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Sam Millar, ancien de l'IRA, prisonnier et torturé huit ans à Long Kesh, puis auteur du fameux casse de la Brinks aux Etats-Unis, publie son autobiographie. Témoignage d'un homme revenu de tous les enfers.
"A certains d’entre nous, le titre peut faire penser à un tableau de Chaïm Soutine dans sa période carcasse de bœuf, mais là s’arrête toute comparaison. Quoique… « Ces quelques jets sont dédiés aux beautés et immondices de ce monde honteux, mais vacant, ainsi qu’à tous ceux qui savent en jouir ou pleurer ». Sincère, fluide, dur, mais avec cette petite musique qui fait d’un texte un grand livre. Des mots d’aujourd’hui, des mots de tous les jours, simples et beaux comme les sentiments de la vie. Car oui, il peut y avoir de la beauté dans la souffrance, dans l’absence, dans la haine même si on ne le voit pas. Apologie de la viande est en quelque sorte de la littérature poétique contemporaine. Pas de celle que nous avons malheureusement bien trop souvent sous les yeux malgré nous, non la vraie, celle qui vous marque à chaque page, chaque phrase, chaque mot, chaque lettre."
"Dans le cadre d'une association, Emmanuel Lepage, accompagné d'autres personnes (artistes et journalistes) a entrepris le plus terrible des voyages. Un voyage l'amenant cette fois sur les terres de la désolation (il est l'auteur d'un précédent ouvrage consacré aux Terres Australes et Antarctiques Françaises intitulé Voyage aux îles de la Désolation), celles qui furent le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire: la région de Tchernobyl et la ville voisine de Prypiat."
Le new-yorkais Paul Auster est de retour chez Actes Sud avec Sunset Park, le portrait d’une poignée d’Américains contraints de vivre en marge de la société à l’heure du marasme économique mondial et du bouleversement des règles sociales.
Surtout connu pour ses pièces de théâtre, le dramaturge libanais publie son second roman, «Anima». Pour Slate, il revient sur l'impact qu'a eu sur sa vie le fait de se retrouver entièrement seul face à la page blanche.
Katrina a seize ans et pour toute préoccupation les activités sexuelles auxquelles elle s'adonne avec son premier petit ami Phil lorsque sa mère disparaît d'un coup par un après-midi glacé de janvier.
"Elle avait choisi, pour travailler dans la rue, le nom de Shakira. Elle, une pute de Port-au-Prince. Et puis la chose s’est produite. Dans le roman de Makenzy Orcel, la chose, c’est le tremblement de terre. Haïti. On s’en souvient, ces images, ce désastre. Dans Les Immortelles, on mesure les conséquences du séisme sous l’angle des prostituées de la Grand-Rue. Mais cet angle-là est un sacré angle d’attaque… Un écrivain écrit. Il écrit parce qu’une prostituée rescapée de la chose le lui demande, le lui propose, comme une transaction, un arrangement : « Marché conclu. Je devais juste d’abord écrire et ensuite la sauter. Ça me plaisait bien cette idée. […] Éditer à compte de sexe ». Il sera question de sexe, bien entendu, dans le roman de Makenzy Orcel. Il sera question de sexe cru, sans ambages. Il sera question de prostitution. Mais il sera question aussi, de religion, et surtout, de littérature."
Ouverte avec Lydie Salvayre et le « Club des 27 », la rentrée littéraire de Rue89 continue à Berlin, où se déroule « L'histoire de l'Histoire » d'Ida Hattemer-Higgins.
"Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, un bombardier américain larguait « Little Boy » sur la ville japonaise d’Hiroshima, provoquant des formes inédites de souffrance humaine. Qu’est-ce que l’enfer nucléaire ? Comment peut-on en réchapper et survivre ? Lisez donc la série des « Gen » de Keiji Nakazawa."
Ce mythique récit de voyage raconte l'évasion rocambolesque d'un groupe de prisonniers du goulag et leur fuite éperdue pour rejoindre le Tibet et l'Inde.
"Une ville au bout du monde, cernée de murs, livrée à la désagrégation, dont les habitants tâchent de subsister en fouillant dans les détritus. De ce « pays des choses dernières », comme l’appelle le titre original du roman, la jeune Anna Blume écrit à un ami d’enfance. Venue à la recherche de son frère disparu, elle raconte ses errances dans les rues éventrées, sa lutte contre le froid, les prédations, le désespoir.Le romancier de L’Invention de la solitude et de la Trilogie new-yorkaise nous entraîne ici dans un de ces univers, à mi-chemin du réel et du symbolique, dont il a le secret. Sur les pas d’Anna Blume et de quelques autres, résolus comme elle à ne pas s’anéantir dans l’abjection et la violence, nous traversons une fin du monde qui ressemble par bien des traits à notre monde. Avec eux, aux dernières pages du livre, nous serons conviés à rêver d’un autre départ, vers d’autres contrées…"
"Pour raconter l’horreur nazie, le génial Le Nazi et le barbier (1971) usait d’un grotesque plein de fantaisie. Nuit, par contre, repose sur un hyperréalisme glaçant. Mais le résultat est le même : Edgar Hilsenrath, féroce, provocateur, frappe à l’estomac. Inspiré de son expérience de la déportation, le premier roman de l’écrivain allemand, paru en 1964, pulvérise l’image consensuelle de la victime innocente ou d’une communauté juive unie face à l’oppresseur. Dans le ghetto agonisant, il n’y a plus de juifs. Plus d’amis, d’amants, ni même de pères ou de fils. Juste des êtres « sans-nom, ceux qui n’ont que des jambes, des corps et des têtes… mais pas de visages », des « revenants », qui ont perdu depuis longtemps le vernis de la civilisation. Tous concurrents, tous ennemis, ils essaient juste de tenir un jour de plus, pour avoir la satisfaction de penser : « Encore un jour absurde qui touche à sa fin. »"
" La bataille fait rage dans les milieux concernés, certains forums et autres blogs, pour savoir si La route de Cormac McCarthy est un roman de science-fiction ou non. Evidemment, on suppose que le roman se passe dans un futur plus ou moins proche (et innommé, puisqu'à aucun moment l'auteur ne donne une date) mais son sujet et sa thématique est universel. C'est le retour à la barbarie de l'humanité, la survie, la violence, la force immuable qui nous pousse à perpétrer notre espèce coûte que coûte et les efforts des survivants pour conserver une part d'humanité, aussi ténue soit-elle. "
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"S’il est un discours au moins aussi largement diffusé et relayé de nos jours que le discours catastrophiste, c’est bien celui qui prétend en dénoncer la vanité et en critiquer la pertinence. Les prédicateurs de l’apocalypse et autres oiseaux de mauvais augure ont ainsi vu se dresser face à eux les pourfendeurs impitoyables de cet apostolat du désespoir, rivalisant de lucidité et d’intelligence critique avec ces derniers dans l’analyse des causes des angoisses multiples de fin du monde. Mais ces deux types de discours nous paraissent partager le même défaut, en ce qu'ils négligent les caractéristiques originales du catastrophisme dans sa version moderne, tel qu’il se déploie dans de nombreux registres discursifs allant de la littérature à la philosophie en passant par la science, la sociologie et la politologie."
