.it

 

 

Devant la presse nationale, le préfet de l'Aude Eric Freysselinard a présenté, ce vendredi matin, le dispositif de sécurisation du Pic de Bugarrach, prévu pour le 21 décembre prochain.

Rappelons que certains illuminés pensent que la fin du monde interviendra ce jour-là et que cette montagne des Hautes-Corbières sera la seule à échapper à l'Apocalypse.

"L'accès à la montagne et à ses grottes, dangereux à cette période, sera interdit trois jours avant le 21 décembre et 48 heures après", a précisé le préfet de l'Aude.

"Au-delà, un périmètre de sécurité permettra de réguler l'accès à la zone. Le village de Bugarach sera accessible tant qu'il pourra accueillir du monde.

Une centaine de gendarmes et pompiers seront mobilisés, ainsi que d'autres services de l'Etat, des collectivités et des associations. Beaucoup se tiendront en renfort, prêts à intervenir au cas où".

Pour le préfet, "les prévisions d'affluence sont difficiles car il n'y a pas un seul mouvement derrière ce pseudo-événement, mais une rumeur relayée sur internet.

On attend surtout des curieux... et des journalistes !

Mais tout ce que je peux recommander aux Audois, c'est de ne pas venir le 21 décembre à Bugarach".

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A Bugarach, l’apocalypse se prépare

A Bugarach, l’apocalypse se prépare | Bugarach | Scoop.it

Les gendarmes du Peloton de haute montagne d'Osseja en mission sur le pic de Bugarach. |

 

Le 21 décembre 2012, ce pic rocheux serait la dernière terre de salut pour ceux qui croient à la fin du monde. L’afflux prévu de milliers de personnes fait craindre le pire.

 

Combien d’illuminés, de curieux et de journalistes se presseront, le 21 décembre prochain, sur les flancs du pech de Bugarach, massif calcaire culminant à 1 231 mètres dans la Haute-Vallée de l’Aude ?

Le préfet du département, Eric Freysselinard, aimerait pouvoir répondre à cette question. Car le succès des thèses sur l’imminence de la fin du monde est en train de lui poser un sérieux problème d’ordre public.

 


Inquiète également, la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (Fecris), qui se rend ce vendredi sur les lieux pour son colloque annuel. Selon les prophètes de l’apocalypse, Bugarach figure au nombre des lieux qui seraient épargnés par les tremblements de terre et autres tsunamis prévus à cette occasion.

C’est là qu’il faudrait être pour avoir une chance de compter au nombre des rescapés. Certains gourous y ajoutent un bonus : le jour de la catastrophe, affirment-ils, un vaisseau spatial extraterrestre jaillira des profondeurs de la montagne où il se dissimule depuis quinze mille ans. Tel une arche de Noé moderne, il embarquera une poignée de Terriens tandis que les autres périront.

Des bousculades sont à craindre
Deux bonnes raisons, pour les plus crédules, de gagner coûte que coûte l’impressionnant bastion rocheux. Mais s’ils sont trop nombreux à répondre à l’appel du Bugarach, l’excursion mystique risque de tourner au drame. Certes, le sentier escarpé qui conduit au sommet avant de redescendre sur l’autre versant ne réclame pas de compétences en alpinisme.


De mystérieux dessins parsèment le sommet du pic.


Cependant, dans les derniers mètres, le vide n’est jamais loin. « On peut tout redouter, explique le préfet. Une bousculade, des chutes de pierre, un mouvement de panique, des crises d’hystérie… A ce tableau, il faut encore ajouter d’éventuels phénomènes de décompensation. » Entendez les pulsions suicidaires qui pourraient surgir parmi les pèlerins de Bugarach lorsqu’ils se rendront compte que l’apocalypse n’est pas au rendez-vous.

Un temps, Eric Freysselinard a espéré que la date avancée pour la fin des temps – le 21 décembre 2012 – soit remise en cause. Et que le pic de Bugarach redevienne l’aimable but de randonnée qu’il a toujours été. 

Cette échéance funeste a surgi voici quelques années, à la faveur de l’interprétation erronée d’un calendrier des Indiens mayas : le décompte des années s’arrêtait ce jour-là ! Il n’en fallait pas davantage pour conclure à l’apocalypse.

Il y aura du monde sur la montagne
Popularisée par un film catastrophe à succès (2012, de Roland ), la thèse a prospéré sur Internet. En mai dernier, des fouilles archéologiques au Guatemala ont mis au jour un nouveau calendrier maya qui, lui, s’étend sur plusieurs millénaires après 2012. Une découverte qui sonne le glas de la prophétie.

« J’ai immédiatement relayé l’information sur Twitter, raconte le préfet. J’espérais désamorcer toute velléité de rassemblement. Peine perdue. Ceux qui veulent venir à Bugarach ne veulent pas réviser le fondement de leur conviction. On est en dehors de toute rationalité. » Il y aura donc du monde sur la montagne le 21 décembre. 

