Depuis les années 20, la domination, qui se déploie comme spectacle, utilise la jeunesse et la féminité, à la fois pour en finir avec la société traditionnelle et pour contenir la menace révolutionnaire. Abandonnant le statut de subordination qui leur était associé, jeunesse et féminité accèdent à celui d'idéaux industriels au service du constant renouvellement des modes de vie liés à la modernisation capitaliste. Elles offrent le modèle d'un rapport à la société fondé sur la consommation et la séduction. Ce dispositif est ici représenté par la figure de la « Jeune-Fille », incessante et toujours niée de son échec. En tant que figure, qui caractérise l'expérience d'une époque et en polarise les possibilités, la Jeune-Fille n'est pas assignable à un sexe ou à un âge déterminé : toute adolescente de 15 ans n'est pas une Jeune-Fille, et en revanche, celle-ci peut-être parfaitement représentée par un sexagénaire branché. La vogue récente de la presse masculine est là pour en témoigner. La fin de la Jeune-Fille signera la fin du mode de domination marchand.


Aussi: http://www.bloom0101.org/jeunefille.pdf ;