Ce qu’il reste des chrétiens d’Orient | Aladin-Fazel | Scoop.it

Dans les pays arabes ils sont de moins en moins nombreux et ils sont poussés à l’exode par une hostilité croissante. Une présentation mise à jour indique combien ils sont et qui ils sont, trois mois avant le voyage que le pape va effectuer en Terre Sainte
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« La situation des chrétiens au Moyen-Orient est l’une des grandes préoccupations du Saint-Siège, qui ne cesse de sensibiliser à cette question ceux qui exercent des responsabilités politiques, parce qu’il en va de la coexistence pacifique dans cette région et dans le monde entier ».

Et il a ajouté, faisant référence à la présence au Moyen-Orient de chrétiens de diverses confessions et, implicitement, à la rencontre du pape François et du patriarche œcuménique de Constantinople, qui aura lieu à Jérusalem un demi-siècle après le baiser de paix échangé par Paul VI et Athénagoras :

« C’est également un contexte particulièrement significatif au niveau de l’œcuménisme, étant donné que les chrétiens peuvent chercher et trouver des voies communes pour aider leurs frères dans la foi qui souffrent dans différentes parties du monde ».
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Si l’on prend en considération les chiffres actuels, on ne peut partir que des chrétiens d’Égypte, héritiers du patriarcat d’Alexandrie. Et particulièrement de l’Église copte orthodoxe, dirigée par le pape Tawadros II, à laquelle se rattachent plus de 90 % des chrétiens d’Égypte.

On l’appelle « copte orthodoxe », mais il faut préciser tout de suite qu’elle n’a rien à voir avec l’orthodoxie issue du schisme entre Rome et Constantinople. La genèse d’une Église autonome égyptienne résulte en effet du refus du patriarche d’Alexandrie de participer au concile de Chalcédoine de 451, à l’époque des querelles théologiques à propos de la nature de Jésus.

Les coptes constituent actuellement la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient. Mais combien sont-ils ? Lors des deux derniers recensements, réalisés en 1996 et en 2006, la question portant sur la religion d’appartenance en Égypte avait été omise dans les questionnaires, afin de respecter une indication en ce sens provenant des Nations-Unies. Mais ce fait a alimenté deux comptabilités parallèles.

D’une part il y a celle de l’Église copte orthodoxe qui, s’appuyant sur ses registres, affirme que les chrétiens représentent 10 % de la population du pays, autrement dit de 8 à 9 millions d’individus.

D’autre part il y a les statistiques officielles, selon lesquelles ils sont beaucoup mois nombreux : en 2012 l’Agence gouvernementale indiquait qu’il n’y avait pas plus de 5 130 000 chrétiens. Et une source indépendante telle que le Pew Research Center américain va même jusqu’à estimer qu’il n’y a que 4 290 000 chrétiens en Égypte, soit 5,3 % de la population. Cependant il n’est pas dit que ces chiffres des statistiques officielles soient en eux-mêmes plus exacts : il faut tenir compte du fait que l’Égypte, ce n’est pas seulement Le Caire et que – surtout dans les régions les plus périphériques – les chiffres relatifs à la population totale sont eux-mêmes très douteux.

Il faut ajouter que les chiffres concernant les chrétiens égyptiens comprennent également l’Église copte catholique, de rite copte mais en communion avec Rome, dirigée par le patriarche Ibrahim Isaac Sidrak, qui compte environ 160 000 fidèles. Et puis il y a les chrétiens égyptiens de confession évangélique, dont le nombre est estimé à environ 250 000 personnes.

S’il y a d’aussi grandes incertitudes en ce qui concerne les coptes présents en Égypte, le problème ne peut pas être différent pour ce qui est des estimations relatives aux chrétiens égyptiens qui ont quitté le pays au cours de ces dernières années.

Ce qu’il y a de certain, c’est que la communauté la plus nombreuse de la diaspora est celle des États-Unis, pour laquelle circule le chiffre de 900 000 personnes. On trouve également des communautés très importantes au Canada (environ 200 000 personnes) et en Australie (75 000). En revanche, il y a deux ans encore, les populations de coptes dans les pays d’Europe étaient plus faibles.

Tous ces chiffres, cependant, sont donnés en tenant compte de ceux qui ont quitté le pays au cours des deux dernières années. Sur ce point le Washington Institute for Near East Policy a publié une estimation qui évalue à 100 000 le nombre de chrétiens qui ont fui l’Égypte après la chute de Moubarak. Cependant ce chiffre est contesté par l’Église copte orthodoxe : elle parle de quelques dizaines de milliers de personnes mais elle a également intérêt à limiter le phénomène.


Via Egypt-actus