« Nous avons fait la révolution », s'amuse Peio Uhalde, le dirigeant d'Alki. Ce fabricant basque de meubles est le cas d'école de l'entreprise sauvée par le design. En 2007, la coopérative touche le fond, ses ventes annuelles tombent à 20 millions d'euros, les effectifs à une vingtaine d'employés. La concurrence des pays de l'Est, du Portugal ou d'Asie fragilise le constructeur auprès de ses distributeurs comme Crozatier. Le personnel coopérateur refusant de délocaliser, Peio Uhalde tente sa chance auprès d'une de ses connaissances, le designer basque Jean-Louis Iratzoki. « Il a refusé un simple relookage des produits mais a proposé plus profondément de revoir la stratégie de l'entreprise par le design. Nous sommes reparti de zéro. » Le designer fonde le renouveau de l'entreprise sur ses savoir-faire traditionnels dans le bois et la tapisserie, mais aussi sur son ancrage culturel régional. « Il s'agissait de raconter une histoire, celle de cette coopérative militante, authentique et respectueuse de l'environnement », explique Jean-Louis Iratzoki. Les lignes des meubles sont actualisées en direction d'une nouvelle clientèle comme les boutiques de design, les architectes ou les marchés export. Le designer généralise l'éco-conception, remet à plat la communication, le catalogue, et cible des salons plus pointus comme celui de Milan. En trois ans, la ligne contemporaine passe d'un quart à trois quart de la gamme, les ventes internationales à 45 % du chiffre d'affaires.



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