Une région truffée de légendes

Fantômes. L’esprit des cathares, chrétiens dissidents massacrés au XIIIe siècle par l’Inquisition, hante les ruines des châteaux.

Secrets. Il y a un peu plus d’un siècle, le curé de Rennes-le-Château aurait trouvé un mystérieux trésor sous son église.

Mythe. Epargné par l’apocalypse prévue par les mayas, Bugarach cacherait aussi un vaisseau extraterrestre pour s’enfuir. 

Voici quelques mois, une estimation de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avançait le chiffre de 10 000 personnes. Une extrapolation établie à partir des relevés de fréquentation du massif. Un compteur a été installé par les services du département à l’entrée du sentier qui conduit au sommet.

En 2010, 10 000 passages ont été comptabilisés. Mais en 2011, ce sont 20 000 promeneurs qui ont foulé les pentes de Bugarach. Une surfréquentation que la police a attribuée à un afflux d’illuminés venus reconnaître les lieux. Cette hypothèse alarmiste avait conduit le ministère de l’Intérieur à envisager un bouclage complet du site. Le plan prévoyait le déploiement d’un cordon de gendarmes à partir du 21 novembre et jusqu’au début du mois de janvier 2013.

Un scénario sur lequel les autorités sont revenues. « La configuration du terrain ne se prête guère à la mise en place d’une zone d’exclusion, explique le lieutenant-colonel Philippe Guisset, commandant du Groupement de gendarmerie de l’Aude. Il y a énormément d’endroits par lesquels on peut passer. Notre réserve en effectifs n’est pas infinie. A cette époque de l’année, nombre de forces sont mobilisées pour assurer la sécurité dans les grandes villes. » 

Dans les prochains jours, selon nos informations, une nouvelle réunion sur le dispositif à mettre en place se tiendra à la préfecture de l’Aude.

Des traces du passage des « fadas »
Les pouvoirs publics ont préféré accompagner le rassemblement plutôt que de tenter de l’interdire. « C’est une question de philosophie, souligne l’officier de gendarmerie. En montagne, territoire de liberté, l’interdiction doit rester l’exception. Nous pouvons très bien gérer la présence de 2 000 personnes sur le site, pourvu qu’elles ne stationnent pas au sommet. Nous positionnerons des forces aux endroits dangereux. » 


Cliquez sur l'infographie pour l'afficher en grand.


Le Peloton de gendarmerie de haute montagne d’Osseja, dans les Pyrénées-Orientales – une dizaine d’hommes – et les 45 pompiers du Groupement de recherche et d’intervention en milieu périlleux sécuriseront les accès et encadreront le flot des visiteurs. L’un de ces gendarmes spécialisés, rencontré sur le pic en mission de repérage, confiait cependant que « la tâche ne sera pas une partie de plaisir, surtout en hiver et avec la pluie ou la neige. Il y a vraiment des risques ».

D’autant qu’il n’y a pas que la montagne à surveiller. Il faut encore poster des militaires aux entrées de chacune des cavités qui parcourent le site. Sous la montagne courent deux réseaux de galeries naturelles – les plus grandes du département de l’Aude –, le Bufo Fret (5 km) et Font de Dotz (3 km). 

Des pèlerins exaltés pourraient être tentés de descendre dans les profondeurs du massif pour y retrouver le chimérique vaisseau des extraterrestres. D’ailleurs, certains n’ont pas attendu le 21 décembre pour tenter d’établir un contact.

« J’ai retrouvé plus d’une fois les traces du passage des “fadas”, raconte Christophe Bès, un des responsables du Spéléo Club de l’Aude à qui l’on doit l’exploration du Bufo Fret. Ils plantent des bougies, enterrent des amulettes, des poupées… »


La galerie de Bufo Fret pourrait attirer des exaltés en quête de vaisseau extraterrestre.


Aux deux grands réseaux souterrains, il faut ajouter des dizaines de cavités plus modestes, mais aussi dangereuses. « Nous en avons répertorié 50 dans les environs immédiats du pic, poursuit le spéléologue. Leurs emplacements ont été transmis aux gendarmes. »

Dernière mesure de sécurité, l’interdiction de tout bivouac afin que les pèlerins ne s’attardent pas. Seul le camping sur des terrains privés échappera à l’interdiction. Mais la tolérance des autorités a ses limites. « Si le rassemblement dépasse les 6 000 personnes, nous fermerons tous les accès au site », prévient le préfet.

Certains ont construit des bunkers
Installés à 90 kilomètres de Bugarach, les adeptes d’une secte d’origine américaine, l’Ecole de l’illumination de Ramtha, font l’objet d’une surveillance renforcée. La dirigeante de cette école particulière, Judy « Zebra » Knight, prétend être en communication avec un guerrier lémurien, Ramtha, qui aurait vécu voici 35 000 ans.

Pour 2012, celui-ci a promis aux adeptes « l’apocalypse dans votre corps, votre cœur et votre âme ». Plusieurs disciples ont alors construit des bunkers sous leur propriété. Sans solliciter le moindre permis de construire. Ils ont comparu, le 14 juin, devant le tribunal correctionnel de Perpignan qui leur a laissé jusqu’au… 20 décembre 2012 pour les détruire.

