Certiphyto : Licence to Kill - Le blog de Corinne Comme | Abeilles, intoxications et informations | Scoop.it

 Certiphyto : Licence to Kill

 

Sauf erreur de ma part, il me reste encore deux saisons, soit jusqu’au 1er octobre 2014, avant l’obligation d’avoir obtenu le Certiphyto, c’est-à-dire le certificat pour utiliser des produits de traitement.

 

Même quand on est en bio et qu’on n’utilise que des tisanes, du soufre et du cuivre à un dixième ou un vingtième de la dose homologuée, on a l’obligation d’obtenir ce certificat.

 

Pour cela, il faut suivre une formation dans laquelle on va nous indiquer tous les risques d’utiliser des pesticides que nous n’utilisons pas chez nous et comment éviter de trop polluer la nature et les gens en les appliquant alors qu’on ne les applique pas chez nous !

 

Un vrai permis de polluer pour ne pas dire pire !

 

On ne se pose pas la bonne question de l’opportunité ou non d’utiliser de tels produits de mort.

Grâce à Certiphyto, on valide un peu plus le fait que de telles substances sont nécessaires à notre survie.

 

On va donc nous refaire le coup de la nécessité de nourrir la planète, nécessité qui passe évidemment par l’utilisation, massive si possible de pesticides.

 

L’OGM n’est pas loin, c’est l’étape suivante.

 

Nourrir la planète. Sujet intéressant quand il s’agit de l’agriculture, car on laisse sous silence que la solution est beaucoup moins alimentaire que démographique. J’ai quelques compétences dans le domaine de l’alimentation et je trouve pitoyable de penser nourrir les pays pauvres avec des produits agricoles que ces populations ne savent pas digérer car ils ne font pas partie de leur alimentation traditionnelle.

 

Par contre, tant qu’on est sur le terrain de l’alimentation, on peut penser que la viticulture n’y a pas sa place. S’il y a bien un produit issu de l’agriculture qui ne mérite pas de suivre cette logique, si toutefois on peut parler de logique, c’est bien le vin.

 

Il n’est absolument pas nécessaire à l’alimentation des populations. Donc, à ce compte-là la viticulture sans pesticide devrait être la règle.

 

Pourtant ce n’est pas le cas et les efforts sont massifs pour éloigner la viticulture de solutions vraiment propres. Les firmes phytosanitaires ont beau jeu car c’est toute l’agriculture qui leur déroule le tapis rouge et qui leur supprime les obstacles.

 

On peut aussi rajouter que l’ombre de l’amiante plane au-dessus du dossier des pesticides.

Après avoir laissé des générations de personnes manipuler sans précaution ce matériau mortel, les protagonistes de l’affaire, politiques et industriels ont reçu un coup de boomerang en se retrouvant devant le juge parfois plusieurs dizaines d’années après les faits.

 

Avec le Certiphyto, les politiques et les industriels renvoient la responsabilité sur les utilisateurs, qui ayant été prévenus des risques ne peuvent se retourner vers personne ; comme ce fut le cas avec l’amiante ; au grand détriment des gens de pouvoir.

 

Est-il juste de valider l’utilisation de produits potentiellement cancérigènes, perturbateurs endocriniens, mutagènes, perturbateurs des grossesses,(…) ?

 

Je réponds non. Le pesticide est une mauvaise réponse à un problème bien souvent généré par des mauvaises pratiques. Et il y a bien d’autres méthodes pour travailler efficacement sans lui. Mes vins et des centaines ou milliers d’autres en sont les exemples évidents.

 

Et bien, moi je refuse de passer le Certiphyto !

 

J’assume mon choix et si un contrôle se présente, je ne prétexterai pas la mauvaise information ou la négligence. Je ne ferai pas non plus semblant d’être absente.

 

Si je dois avoir une amende ou de la prison, je m’acquitterai de mon dû, puis j’arrêterai mon activité et je partirai ailleurs.

 

J’en ai assez de courber l’échine face à des règlementations dans lesquelles je ne me reconnais pas.

 

Tous lesvignerons bio devraient refuser d’appliquer des règles qui ne sont pas faites pour eux et en ayant comme seul tort le fait qu’ils ont d’autres idées que les apparatchiks de l’agriculture.

Notre prospérité actuelle se paie en hypothéquant la Terre et ses ressources au détriment de nos enfants.

 

Le Certiphyto c’est la carte de crédit révolving environnementale, sans plafond de retrait et sans pénalité de dépassement.