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Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation. D'autres utilisations maintenues Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive." Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison. Une persistance des molécules dans l'environnement "Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles. "En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.
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ENFUMAGE?????
Ce moratoire n'est cependant qu'une demi-victoire pour les opposants aux pesticides et en premier lieu, les apiculteurs. En effet, l'interdiction ne concerne que quatre cultures ( maïs, colza, tournesol et coton) et n'est pas étendu par exemple au blé, à l'avoine et à l'orge qui représente environ la moitié des espaces cultivés dans une région comme le Poitou-Charentes. De plus, les apiculteurs font remarquer que les pesticides ont une durée de vie qui excède celle d'un assolement, du tournesol cultivé après du blé par exemple ne sera pas exempt d'insecticides jugés dangereux.
Dans le monde agricole, cette décision divise mais les agriculteuirs sont nombreux déjà à rechercher des alternatives aux pesticides et à n'envisager de traiter que là où celà se révèle indispensable.
Explications et réactions dans le reportage tourné par Anne-Marie Baillargé et François Gibert. Ils ont rencontré Francis Chauvancy, Vice-président du syndicat des apiculteurs du centre-ouest, François Chauveau, responsable de la commission des grandes cultures FRSEA Poitou-Charentes et Daniel Gauthier, agriculteur et apiculteur.
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En déplacement dans la Sarthe, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé, vendredi 8 février, un plan de soutien triennal à la filière apicole. Celle-ci en a bien besoin. Le nombre d'apiculteurs français a chuté de près de 40 % au cours de la dernière décennie. Mais M. Le Foll aurait pu se soucier aussi des abeilles. Car, sans elles, pas d'apiculture. Le ministre de l'agriculture aurait pu saisir cette occasion pour se pencher sur les insecticides néonicotinoïdes, de plus en plus soupçonnés d'être la cause majeure du déclin des abeilles. Il l'avait fait en juin 2012, en interdisant l'un de ces produits sur le colza. Hélas ! Les annonces du ministre ne comportent pas de nouvelles mesures d'interdiction. Retirer à l'ensemble des néonicotinoïdes leurs autorisations de mise sur le marché ne relèverait ni d'une application maximaliste du principe de précaution ni d'une lubie écologiste. Cette nouvelle classe d'insecticides est d'une foudroyante efficacité. Ses représentants – Cruiser, Gaucho, Poncho, etc. – ont été déployés dès le milieu des années 1990 et sont principalement utilisés en enrobage des semences sur les grandes cultures. Le principe est simple : la plante s'imprègne du produit et devient toxique pour les insectes, tout au long de sa croissance.
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Président de l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF), Olivier Belval réclame des mesures immédiates en ce sens. Et ne mâche pas ses mots contre la mansuétude dont, selon lui, les firmes phytosanitaires ont fait l’objet jusqu’à maintenant. Comment interprétez-vous l’avis de l’EFSA sur les pesticides néonicotinoïdes ? Il met en lumière l’invalidité des évaluations des produits avant leur mise sur le marché. Il y a eu la catastrophe du Gaucho, puis la catastrophe du Régent, et plus récemment la polémique liée à l’utilisation du Cruiser sur le maïs et le colza. Nous n’avons cessé de nous élever contre la commercialisation de ces produits. Il appartient maintenant à l’Europe – pour ce qui concerne les molécules – et à la France – pour les produits commerciaux – de tenir compte de l’avis de l’EFSA. Réclamez-vous l’interdiction de ces produits ? Ce serait la suite logique de l’avis de l’EFSA. Les apiculteurs la réclament depuis 17 ans, c'est-à-dire depuis leur apparition. Le minimum serait une suspension en attente de réévaluation. Pourquoi l’Autorité européenne alerte-t-elle maintenant sur les risques de cette famille de pesticides ? Depuis quelque temps, certains Etats s’inquiètent. L’équivalent de notre médiateur s’est penché sur le sujet en Autriche. Le gouvernement français a bougé avec la publication de l’étude de Mickaël Henry (NDLR : de l’Institut national de la recherche agronomique) sur les effets du Cruiser sur les abeilles. On sent que la pression s’est déplacée sur l’évaluateur, même s’il est difficile à celui-ci de conclure qu’il a mal évalué par le passé ! Tout ceci met en lumière le scandale des conflits d’intérêt dans les groupes d’experts qui siègent dans les instances européennes. Il est incroyable que l’on puisse tolérer ces carrières à tiroir, où l’on passe indifféremment d’une instance d’évaluation à une firme phytosanitaire. Ce système d’aller et retour est contraire à la démocratie. Il fait primer des intérêts particuliers sur l’intérêt commun, celui de la santé humaine et animale et celui de la protection de l’environnement. Il est temps de faire le ménage dans les agences d’évaluation. Si les néonicotinoïdes étaient interdits, pensez-vous que la santé des abeilles s’en trouverait notablement améliorée ? Si l’on en croit une étude italienne, l’arrêt de ces traitements sur le maïs a fait passer la mortalité dans les colonies de 37,5% à 15%. En parallèle, on peut observer que les rendements n’ont pas baissé. Ils ont même été record en 2011.