Le maire de Bugarach, Jean-Pierre Delord, n’est qu’à moitié rassuré par le dispositif prévu. « Des illuminés, ça fait quarante ans que j’en vois gravir le massif. Si certains veulent mettre fin à leurs jours le 21 décembre, ils n’auront que l’embarras du choix. Il y a tant d’endroits à surveiller ! Je souhaite qu’il neige comme jamais ce jour-là. Les routes seront impraticables et les gens resteront chez eux. » 

Hélas, à la différence des prédictions des gourous, les prévisions de la météo se font encore attendre…

« Oui, nous craignons des suicides »

 



Questions à Serge Blisko, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Combien de personnes sont attendues sur le site de Bugarach ?
C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce type de rassemblement. Il n’y a pas de véritable organisateur. Juste un buzz Internet et une caisse de résonance médiatique. Il est par conséquent difficile de donner une estimation. On a avancé le chiffre de 5 000 personnes. Ce sera peut-être un peu moins. Nous aurons une idée plus précise quelques jours avant le 21 décembre.

Craignez-vous des suicides ?
Oui. Dans le mode de pensée apocalyptique, il y a le sentiment que ce monde est profondément mauvais. Pour échapper à l’anéantissement, on peut soit se réfugier en lieu sûr – un abri en béton, un point haut –, soit organiser soi-même sa propre apocalypse. Autrement dit, se donner la mort plutôt que laisser faire le déchaînement – hypothétique – des éléments.

Malgré les mises en garde, nous ne sommes pas à l’abri d’une tragédie. Souvenez-vous du suicide collectif de l’ordre du Temple solaire, en décembre 1995, dans le Vercors – seize victimes dont trois enfants. Voici des gens qui se sont donné la mort alors même que les gourous de la secte avaient péri un an plus tôt, dans un massacre identique. Et ils avaient été largement avertis par les médias du caractère chimérique de l’enseignement dispensé.

Quelles mesures de précaution ont été prises ?
Les Samu proches de Bugarach (Montpellier, Perpignan…) seront mobilisés. Dans toute la France, les Cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP) seront en alerte entre le 15 décembre et le 1er janvier. La Miviludes, pour sa part, enverra un message à tous les préfets afin de les sensibiliser aux risques particuliers du 21 décembre.

> Le prédécesseur de Serge Blisko à la présidence de la Miviludes, le député Georges Fenech, vient de publier un livre documenté sur le phénomène : Apocalypse, menace imminente ? Calmann-Levy, 325 p., 18,50 €.

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Apocalypse : le guide de survie

Apocalypse : le guide de survie | Bugarach | Scoop.it
Quel que soit le niveau de votre bourse, voici une sélection de solutions pour survivre à la fin du monde, programmée vendredi 21 décembre.

 

(...)

• Moins de 50 euros : filer à Bugarach

Même avec moins de 50 euros, tout n'est pas perdu. Pour cela, rendez-vous à Bugarach. Le covoiturage demeure la solution la plus économique. D'après le site covoiturage.fr, un aller le 21 se négocie entre 40 et 50 euros au départ de Paris. Selon la légende, ce village audois de 200 habitants sera le seul endroit de la planète à être épargné. Explications : le pic surplombant le village verra atterrir un vaisseau extraterrestre qui permettra aux "élus" de sauver leur peau. Malgré ses efforts, La Tribune ignore à ce jour combien de places seront disponibles dans la soucoupe. Tout comme les critères qui feront - ou pas - de vous un "élu". Si les extraterrestres vous boudent l'entrée, chassez les caméras pour dire adieu à vos proches à la télé. D'après le JDD, pas moins de 250 journalistes, venus de 54 pays, ont été accrédités pour l'événement. Maigre consolation, on en convient; mais consolation quand même.

(...)

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Bugarach a hâte de voir la fin de la fin du monde

Bugarach a hâte de voir la fin de la fin du monde | Bugarach | Scoop.it
APOCALYPSE - Quelque 244 journalistes se sont accrédités...

Si Bugarach était le seul lieu à échapper à la fin du monde, la Terre ne serait plus peuplée après vendredi que par 200 villageois déjà à bout de nerfs avant l'apocalypse et autant de journalistes sur les dents qui pourront toujours compter sur les gendarmes pour essayer de survivre ensemble.

Car, pour l'heure, l'afflux d'illuminés ou de curieux redouté par les autorités se fait toujours attendre dans le minuscule village de l'Aude promu à une notoriété internationale dont il se passerait bien.

Les habitants restent terrés chez eux. Et les ruelles de Bugarach sont parcourus par des équipes de reporters errants qui, sous un ciel bas et lourd, traquent un gibier rare: le mystique. Pour peu qu'un individu au front haut, à la chevelure frisotante et au pull rayé rouge et jaune se montre, c'est la curée médiatique.

