Pesticides : l'épidémie silencieuse des agriculteurs brésiliens - | Objectif Transition | Abeilles, intoxications et informations | Scoop.it

Depuis 2008, le Brésil est le premier consommateur mondial de pesticides, devant les Etats-Unis. Premières victimes, les agriculteurs, victimes d'intoxications et parfois de cancers.

 

Maux de tête, vomissements, insomnies, cas de dépressions ou de suicides... Breno Braga connait les symptômes par coeur. Médecin à Nova Friburgo, au Nord de Rio de Janeiro, il ne compte plus le nombre d'agriculteurs victimes d'intoxications aux pesticides qui ont franchi la porte de son cabinet depuis 10 ans.

"Dans le cas d'une intoxication aigue, c'est-à-dire l'ingestion d'une quantité excessive de pesticides à un moment donné, le patient peut s'évanouir, avoir une crise de convulsions ou des vomissements. Dans le cas d'une intoxication à plus long terme, ces petites intoxications qui se produisent sans que l'agriculteur ne s'en aperçoive, les symptômes sont plus difficiles à percevoir, ça peut être des cas de dépression, d'insomnie, un amaigrissement et parfois même des cas de cancers", détaille le spécialiste.

 

Le grand bond

 

C'est une réalité moins glorieuse du miracle agricole brésilien : avec 1 milliard de litres de pesticides pulvérisés chaque année sur ses cultures, soit 5 litres par habitant, le Brésil est le premier consommateur de pesticides au monde. D'après une étude publiée par l'Agence nationale de vigilance sanitaire (Anvisa), la vente de pesticides sur le territoire national a brassé 7 milliards de dollars en 2010, autrement dit 10% du marché mondial.

Résultat d'une politique qui a fait du recours aux substances chimiques une condition nécessaire à l'accomplissement de sa révolution agricole.

 

"Dans les années 70, l'Etat brésilien a publié un décret obligeant les agriculteurs à consacrer une partie de leur crédits agricoles à l'achat de pesticides, sans que ce geste ne s'accompagne de la formation nécessaire au maniement de ces substances potentiellement dangereuses", explique Armando Meyer, directeur de l'Institut d'Etudes en santé publique à l'Université fédérale de Rio.