Kafka a élu domicile aux Archives Nationales à Paris. | aquarium | Scoop.it

Alors que je reviens assez énervée et frustrée d'une visite aux Archives Nationales à Paris où on m'annonce un délai de 3 semaines pour obtenir la communication de 3 documents. Oui vous lisez bien 3 semaines pour sortir 3 dossiers de 3 cartons. Je reçois un tweet m'annonçant le lancement du blog des National Archives britanniques et là je pleure de rage, la rage du chercheur frustré d'avoir à travailler en France.
Les Archives Nationales françaises pour vous chers lecteurs c'est une Terra Incognita. Je vous explique le CARAN rue des Quatre fils, vous entrez on vous fouille, oh pas une fouille de sécurité non un genre de fouille de sécurité inutile qui selon votre heure d’arrivée vous fait perdre entre un quart d’heure et une demi-heure. La personne devant moi a du passer un bon quart d'heure à ouvrir valise, sac, cartable et sac à main à un type qui n'a finalement pas regardé le fond de mon sac à dos.
Vous êtes dans le hall, une banque d'accueil mais les personnels sont occupés à bavarder, point de signalisation pour le nouvel arrivant, ce qui n'était pas mon cas. Je me dirige au fond du hall faire renouveler ma carte de lecteur sésame nécessaire mais qui s'avère inutile puisqu'une fois en salle de lecture on vous demande à nouveau de remplir un formulaire papier. La personne en charge de la délivrance des cartes de lecteurs à 9.30 est déjà de fort méchante humeur, elle aboie plus qu'elle ne parle. Visiblement il faut reprendre une photo à l'aide la webcam qu'elle balance,le résultat est affligeant. 
Il vous faut ensuite faire demi tour car sur les 3 postes de travail de cette salle-là aucun n'est destiné au règlement de la dite carte. Vous vous rendez derrière la banque d'accueil où les bavards bavardent et le préposé au règlement vous rejoint pour encaisser, puis retour au fond du hall pour chercher le sésame, je vous épargne le passage par les vestiaires pour vous délester de vos manteaux, bagages et autres objets ne pouvant pénétrer dans le Saint des Saints. Bien entendu le nouvel arrivant ne bénéficie d'aucun panneau expliquant le parcours ci-dessus expliqué encore moins d’accompagnement.
Quand enfin vous entrez en salle de lecture, et vous adressez aux deux personnes faisant office de Président de salle vous pouvez espérer votre quête en bonne voie, puisque vous connaissez la cote des dossiers que vous cherchez. Détrompez-vous, le cauchemar commence à peine.
L'une discute au téléphone d'un événement suffisamment important pour ne pas s’interrompre et l’autre est plongée dans les mots fléchés d’un quotidien gratuit.
Je demande donc la démarche à remplir pour obtenir les 3 cotes. Mme Mots fléchés , cheveux hirsutes et gilet directement récupéré dans les accessoires du Père Noël est une ordure, lève la tête « Ah –soupirs- attendez je vais prendre la fiche explicative, cela fait huit ans que je ne comprends toujours pas comment faire» NO comment, ailleurs on l’aurait formé ou changé de poste. Un président de salle chargé d’aider le lecteur/chercheur qui ne comprend pas sa tâche ça pose question non ?
"Inutile de recopier toute la cote, mettez juste le numéro de dossier , mettez votre mail et votre télphone" Hum c'est déjà noté dans mon dossier de lecteur (celui de la carte) cela signifie que vous ne consultez pas la ficheinformatique du lecteur ? "Non on utilise le formulaire"
Silence de ma part. [Comment te dire Madame, j’ai perdu vingt minutes à chercher la cote, le numéro de dossier je l’ai depuis quinze jours mais inutile de vouloir expliquer au système de réservation en ligne que dans la boite de la série BB XXXXXXX je ne veux que le dossier coté XXXXX-24 , le génie qui a conçu le formulaire Internet a cru bon de rajouter « adressez-vous au président des salle ». Je pense que Kafka avait du le rencontrer.]
Innocente je demande, et quand pourrais-je le consulter [si les ascenseurs ne sont pas en panne, les personnels en grève] ?
« Comptez trois semaines »
Interloquée, mon regard a du la déranger.
« Mais les Conservateurs n’ont pas que ça à faire » [Ben non c’est sur et les magasiniers ils ont piscines ?] Madame, les magasiniers n'ont pas en charge la sortie des archives. 
Je vous épargne la consultation en salle multimédia de bases de données conçues par le cousin du génie du site web pendant que des personnels non identifiés bavassaient du rempaillage des chaises, se souciant for peu des lecteurs assis devant les ordinateurs. 
Je ne vous raconterai pas non plus la consultation de la série AJ38 l’enfer sur terre, les archives du commissariat aux Questions juives où comment essayer de repousser les frontières du réel dans la 4e dimension.
J’ai donc déposé ma demande, envoyé au CNAC à Fontainebleau un mail pour deux dossier conservés là-bas. Tout cela le 9 février.
Croyez-vous que Fontainebleau ait accusé réception du dit mail ? Non bien entendu.


A Kew où j’ai eu le plaisir de travailler il m’a fallu 5 minutes pour faire ma carte, 10 pour commander parce que toutes le cotes sont en ligne donc j’avais pu constituer un panier depuis mon bureau en France et vingt minutes pour recevoir les boites, un chariot pour les transporter, m’installer dans une salle où il y avait du WI-Fi et des tables de reproduction pour installer mon appareil photo.


Cette visite n'était pas la première que j'effectuais, mes collègues et amis ont tous vécu des expériences similaires. 

A Paris aux Archives Nationales le lecteur n’est pas bienvenu mais pour autant on ne numérise pas les archives pour qu’il puisse les consulter chez lui.
A Paris on ne considère pas que le lecteur soit parfois étranger, qu’il puisse vivre en province et que chaque visite ait un coût. A Paris le personnel en charge de l’accueil des visiteurs, lecteurs, chercheurs à chacune des étapes manifeste très clairement que cette fonction ne lui convient pas. Les responsables devraient se poser des questions et chercher de l’aide pour former les personnels à la manière de recevoir.

L’image que renvoie l’institution dans ces dysfonctionnements est déplorable.
En attendant que les choses changent, j’attends qu’un Conservateur du Patrimoine ait la bonté de se saisir de ma demande et la traiter.