Alignement des planètes

Véritable inspiré ou imposteur malin, on ne se montre pas regardant sur les lettres de créances ésotériques quand la proie est presque trop belle pour être vraie. Et Sylvain Urif, «Oriana» de son «nom cosmique», venu de la vallée voisine, peut livrer à la presse mondiale ravie le «véritable sens de l'apocalypse». Le 21 décembre, «ça ne signifiera pas le cataclysme mais la révélation», une sorte «d'alchimie interne» qui donnera à chacun «amour et compassion». Lui-même a déjà connu le processus: «c'est une lumière dorée qui fait l'effet de 10.000 orgasmes d'un coup».

Nouveau prodige ! Un deuxième apparaît, qui est venu avec son frère voir «l'alignement des planètes» parce que «toutes ces planètes alignées passent par la montagne et il y a quelque chose qui s'ouvre». Mais lui et son frère, qui avaient planté leur tente dans la montagne, ont été «gentiment» priés de circuler par les gendarmes.

Car le dispositif policier mis en place ne facilite pas la quête d'information. Les caméramen se rabattent sur l'installation de toilettes sèches portatives, d'autres font des plateaux devant le panneau d'entrée du village. Une équipe de télévision asiatique qui s'enhardit à vouloir filmer un vieil homme se voit menacée de sa canne.

«Du grand n'importe quoi»

«C'est du grand n'importe quoi», consent à commenter une habitante. Un autre, stoïque, confie que «c'est toujours la fin du monde pour quelqu'un». Le maire Jean-Pierre Delord, acculé contre la porte de la mairie par une meute de caméras, s'énerve contre les médias qui «ont tout monté en épingle».

D'après les gendarmes, la non-fin du monde à Bugarach a suscité un engouement médiatique de grand match de foot: 244 journalistes se sont accrédités auprès des autorités qui, depuis mercredi midi et jusqu'à dimanche, interdisent les accès au pic de Bugarach et font filtrer les routes menant au village.

Environ 150 gendarmes et pompiers sont mobilisés pour assurer le dispositif. Eux aussi seraient sauvés si la fin du monde survenait vendredi.

Bugarach et son pic, point culminant du massif des Corbières avec ses 1.231 mètres, seraient en effet l'un des endroits du globe où il faut être si l'on ne veut pas disparaître avec le reste de l'humanité le 21 décembre. C'est en tout cas ce que prophétisent des tenants du cataclysme.

Légende

Jean-Louis Socquet-Juglard, un photographe qui habite le village voisin de Sougraigne, se désole de cette «histoire qui stigmatise les gens». Il est l'auteur d'une carte postale devenue un best-seller et qui montre sur le mode ironique le pic de Bugarach autour duquel tourne une soucoupe volante. La carte est signée David Vincent, le héros de la série américaine «les Envahisseurs».

«On a le droit de s'intéresser aux énergies» qui se dégageraient de l'endroit et «aux légendes qui foisonnent» en pays cathare «sans être pour autant des allumés», dit-il.

Les habitants attendent avec impatience la fin de la fin du monde pour que leur région trouve une notoriété plus en rapport avec ses qualités intrinsèques, la beauté de sa nature et de son histoire. D'autres en profitent quand même pour faire des affaires et vendre aux journalistes des cafés à 2,50 euros.

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kate hardy -hothouse: Bugarach 19/12/2012

kate hardy -hothouse: Bugarach 19/12/2012 | Bugarach | Scoop.it

Greasy vile weather, cows had retreated high up on a hill with a gradient of about one in four: now grazing with their backs to the mountain.
There was some Gendarme presence on the road up from Rennes: an occasional cluster of them standing next to their bikes, chatting convivially and not stopping people to check documents/ tyres/ boot loads of Bugarach nick-nacks/ or illegal substances.
Red and white plastic bollards were evident, but not actually across the road. I think the general master plan is to wait and see what happens from what I can gather from talking to various officers.
We drove up the main street. This was more like it.
Lots more police, some on horses. Lots more media people including all French TV channels, German and Japanese. BIG area of Red Cross tents, a stall selling Bugarach t-shirts, police helicopters circling, and a whole flotilla of fabulous dry system loos, beautifully painted in green with flowers and everything, even a string of coloured lights.
I spoke to an elderly man with a large stick and asked if he was a Bugarach resident. He said no and that everyone in the village was 'malade' - mad.
Dogs were everywhere. I think the one with different colored eyes is definitely in control of everything.
Ezra and I walked around to the bar to see what they might be doing: themed cocktails? themed end of the world music evenings? featuring covers of The End, by The Doors, and Armageddon It, by Def Leppard. Nothing. Completely shut, possibly until next summer? I mean I'm no entrepreneur, but surely it might have been a good time to keep the bar running day and night?
Village inhabitants still unloading wood into their houses: not a bad idea if it's going to be as cold as it was last year.
Film crews still filming anything that moves or doesn't. Still no sign of any people other than journalists, police, emergency services and a few onlookers like me. But really — a few.
It all seems mad: the heavy police presence, the Red Cross tents, and the frightening cost of it all, but it is a fairly unique situation as no-one really knows what will happen. It may just be a dank winter day on the 21st with the same bods sloping about and a few caravans turning up. Or it could possibly be total mayhem with thousands of ernest walkers, caravaners and donkey riders appearing all keening for the loo, a decent meal and a Bugarach t-shirt.
So . . . is it all going to happen tomorrow?
Will the roads be blocked by a thousand caravans.
Will the portaloos cope?
Will the café have enough stocks of biscuits and beer?
Does anyone know what time of day or night the end is supposed to take place?
Were the Mayan people really aware of the South of France, let alone an, albeit impressive, mountain towering over a small village miles away from anything much.

