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"une forêt qui pousse fait moins de bruit qu'un arbre qui tombe" : identifions ce qui lève en silence
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ouverture d'une discussion : regard porté par le BCG sur "l'ère de la "Finance de Ponzi" (EN)

En cliquant sur le lien ci-dessus vous aurez accès à un article en anglais par Harold Sirkin, un des hauts dirigeants du Boston Consulting Group, leader mondial des cabinet de conseil en stratégie.

 

Il s'inspire du travail mené par son collègue, Daniel Stelter, publié sur le site du BCG et qui se donnait comme objectif de présenter "10 étapes que chaque économie développée devrait franchir pour résoudre ses problèmes et éviter l'effondrement". 

Jean-Baptiste Brochier's insight:

Le constat de départ est juste et intéressant. Harold Sirkin insiste même sur le fait qu’il serait déjà partagé par tous : le monde développé, dont les USA « a emprunté significativement à la richesse future pour financer la consommation d’aujourd’hui, faisant porter de très lourdes charges sur la prochaine génération ».

 

Cependant, leurs conclusions sont décevantes. Ces deux consultants de haut vol restent pris dans les mêmes modèles : 

 

D. Stelter [1] <<Les personnes aisées devront payer davantage d'impôts. Les salariés devront travailler plus longtemps et épargner davantage pour leur retraite. Les dépenses publiques dans le domaine social devront être réduites, même si celles dans les nouveaux champs de l'entrepreneuriat social seront accrues. Les exécutifs devront être plus réduits et plus efficaces. Et parce que ces problèmes n'affectent pas seulement les pays développés mais aussi le monde entier, les pays émergents devront contribuer à la solution en consommant davantage et en exportant moins. >>.

Selon ce qu'ils disent on semble retomber dans le paradigme du monde d'avant : "les économies émergentes devront contribuer à la solution en consommant davantage [...]".

 

Ainsi, partis d'un constat intéressant, ces consultants proposent de relancer la croissance d'hier, quasiment sur le même modèle consumériste qu'il faudrait simplement mieux diffuser dans les pays émergents.

 

Quand comprendrons nous que la crise écologique n'est pas indépendante des autres crises ? Qu'il vaut mieux aborder les enjeux avec des logiques différentes plutôt que d'essayer de réanimer un modèle à bout de souffle ?  

 

> lien crise écologique & financières : http://bit.ly/iledePaquesVP
> d'autres modèles d'économie : http://bit.ly/SoAnn

 

[1] source: article de Daniel Stelter, traduction anglais-français, JB Brochier / https://www.bcgperspectives.com/content/articles/management_two_speed_economy_ending_the_era_of_ponzi_finance/

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"Entrer dans la troisième époque du Web" Interview de Bernard Stiegler

"Entrer dans la troisième époque du Web" Interview de Bernard Stiegler | Bourgeons | Scoop.it
INTERVIEW - Le philosophe Bernard Stiegler analyse pour le JDD le plan du gouvernement pour le numérique de demain.
Jean-Baptiste Brochier's insight:

"C'est la fin du modèle consumériste, et le début du modèle des pairs" ou d'économie de la contribution qui suppose que chaque acteur est potentiellement consommateur & producteur : c'est d'ailleurs le cas dans le web 2.0 et les énergies renouvelables décentralisées. Bernard Stiegler pointe d'abord l'intensité des enjeux "Le numérique provoque une métamorphose de la société bien plus importante que ne le fit en son temps l'imprimé". 


Dans ce contexte il manque à la France comme à l'Europe une vision industrielle forte.  A cet égard le constat de Bernard Stiegler est sans concessions : "il faut investir massivement, faute de quoi l'Europe sera vassalisée – et à très courte échéance. Mais cela suppose une politique globale de développement, qui doit aller bien au-delà des investissements dans le très haut débit. Sinon, ces infrastructures seront exploitées à nos frais par des acteurs tels Google, Apple, Facebook et Amazon. Et nous financerons ce qui constituera notre colonisation numérique."


Après avoir qualifié les enjeux il insiste pour l'établissement d'une politique ambitieuse bien articulée globalement. Selon lui il n'est pas trop tard. Ce n'est pas premièrement une question de budget mais de vision industrielle du numérique. (et ça tombe bien en cette période de disette)


Enfin il insiste sur l'échelle d'intervention. Selon lui "l'échelon national ne peut être qu'un point de départ. Si rien n'est fait, dans dix ans, nous, les Européens, disparaîtrons de la carte des pays développés." 


Il conclut en donnant quelques exemples phares des bouleversements qu'induit le numérique 

  • "repenser le droit du travail"
  • "réorganiser les entreprises, en se rapprochant du modèle des intermittents"
  • "redéfinir les objectifs de la fiscalité" 
    > "Il ne s'agit plus seulement de redistribuer du pouvoir d'achat, mais de savoir mettre en valeur son temps."
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Le rapport de l'AIE paru le 26 juin 2013 et ses conséquences pour le Débat National sur la Transition Energétique...

