L'âme slave monte au miel - Libération | Abeilles, intoxications et informations | Scoop.it

Ceux qui croient à l’âme russe l’imaginent souvent se refléter dans une goutte de vodka. Perdu : c'est dans une goutte de miel qu'elle scintille, douce et enivrante. Cachée dans son rayon de cire, elle boude les regards indiscrets des étrangers, tout en n'aspirant qu'à les séduire.

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Les borteviki, eux, ont reçu de leurs ancêtres un héritage bien plus intéressant : des arbres à miel, les bortis. Ce sont des chênes, des pins ou des tilleuls d’au moins deux siècles, au cœur desquels un trou est creusé à six, sept mètres de hauteur.

Chaque arbre se lègue de père en fils : il porte la marque du clan, un pictogramme gravé dans l’écorce, qui s’enrichit d’un trait à chaque nouvelle branche familiale. Le principe est simple, il s’agit juste d’imiter les troncs creux de la nature : après avoir creusé le trou dans l’arbre, le bortevik le frotte avec des herbes spéciales et y dépose des morceaux de rayons pour attirer les abeilles. Avec un peu de chance, elles viennent s’y installer et, à la fin de l’été, on récolte le miel.