On the way out of the village I stopped to take a picture of a flock of sheep. This peaceful scene reminded me what this area is really about. Quiet, meadowland, eagles, vultures, sheep, cows, natural beauty, and a village that probably hasn't changed a lot in a few centuries.
How odd that it will experience this crazy blip in history, a mad hysteria, the whole world visiting for a few days and then back to the sounds of cow bells and rumble of tractors.

Jacques Le Bris's insight:

Les Badauds s'installent deux jours à l'avance à Bugarach comme pour une étape de montagne du Tour de France...

 

Canal + est dans le pré certainement pour y faire Les Guignols...

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French 'end of the world' village plans quiet night in

French 'end of the world' village plans quiet night in | Bugarach | Scoop.it
Bugarach, the only place to be spared the apocalypse according to an interpretation of the Mayan calendar, prepares for press influx

 

Journalists from South Korea report from Bugarach, one of the few places on Earth some believe will be spared when the world ends on 21 December, according to an interpretation of the Mayan calendar. Photograph: Eric Cabanis/AFP/Getty Images

While there are those who fear that Friday will bring about the end of the world, presaged by the end of the ancient Mayan calendar, in the French village of Bugarach – the only place apparently set to escape the apocalypse – most locals are planning a quiet night in.

But such is the global interest, the French police have closed off access to the mountain peak in the village to keep out the expected influx of international journalists, even if the feared mass arrival of hippies, new agers and Armageddon groupies has failed to materialise.

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Bugarach, Apocalypse show vendredi 21 décembre 2012

Bugarach, Apocalypse show vendredi 21 décembre 2012 | Bugarach | Scoop.it
Vendredi 21 décembre 2012, jour de la «fin du Monde». La rumeur court depuis deux ans sur tous les réseaux sociaux de la planète. Aux États-Unis, au Mexique, en Europe, en France. La presse relaie cette incroyable «prophétie» du calendrier des Mayas, ces Indiens dont la civilisation a atteint son apogée en l'an 600.

Quelle surprise, lorsque les «spécialistes» nous apprirent qu'une cité serait ce jour-là sauvée : celle de Bugarach, petit village de l'Aude, vers lequel se tournent désormais tous les regards.

«La Dépêche» est sur place pour assurer, envers et contre tout, la chronique villageoise.

Ils sont venus en voisins, de Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales. Car Bugarach, ils connaissent. «C'est sur la route quand on va en Andorre. Il faisait beau, il n'y avait pas de rugby et le musée de l'Homme de Tautavel, on le connaît déjà. On s'est dit «pourquoi pas Bugarach ?»», sourit Francis Alis. «Mais on est déçus au niveau de l'allumé : à part nous et les journalistes, il n'y en a pas» s'esclaffe Frédérique son épouse, qui vient de répondre à CNN. Des trois piafs sur la croix du clocher, le copain Marcel fait alors trois corbeaux prémonitoires à la fin du monde… éclat de rire général : l'apocalypse, c'était tout de même une bonne idée de sortie dominicale.

Dimanche 16 décembre… Rallye de Porsche défilant devant la mairie, sortie de motards les croisant en trial dans l'autre sens, presse internationale, curieux arpentant les rues du village au pied de sa montagne comme on visite le Mont Saint-Michel : à cinq jours de la dernière page du calendrier Maya, Bugarach, il faut y être.

Et le dernier gag qui tourne est à la hauteur du phénomène.

«Vendredi matin, j'ai reçu un appel en numéro masqué. «Bonjour, je suis l'agent de Gérard Depardieu. Il sera là le 21». Un canular de plus», se lasse Jean-Pierre Delord, le maire.


Cercles magiques

L'exilé belge se joignant aux opposants à l'aéroport Notre Dame des Landes ? Puisque le bruit court aussi que ces derniers pourraient s'inviter pour profiter des télés ? «Au point où on en est…»

Éleveur de la commune, Cyril Castillo passe sur son tracteur et pile : «Y a des mecs qui font les cons sur le panneau Bugarach à l'entrée du village». Le maire y file illico. Tandis que la société de chasse finit sa journée. Cinq sangliers et six chevreuils : la battue était à Sougraigne, ce week-end. Et sourire las aussi quant à la clientèle New Age qu'attirent les lieux.