"On peut prendre des angles bien différents pour faire de la littérature sur un traumatisme universel. L’accident nucléaire, comme la guerre, ou le tsunami, le séisme, sont un terreau propice à l’éclosion de personnages, de situations, d’émotions. Antoine Choplin choisit la voix et la voie des petits et des sans-grades, des victimes et des oubliés, dans un style dégraissé à l’extrême."
France Culture rediffuse son adaptation du roman-enquête de Florence Aubenas. Pendant six mois, la journaliste était devenue agent de nettoyage.
"Construit comme une sorte de recueil de nouvelles autour de la guerre, L’Usage des ruines s’immisce entre réalité et fiction, changeant, à chaque chapitre, de lieu, d’époque, de regard. La fascination des nazis pour les ruines, la disparition de villages rayés de la carte, la folie créatrice d’un architecte sensé construire un fort, l’ordre de brûler les quatre coins de la ville pris au pied de la lettre, l’inutilité du siège le plus long de tous les temps… Avec une écriture souple comme l’imagination et imagée comme une chronique historique, Jouannais cisèle de petits récits passionnants, miscellanées guerrières se penchant sur des faits étonnants, relevant l’incongruité de certains chemins de l’Histoire, ou contant le comportement inhabituel de tel commandant, le point de vue dissonant de tel témoin – ou de tel personnage imaginaire."
"Il y a des noms de lieux qui nous parlent. Soweto, Londonderry, Bronx ou encore dans un genre différent Mulholland Drive, films, romans, ambiances, histoires surgissent. Dans ce second roman de Stuart Neville, il s'agit de l'Ulster. Une des quatre provinces historiques d'Irlande. Un nom évocateur. C'est là que vit Jack Lennon, policier d'origine catholique, bossant à la Royal Ulster Constabulary, la tristement célèbre police protestante. Une vie pas vraiment simple où il subit un certain ostracisme des siens, sans oublier celui des protestants loyalistes. De plus, comme souvent chez les policiers, sa vie privée est assez catastrophique. Il cherche à retrouver sa fille de six ans, dissimulée par son ex-femme."
" "Cultural mourning" connotes the response of African Americans not only to the lost lives and lost possibilities produced by slavery but also to the loss of cultural productions through appropriation by white culture. In her 1992 novel, Jazz, Morrison re-claims black music both by reconceptualizing the Jazz Age and by employing the literary equivalents of its musical forms. "
3 mars 1994 Olivier BARROT présente le livre de Russel BANKS : "De beaux lendemains", aux éditions Actes Sud. L'auteur a choisi un sujet douloureux : un auto...
Le journaliste polonais Jacek Hugo-Bader et l'écrivain russe Vassili Golovanov ont sillonné la steppe, de Moscou à Vladivostok, à leurs risques et périls.
Son premier roman, «Brut» (Seuil) , a été l’un des plus remarqués de la rentrée d’automne 2011. Entretien.
"D'Italie nous vient un très grand livre paru en 2002, sur les casses industrielles et humaines à l'oeuvre dans notre époque de redistribution du jeu capitaliste. Un peu dans l'esprit du Daewoo (2004) de François Bon, qui retravaillait la parole d'anciens salariés du groupe coréen après la fermeture de ses deux sites en Lorraine, Démantèlement restitue, sous la forme d'un récit de facture romanesque, un dialogue de deux ans et demi entre l'écrivain Ermanno Rea et Vincenzo Buonocore, pseudonyme d'un homme qui travailla de 1969 à 1998 dans les usines napolitaines du groupe sidérurgique Ilva et participa de près, à partir de 1994, aux différentes étapes de la liquidation. Depuis la fermeture et la destruction partielle d'un outil de production ultramoderne jusqu'à la délocalisation en Chine des unités restantes."
Jean-Paul Kauffmann a évoqué, dans La maison du retour, la fusion entre un homme et une maison au milieu des pins. Courlande (2009) n’est pas...
"Oskar a 9 ans, et a perdu son père lors des attentats du 11/09, à New-York. Son papa a toujours eu l'habitude de lui faire résoudre des énigmes."
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