Sarthe. Pourquoi toutes ces abeilles sont mortes ? - lemainelibre.fr | Abeilles, intoxications et informations | Scoop.it

Une dizaine d’apiculteurs ont mené une opération coup de poing, jeudi matin, devant le service régional de l’alimentation (SRAL) installé sur l’agro-campus d’Angers. 

 

Ils venaient demander des comptes sur une enquête menée par ce service du ministère de l’Agriculture.

 

« Il y a un an, au mois d’avril 2012, pendant la période de transhumance de nos abeilles, nous avons eu 400 ruches détruites en trois jours dans un secteur de la Sarthe », raconte Philippe Cordier, apiculteur dans le Calvados. « C’est un lieu de pollinisation. On nous demande d’apporter nos ruches parce qu’il y a beaucoup d’arboriculture. » 

 

Lui-même a perdu entre 110 à 125 ruches, soit plus de la moitié de son chiffre d’affaires annuel. « Les symptômes neurologiques de perte de motricité, d’absence de synchronisation des ailes, de chutes au fond de la ruche m’ont tout de suite fait penser à une intoxication par un produit chimique. » 


De fait, « nous avons détecté des mauvaises pratiques chez un agriculteur », reconnaît Elisabeth Bousseaunot, responsable de l’antenne angevine du SRAL. « Un procès-verbal a été dressé et une enquête en cours a été diligentée par le Procureur du Mans. » 


Mais l’enquête menée parallèlement sur la mortalité des abeilles « ne permet pas d’établir un lien avec ces pratiques, même s’il y a de fortes probabilités que la mortalité soit due à un produit phytopharmaceutique. Mais nous n’avons pas de preuve. »


Les apiculteurs, qui ont été entendus par la SRAL, ne se satisfont pas de ces explications : « Depuis onze mois, on ne sait toujours pas de quoi nos abeilles sont mortes. La pollinisation va reprendre dans quelques jours. Devons-nous prendre le risque de perdre une nouvelle fois nos abeilles pour polliniser des arbres fruitiers ? » 

 

Ils ont demandé à l’administration des éléments de son enquête pour pouvoir mener leurs propres analyses. 

 

Elisabeth Bousseaunot s’est retranchée derrière le secret de l’instruction.