«Il y a un mois, il y en a qui ont dessiné des cercles «magiques» à la peinture de chantier dans un pré de mes parents» explique Jean-Pierre. Mais surtout… «Il faut faire gaffe car au milieu de notre territoire de chasse, ils y sont, avec leur yourte, sur un domaine privé. Au niveau sécurité, c'est pas terrible. Il faut les protéger car ils sont en pleine zone de battue. Certes, ils sont très gentils, une fois, ils m'ont retrouvé les chiens…» raconte Georges Tricoire, 72 ans, «mais bon…». Car avec son trésorier, Georges Julien, ils ont aussi vécu les délires autour de Rennes-le-Château, «où les types vous bouleversaient la montagne à la recherche du trésor de l'abbé Saunière» se souviennent-ils.


Incognito

Et le pic de Bugarach, alors ? «C'est le sommet le plus haut des Corbières et il n'y avait aucune légende dessus quand on était petits», assure Georges Tricoire, «très en colère à cause de tous ces médias qui vous filment comme des curiosités, qui se croient chez eux. ça laissera des traces dans la vie du village», assure-t-il.

Le village qui se réveille sous les bourrasques ce lundi matin.

J-4 : fini de rire, maintenant, on entre dans le dur. Paire de voitures banalisées identiques, les yeux et les oreilles de l'État arrivent donc en tenue civile réglementaire.
«Je m'attendais à vous voir en uniforme» s'étonne l'accueil.
«Je ne porte jamais l'uniforme» réplique l'officier, persuadé d'être incognito.
Passe un ange.
Bientôt suivi de cinq Mirage au total, à 10 h 40, 11 h 25 et 15 h 25, au nord du Pic.
Message ésotérique que ces ailes delta dans le ciel ? Qui sait ? Car le soir même, internet ne fonctionne plus... Un premier signe du début de la fin ?
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Bugarach attend avec hâte l'après fin du monde

Bugarach attend avec hâte l'après fin du monde | Bugarach | Scoop.it

par Jean Décotte

BUGARACH, Aude (Reuters) - Ne venez pas à Bugarach !

 

BUGARACH, Aude (Reuters) - "Ne venez pas à Bugarach !", lance le maire, soucieux de dissuader les "gens un peu tracassés" d'affluer dans ce petit village de l'Aude qui doit être préservé de la fin du monde le 21 décembre 2012, selon une interprétation du calendrier maya.

Comme nombre de ses 200 administrés, Jean-Pierre Delord n'a qu'une hâte: que sa commune du sud de la France et l'imposant pic rocheux qui la surplombe retrouvent leur tranquillité après cette date considérée par certains comme la fin d'une ère.

Terre de légendes, Bugarach est au centre de nombreuses rumeurs sur internet qui font de son pic un "garage pour extraterrestres", un "refuge" face à la fin des temps, et drainent depuis plusieurs mois les passionnés d'ésotérisme, les curieux... et les journalistes du monde entier.

Un important dispositif de sécurité doit être déployé le 21 décembre autour du village pour contrôler tout afflux de population, symbole de l'écho médiatique rencontré par ces théories et de la gêne qu'elles impliquent pour les habitants.

"Mon message est très simple: je dis aux gens qu'il faut qu'ils ne viennent pas sur Bugarach, parce que de toute façon il n'y a rien à voir", souligne Jean-Pierre Delord.

"Il y aura surtout des forces de police pour préserver la population du village et aussi préserver d'éventuels dommages corporels : l'hiver est une période difficile, malheureusement on peut avoir de la neige et des gens qui se retrouvent dans la difficulté parce que nous, petit village, on n'aura pas les moyens de les mettre à l'abri."

COMME AU ZOO

Dans les ruelles de Bugarach, alors que le pic est encore nimbé de brumes matinales, les habitants semblent habitués aux caméras et aux micros. "Au moins un journaliste par jour", sourit-on au petit bureau de poste, près des ruines du château.

 

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Bugarach se prépare

Bugarach se prépare | Bugarach | Scoop.it

Jean-Pierre Delord, maire du village : "S’il y a des pépins, le 21, je veux pas être responsable" (Montage photo MAX BERULLIER)

La tension monte dans le village audois de Bugarach dont le pic sera le seul lieu au monde à résister aux périls qui s'abattront sur nous le 21 décembre... Si l'on en croit les prêcheurs de l'apocalypse.

"C’est la cent quatre-vingt-troisième fin du monde que l’on prédit depuis l’antiquité. Nous avons échappé à toutes les autres, nous échapperons bien à celle-là", s’esclaffe Jean-Pierre Delord, solidement installé sous le buste de Marianne dans cette salle qui sert à la fois au secrétariat et au conseil municipal. Il a beau jeu, le maire de Bugarach, de jouer les esprits forts. La fin du monde, s’il est un endroit, un seul, où on pourra y échapper le 21 décembre, c’est précisément dans cette commune de 200 habitants au cœur des Corbières.