Le rapport de l'AIE paru le 26 juin 2013 et ses conséquences pour le Débat National sur la Transition Energétique... | Bourgeons | Scoop.it

En cliquant sur le titre vous accédez à un article en anglais sur le site du National Geographic qui présente les grandes lignes du dernier rapport de l'AIE. Ci-dessous une réflexion personnelle pour ouvrir des perspectives. 

jb [at] iSustainabledev.com 

Jean-Baptiste Brochier's insight:

Alors que Barack Obama a dévoilé le 25 juin un plan de lutte contre le changement climatique, la très sérieuse institution (*) de l'Agence Internationale de l'Energie publie son dernier rapport.

 

En mettant en perspective deux faits majeurs qu'il relève nous pouvons comprendre combien l’actuel Débat National sur la Transition Energétique (DNTE) est crucial :

1. en 2016 la quantité d'énergie produite par les énergies renouvelables va dépasser celle produite grâce au gaz et au nucléaire 

2. les subventions pour les combustibles fossiles au niveau mondial restent six fois plus importantes que celles allouées aux énergies renouvelables

 

En France, le DNTE va donner lieu à une proposition de loi de programmation énergétique pour Octobre 2013. Elle aura des conséquences très importantes sur la société et notamment sur le plan industriel, secteur que nous avons récemment redécouvert comme une clef pour la santé économique, l’indépendance et la stabilité d’un Etat développé.

 

Quelles pourraient donc être les conséquences de cette loi sur le secteur industriel français ? Il faut d’abord rappeler que les entreprises se développent naturellement sur le terreau d’où elles sont issues, le marché national, avant de partir à l’étranger pour y devenir de grands groupes souvent appelés par l’Etat « fleurons de l’industrie française ».

 

C’est ainsi que ce sont construites des entreprises majeures comme Danone, Bouygues, Total, Areva, EDF, Peugeot, Renault, etc. Seulement nous avons oublié que la contribution à la balance « emplois » de ces « champions » était, au mieux, neutre ces dernières années. Ce sont bien davantage les PME et les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) qui créent aujourd’hui des emplois – c’est pourquoi le modèle allemand est si souvent mis en valeur.

 

Ce débat nous donne justement l’occasion de rebattre les cartes et de redonner une chance à l’agilité des entreprises et à l’innovation dans un monde devenu très complexe : si la transition énergétique à la française concoure à orienter les infrastructures énergétiques vers un mix d'avenir, anticipant même sur ce qu’il sera dans les autres marchés, nos PME et ETI auront de brillantes perspectives à l'international. Elles pourront exporter, et le cas échant leurs innovations pourront nourrir « la chaîne alimentaire » française qui consiste souvent en l’acquisition de plus petites entreprises par les plus grandes.

 

Au contraire, si ce débat reste stérile et crispe les positions sans permettre de décider collectivement de se positionner à l’avant-garde, nous aurions le plus grand souci à nous faire : c'est toute la chaîne de l'innovation française qui risque de se crisper derrière une ligne Maginot qui ne révèlera son inefficacité qu'aux moments cruciaux. 

 

Ce qui s’est passé ces dernières années sur le segment des énergies renouvelables devrait nous tenir en alerte : si Areva est bien positionnée aujourd’hui sur l’éolien offshore c’est parce qu’elle a acheté la société et la technologie allemande Multibrid. Si Total est devenu un des plus grands acteurs du solaire avec une technologie unique qui présent les meilleurs rendements au niveau mondial, c’est parce qu’il a acheté SunPower, entreprise californienne, etc.

 

Cette tension aujourd’hui se fait jour même au sein des grands groupes français : entre une certaine résistance au changement et toutes les personnes qui veulent avancer résolument vers l’avenir.

 

Il faudrait aider à ce que ces stratèges visionnaires puissent dévier les Titanics de leur trajectoire : il est possible d’éviter l’iceberg qui menace invariablement tous les navires que l’on croit insubmersibles, mais il faut agir tôt et d'une main qui ne tremble pas.

 

C’est pourquoi il semble aujourd’hui essentiel que nous fassions preuve dans ce débat de davantage (i) d’empathie, (ii) d’humilité et par dessus tout  (iii) d'une vision de long terme qui tienne compte avec une justesse mesurée que chaque décision induit des dynamiques différentes au sein d'écosystèmes (industriels, sociaux, économiques) dont nous faisons partie, où nous sommes interdépendants. 

 

A bon entendeur…

 

Jean-Baptiste Brochier, animateur de transition @ iSustainabledev

 

* basée à Paris, cette agence est aussi réputée pour être assez conservatrice dans son évaluation du potentiel et du développement des énergies renouvelables : le ton de cette publication en est d'autant plus remarquable. 

 

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