« Ville de littérature… » Reykjavik, une ville qui pourrait se donner à lire comme un roman, avec ses couleurs et ses minuscules bruits de tous les jours, avec la tôle ondulée des petites maisons qui scandent l'espace urbain, rouge, jaune, grise, les quelques oiseaux qui n'ont pas encore quitté l'île, le soleil qui vient d'apparaître après la gigantesque tempête de la nuit dernière. Portrait radiophonique d'une toute petite grande ville, posée sur la plus grande calotte glaciaire du monde, là-bas, dans ce bout de l'Europe, face à l'Amérique, sur cette terre d'Islande faite de roches volcaniques principalement et rythmée par les volcans, les solfatars, les geysers et les sources d'eau chaude. Mais aussi par la présence invisible d'elfes, de trolls, d'esprits et de créatures surnaturelles qui viennent malicieusement se faufiler dans la vie de tous les jours, si l'on en croit les légendes de la ville.

Ici, le nom des rues honore les personnages des sagas islandaises et la ville se rêve d'être une grande capitale. Mais elle est si petite, si fragile (on dit que les enfants doivent rester à la maison en cas de grande tempête car ils risquent de s'envoler!), découpée à l'Ouest d'un pays presque désert, et c'est justement pour cela qu'elle est si forte et si attachante, qu'elle vibre de  culture, de musique et de vie artistique. En 2011, l'Unesco l'a désignée « ville de littérature » pour son histoire littéraire extraordinaire et son héritage inestimable en matière de littérature médiévale. Mais aussi  parce qu'elle est exemplaire pour son engagement dans le soutien des langues, dans les initiatives de traduction et dans les échanges internationaux.