Un seul endroit sauvé des eaux, des séismes, des raz de marée, des ouragans que provoquera l’inversion des pôles, la collision avec la planète Nibiru ou encore la fin de l’âge sombre de Kali : Bugarach, le pic de tous les saluts qui, du haut de ses 1 230 mètres, émerge de la bouillie où mijotent les prêcheurs de l’apocalypse.

Qu’ils s’inspirent des mythes mayas, des croyances sumériennes ou de la tradition hindoue, tous s’accordent à dire que c’est dans le maquis de Bugarach, là où les Templiers auraient enfoui l’arche d’alliance, là où serait planqué le Saint-Graal, qu’il faudra être le 21 décembre quand tout pétera.

 

"Je les appelle les tracassés du pic" (Jean-Pierre Delord)

 

Jean-Pierre Delord ricane mais il est inquiet pourtant. "Depuis le temps, j’en ai vu des cinglés. Je les appelle les “tracassés du pic”. Des types qui font l’escalade en aube, d’autres qui déambulent à poil dans les broussailles, d’autres qui se font baptiser dans le lac de la Vène. On est dans le triangle d’or où les Cathares auraient mis à l’abri leur trésor. Mais, franchement, avec cette histoire de fin du monde, les tracassés sont de plus en plus nombreux." C’est d’ailleurs ce que confirme un compteur placé sur une voie d’accès au pic : de 2010 à 2011, le nombre de passages a doublé.

 

"Imaginez qu’ils soient des milliers le 21 à vouloir faire l’ascension !" (Jean-Pierre Delord)

 

Du coup, le maire, tire le signal d’alarme : "Avec tout le ramdam qu’il y a sur internet et dans les médias, imaginez qu’ils soient des milliers le 21 à vouloir faire l’ascension ! Chaque année on a des accidents là-haut. L’été 2011, un Américain y est même mort. S’il y a des pépins, je ne veux pas être responsable. Qu’est-ce que je peux faire avec un garde municipal ?" Jean-Pierre Delord affirme qu’il a obtenu trois escadrons de gendarmerie et qu’il interdira par arrêté l’accès aux quatre sentiers escaladant Bugarach. Précaution supplémentaire : avec une équipe de spéléos, il a reconnu, au cas où, le Buffo fret, un réseau karstique de 5 kilomètres de galeries où, selon les "tracassés", patienteraient depuis des siècles, une palanquée de petits hommes verts et leur soucoupe.

À la préfecture, on ne confirme pas les trois escadrons : "Le dispositif sera proportionnel et réversible"... Le jargon administratif traduit l’embarras face à un événement que personne ne sait apprécier.

 

Ce sont plutôt les journalistes qui déferlent en ce moment

 

Du côté de Bugarach, ce sont plutôt les journalistes qui déferlent en ce moment, provoquant le ras-le-bol des villageois. Canal + qui diffusera un programme spécial, leur a offert un an d’abonnement pour s’attirer leurs grâces…

Les journalistes affluent, tout comme les marchands. "J’ai été contacté par des gars de Béziers qui recherchaient un local pour y stocker 500 000 lettres testamentaires. Via internet, ils recueillent les dernières volontés de ceux qui ne pourront pas être ici le 21 décembre et leur assurent, moyennant cinq euros, qu’elles seront transmises à la postérité." Le maire a même porté plainte contre un site qui vend, avec certificat, des "pierres de l’éternité" récoltées sur le site : de 147 € les 98 grammes à 2 925 € le caillou de trois kilos. La fin du monde, ça peut rapporter gros. Mais au fait, à quoi bon ?

Questions à Jean-Pierre Jougla, juriste et spécialiste montpellérain des sectes

 

Doit-on s’inquiéter du 21 décembre 2012 ?

 

Il faut avoir conscience que cette théorie cataclysmique est utilisée par des groupes sectaires pour mettre des gens sous pression. Pour eux, le monde extérieur devient franchement hostile en raison du déchaînement des éléments. Les personnes sont poussées à se sentir assiégées.

Il y a eu plusieurs prédictions. Comment se peut-il que des gens soient encore dupes ?

Lorsque le moment de l’apocalypse est passé, les adeptes ne quittent pas le groupe parce que le gourou trouve toujours le moyen de répondre au besoin d’explication des adeptes.

 

Que peut-il se passer à Bugarach ?

 

On peut redouter des décompensations de la part de gens qui ont cru dur comme fer à cette fin du monde et qui verront qu’elle n’a pas lieu. Ils peuvent avoir des réactions imprévisibles.

 

Comme se suicider ?

 

Oui, bien sûr. Le suicide de nature sectaire est essentiellement lié au fait que la réalité du monde objectif remet en question la réalité de la théorie sectaire. Or, dans une secte, la théorie est toujours beaucoup plus importante que la réalité objective.

 

C’est la logique des "suicidés" de l’ordre du Temple solaire ?

 

Tout à fait. Les 74 morts en 1994 et 1995, s’expliquent parce que la théorie des gourous de l’ordre était confrontée à une incapacité de mener à terme leur prédiction.