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Malgré l'interdiction définitive du Cruiser, de nouveaux produits phytosanitaires hautement toxiques pour les abeilles ont été lancés sur le marché et d'autres demeurent autorisés.
Si le Cruiser est interdit sur le colza, il continue cependant d'être autorisé sur les immenses superficies de maïs. De même, le Gaucho, un autre insecticide, n'est plus en usage pour le tournesol et le maïs, mais est toujours de mise pour le blé et la betterave, alors qu'il est "7 297 fois plus toxique pour les abeilles que le DDT", assure le président de l'UNAF, Oliver Belval. Quant à la deltaméthrine, une substance active "10 800 fois plus toxique le DDT", on la retrouve dans trente-cinq pesticides différents (notamment le Proteus de Bayer), dont une bonne dizaine est destinée au colza. Au cours des derniers mois, d'autres firmes de l'agrochimie ont lancé de nouveaux produits. Le Cheyenne (ou Santana GR) de Philagro et le Sonido de Bayer ont ainsi été récemment autorisés. Les apiculteurs n'en ont donc pas fini avec les luttes de prétoires. Pour l'heure, ils attendent les conclusions, annoncées pour fin 2012, d'une étude approfondie de l'Autorité européenne de sécurité des aliments sur plusieurs néocotinoïdes.
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Triomphe pour certains, amère défaite pour d'autres. L'annonce par Bruxelles d'une probable suspension, dès le 1er décembre et pour deux ans, de trois insecticides dits néonicotinoïdes, impliqués dans le déclin des abeilles domestiques (Apis mellifera) et des pollinisateurs sauvages (papillons, bourdons, abeilles solitaires, etc.), a été saluée, lundi 29 avril, comme une victoire par le monde apicole et les organisations de défense de l'environnement. Mais elle peut aussi, au contraire, être interprétée comme une cuisante défaite. Tardive et pusillanime, la décision de la Commission apparaît plutôt comme le symptôme d'une formidable faillite des systèmes d'évaluation des risques. Et, plus généralement, d'un grave défaut de vigilance des pouvoirs publics sur les questions de risques environnementaux – ce même travers qui a conduit au scandale du chlordécone (Le Monde du 17 avril) dans les Antilles françaises. De fait, les firmes agrochimiques ne sortent nullement perdantes de leur affrontement avec les apiculteurs et les défenseurs de l'environnement. Au contraire. Les pesticides aujourd'hui sur la sellette auraient, à l'évidence, dû être retirés du marché voilà de nombreuses années.
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Un nouveau front s'est ouvert dans la guerre que mènent les défenseurs des abeilles contre les pesticides néonicotinoïdes. Dans un rapport sévère diffusé vendredi 5 avril, les députés britanniques de la Commission de l'environnement volent au secours des butineuses en appelant le gouvernement de Londres à interdire ces traitements chimiques, très largement utilisés dans les cultures de maïs, de colza, de tournesol et de coton. L'interdiction des néonicotinoïdes est à l'étude en Europe, après que des études scientifiques ont démontré le rôle de ces produits dans l'effondrement des colonies d'abeilles et d'autres insectes pollinisateurs. "Nous estimons que les preuves scientifiques sont importantes pour justifier des mesures de précaution, donc nous appelons (...) à un moratoire sur l'usage de pesticides liés au déclin des abeilles", a déclaré la présidente de la commission parlementaire, Joan Walley, membre du parti d'opposition travailliste. UN RAPPORT ALARMANT DE L'AGENCE EUROPÉENNE Les députés dénoncent dans ce rapport l'approche "extraordinairement suffisante" du gouvernement dans ce dossier. Les représentants du ministère britannique de l'environnement ont contribué, le 15 mars, à bloquer la proposition de la Commission européenne de geler pendant deux ans l'utilisation de trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes – chlothianidine, imidaclopride et thiamétoxam. La proposition de Bruxelles d'imposer un moratoire fait suite à un rapport très alarmant rendu par l'Autorité pour la sécurité des aliments (EFSA) de l'Union européenne, le 16 janvier, qui conclut à la toxicité de ces produits pour les pollinisateurs. Insuffisant, aux yeux d'un porte-parole du département britannique de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales (Defra), pour qui "les décisions sur les néonicotinoïdes doivent être basées sur des preuves véritablement scientifiques. C'est pourquoi nous voulons que la Commission européenne accepte notre suggestion de réaliser une vaste étude en plein champ, afin d'obtenir les preuves les meilleures et les plus à jour."
