Prix immobilier, vous voyez comment l’avenir… ??? | Architecture et Urbanisme - L'information sur la Construction Paris - IDF & Grandes Métropoles | Scoop.it

Depuis le début de l’année 2012, j’observe un inversement des rapports de force. D’un marché de vendeurs, nous sommes passés à un marché d’acheteurs. Les acquéreurs ont repris la main !

La crise économique est bien évidement la cause du ralentissement des marchés immobiliers où l’on observe une nette baisse des volumes de transaction. Je crois qu’il s’agit surtout d’une crise de confiance qui provoque l’attentisme…

Les marchés immobiliers ont toujours été drogués à l’incitation fiscale, dopés par une succession de mesures renommées et retoquées à chaque changement de ministres du logement. La désintoxication est en marche depuis la fin du dispositif Scellier, la fin des aides à l’emprunt via le prêt à taux zéro. L’avenir ne dépendra plus des cadeaux fiscaux. Le dispositif  Duflot n’y fera rien. Il faut laisser le marché se réguler, libérer le foncier disponible et inverser le système de taxations des plus-values pour inciter les propriétaires à vendre.

Le logement occupe aujourd’hui 50% des dépenses des ménages. La baisse des volumes a permis un ajustement des prix plus ou moins important suivant les régions. Une baisse des prix généralisée qui se ressent également sur les loyers de relocation.

Même si les taux d’intérêt sont historiquement bas, ils ne permettent pas de solvabiliser la demande. Les primo-accédants sont écartés du marché après avoir enrichi ceux qui ont profité de la fabuleuse évolution des prix de la dernière décennie. L’accès au crédit régule le marché et ce avant l’offre !

Les conditions d’octroi du crédit ont été durcies. Nous n’avons pas subi les excès de la financiarisation qui ont conduit outre-manche à créer des produits toxiques, ces prêts subprime destinés aux emprunteurs difficilement finançables. C’est la capacité financière et le taux d’endettement qui définissent en France le montant de l’emprunt et non pas la valeur du bien hypothéqué.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. La spéculation n’est plus possible, les plus-values sont dernière nous. L’achat d’un bien ne doit pas être guidé par la fiscalité mais habité par la raison, celle de se loger ou d’investir en vue d’un rendement locatif incitatif et raisonnable.

S’il fallait se risquer à prévoir l’évolution des prix de l’immobilier, je dirai prudemment qu’ils seront liés à l’évolution de l’économie réelle et donc au pouvoir d’achat, au taux de chômage, à la fiscalité mais aussi à la politique monétaire de la BCE (OAT, taux des crédits).

En définitive, je ne vois pas de bulle immobilière mais des corrections et un ajustement car le ratio prix/revenu disponible des ménages s’est envolé depuis … longtemps !

 


Via Jean-François Jagle