 

Pensez-vous qu’il y aura du monde à Bugarach ?

 

Le battage médiatique attirera certainement des curieux mais pas que des curieux. Il y aura aussi des gens persuadés d’avoir une mission pour lesquels ce sera le seul endroit sur la planète où elle pourra se réaliser.

 

De bien curieuses constructions

 

Pour se mettre à l’abri des périls qui déferleront le 21 décembre, il y a bien le pic de Bugarach mais il y a aussi... les bunkers. Jean-Pierre Delord a été un peu interloqué, il y a quelques jours quand une SCI via un architecte toulousain, lui a soumis le permis de construire d’une maison de 100 m2 au sol. "Ils ont prévu une cave qui fait la totalité de l’emprise. Pourquoi si grand ?" s’interroge-t-il.

La mode des bunkers touche le département voisin des Pyrénées-Orientales. Le parquet de Perpignan a même diligenté plusieurs enquêtes à ce propos.

En 2010, l’administration, informée par des riverains qu’intriguait un va-et-vient incessant de camions espagnols, s’est rendue sur un terrain à l’écart du village de Lamanère. Là, on a découvert deux excavations profondes de 5 mètres dont l’une de 300 m2. À l’intérieur s’élevaient déjà d’épais murs en béton armé. La SCI propriétaire des lieux a, pour administrateur, une personne très proche de Ramtha, un groupe apocalyptique signalé dans le dernier rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Le gourou, une femme, prétend converser avec Ramtha, guerrier lémurien ayant libéré son peuple des Atlantes. Rien de moins. "L’implantation récente de plusieurs membres de ce groupe sur des sites particulièrement isolés des P-O fait l’objet d’une attention soutenue", peut-on lire dans le rapport de la Miviludes.

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Ils se sont promenés dans un village normal

Ils se sont promenés dans un village normal | Bugarach | Scoop.it
De retour de Bugarach, chez des amis dans le Carcassonnais : le couple témoigne.

 

Marc et Isabelle Stoquert habitent Bourges. Elle est aide-puéricultrice et lui dirige une entreprise de réinsertion sociale. Si le Cher leur est cher, Bugarach aussi, non pas tant pour la fin des temps, prévue le 21 décembre, et qui les fait se bidonner joyeusement, mais plutôt pour les paysages.

"Il y a vingt ans, nous avions fait un tronçon du 'Sentier cathare' : Duilhac-Montségur qui transite par Bugarach et l'endroit nous avait plu quand on l'avait traversé", confie Marc. Évidemment, comme des millions de terriens, le couple a lu sur internet toutes ces histoires de fin du monde.

"Mais quand on a réservé notre séjour pour l'été, c'est le dépaysement qui nous motivait, précise Isabelle, on voulait y revenir depuis longtemps". Début août, ils se sont donc offert une cure au "Presbytère" (une vieille demeure aménagée en chambres d'hôtes). "Ce n'est pas cher et la cuisine est à base de produits du terroir". Marc sait de quoi il parle : avant de s'occuper de réinsertion, il a dirigé un jardin biologique, près de Bourges.

Un groupe genre secte

"A Bugarach, nous avons rencontré un maraîcher 'bio' avec lequel nous avons discuté de tout sauf de la fin du monde. Il a plutôt parlé de ses problèmes notamment des paysans du coin qui ne veulent pas vendre leurs terrains. Résultat, il ne peut pas s'agrandir. Bref, il y a plus grave que l'apocalypse... Qui pour bien des gens d'ici reste, disent-ils, 'un truc de journalistes'".

À cette nuance près que le "truc" émane d'un site internet dont notre titre a signalé le contenu (sur un mode humoristique) dans ces mêmes colonnes le 30  novembre 2010. Et les fantasmes ont fait le reste. "L'année dernière, les villageois ont été choqués de voir des journalistes japonais dans leur village alors que selon eux, ils auraient dû être présents dans leur pays pour couvrir la catastrophe du tsunami", confie Isabelle. Décidément, ces journalistes...

Pendant son séjour, le couple berruyer s'est offert l'incontournable du lieu : une randonnée sur le pic. Oui, mais... "Nous n'avons pas vu de gens bizarres. Les randonneurs qu'on a croisés étaient normaux. En fait, pour être franc, à Bugarach, tout est normal. En trois jours, on n'a rien noté de spécial. Cela dit si on veut vraiment voir des gens pas très clairs, mieux vaut aller à Rennes-les-Bains. Alors là, c'est impressionnant ! Sur la place du village, en prenant le café, on a vu un type habillé en blanc qui racontait comment il fallait faire pour survivre à la fin du monde. On a vu aussi un groupe de personnes habillées dans des sortes de sacs à patates, genre secte...". Ah, quand même ! Il n'empêche, Bugarach, un village normal : bizarre...

 

[Note du Curateur] Ce RAS à Bugarach m'inspire un proverbe berruyer : il est vrai que 5 minutes avant l'Apocalypse, ce n'est toujours pas l'Apocalypse !

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