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L'Union européenne pourrait interdire pendant deux ans l'utilisation de trois pesticides mortels pour les abeilles à compter du 1er juillet si ses Etats membres acceptent cette mesure préconisée jeudi par la Commission européenne. Mais il y a des résistances, aussi bien dans le chef des industriels que dans celui de certains Etats membres. Et la mesure est jugée inefficace par les partisans d'une interdiction totale.
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L'EFSA QUI PRENDS LES DEVANTS, ECHAUDES PAR L'AFFAIRE SERALINI? Trois insecticides néonicotinoïdes (la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame) présentent des risques élevés pour les abeilles, selon une étude de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Mandatée par la Commission européenne, l'institution s'est penchée sur les effets aigus et chroniques des trois substances (en traitement des semences ou en granulés) sur le comportement des abeilles, la survie des colonies et leur développement, ainsi que sur les larves et les risques engendrés par des doses sublétales.
Sa conclusion ? Certaines utilisations - en traitement de semences ou en granulés – entraîneraient des impacts pour les abeilles. Ils seraient liés à leur exposition au pollen et au nectar, à l'émission de poussières au moment du semis ou à la guttation de la plante, notamment sur le maïs. L'Autorité a également identifié un certain nombre de lacunes dans les données fournies pour permettre une évaluation plus approfondie des risques potentiels pour les abeilles. Lors de la prochaine réunion (le 31 janvier) du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CP Casa) en charge de ces questions, la Commission devrait inscrire ce sujet à l'ordre du jour. Publiée dans la revue Science, une étude d'équipes de recherche française a également mis en évidence le rôle d'un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, le thiaméthoxam, dans le déclin des abeilles. Ce dernier perturberait leur orientation et leur capacité à retrouver la rûche. Ces travaux devraient être complétés par des tests en plein champ. "Le colza d'hiver vient d'être semé, l'expérimentation et l'exploitation des plantes démarreront au printemps", a précisé Olivier Le Gall, chef du département Santé des plantes et environnement de l'Inra, à l'occasion de l'audition mercredi 16 janvier de François Houiller, devant la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale.
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L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) a salué jeudi la décision du Conseil d'Etat, qui a rejeté le pourvoi de la société Syngenta sur l'interdiction définitive du pesticide Cruiser OSR par le gouvernement. "Après un premier échec en référé fin juillet au tribunal administratif de Versailles, la société agrochimique a tenté en vain de convaincre le Conseil d'Etat que la décision ministérielle de retrait serait illégale et préjudiciable à l'agriculture", indique l'Unaf dans un communiqué. Le Conseil d'Etat a refusé le pourvoi le 21 novembre, précise l'Unaf pour qui le "retrait du Cruiser OSR sur le colza (...) est une mesure de sauvegarde courageuse et indispensable mais non encore suffisante". Pour Olivier Belval, président de l'Unaf, "cette décision du Conseil d'Etat est un succès pour l'apiculture française, elle permet au ministère de l'Agriculture d'aller jusqu'au bout en prononçant le retrait du Cruiser sur le maïs". Le gouvernement a annoncé fin juin l'interdiction définitive du Cruiser OSR, un pesticide utilisé pour le colza, dont plusieurs études ont confirmé les effets néfastes sur les abeilles. MAIS ATTENTION! L'interdiction, entrée immédiatement en vigueur, concerne exclusivement le Cruiser OSR utilisé pour le colza en enrobage de la semence, et pas le Cruiser 350 utilisé sur le maïs.
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